La Destruction libératrice (The World Set Free. A Story of Mankind) est un roman écrit par H. G. Wells en 1913 et publié en 1914David C. Smith, H.G. Wells: Desperately Mortal: A Biography (New Haven and London: Yale University Press, 1986), p. 83-85..

Paru avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la trame de ce roman d'anticipation repose sur l'utilisation, dans les conflits militaires, d'armes nucléaires, qui se révèlent être à la fois plus destructrices et incontrôlables.

Un thème fréquent dans le travail de Wells, comme dans son livre (1901), est l'histoire de la maîtrise de la puissance et de l'énergie par l'homme grâce aux avancées technologiques, considérées comme un facteur déterminant du progrès humain.

Découpage

Intrigue Les ravages de la guerre poussent l'ambassadeur de France à Washington, Leblanc, à convoquer les dirigeants mondiaux à une conférence à Brissago, où le roi britannique Egbert montre l'exemple en abdiquant au profit d'un État mondial. L'épuisement du monde est tel que le coup d'État de fait provoqué par cette conférence ne rencontre de résistance qu'en de rares endroits. La défaite du roi (fictif) Ferdinand-Charles de Serbie et sa tentative de détruire le Conseil et de prendre le contrôle du monde sont racontées en détail.

Revenue à la raison, l'humanité met rapidement en place un ordre utopique inspiré de l'univers de Wells. L'énergie atomique a résolu le problème du travail. Dans ce nouvel ordre, .

La Destruction libératrice se termine par un chapitre relatant les réflexions de l'un des sages du Nouvel Ordre, Marcus Karénine, au cours de ses derniers jours. Karénine fait valoir que la connaissance et la force, et non l'amour, sont les vocations essentielles de l'humanité, et qu' ().

Personnages

Analyse de l'œuvre Les scientifiques contemporains de Wells avaient déjà une connaissance de la radioactivité et du radium, un élément restant actif durant des milliers d'années : si cette énergie, une fois mesurée, semble négligeable, la concentrer reviendrait à en augmenter la puissance. Wells se sert de ce constat pour construire son histoire.

Les connaissances de Wells en physique atomique proviennent de la lecture de William Ramsay, Ernest Rutherford et Frederick Soddy. Ce dernier a découvert la désintégration de l'uranium. Dans son essai, Wealth, Virtual Wealth and Debt. The solution of the economic paradox, Soddy fait l'éloge de La Destruction libératrice. Le roman de Wells pourrait avoir influencé le développement de l'arme nucléaire : en effet, le physicien Leó Szilárd lut le livre en 1932, l'année même de la découverte du neutron. En 1933, Szilárd modélise le concept de réaction en chaîne et en dépose les brevets en 1934.

Les « bombes atomiques » de Wells n'ont pas plus de force destructrice que les explosifs militaires utilisés à l'époque où il écrit ce livre : elles sont juste plus petites en termes de masse.

Wells considère la guerre comme le résultat inévitable de l'État moderne ; l'introduction de l'énergie atomique dans un monde divisé entraîne la faillite de la société. Les seules possibilités restantes seraient « soit la rechute dans l'humanité agricole, la barbarie ou l'acceptation de la science comme base d'un nouvel ordre social ».

Wells présente le thème du gouvernement mondial comme une solution à la menace des armes nucléairesDans son ouvrage The Shape of Things to Come paru en 1933, Wells présentera de nouveau le gouvernement mondial comme une solution au problème de la guerre..

Éditions

Traductions En français 1995 , réédité en 2022 avec une préface de Tristan Garcia aux éditions Le Cherche Midi . 2002 . En d'autres langues européennes Allemand 1985 2021 Espagnol 1926 Influence En 1932, avant de concevoir la réaction nucléaire en chaîne, Leó Szilárd avait lu La Destruction libératrice, dans lequel Wells qualifie les explosifs à action prolongée de ; Szilard écrit dans ses mémoires que ce livre l'avait . Lorsqu'il cède son brevet à l'Amirauté afin d’empêcher que la nouvelle ne parvienne aux oreilles de la communauté scientifique au sens large, il écrit : .

Bibliographie

Notes et références Notes

Références

Articles connexes , H. G. Wells, publié en 1901. Le Meilleur des mondes, Aldous Huxley, publié en 1932. The Shape of Things to Come, H. G. Wells, publié en 1933. Les Vaisseaux du temps'', Stephen Baxter, publié en 1995. Carolinium

Liens externes

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