Le Conseil de transition du Sud (en ) est une organisation séparatiste, non reconnue par la communauté internationale et établie le , lors de la guerre civile yéménite, par Aïdarous al-Zoubaïdi et Hani ben Brik.

Il est particulièrement lié aux Émirats arabes unis. Le conseil est dissout le suite à une contre-offensive conjointe gouvernementale et saoudienne, tandis que son leader al-Zoubaïdi s'enfuit aux Émirats.

Historique vignette|droite|Assemblée nationale sudiste.

Contexte Bien qu'unifié depuis 1990 avec le Yémen du Nord pour former un seul État, le Yémen du Sud avait du mal à suivre cette union, d'autant plus que sa société avait de sérieuses différences avec celle du Nord, et plus généralement, avec le reste de la péninsule arabe.

Le Yémen du Sud était un ancien protectorat britannique (le protectorat d'Aden), et Aden, une colonie britannique (la colonie d'Aden). Par le biais du port d'Aden, le sud du Yémen va être longtemps au contact des idées occidentales, et même du reste du monde. Du reste, le port d'Aden était une ville cosmopolite, avec de nombreux Indiens, Européens, Américains, Africains et Chinois. L'islam pratiqué au Sud-Yémen était beaucoup plus libéral et tolérant que celui du reste de la péninsule Arabique. Les musulmans du sud du Yémen sont plutôt tolérants, ouverts sur le monde, et rejettent l'islam politique. Ainsi, le fanatisme religieux y est plutôt rare, et les membres de l'État islamique présents au sud du Yémen, tout comme ceux d'AQPA, viennent soit d'autres régions du Yémen, ou sont généralement des étrangers. De plus, les idées communistes n'ont pas totalement disparu avec l'unification de 1990. Par rapport au nord du Yémen, le sud est aussi plus urbain, et en proportion, sa population est plus éduquée, et l'analphabétisme plus rare. L'un des héritages de l'époque communiste est aussi l'action syndicale : avant 2016, les grèves étaient fréquentes, ainsi que les rassemblements de contestations.

Formation Le , Aïdarous al-Zoubaïdi propose la création d'un conseil politique des provinces du sud, qui serait allié à la coalition commandée par l'Arabie saoudite et par le gouvernement yéménite.

Le , le président Abdrabbo Mansour Hadi limoge le gouverneur d'Aden Aïdarous al-Zoubaïdi et le ministre d'État Hani ben Brik. Le , des milliers de séparatistes sudistes manifestent à Aden. Le , les deux dirigeants déchus proclament une autorité parallèle pour diriger le Yémen du Sud, le Conseil de transition. Al-Zoubaïdi devient président du Conseil présidentiel, tandis que Hani ben Brik devient vice-président.

Le , Hadi limoge les gouverneurs de Socotra, Hadramaout et Chabwa, membres du Conseil.

Le , le Conseil se réunit pour la première fois à Aden. Le , le Conseil reconnaît l'autorité de Hadi et promet de le remplacer s'il échoue à administrer le pays.

L'institution est soutenue par les Émirats arabes unis afin de contrer les Frères musulmans d'Al-IslahJean-Philippe Rémy, Dans le sud du Yémen, la tentation de la sécession, Le Monde, 3 août 2017.. Le Conseil de coopération du Golfe condamne la formation du Conseil, tandis que la Ligue arabe se déclare . Enfin, Hadi a condamné la formation de l'instance.

En , la création d'un parlement sudiste (assemblée nationale) de 303 membres est annoncée.

Le , dix membres d'Al-Islah, qui ont été retrouvés chez eux avec des explosifs, sont arrêtés à Aden après un attentat ayant coûté la vie à un prédicateur pro-émirati.

Le a lieu la séance inaugurale de l'Assemblée nationale sudiste, au cours de laquelle Ahmed Saïd ben Brik est élu président et Anis Yossouf Ali Louqman vice-président de cette chambre parlementaire.

Première prise du palais présidentiel en 2018 Le , le Conseil de transition du Sud (CTS) adresse un ultimatum de sept jours au président Abdrabbo Mansour Hadi pour limoger le gouvernement d'Ahmed ben Dagher, qu'ils accusent de , et le remplacer par un gouvernement de technocrates, sans quoi il nommerait son propre gouvernement.

Le , peu après l'expiration de l'ultimatum, les séparatistes prennent le contrôle du siège du gouvernement. Le , les forces fidèles au CTS contrôlent la quasi-totalité de la ville. En fin de journée, les combats cessent, après une médiation de la coalition. À l'issue de ces négociations, les séparatistes rendent trois bases militaires à l'armée, et lèvent le siège du palais présidentiel al-Maachiq.

Le , le Conseil de transition du sud lance un appel au . En , le gouvernement yéménite accuse les Émirats arabes unis de fournir une aide logistique aux séparatistes du Conseil de transition du Sud à Socotra, ce que nient les Émirats.

Deuxième prise du palais présidentiel en 2019

En , après une attaque de Houtis contre un défilé militaire du Cordon de sécurité, l'une des milices du CTS, formée par les Émirats arabes unis, des combats entre le Cordon de sécurité et les troupes gouvernementales éclatent. Après deux jours de combats contre les troupes gouvernementales fidèles au président Hadi, alliées à l'Arabie saoudite, le Cordon de sécurité prend le contrôle de trois casernes militaires et du palais présidentiel le . La prise est surtout symbolique, car le président Hadi n'y réside pas. Les combats ont fait au moins 40 morts et 260 blessés, dont de nombreux civils. Le lendemain, l'Arabie saoudite mène une frappe aérienne pour contraindre les séparatistes à se retirer d'une position conquise la veille. Elle menace de mener de nouvelles frappes aériennes si les combattants séparatistes ne se retirent pas, mais proposent aussi de servir de médiateur entre le Conseil de transition du Sud et le gouvernement yéménite pour mener des négociations. Le Conseil de transition du Sud accepte d'engager un cessez-le-feu, et assure dans un communiqué être prêt à accepter les négociations proposées par l'Arabie saoudite.

Le , dans la province d'Abyane, à l'est d'Aden, les séparatistes encerclent le QG des forces spéciales à Zinjibar et une caserne à al-Kaud en exigeant la reddition de soldats pro-HadiYémen: les séparatistes encerclent des forces gouvernementales dans le sud, Le Figaro avec AFP, 20 août 2019.Yémen: les séparatistes du Sud prennent de nouvelles positions au gouvernement, RFI, 20 août 2019..

Le , les forces loyalistes entrent à AdenYémen: les forces du gouvernement entrent à Aden, fief des séparatistes, Le Figaro avec AFP, 28 août 2019.. Des combats ont lieu, mais rapidement les troupes gouvernementales s'emparent de l'aéroport et du palais présidentielYémen: les gouvernementaux prennent le contrôle de l'aéroport d'Aden, Le Figaro avec Reuters, 28 août 2019.Yémen: le pouvoir a repris le palais présidentiel et l'ensemble d'Aden, Le Figaro avec AFP, 28 août 2019.. À la fin de la journée, le gouvernement yéménite annonce alors avoir repris le contrôle total de la villeYémen : le pouvoir annonce avoir repris le contrôle d'Aden, la capitale du sud, France 24 avec AFP, 28 août 2019.. Mais le , après avoir rassemblé des renforts, les séparatistes sudistes contre-attaquent et reprennent en quelques heures la totalité d'AdenYémen: les séparatistes ont repris l'ensemble de la ville d'Aden (sécurité), AFP, 29 août 2019.Hala Kodmani, Guerre au Yémen : les conflits se multiplient encore et encore, Libération, 29 août 2019.. Les loyalistes se replient alors sur la province d'Abyane, poursuivis par les séparatistes qui ne s'arrêtent qu'à ZinjibarAu Yémen, la ville d'Aden a encore changé de main, le pouvoir accuse les Emirats, AFP, 29 août 2019.. Aïdarous al-Zoubaïdi et Hani ben Brik apparaissent alors dans les rues d'Aden au milieu de leurs hommes.

Le , le CTS signe un accord de partage du pouvoir avec le gouvernement yéménite reconnu par l'ONU à Riyad.

Proclamation de l'auto-administration Courant 2020, le CTS contrôle Aden et ses environs.. En , un régiment de l'armée yéménite stationné à Socotra se rebelle contre le gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi reconnu par l'ONU, et prête allégeance au Conseil de transition du Sud (CTS).

Le , le CTS proclame l'auto-administration des provinces du sud du pays. à la suite du rejet du vice-président du CTS Hani ben Brik sur l'accord de Riyad lequel implique l'intégration du conseil dans le nouveau cabinet de 24 ministres. Le , la coalition rejette cette proclamation..

Le , le CTS annonce prendre le contrôle de Socotra..

Le , le Premier ministre Saïd est chargé de former un nouveau gouvernement.. Le jour même, le CTS renonce à l'autonomie.. Le , le CTS gèle sa participation aux consultations.. Le , les forces gouvernementales et les séparatistes se retirent d'Aden et d'Abyan.. Le nouveau gouvernement est formé le ...

Membres Membres du Conseil présidentiel : Président du Conseil présidentiel : Aïdarous al-Zoubaïdi Vice-président du Conseil présidentiel : Hani ben Brik

Évolution du contrôle territorial

Liens externes

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Notes et références

Catégorie:Politique au Yémen Catégorie:2017 au Yémen Catégorie:Guerre civile yéménite Catégorie:Organisme fondé en 2017 Catégorie:Parti politique disparu en 2026 Catégorie:Organisation indépendantiste Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 2026