Simon François de La Marche (ou Delamarche, et « citoyen Lamarche »La BnF donne pour forme nomminative internationale la première orthographe.), né en 1754 à Paris où il a été guillotiné le , est un haut fonctionnaire français.
Biographie Origines et débuts professionnels D'origine bourgeoise parisienne, liée à une famille ayant accumulée des charges de commissaire-priseur et de notaire Un parent est signalé sous de nom de « Nicolas-Simon de La Marche (ou Delamarche) », résidant à Paris rue Jacob et marié en 1800, in: Achille Millien, (dir.), Revue du Nivernais, Beaumont-la-Ferrière, 1909, ., Simon-François de La Marche est un ancien commis de la Ferme générale : il est en effet à ce titre affecté à la division des Contributions directes réorganisées à partir de par Louis-Hardouin TarbéGuy Antonetti, Les ministres des finances, IGPDE, 2007, prologue, — sur OpenEdition Books.. Cependant, lors de sa mise en cause en janvier- (cf. ci-dessous), il a affirmé être d'origine modeste, fils d'un père artisan et avoir été dans sa jeunesse, marin. vignette|redresse| Caricature de Jean-Baptiste Lesueur montrant un paysan monté à Paris pour changer ses assignats au bureau central (gouache, musée Carnavalet. Avant la dissolution de la Ferme (effective en ), membre de la Municipalité de Paris, il avait été nommé le en remplacement de Jean-Louis Brousse-Desfaucherets, directeur du Bureau de l'échange des assignatsSur le fonctionnement de ce bureau, cf. Louis Pons, « Le « bureau de M. Delamarche » à Paris : histoire d’un bureau de change public sous la Révolution française (1789-1794) », in.: Bulletin de la Société française de numismatique, , septembre 2022, — lire en ligne., un lieu de change ouvert aux détenteurs de titres émis par la Caisse d'escompte. Il tient ce poste d'abord au « Palais Cardinal », puis vieille rue du Temple, jusqu'au . Il est ensuite reconduit par Bertrand Dufresne à ce même poste et bientôt, on appela ce lieu « Bureau de M. Delamarche ». Il tient son rôle jusqu'au : par un décret du , le même bureau fut chargé désormais de faire l’échange des petits assignats contre de la monnaie. Le décret précise que . Cette caisse fut assiégée, dès son établissement, par une foule se précipitant pour changer des assignats dont elle ne pouvait rien faire ou qu’elle était contrainte de céder à perte. Mais le bureau était obligé de mettre une certaine lenteur dans ses opérations, ne pouvant disposer de plus de livres par semaine, livrées en espèces par la Monnaie de Paris« Archives des services chargés du papier-monnaie », Archives nationales de France..
Directeur général des assignats et arrestation Il est ensuite nommé directeur général de la fabrication des mêmes assignats par Clavière, ministre des Contributions du au Rebecca L. Spang, Stuff and Money in the Time of the French Revolution, Cambridge, Harvard University Press, 2015, ..
Au cours de la séance à la Convention nationale du jeudi « Compte rendu de la séance à la Convention du 5 février 1793 — Annexes : Observations sur le mémoire de la commission des monnaies », Archives parlementaires, ARFTL Project., c'est d'abord l'examen du rapport de Henri Auguste et Desrotours commandé par le Comité des finances à propos de la refonte générale des monnaies sous les signes de la République« Observations de Henri-Auguste sur le mémoire de la commission générale des monnaies », Archives parlementaires, ARFTL Project.. En fin de séance, et après avoir débattu sur les conclusions de ce rapport, la direction générale de la fabrication des assignats semble visée. En sa séance du , coup de théâtre, Augustin Frécine propose un décret de nationalisation de la fabrication des assignats et accuse Lamarche et Clavière d'incompétence dans leur organisation face à la demande croissante de billetsSéance à la Convention du 11 février 1793 : Rapport et projet de décret concernant l'organisation de l'administration des assignats, par Frécine, Archives parlementaires, ARFTL Project..
En sa séance du suivant, la Convention examine la réponse de Lamarche à son principal détracteur, qui est en fait Robert Jean-Jacques ArthurRéponse du citoyen Arthur : au mémoire prétendu justicatif de Delamarche sous le titre de, Réponse du Directeur-Général des assignats aux dénonciations contre lui, Paris, Impr. de la rue Neuve de l'Égalité, 1793., lequel avait commencé à accumuler des griefs contre lui depuis Première annexe à la séance de la Conventio nationale du 17 février 1793 : Réponse de [de Lamarche, ], Archives parlementaires, ARFTL Project.. Ces accusations sont avant tout d'ordre politique : Arthur accuse Lamarche d'avoir eu un comportement suspect durant les massacres de septembre 1792. Elles sont le prétexte ensuite à un débordements de reproches concernant la gestion de Lamarche, que celui-ci démontre n'être que des calomnies. Le silence relatif de Clavière durant cette audition n’est peut-être pas très surprenant lorsqu’on sait que, lui-même est sur le point d'être soupçonné d’être un agent de l’étranger, et d'avoir notamment détourné près de quatre millions qui auraient servi à financer des missions occultes à l’étranger et à alimenter les caisses des Émigrés. La défense de Lamarche prend donc la forme d'un long plaidoyer qui en définitive va porter ses fruits : des commissaires sont nommés pour vérifier ses comptes, après son arrestation comme prévaricateur. Peu de temps après les journées du 31 mai et du 2 juin 1793 et de la chute de Clavière, on l’emprisonna. Il fut libéré le suivantConvention nationale : Séance du mardi 17 septembre 1793, , Archives parlementaires, ARFTL Project..
Nouvelle arrestation et mort
Début , en réactivant l’accusation de complot amorcée par Arthur, pour s’être rendu aux Tuileries, auprès du roi, lors de la journée du 10 août 1792., Lamarche est de nouveau arrêté. Le motif d'inculpation précise : . C'est en ces termes qu'il est traduit devant le Tribunal révolutionnaire en sa séance du 18 brumaire an II. Il est condamné à la peine capitale avec effet immédiat Bulletin du Tribunal criminel révolutionnaire, , 18 brumaire An II — sur Gallica.. Il monta à l’échafaud avec Manon Roland, place de la Révolution. Très accablé, celle-ci tâcha de lui rendre un peu de courage et parut y parvenir.. Il aurait dû être exécuté après Manon Roland, mais c’est le contraire qui eut lieu.
Clavière jusque-là placé en résidence surveillée, reçoit une assignation à comparaître devant le Tribunal révolutionnaire le , et choisit de se suicider.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . .
Liens externes
Catégorie:Naissance à Paris au XVIIIe siècle Catégorie:Haut fonctionnaire français Catégorie:Personnalité guillotinée durant la Révolution française Catégorie:Naissance en 1754 Catégorie:Décès en novembre 1793 Catégorie:Décès à Paris Catégorie:Décès à 39 ans