( « les garçons fiers ») est une organisation américaine néo-fasciste d'extrême droite, qui promeut notamment le suprémacisme blanc.

N'acceptant que les hommes parmi ses membres, elle défend et est impliquée dans des actes de violence politique aux États-Unis. Elle est fondée en 2016 à New York par Gavin McInnes, qui la décrivant comme une fraternité, ou un . Largement favorable à Trump, elle s'adresse aux hommes qui veulent et .

En 2021, le groupe est intégré à la liste des entités terroristes du ministère canadien de la sécurité publique. En , plusieurs de ses membres sont condamnés à la suite de l'assaut du Capitole, le .

Mouvement Origines vignette|droite|alt=Gavin McInnes|Le fondateur Gavin McInnes. Le mouvement trouve ses origines en la personne de son fondateur Gavin McInnes, connu pour avoir cofondé le magazine Vice au Canada dans les années 1990 et autrefois connu comme du mouvement hipster, avant qu'il ne quitte la rédaction de Vice en 2008. Au début des années 2010, dorénavant installé dans l'État de New York aux États-Unis, il anime des chroniques sur plusieurs sites Internet et dans des émissions de télévision à tendance conservatrice. Critique envers ce qu'il perçoit comme les excès du féminisme et du multiculturalisme, ses propos créent plusieurs fois la polémique, et il se retrouve ainsi accusé de sexisme, de xénophobie et de transphobie; mais son idéologie résonne également chez un public principalement composé de jeunes hommes conservateurs américains. Ainsi en 2016, pendant la campagne présidentielle américaine, il crée à New York l'organisation Proud Boys, entièrement masculine, vouée à et à favoriser l'élection du candidat républicain Donald Trump. Le groupe est très tôt actif sur les réseaux sociaux tels Facebook ou Twitter.

Attributs du mouvement Le nom du mouvement « Proud Boys » proviendrait d'une blague sur la chanson Proud of your Boy utilisée dans la comédie musicale Disney's Aladdin: The New Stage Musical jouée en 2011.

La devise du mouvement est : . Les membres reprennent d'autres slogans comme soit « l'Occident est le meilleur », ou soit « reculez vous, tenez-vous prêts », en allusion à une phrase prononcée par Donald Trump lors d'un débat présidentiel.

Le mouvement n'a pas d'uniforme officiel mais utilise un polo noir de la marque Fred PerryFred Perry Wants Nothing to Do With Its Alt-Right Fanboys - Esquire, 10 Juillet 2017. Le , la marque prend la décision de ne plus vendre le polo aux États-Unis et au Canada.

Composition Le groupe affirme rejeter toute discrimination en fonction de la couleur de peau, la religion, l'orientation politique ou sexuelle; cependant, il n'admet pas de femmes dans ses rangs. En effet, le groupe n'accepte comme membres que des hommes adultes et (biological men). Un document interne aux forces de l'ordre de l’État de Washington mentionne toutefois l'existence d'une organisation nommée Proud Boy Girls ou Proud Boys Girls, qui serait liée aux Proud Boys et composée de femmes soutenant l'idéologie du groupe.

Hiérarchie des membres vignette|droite|alt=Enrique Tarrio|Enrique Tarrio, actuel leader des Proud Boys. D'après l'association antiraciste Southern Poverty Law Center et des déclarations de Gavin McInnes, tout homme désirant devenir membre des Proud Boys doit suivre un rite d'initiation hiérarchisé en 4 degrésProud Boys: ‘Willing to go places and disrupt things’ - Toronto Sun, 6 Juillet 2017 : Degré 1 : L'aspirant doit prononcer la phrase (« Je suis un Occidental chauvin qui refuse de s'excuser pour la création du monde moderne »). Degré 2 : L'aspirant doit donner le nom de 5 marques de céréales pendant qu'il se fait rouer de coups par d'autres membres. Ce rituel s'apparentant à du bizutage (McInnes dit s'être inspiré d'un pratiqué dans son lycée) aurait pour but, selon McInnes, d'évaluer la capacité de l'aspirant à et à se servir de ses facultés mentales même en situation délicate. Il explique : Degré 3 : L'aspirant doit se faire tatouer le logo des Proud Boys et . Degré 4 : Le degré 4 est obtenu après participation à des combats , contre des groupes d'extrême gauche ou antifascistes.

Le groupe est mené par son fondateur Gavin McInnes jusqu'à son départ de l'organisation. Henry « Enrique » Tarrio, chef d'entreprise cubano-américain et membre au degré, reprend alors la direction du groupe.

Localisation Créé à New York, le groupe est installé, par le biais d'antennes locales, dans plusieurs États des États-Unis. Il revendique également une présence au Canada (où il est considéré par le ministère de la Sécurité publique comme entité terroriste depuis ) en Australie, en Israël ainsi qu'au Japon.

Positionnement politique Le mouvement des Proud Boys propose (liées au port des armes notamment) qui le classent dans l'extrême droite américaine. Ses membres, selon son fondateur Gavin McInnes, sont à Who Are The Proud Boys? - Michael McDonald - Huffington Post Canada, 07 Juin 2017

En 2021, à la suite de l'assaut du Capitole, l'organisation décide de concentrer ses efforts à l’échelon local, notamment auprès des conseils scolaires et conseils municipaux. Des manifestations sont ainsi organisées lors des conseils scolaires pour protester contre le masque à l’école ou en faveur du retrait des bibliothèques scolaires d’ouvrages évoquant les questions LGBT.

Les positions du mouvement amènent de nombreuses sources à le désigner comme néo-fasciste.

Liens avec Donald Trump Le fondateur Gavin McInnes affirme que les membres du groupe sont à . Les Proud Boys font l'actualité nationale à la suite du débat présidentiel du opposant les deux candidats Donald Trump et Joe Biden, lorsque le modérateur demanda à Trump s'il était prêt à condamner les suprémacistes blancs ; le candidat répondit simplement (OK Proud Boys, stand back, stand by). Cette phrase fut interprétée comme un appel du pied aux Proud Boys, notamment par des membres importants de l'organisation qui ont repris comme un slogan. Visé par la polémique, Donald Trump déclara plus tard ignorer l'existence des Proud Boys, avant de les appeler à .

Polémiques vignette|Proud Boy à la manifestations contre la mort de George Floyd à Columbus en 2020

Université de New York En , McInnes se rend à l'université de New York pour un discours, accompagné par une dizaine de Proud Boys. Des antifascistes attendent les Proud Boys et des échauffourées ont lieu. Un membre des Proud Boys aurait encouragé les autres à se battre contre les . Ce dernier sera arrêté peu après pour avoir frappé un journaliste. En tout, onze personnes seront arrêtées.

Arrestation de Kyle Chapman

Durant une manifestation pro-Trump, la « », l'un des manifestants, identifié comme étant Kyle Chapman, est aperçu et filmé en train de frapper un contre-manifestant sur la tête. Les images de Chapman deviennent virales et les Proud Boys organisent une collecte de dons pour payer sa caution après son arrestation. Peu après, McInnes invite Chapman à s'impliquer aux côtés des Proud Boys. Ce dernier fonde alors la branche paramilitaire des Proud Boys, nommée (« Ordre Fraternel des Alt-Chevaliers » - pour « chevaliers de l'alt-right »).

Perturbation d'une manifestation des peuples autochtones à Halifax Le , 5 militaires des forces armées canadiennes, s'autoproclamant membres des Proud Boys, perturbent une manifestation autochtone lors des célébrations du Canada Day à Halifax. Les militaires, qui n'étaient pas en service lors de l'évènement, sont suspendus le temps d'une enquête sur leurs agissements.

Incidents à Manhattan et départ de Gavin McInnes Le , Gavin McInnes prend part à une de l'assassinat d'Inejiro Asanuma, suivie d'un discours, au Metropolitical Republican Club, lieu de rencontre de sympathisants républicains à Manhattan, New York. L'événement est organisé cinquante-huit ans jour pour jour après qu'Asanuma, alors chef du Parti socialiste japonais, a été assassiné par Otoya Yamaguchi, un étudiant appartenant à l'ultradroite nationaliste japonaise. Après le discours de McInnes, une rixe éclate devant le Metropolitical Republican Club. Selon la police de New York, l'incident serait survenu après que des militants masqués, se réclamant du groupe Antifa, auraient lancé une bouteille en plastique sur un groupe de personnes (dont des Proud Boys) venues assister au discours. Plusieurs Proud Boys et militants antifascistes sont alors recherchés par la police.

Le mois suivant, alors que l'enquête sur les violences à Manhattan se poursuit, un document interne aux forces de l'ordre de l'État de Washington circule sur Internet, rapportant que le FBI aurait classé les Proud Boys comme un , information qui sera plus tard démentie par le FBI. L'information fait écho dans la presse américaine, et le (soit deux jours après la publication du document) Gavin McInnes annonce publiquement son départ des Proud Boys. Il précise cependant que sa décision repose sur l'avis de ses conseillers juridiques et des forces de l'ordre, et a pour unique but d'alléger la peine de sept Proud Boys jugés pour leur participation aux violences du ; il déclare et insiste qu'il n'a .

En , lors d'une conférence de presse, un agent du FBI déclare que, contrairement à ce qui a été rapporté dans la presse, le FBI n'a pas classé les Proud Boys comme et qu'il s'agit d'un malentendu entre le FBI et les forces de l'ordre. Selon l'agent, le FBI ne catalogue pas les groupes et a uniquement .

Poursuites judiciaires contre le SPLC En , soit plus de trois mois après avoir quitté Proud Boys, Gavin McInnes attaque en justice l'association antiraciste américaine Southern Poverty Law Center pour , l'association ayant par le passé désigné les Proud Boys comme un groupuscule , et déclaré que le groupe, ainsi que McInnes, tiendraient un discours misogyne et anti-musulmans. Selon McInnes, ces affirmations auraient personnellement porté atteinte à sa carrière et sa réputation, et auraient en partie causé son départ des Proud Boys.

Arrestation et condamnation d'Enrique Tarrio Le , à la veille de deux journées d’action pro-Trump, le leader Enrique Tarrio est arrêté pour des faits remontant à : il avait revendiqué la destruction le de la bannière Black Lives Matter d’une église afro-américaine.

Le , il est condamné pour cet acte à 155 jours de prison et une amende de dollars. Il est aussi condamné à verser 347 dollars de dommages et intérêts à l'église vandalisée.

Reconnu coupable début mai de pour son rôle central dans l’assaut du Congrès américain, Enrique Tarrio est condamné le à vingt-deux ans de prison.

Assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump De nombreux membres des Proud Boys participent à l'assaut du Capitole le . Le , Joseph Randall Biggs, un des leaders, est arrêté en Floride. Le , 11 membres des Proud Boys ont été arrêtés au total dans le cadre de l’enquête du FBI.

Plusieurs membres de ce groupe sont mis en examen le dans cette affaire.

Le , 4 membres donc l'ancien chef, Enrique Tarrio, sont reconnus coupables de sédition et 1 de vol d’une propriété de l’État..

Voir aussi Liens externes

Articles connexes

Masculinisme Patriarcat Antiféminisme Jason Kessler, un temps membre des Proud Boys. It's Not Funny Anymore: Vice to Proud Boys

Notes et références

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