The Rise of Chaos est le quinzième album du groupe de heavy metal allemand Accept. Sa sortie officielle est prévue pour le .
Comme pour les trois précédents albums, il est distribué par le label allemand Nuclear Blast Records. Il s'agit du premier album studio dans lequel figurent les noms des deux nouvelles recrues du groupe le guitariste Uwe Lulis et le batteur Christopher Williams qui remplacent respectivement Herman Frank et Stefan Schwarzmann. Tout comme leurs trois précédents albums, The Rise of Chaos a été produit par Andy Sneap. C'est donc sa quatrième collaboration avec le groupe. Le titre de l'album fait écho à l'actualité et au sentiment de chaos sur le plan politique et international, .
Contexte
Depuis Blood of the Nations, le groupe avait pris l'habitude de sortir un album tous les deux ans. Cette fois-ci le groupe a pris trois ans. Cela est dû déjà au fait que la tournée de Blind Rage a été bien plus longue que les autres, mais aussi parce que l'écriture de l'album a pris plus de temps. De plus, l'emploi du temps du groupe était chargé par la sortie d'un album concert début 2017 Restless and Live. Le guitariste avait également sorti un album solo Headbangers Symphony en 2016. En outre, du point de vue de la stratégie commerciale, la maison de disque a tendance à espacer les sorties afin d'éviter que chaque disque entre en concurrence. C'est dans le courant de l'année 2015 que le groupe a annoncé qu'ils comptaient commencer à travailler sur le nouvel album après la conclusion de la tournée Blind Rage. Les enregistrements n'ont commencé qu'en fin d'année 2016.
Du point de vue de la formation cet nouvel album entérine l'intégration des deux nouveaux membres au sein du groupe arrivés en 2015 : Uwe Lulis et Christopher Williams. En effet, quelques mois après la sortie de Blind Rage en 2014, le guitariste Herman Frank et le batteur Stefan Schwarzmann annonçaient leur départ. Comme l'explique Wolf Hoffmann :
Musique En termes d'orientation esthétique, le groupe entend poursuivre là encore la direction musicale entamée depuis les trois derniers albums, à savoir jouer une forme de heavy metal traditionnel dans l'esprit de ce que le groupe jouait dans les années 1980 mais avec un son plus moderne. Ce qui nécessitait comme pour les précédents albums d'utiliser les mêmes recettes qu'auparavant. Comme l'explique le guitariste Wolf Hoffmann.
Le guitariste concède néanmoins que la chanson Rise of Chaos qui a fait l'objet d'un single en si elle est tout dans l'esprit des chansons écrites dans le passé récent du groupe, est une exception :
Paroles et thématiques
Les sujets abordés par l'album ne sont pas reliés par une thématique centrale. Il ne s'agit pas du tout d'un album concept, mais d'une collection de dix chansons aux sujets divers et variés comme c'est souvent le cas avec les albums d'Accept. Néanmoins, bon nombre de chansons sont liées de près ou de loin au thème de la violence, de la guerre, du chaos, etc., ou encore à la perte de repères et de valeurs. Pour le guitariste, ce dénominateur commun tient surtout au caractère du heavy metal qui est plus enclin à traiter de thèmes liés à la violence et à la mort. Mais ces paroles avaient aussi pour premier objectif de coller à l'air du temps. Tout comme celui de l'album précédent (Blind Rage), le titre de cet album et de la chanson éponyme ont été inspirés par le pessimisme que leur inspire l'état actuel du monde que ce soit au niveau de la politique, des guerres dans le monde, des attaques terroristes, des désordres environnementaux. Tout cela contribue selon le guitariste à un sentiment croissant d'instabilité généralisé. Citation d’origine :
Die by the Sword fait partie des chansons qui illustrent directement la thématique annoncée. Cette chanson est directement inspirée par la terreur et la violence du monde actuel, dans un contexte de menace terroriste. Le titre et refrain font écho au fameux adage avec l'idée, comme l'explique Wolf Hoffmann, que la violence engendre toujours plus de violence en retour.Hole in the Head : à l'origine le refrain et titre de la chanson ( : ) viennent d'une sorte d'idée de punchline que Wolf Hoffmann avait à l'esprit lorsqu'il a écrit la chanson et qui lui paraissait bien sonner, mais sans avoir d'idée plus précise de ce dont la chanson devrait traiter. Il a soumis l'idée au chanteur qui a brodé autour et en a fait une chanson traitant d'un sujet qui le touche personnellement : l'addiction à la cigarette. C'est une chanson qu'il a écrite pour régler ses comptes avec elle.Rise of Chaos Les paroles de la chanson dépeignent un monde dystopique livré à l'anomie, au désordre et à la violence, où le protagoniste est en fuite, livré à lui-même et en lutte pour sa propre survie. Comme évoqué plus haut, la chanson est en quelque sorte une extrapolation pessimiste faisant écho à la situation actuelle du monde jugée préoccupante :
Koolaid est une chanson qui porte sur la crédulité et la nécessité du recul critique vis-à-vis des injonctions, des balivernes et des idées reçues. À l'origine, le refrain fait référence à une sorte de dicton américain liée à la boisson Kool-Aid “Don’t drink the Kool-Aid” (Littéralement ) qui signifie , . Kool-Aid à l'origine est le nom d'une boisson artificiellement aromatisée au goût fruité, populaire aux États-Unis. L'expression s'est développée à la suite des événements liées au suicide collectif de la secte du temple du peuple en 1978. Wolf Hoffmann explique :
La chanson fait donc à la fois référence à cette histoire qui a défrayé la chronique (d'autres groupes comme Trust et Manowar y avaient également déjà fait référence), mais au-delà de cette simple histoire, elle entend appuyer le dicton recommandant de ne pas être crédule.
No regrets est une chanson faisant écho à l'attitude que le groupe dit vouloir adopter dans sa démarche musicale et dans la vie au quotidien, à savoir faire ce qui semble le plus juste sur le moment, en dépit parfois des doutes, sans rester paralysé par la crainte d'une erreur et ce même si parfois certaines décisions s'avèrent a posteriori mauvaises. La philosophie de vie professée est de ne pas laisser le poids du doute et du regret peser sur ses épaules, de faire de son mieux à chaque instant et ensuite de lâcher prise de sorte de ne jamais vivre dans le regret plus tard.Analog Man évoque les difficultés rencontrées parfois avec la technologie. Le titre provient d'une sorte d'adage que Mark Tornillo a employé souvent depuis son intégration au sein du groupe : . Le guitariste explique que c'est lié au fait qu'il est un grand adepte de la technologie digitale et qu'il l'utilise tout le temps. Le guitariste nuance qu'il ne s'agit pas d'une chanson radicalement opposée à la technologie moderne, car le groupe tout comme le chanteur lui-même en utilise quotidiennement les ressources (Iphone, Facebook, etc). La chanson vise plutôt à traduire le sentiment d'être parfois inadapté face au nouveau monde de la technologie digitale au regard de ses contraintes et de ses désagréments, telles les requêtes incessantes de mise à jour ou de téléchargement () ou encore le risque constamment encouru de voir ses informations personnelles piratées ()..
What's Done is Done s'inscrit dans la même thématique que la chanson No Regret. Elle fait elle aussi écho à l'attitude pragmatique que le groupe entend adopter face à ses choix et ses décisions : aller de l'avant, composer avec le présent sans se retourner.
Worlds Colliding reprend la thématique abordée dans la chanson Dark Side of My Heart dans le précédent album Blind Rage. Le chanteur y traite des différentes facettes de sa personnalité. La chanson interroge plus particulièrement la part sombre de chaque individu (« l'homme derrière le miroir ») et les conflits intérieurs avec la part claire de sa personnalité, comme deux mondes entrant en collision :
Promotion (singles et clips vidéos) L'album a fait l'objet de deux singles pour sa promotion anticipant sa sortie officielle en : la chanson The Rise of Chaos sortie le et La chanson Koolaid sortie le . Deux clips ont été réalisés pour l'occasion : The Rise of Chaos met en scène le groupe jouant le morceau sur fond d'images d'émeutes civiles, d'affrontements avec les forces de l'ordre, des incendies, d'immeubles éventrés, d'individus en combinaison à protection chimique. Des images visant à illustrer la thématique dystopique de la chanson. Le clip de Koolaid, utilisant le prétexte du fait divers spectaculaire ayant inspiré la chanson, se présente comme une succession de fausses coupures de presse d'époque dont les gros titres sont en fait des extraits des paroles de la chanson. Les photos qui figurent dans les coupures alternent tour à tour des images d'époque, notamment un portrait de Jim Jones et des photos du groupe.
Réception L'album a reçu pour le moment des critiques largement positives dans l'ensemble. On peut néanmoins distinguer deux grandes tendances dans les appréciations faites : on a d'une part les critiques dithyrambiques et conquises comme celle du périodique allemand Metal Hammer qui estime que l'album est tout à fait à la hauteur des standards et de la réputation d'Accept. Le critique finlandais Ilkka Järvenpää sur le site metalliluola partage également cet avis. Pour lui le groupe a eu tout à fait raison de se cantonner aux formules qui ont fait son succès, considérant que l'on n'a pas besoin de changer ou Citation d'origine : ; . La critique Dave Griffiths rejoint ce point de vue :
On a d'autre part, des critiques, positives mais plus mitigées, reprochant au groupe, en dépit de son savoir-faire, de s'enfermer dans la routine et de se contenter de répéter les mêmes formules, bref de ne pas être assez aventureux. C'est notamment le cas de François Blanc qui, dans le magazine Rock Hard (édition française), estime que :
Liste des titres
Composition du groupe Mark Tornillo : voix Wolf Hoffmann : guitare Uwe Lulis : guitare Peter Baltes : basse Christopher Williams : batterie
Production Produit, mixé et masterisé par Andy Sneap
Références
Catégorie:Album d'Accept Catégorie:Album musical sorti en 2017 Catégorie:Album publié par Nuclear Blast Catégorie:Album produit par Andy Sneap