Géographie Port-Blanc est un petit port côtier breton, et un hameau et quartier de pêcheurs dans la commune de Penvénan dans les Côtes-d'Armor, dans le pays historique du Trégor. Perdant son caractère traditionnel il est devenu la station balnéaire de Penvénan.
Toponymie Port-Blanc (Pors Gwen en breton) était jadis un havre pour marins. Les moines de Grande-Bretagne y trouvèrent aussi refuge pour ensuite s'installer à l'intérieur des terres. Port-Blanc serait l'endroit où aurait séjourné la petite Gwen, Gwenan, la fille de Judaël.
Histoire
Préhistoire La présence de plusieurs mégalithes sur le territoire atteste d'une occupation dès le Néolithique.
Moyen Âge Selon Paul Sébillot «au dire des habitants de Penvénan et des pays voisins, la ville d'Is était située à l'endroit où se trouve désormais la grève désolée de Trestel ; les empreintes qu'on voit sur un des rochers de la côte sont pour les uns les fers du cheval du diable, pour les autres ceux du roi Gradlon »..
Havre naturel, Port-Blanc (Pors Gwen en breton) fut un endroit facile où débarquer pour les moines de Grande-Bretagne qui y trouvèrent un refuge pour s'installer ensuite plus à l'intérieur des terres.. Port-Blanc aurait été fondé par le moine breton Gildas le Sage, d'origine princière, venu du Pays de Galles vers la fin du .
En , l'armée anglaise débarque à Port-Blanc, alors appelé Port Gueltas, d'après le saint. Il s'agit alors d'une des deux troupes sous le commandement de Richard, frère du roi Henri d'Angleterre, appelé à l'aide par Pierre Mauclerc, alors en sédition contre le roi Louis Chouteau, .
En , Bolingbroke, duc de Lancastre, futur roi Henri IV d'Angleterre, armé et équipé par le duc de Bretagne, part de Port-BlancJean-Michel Déprats, Shakespeare Histoires, tome 2, Gallimard, collection La Pléiade, Paris, 2008, 1743 pages, , note 16 avec dix naviresBenjamin Williams, Chronicque de Richart, 1846, 324 pages, , et fait voile vers l'Angleterre pour réclamer ses titres et terres que le roi Richard II lui a confisqués. Il déposera ce roi et se fera couronner à sa place sous le nom d'Henri IV. Shakespeare, dans sa pièce Richard II, cite Port-Blanc à l'acte II scène 1 vers 277 : « Port-le-Blanc, a bay in Brittany ! »Chouteau, .
En 1492, un seigneur de la Roche-Jagu chargé de la défense de Port-Blanc où les Anglais avaient débarqué demande de l'aide à la ville de Guingamp. Les Anglais repartent avant même la bataille. Il est probable que cet épisode soit à l'origine de la légende de l'invasion anglaise manquéeCorlouër, Bruger, , racontée par Anatole Le Braz :
Époque moderne A la fin du , Port Gueltas prend définitivement le nom de Port-BlancCorlouër, Bruger, .
Le
En 1853, un journal de Châteaulin écrit, à propos de Port-Blanc : « On y extrait le sable calcaire (maërl) des deux bancs suivants : Buguélès , entre les deux îles Saint-Gildas, dans le nord-est de la grande. Le banc est rond et a de diamètre. Il reste dessus d'eau. Le sable est gris-bleu et formé de menus débris de moules ; Kerec-ès-Treou , dans le sud du Four, long de et large de 40 ; il reste dessus d'eau. C’est, en par tant de l'est, le premier banc où l'on se serve de la drague attachée a une corde. Le sable est jaune rougeâtre et entièrement formé de débris de coquilles de diverses natures. Ils sont occupés le reste de l'année à la pêche des huîtres ou à la récolte du varech, qui donne lieu dans tous ces parages à un commerce important, soit pour l’agriculture, soit pour l'incinération. Le nombre de bateaux s'occupant du commerce de sable de Plougrescant à Louannec est de 15, portant en moyenne , et faisant de mai à septembre 50 voyages par an. Le transport annuel du sable coquillier s’élève ä environ , se vendant ».. vignette|
A. Marteville et P. Vain écrivent en 1853 que « la commune de Penvénan est située sur la côte ; mais son chef-lieu a peut-être moins d'importance que le Port-Blanc, grand attérage situé à l'extrémité nord de ce territoire. Les navires de toute dimension peuvent aborder à ce petit port ; aussi est-il devenu, depuis quelques années, le centre d'un certain commerce pour les grains. Son entrée est défendue par une batterie située sur l'Île-aux-Moines, et couverte par l'Île Saint-Gildas, l'un des innombrables îlots qui bordent cette côte »..
Le front de mer du Port-Blanc se caractérise par une architecture de défense militaire et portuaireEnsemble fortifié de port-Blanc datant du jusqu'au début du qui s'est associée à l'architecture vernaculaire et balnéaire du et du début du .
La station balnéaire est créée en 1872Corlouër, Bruger, (Quelles sources ou preuves ?) Des prises de sable ont lieu dans la baie et le long des grèves jusqu'à la fin des années 1930 et suscitent en 1937 des manifestations des hôteliers et des pêcheurs pour son interdiction à l'instar des plages voisines comme celle de Trestel ou de Perros.
Anatole Le Braz décrit ainsi Port-Blanc en 1897 :
Le La Belle Époque thumb|Le pardon de Port-Blanc en 1912 (journal L'Ouest-Éclair). Port-Blanc est ainsi décrit en 1903 :
Port-Blanc à la Belle Époque
L'Entre-deux-guerres La pêche des ormeaux était une activité importante et rémunératrice sur tout le littoral de part et d'autre de Tréguier. Un article daté de 1918 indique que « rien sur la côte nord-ouest de la presqu'île de Plougrescant et jusqu'à l'Île d'Er, on pêche ormeaux de novembre à mars, soit de plus qu'au Port-Blanc situé plus à l'ouest »..
La Seconde Guerre mondiale L'ancienne maison d'Anatole Le Braz où l'écrivain séjourna entre 1898 et 1924 est représentative de ce type d'habitat traditionnel néo-breton. La digue-promenade et le mur-digue militaire de l'organisation Todt (Seconde Guerre mondiale) offrent deux types d'architecture, l'une en béton et l'autre en moellons de granite pour défier les assauts de la mer. L'ancienne poudrière et l'oratoire de la Sentinelle correspondent à des ré-utilisations d'architecture de défense, de même que la nouvelle cale à proximité du blockhaus.
Monuments et sites vignette|droite|Baigneuses à Port-Blanc, par Maurice Denis en 1925. La commune compte de nombreux sites pittoresques, comme la chapelle Notre-Dame de Port-BlancChapelle Notre-Dame du port-Blanc qui date du , avec les vestiges de sa tour de garde du et le manoir de KerpeulvenManoir de Kerpeulven, inscrit au titre des Monuments historiques. Plusieurs mégalithes sont également visibles, parmi lesquelles les menhirs de Kerbelven et le menhir de Kervéniou et les sépultures néolithiques de Roch-Las-en-Port-Blanc. thumb|center|750px|Port-Blanc (Penvénan) ː vue générale du site avec le rocher de la Sentinelle. Des rochers spectaculaires offrent un décor pittoresque : le rocher de la Sentinelle, avec à son sommet un petit oratoire surmonté d'une croix et à son pied une ancienne poudrière dont la guérite fut reconstruite avec l'ajout de deux statues (saint Tugdual et Notre-Dame de la Mer) grâce à Théodore Botrel, qui avait une maison à proximité. Les statues ont par la suite été placées dans la chapelle voisine. En direction de l'anse du Pellinec, le rocher du Voleur semble fendu en deux en raison de la faille qui se trouve à son milieu ; il fut fortifié par Vauban en 1694 et il en subsiste quelques traces.. La chapelle Notre-Dame de Port-Blanc
Sur le littoral de Port-Blanc, on trouve de nombreux îlots et ses paysages sauvages, comme l'île des Femmes, l'île du Château-Neuf et l'île Saint-Gildas. Un sentier des douaniers rejoint Port-Blanc à Buguélès, et permet de découvrir la côte des Ajoncs et de suivre de petits circuits balisés qui mènent aux différents calvaires et chapelles.
Tableaux Henri Rivière : Port-Blanc (1891).
Légende Paul Sébillot rapporte cette légende et les superstitions qui y sont liées dans son livre "Légendes, croyances et superstitions de la mer. La mer et le rivage" : « Auprès du Port-Blanc, dans la grève, à la limite de Penvénan et de Trévou-Tréguignec, est un îlot très sauvage appelé Bruck (l'inculte, le sauvage), tout entouré d'écueils dangereux. C'est la demeure de mauvais génies qui y attirent lès navires pour les perdre. La mer y est toujours en furie, et la nuit entre les rochers on voit des fantômes et des personnages armés de haches qui semblent guetter les navires naufragés. De Bruck à Trestel, sur une étendue d'une demi-lieue, la côte est maudite. Naguère personne ne s'y hasardait la nuit, et les douaniers mêmes redoutaient d'y passer. Un dicton breton constate la mauvaise renommée de ce passage : Hen tre Bruck ha Treslel, He ma belly an drouk-Aael. Hen tre Bruck hag an Treo He ma belly an Diaolo.
Entre Bruck et Trestel Est le domaine du mauvais ange. Entre Bruck et le Trevou Est le domaine des diables. Les personnes qui passent même de jour par ce lieu maudit se signent avant d'y entrer et craignent quelque effrayante apparition. Sur l'un des rochers on montre la trace des pieds du cheval du diable »..
Personnages célèbres
Parmi les personnages célèbres à l'histoire entremêlée au Port-Blanc, on trouve notamment Anatole Le Braz dont l'ouvrage célèbre La légende de la mort en Basse-Bretagne évoque à plusieurs reprises le Port-Blanc et ses alentours. Il reçut vraisemblablement dans sa demeure au Port-Blanc Ernest Renan, auteur en 1882 de la célèbre conférence à la Sorbonne « Qu'est-ce qu'une Nation ? ». Théodore Botrel et Andre Juillard habitèrent également le Port-Blanc. Jean Painlevé y installa son studio chez le parents de sa compagne Geneviève Hamon et y tourna plusieurs de ses documentaires.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Luc Corlouër, Pierre Bruger, Penvénan Port-Blanc Autrefois, Editions Le Cormoran, , 216 p. Luc Corlouër, Pierre Bruger, Histoires de Penvénan Port-Blanc -Buguélès, Editions Le Cormoran, , 252 p.
Articles connexes Penvénan Buguélès
Catégorie:Hameau ou lieu-dit dans les Côtes-d'Armor Catégorie:Penvénan