thumb|200px|Concentration des particules PM 10 en Europe le 14 mars 2014, carte établie par PREV'AIR.
Les particules en suspension présentes en Europe sont des particules (solides ou en aérosols) portées par l'eau ou par l'air, quantifiables par filtration ou par d'autres procédés physiques. Elles sont - dans leur ensemble - classées cancérigènes pour l'homme (groupe 1) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)..
La mise en œuvre de politiques environnementales a permis de réduire l'émission et la concentration de certaines particules : Par exemple en Angleterre, le « smog » qui altérait l'atmosphère de Londres et d'autres grandes villes a pratiquement disparu depuis les années 1960. En France, après avoir atteint un pic en 1991, elle a diminué régulièrement de 4 % par an : la moyenne annuelle des émissions de particules fines PM en France, de 469 kilotonnes en 1991, s'est réduite progressivement à 174 kilotonnes en 2015 d’après le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA)..
Santé
Impact des particules sur la santé Une expertise de l’Afsset ()Rapport sur la pollution de l’air par les particules fines et son impact sur la santé, Afsset 23 mars 2009, et communiqué du 23 mars 2009. sur la pollution de l’air ambiant par les particules et son impact sur la santé concluait, sur la base de méthodes de mesure plus fines, que : on a jusqu’ici sous-estimé les taux de particules inhalées avec l’air ; on ne peut trouver de seuil de pollution au-dessous duquel il n’y aurait pas d’impact sanitaire ; en France, l’exposition chronique à des taux faibles a plus d’impact sur la santé que l’exposition aux pics.
Pour les médecins de l'Association santé environnement France, les particules fines que nous respirons au quotidien sont dangereuses, car elles progressent jusqu'au bout des voies respiratoires, atteignant les alvéoles et entraînant des maladies pulmonaires. Elles pénètrent ensuite dans la circulation sanguine, provoquant aussi des problèmes cardiovasculaires en bouchant les petits vaisseaux.. Au cours de leur voyage au centre de nos corps, elles peuvent déclencher bronchites chroniques, asthme, cancers du poumon, accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou encore infarctus du myocarde.. En moyenne, sur une année, on observe que les jours où les concentrations de particules fines sont élevées, les hospitalisations augmentent, de même que les taux d'infarctus ou d'AVC. Ainsi, une hausse de 10 microgrammes par mètre cube de la dose journalière entraîne en moyenne deux fois plus d'hospitalisations d'enfants et de personnes âgées.. Publiée en 2012, l'étude Aphekom. a montré que la diminution des particules fines dans l'air de nos villes permettrait d'augmenter notre espérance de vie. À Marseille, si on respectait l'objectif de qualité de l'OMS (10 microgrammes par mètre cube), l'espérance de vie pourrait augmenter de 8 moisCommuniqué de presse : « Aphekom apporte un nouvel éclairage sur les effets sanitaires et économiques de la pollution urbaine en Europe »..
Certaines études considèrent que vivre à moins de d’un axe à grande circulation routière peut provoquer une augmentation du risque de mortalité pour cause cardio-pulmonaire de 70 %..
Les particules ont également un effet néfaste, comme les autres pollutions atmosphériques, sur la santé des femmes enceintes, qui sont plus susceptibles de faire des fausses couches ou de mettre au monde des enfants de faible poids ou prématurés.. D'après une étude de 2019, certaines particules seraient susceptibles de franchir la barrière placentaire et d'affecter directement les enfants à naître..
Décès prématurés Dans l’UE des vingt-cinq, ce sont environ prématurées par an qui sont attribuées à cette pollution, selon un rapport du programme Clean Air for Europe (CAFE), mené par la Commission européenne et publié en 2005 Baseline Analysis 2000 to 2020, sur le site ec.europa.eu, 2005. (Valeurs de référence : celles de l'année 2000) ; dans l'Europe des 25 : décès prématurés, , vignette 23 ; en France : décès prématurés, , vignette 85., dont en France« Impacts de l’exposition chronique aux particules fines sur la mortalité en France continentale et analyse des gains en santé de plusieurs scénarios de réduction de la pollution atmosphérique » - Santé publique France..
Décès prématurés en France Selon le rapport Clean Air for Europe évoqué plus haut, l’exposition aux particules en suspension, toutes sources d’émissions confondues, serait chaque année en France à l’origine d’environ prématurées. Ce nombre est rappelé à la page 92 du document de l'OMS cité dans la section « En Europe ». Il est repris dans différents documents, comme le Plan Particules dans sa préface , ou une information préfectorale sur l'interdiction du brûlage à l'air libre des déchets vertsRéglementation du brûlage à l'air libre des déchets végétaux, sur le site isere.gouv.fr, consulté le 22 février 2014., ou encore la réponse à une question posée en 2013 au Sénat relative à l'interdiction programmée des feux de cheminée en Île-de-France, voire l'interdiction totale de la combustion du bois (sauf dérogation par arrêté préfectoral) à Paris.. Dans certains médias. Extrait de l’article : « La pollution des moteurs Diesel provoquerait par an en France, d'après les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ». Mais dans la page de l’OMS prise pour référence, aucune trace de l’information citée dans l’article., voire à titre individuel parmi les personnalités politiquesCf. le dernier paragraphe de la section « Polémique sur l'efficacité des FAP » dans l'article Filtre à particules., ce nombre a été attribué de façon erronée à l’exposition émissions des seuls moteurs Diesel.
Un rapport publié par l'InVS le à partir de l'observation de 17 grandes villes françaises conclut que la mortalité journalière non accidentelle augmente de 0,51 % pour chaque hausse de 10 microgrammes de PM 10 par mètre cube d’air ; ce taux atteint même 1,04 % chez les personnes de plus de 74 ans ; l'impact est plus fort entre le deuxième et le cinquième jour (0,38 % de taux de mortalité non accidentelle) que le jour même et le lendemain (0,13 %) d’une période de dépassement des seuils ; la hausse de la mortalité non accidentelle due aux particules fines est bien plus forte l’été (1,30 % le jour suivant les pics d’émission) que l’hiver (0,1 %). Ces 17 villes dépassent toutes (sauf Dijon) la valeur-limite recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS): 20 microgrammes. Marseille arrive en tête avec un taux de 31,8 microgrammes, suivie de Lille (30,9), Lyon (29,5) et Nice (29,2) ; Paris est à la place (27,0)Pollution de l’air : les particules fines accroissent la mortalité à court terme, Les Échos, 6 janvier 2014..
Pollution atmosphérique particulaire transfrontière à longue distance
Les particules en suspension ne sont pas seulement un problème local à proximité des sources d'émission, elles peuvent être transportées très loin par le ventL'atmosphère, sur le site de l'université de Picardie. Voir également ici la section Transfert des particules sur de longues distances..
Dans l'Europe des Quinze, selon une étude de l'OMS traitant des risques sanitaires liés à la pollution particulaire atmosphérique transfrontière à longue distance Health risks of particulate matter from long-range transboundary air pollution, Organisation mondiale de la santé, bureau régional européen de Copenhague, 2006., on note une diminution de la contribution du transport routier aux émissions de PM, malgré une augmentation du trafic ; cette tendance devrait se poursuivre dans les prochaines années, avec les nouvelles réglementations européennes. En revanche, toujours pour les émissions de PM, on prévoit une augmentation de la contribution des procédés industriels et de la combustion domestique du bois (chauffage/cuisson) combustion of wood in domestic stoves, . ; cette dernière deviendrait, à l'horizon 2020, la principale source de PM (38 % des émissions), contre 28 % pour les procédés industriels, 23 %Valeur corrigée sur le camembert de la page 30 pour les sources mobiles (dont 7 % pour les échappements des véhicules Diesel), 6 % pour l'agriculture, 3 % pour la , et 2 % pour la combustion industrielle ().
+ Illustrations - Secteurs générant des PM - Du plus émetteur (1) au moins émetteur (6) à l'horizon 2020 (1) Combustion domestique du bois (2) Procédés industriels (3) Sources mobiles (4) Agriculture(5) Production d'énergie(6) Combustion industrielle thumb|Présent dans le monde entier, le carbone noir, communément appelé suie, est émis dans l'air lorsque des combustibles fossiles et des biocombustibles, tels que le charbon, le bois et le gazole, sont brûlés. La combustion incomplète des combustibles fossiles et de la biomasse émet du « carbone noir » ( Black Carbon BC, encore appelé carbone suie).
Le carbone noir est un aérosol carboné qui, outre ses effets négatifs sur la santé, absorbe fortement la lumière solaire et contribue au réchauffement de l'atmosphère. Son dépôt aggrave la fonte de la neige et de la glace. Plus que d’autres régions, l’Arctique et les régions alpines pourraient tirer avantage de la réduction des émissions de carbone noir. Le carbone noir contribue à la rétroaction de l’albédo de la neige, qui peut modifier l’équilibre radiatif mondial Black carbon, , Commission économique pour l'Europe des Nations unies, document de l'Organe exécutif de la Convention sur la pollution atmosphérique transfrontière à longue distance, consulté le 13 février 2015.. Si l’on se réfère aux projections établies par l’Institut international pour l’analyse des systèmes appliqués, dans le cadre du programme CAFE (Clean Air For Europe), ici encore, le chauffage domestique, notamment le chauffage au bois, sera l’une des principales sources de rejet de « matières particulaires » et de « carbone noir ». Les émissions de ce type sont peu réglementées dans de vastes régions de l’Europe. De plus, les petites installations utilisées pour se chauffer au bois sont anciennes et rejettent beaucoup d’aérosols carbonés. Pour finir, les poêles et les foyers résidentiels ont une durée de vie assez longue, ce qui retarde l’adoption de technologies plus propres Karl Espen Yttri et al. Les aérosols carbonés — un problème persistant (2009), sur le site de l’Organisation météorologique mondiale, , consulté le 2 février 2015..
Un rapport EMEP (.), Genève (Geneva) a montré qu'en 2005-2006, de nombreuses grandes villes européennes étaient très polluées par les particules, avec des teneurs moyennes en PM dépassant quotidiennement et annuellement - et de beaucoup - les seuils, valeur limites ou directives de l'OMS (qui sont plus strictes que les limites européennes).
Le pic de pollution de a donné lieu en France à des publications faisant état du caractère transfrontalier de la pollution aux particules fines, qui a été ressenti aussi bien dans des régions rurales qu'urbaniséesCécile Mimaut, Pollution aux particules : à qui la faute ?, France Info, 14 mars 2014 ..
Zones urbaines et périurbaines