Le Grand Cercle Républicain est une formation politique française fondée le afin de structurer le « parti progressiste » (républicains modérés). Victime de la scission de ce parti pendant l'affaire Dreyfus, elle est dissoute à la fin de l'année 1900.
Histoire vignette|gauche|Pierre Waldeck-Rousseau, premier président du Cercle (portrait par Gervex, 1894). vignette|L'immeuble à l'angle du boulevard des Italiens et de la rue de Gramont, où le Cercle avait son siège. vignette|Marcel Fournier, initiateur et secrétaire général du Cercle.
Le , lors d'un dîner organisé par la Revue politique et parlementaire, le directeur de celle-ci, Marcel Fournier, propose de créer Fournier, ..
L'idée est développée le suivant, à l'occasion d'un autre dîner, par le sénateur et ancien ministre Pierre Waldeck-Rousseau. Après avoir rappelé les inconvénients de l'indiscipline parlementaire, il érige en modèle les partis politiques britanniques et leurs clubs. Il esquisse le projet d'une organisation centrale capable de réunir les informations utiles, de coordonner les efforts et les votes des républicains de gouvernement autour d'un programme commun, de communiquer avec la presse et d'agir sur l'opinion. Un comité d'initiative se forme aussitôt avec des représentants de différents groupes parlementaires modérés (Union républicaine du Sénat, Gauche du Sénat, Centre gauche du Sénat, Républicains de gouvernement de la Chambre des députés). Une première circulaire est lancée le Fournier, ..
Lors d'un banquet républicain organisé à Reims le , Waldeck-Rousseau précise sa vision et explique que la future organisation ne supprimera pas mais renforcera les associations républicaines existantes telles que l'Association nationale républicaine présidée par Honoré Audiffred, l'Association gambettiste présidée par Jules Cazot, l'Union libérale républicaine présidée par Henri Barboux et le Comité national républicain du commerce et de l'industrie présidé par Charles Expert-Bezançon. Une seconde circulaire est rédigée dès le lendemain. Elle apporte de nouvelles précisions et fixe la cotisation à 200 francs pour les sociétaires parisiens ou 100 francs pour les correspondants des départements, avec un engagement de trois ansFournier, .. Un local est trouvé, au de la rue de Gramont, à l'angle du boulevard des Italiens (). Outre ses fonctions politiques, il a vocation à présenter tout le confort des clubs à l'anglaise, avec une salle de lecture, des salons et une salle à manger. En revanche, les jeux de hasard y seront strictement prohibés.
L'assemblée constitutive a finalement lieu le , en présence de 600 personnes, dans des locaux qui ne seront inaugurés que le . Le président du Cercle, Waldeck-Rousseau y proclame la nécessité Fournier, ..
A la fin de l'année 1898, le Cercle compte déjà membres, majoritairement issus de la provinceFournier, .. Cependant, l'indiscipline des politiciens et la méfiance des comités locaux envers les organisations centralisatrices freinent la progression du Cercle, dont le nombre d'adhérents stagne ( en )Fournier, .. Waldeck-Rousseau démissionne de la présidence quand il est nommé à la tête du gouvernement, à la fin du mois de . Il est alors remplacé par l'un des vice-présidents, Expert-BezançonFournier, ., qui est élu président le suivantJournal des débats, 11 février 1900, ..
L'affaire Dreyfus, en exacerbant les divergences au sein des progressistes, ruine les efforts du Cercle, dont le siège ferme dès le mois d'La Croix, 8 avril 1900, . et dont l'assemblée générale décide la dissolution ainsi que la liquidation des biens le suivantLe Temps, 2 décembre 1900, .Journal des débats, 8 décembre 1900, .. Malgré - ou à cause de - cette scission, le besoin d'organisation demeure : les dreyfusards, partisans du gouvernement Waldeck-Rousseau, fonderont dès l'année suivante l'Alliance républicaine démocratique (ARD)Joly, ., tandis que les « mélinistes », hostiles au rapprochement avec les radicaux-socialistes et les socialistes indépendants, constitueront en 1903 la Fédération républicaine.
Membres notables CI : Membre du comité d’initiative. CG : Membre du conseil général du Cercle. Les membres du bureau sont indiqués en gras.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Bertrand Joly, Histoire politique de l'affaire Dreyfus, Paris, Fayard, 2014, . Marcel Fournier, « La fondation et l'inauguration du Grand Cercle Républicain », Revue politique et parlementaire, t. XXIV, avril-, .
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