vignette|Adolphe Yvon, Autoportrait paru dans la revue L'Artiste de . Frédéric Adolphe Yvon né le à Eschviller et mort le à ParisArchives de Paris, État-civil numérisé du , registre des décès de l'année 1893, acte . est un peintre français.
Connu pour ses tableaux de batailles, Adolphe Yvon épouse Eugénie Rambaud en , dont il a un fils, l'architecte Maurice Yvon (1857-1911).
Biographie En 1837, Adolphe Yvon est fonctionnaire à Dreux dans les Eaux et Forêts, mais cette carrière ne l'intéresse pas et, fin 1838, il entre dans l'atelier du peintre Paul Delaroche auprès duquel il apprend l'art du portrait et des fresques historiques. Il expose au Salon à partir de 1841. Il y obtient une médaille de en 1848, puis une médaille d'honneur en 1857.
L'histoire, qu'elle soit profane ou religieuse, lui offre d'ailleurs le sujet de ses premiers tableaux (La Bataille de Koulikovo, exposé au Salon de 1849Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture… des artistes vivants exposés au palais des Tuileries le 15 juin 1849, Paris, Vinchon, 1849, (voir en ligne). et acquise en 1857 par le tsar Alexandre IIGérald Schurr, Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, 1972, tome 2, ., Le Maréchal Ney soutenant l'arrière-garde de la Grande Armée pendant la Retraite de Russie peint en 1856), puis il se consacre aux événements militaires et aux batailles, les épisodes essentiels de la guerre de Crimée pour lesquelles il séjourne dans la péninsule de la mer Noire en 1856, les batailles livrées par les armées françaises pendant les guerres du Second Empire, participant pour cela à la campagne d'Italie (La Courtine de Malakoff en 1859, La Bataille de Solférino en 1861, la Bataille de Magenta en 1863), tout en peignant des portraits de personnalités françaises de l'époque. Le tableau Le Prince impérial en enfant de troupe est en 1855 répertorié dans la collection privée de Napoléon III conservée au château de Saint-CloudCatherine Granger, « Le palais de Saint-Cloud sous le Second Empire : décor intérieur », Livraisons de l'histoire de l'architecture, vol. 1, n° 1, année 2001, ..
Sans que les dates en soient précisément cernées, il est acquis qu'Adolphe Yvon effectue alors, étalés dans le temps, plusieurs longs séjours en Angleterre (expositions à la Royal Academy) et à New York où s'étend sa renommée, aussi bien en tant que peintre de sujets historiques que de portraits : c'est David Karel qui, citant Blumenthal, rapporte qu'il est . Son lien le plus connu avec New York résidera dans une première commande en 1858 par l'homme d'affaires Alexander Turney Stewart (1803-1876) du tableau allégorique le Génie de l'Amérique, que Stewart fera suivre en 1870 d'une seconde commande du même tableau dans un format monumental pour la salle de bal de son Darren R. Rousar, La Méthode de dessin Adolphe Yvon, Studio Rousar, 2014. où il demeurera jusqu'à la démolition du site en 1952Le Génie de l'Amérique dans la salle de bal du Grand Union Hotel. Un autre grand tableau commandé par Stewart, La Réconciliation du Nord et du Sud, est aujourd'hui disparu.
Devenu un peintre de batailles réputé, Adolphe Yvon est nommé membre de l'Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg en 1860. C'est vers 1861 qu'il se trouve chargé de la réalisation des tableaux de la salle du Conseil municipal de l'hôtel de ville de Paris et qui, achevés en 1865 et payés à l'artiste, ont pour thème quatre grands événements de l'histoire de la capitale. Ce sont : Clovis fait de Lutèce la capitale de son royaume, Philippe II Auguste, avant de partir en Terre sainte, confie à son peuple la tutelle de son fils, François pose la première pierre de l'hôtel de ville de Paris, enfin, de sorte de positionner l'empereur en grand continuateur de l'histoire, Napoléon III remettant le à Monsieur Haussmann, préfet de Seine, le décret d'annexion des communes limitrophes de Paris. Ces quatre œuvres disparaissent dans l'incendie de l'hôtel de ville du , des dessins préparatoires pour les deuxième et troisième, conservés à Paris au Petit Palais, en restant un témoignageGalerie Terrades, Paris, Adolphe Yvon..
En 1863, Adolphe devient professeur à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et publie chez Hachette, en 1867, en collaboration avec le lithographe Louis-Emmanuel Soulange-Tessier (1814-1898), une Méthode de dessin à l'usage des écoles et des lycées contenant l'enseignement analytique de l'art du dessinBnF, La méthode de dessin d'Adolphe Yvon.. Vers la fin des années 1860, il abandonne le genre qui a fait son succès et présente au Salon de 1870 un tableau allégorique monumental de , Les États-Unis d'Amérique, qui est très mal accueilli. À l'issue de la guerre franco-allemande de 1870 et à la suite de l'annexion de l'Alsace par l'Allemagne, il opte pour la nationalité française et peint quelques tableaux sur ce conflit (Le Curé de Bazeilles et Charge de Reischoffen en 1871). L'Orient l'inspire également (Scène de rue à Constantinople (1873)). On lui doit aussi un tableau commémorant la guerre anglo-zouloue de 1879 où fut tué le prince impérial, alors attaché à l'état-major de l'armée anglaiseLynne Thornton, Les africanistes, peintres voyageurs, ACR Édition, 1990. (tableau conservé à Londresau National Army Museum sous le titre La Bataille d'Ulundi).
En 1881, Adolphe Yvon est nommé professeur de dessin d'imitation à l'École PolytechniqueÉcole polytechnique, Cours de dessin : le dessin d'imitation à l'École polytechnique, par quoi l'on rétablit un poste qui avait été supprimé en 1861, fonction qu'il quittera en 1887 à cause de la limite d'âge. La pédagogie d’Yvon va alors reposer sur le retour à un dessin simple, sur l'étude d'après nature. Instituant le dessin d'après la bosse aux concours d'admission et privilégiant l'art sur la géométrie, .
Entré au Conseil supérieur de l'École des beaux-arts en , Adolphe Yvon meurt en 1893 et repose au cimetière d'Auteuil à ParisJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Les Éditions de Minuit, septième édition, 1963, (« A-K »), « Rue Claude-Lorrain », .. Outre son autoportrait, ses traits restent fixés par un portrait-charge, statuette œuvre de 1862 de Jean-Pierre Dantan que conserve le musée Carnavalet à ParisMusée Carnavalet, Adolphe Yvon par Jean-Pierre Dantan dans les collections., par la photographie que fit de lui vers 1865 Robert Jefferson BinghamMusée d'Orsay, Adolphe Yvon par Robert Jefferson Bingham, épreuve sur papier albuminé. et par le buste en plâtre exécuté en 1883 par Amédée Doublemard que conserve le château de Versailles.
Il reste à voir en Yvon, avec Yann Kerlau, Chercheurs d'art. Les marchands d'hier et d'aujourd'hui, Flammarion, 2014..
Œuvres
Collections publiques Bonaparte, en Premier consul, Paris, palais de la Légion d'honneur, salon des Grands chanceliers. Haussmann présente à l'Empereur de plan d'annexion des communes et Portrait du Baron Haussmann, Paris, musée CarnavaletMarc Maison, Baron Haussmann (1809-1891).. Fonds de dessins (donation Maurice Yvon, 1911), Paris, département des arts graphiques du musée du Louvre. Dessins préparatoires (vers 1861) aux tableaux aujourd'hui détruits pour la salle du Conseil municipal de l'hötel de ville de Paris, Paris, Petit Palais. Paris, musée de l'armée. Portrait de Francisque Berton dans le rôle du Prince de Condé dans la pièce de Louis-Hyacinthe Bouilhet "La Conjuration d'Amboise" en 1966 au théâtre de l'Odéon, Paris, théâtre de l'OdéonJean-Claude Daufresne, Théâtre de l'Odéon : architecture, décors, musée, Éditions Pierre Mardaga, 2004, .. Autoportrait, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. Portrait du général Joseph Vinoy, Paris, palais de la Légion d'honneur. Hommage de Paganini à Berlioz lors du concert du , 1884, Paris, médiathèque de la Cité de la musiqueAdolphe Yvon, Hommage de Paganini à Berlioz, présentation du tableau d'après Le Monde illustré, 22 mars 1884.. La Bataille de Koulikovo, Salon de 1849, Moscou, Grand Palais du Kremlin. Le Maréchal Ney soutenant l'arrière-garde de la Grande Armée pendant la Retraite de Russie, 1856, Manchester, Manchester Art GalleryArt-U.K., Adolphe Yvon dans les collections du Royaume-UniLori Symcox, Adolphe Yvon : portrait de l'invasion russe, Manchester Art Gallery, avril 2014.. La Courtine de Malakoff, 1859, musée des Beaux-Arts de NantesDictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, tome 14, .. La Bataille de Solférino, 1861, La Bataille de Magenta, 1863, château de Compiègne. La Gorge de Malakoff et La Prise de la tour de Malakoff par le général de Mac-Mahon, château de Versailles Julia Thoma, « Panorama de la guerre - La salle de Crimée à Versailles », Nineteenth-century Art Worldwide, vol.15, n°1, printemps 2016.. Le Premier Consul descendant le col du Grand-Saint-Bernard, 1853, Ajaccio, hôtel de villeCatherine Granger, L'Empereur et les arts. La liste civile de Napoléon III, Paris, École des chartes, 2005.Napoléon sites, La traversée du Grand-Saint-Bernard.. L'Ange déchu, Amiens, musée de Picardie. César, 1875, musée des Beaux-Arts d'Arras. Le Président Sadi Carnot, 1888, musée des Beaux-Arts de Dijon. Portraits d'hommes, dessins, Cherbourg-Octeville, musée Thomas-Henry. Portrait de Fernand Gatineau, musée d'Art et d'Histoire de Dreux. La Bataille d'Ulundi, Londres, National Army MuseumDavid Karel, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, Éditions Musée de Québec/Presses de l'Université Laval, 1992.. Le Génie de l'Amérique, 1858 , musée d'Art de Saint-Louis (Missouri)Provenance : collection Alexandre Turney Stewart, New York.. Le Génie de l'Amérique, 1870 , département de l'Éducation de la ville de New YorkProvenance : Grand Union Hotel, Saratoga Springs, New York.. Portrait de Madame Ward McAllister (1874) et Portrait de (1877), New York, New York Historical Society. Portrait de Napoléon III, 1868, Baltimore, Walters Art MuseumWalters Art Museum, Adolphe Yvon dans les collections.. Trois toiles, dont une Vierge à l'Enfant, église Saint-Nicolas de La Ferté-Vidame.
Salons 1842 : Portrait de Madame Ancelot. 1844 : Portrait du Général Neumayer (oncle d'Adolphe Yvon dont la mère est née Anne-Marie Neumayer). 1845 : Le Christ chassant les marchands du temple. 1846 : Supplice de Judas Iscariote aux enfers. 1847 : dessins de Russie. 1848 : La Colère, La Luxure, Élégie, Pastorale, Danse de paysans russes, Tartares de Loubianka faisant le thé. 1853 : Le Premier Consul descendant le Mont Saint-Bernard, 21 mai 1800Explication des ouvrages de peinture, sculpture, gravure… des artistes vivants, exposés aux Menus-Plaisirs le 15 mai 1853, Paris, Vinchon, 1853, (voir en ligne).. Exposition universelle de 1855 : Le Télègue russe, Le Maréchal Ney à la retraite de Russie, Les sept péchés capitaux. 1857 : La Prise de la tour de Malakoff. 1859 : La Gorge de Malakoff et La courtine de Malakoff. 1861 : Le portrait du prince impérial. Exposition universelle de 1867. 1870 : Les États-Unis d'Amérique.
Adolphe Yvon exposa également au Salon de la Royal Academy de Londres entre 1851 et 1874. Le tableau Le Président Sadi Carnot fut exposé à la World's Columbian Exposition de Chicago en 1893.
Expositions posthumes Exposition universelle de 1900, Paris. Au catalogue : César, huile sur toile (musée d'Arras). Le pourpre et l'exil. L'Aiglon et le Prince impérial, château de Compiègne, du au . N°202 du catalogue : Le Prince impérial offrant une collation aux enfants de troupe (collection particulière)Palais de Compiègne, Le pourpre et l'exil - L'Aiglon et le Prince impérial, catalogue de l'exposition, 2004.. L'événement, les images comme acteurs de l'histoire, Jeu de Paume, Paris, 2007Michel Guérin, « Ici l'image fabrique l'événement », Le Monde, 20 janvier 2007.. Le mythe de César à Rome, Cloître de Bramante, Rome, - Vanja Luksic, « À la gloire de Jules, le conquérant », Le Soir, 17 novembre 2008..