Le triathlon en France, dans sa version moderne, apparait en 1982 à Nice à la suite de son arrivée en Europe en 1980. Il se structure lentement autour d’événements et de clubs et sa pratique est gérée par la Fédération française de triathlon créée en 1989. Cette structure fédérale reconnue par le Ministère des sports prend la suite du CONADET, organisme associatif précurseur dans la structuration européenne de ce sport. Au gré de son évolution, il se décline en de multiples pratiques qui s'installent dans le paysage sportif français. Tout en restant en 2017 peu médiatisé, il connaît une progression constante de ses pratiquants hommes et femmes ainsi qu'une augmentation du nombre d'épreuves organisées sur le territoire. Le nombre de clubs de triathlon sous forme d'association sans but lucratif suivant cette courbe de progression et propose le plus souvent des écoles de formation destinées à des publics plus jeunes.
En dehors des championnats nationaux sur diverses distances et environnement, le triathlon en France recense plusieurs épreuves de renommées internationales sur longue distance qui attirent de nombreux triathlètes professionnels et amateurs.
Histoire
En France, se déroulent au début du (entre 1902 et 1935) les premières compétitions de . Sur les bords de la Marne, à Joinville-le-Pont, et initié par l'École Normale de Gymnastique et des Sports de Joinville, se dispute . Le , les archives journalistiques font apparaître une course de ce genre nouveau d'une longueur de 14 kilomètres comprenant de la course à pied, du vélo et de la natation organisée par le journal L'Auto.. Le , le journal L'Auto de nouveau organise à Villennes-sur-Seine une qualifiée d'originale par Le Petit Journal au lendemain de sa réalisation. Cette compétition propose des épreuves à pied, en vélo et en natation.. En 1934, une course des trois sports organisée à La Rochelle propose un des moments les plus insolites de l'année, prémices du triathlon moderne : il s'agit de traverser le chenal à la nage, soit environ , de parcourir dix kilomètres à bicyclette, du port de la Rochelle au parc de Laleu, quartier situé plus au nord, et enfin d'effectuer trois tours de piste en courant, soit , sur le stade André-Barbeau..
Au début des années 1939 et 1940 apparaissent à Deauville. et à Poissy des triathlons appelés puis qui associent selon les organisations des disciplines variées. Le manque d'ambition de ces évènements, malgré la bonne humeur, entraîne la disparition de ces épreuves.
Le triathlon moderne qui naît et se développe aux États-Unis depuis 1978, arrive en Europe et voit quelques pays européens, à compter de 1980 et 1981, mettre en place les premières épreuves, mais leurs retombées médiatiques sont quasi inexistantes. En 1982, la société d'organisation d’événement IMG, servie par de bonnes relations avec la chaîne américaine (concurrente directe d'), imagine et propose la création d'un nouvel événement mondial dans le triathlon qui se déroulerait en Europe. Il vise tout d'abord à établir cet événement à Monaco, souhaitant faire de cette nouvelle compétition le triathlon européen concurrent de celui d'Hawaï. Mais la mort de la Princesse Grace de Monaco en ne permet plus sa réalisation dans la Principauté. Refusant d’annuler l’événement, c'est à Nice en France, que se tient le premier triathlon international longue distance d'Europe. Le triathlon de Nice qui se tient le voit cinquante-sept compétiteurs prendre le départ dont neuf Français et une Française, Majo Bouteleux, pour une compétition au format mal défini comportant, de natation, de cyclisme et un marathon. Les Américains Mark Allen et Lyn Brook remportent l’épreuve et deviennent les premiers triathlètes à inscrire leurs noms à son palmarès.. Plongeant sans combinaison dans une mer Méditerranée à 14 °C, cette première édition voit l’abandon de dix-sept concurrents et de sept transports à l’hôpital.. La presse locale (Nice Matin) et les médias, qui retracent l’événement en découvrant cette pratique sportive, n'en restent pas moins circonspects en qualifiant les triathlètes de plus que de sportifs ou encore l'émission d'Antenne 2, Les jeux du stade diffusée le , où, à l’issue d'un reportage de , Jacques Belin (critique à Télérama) écrit au sujet des distances records parcourus pendant la compétition : .
1980 - 1988 Premières structurations et communications
Dès 1984, sous l'égide de la société de production Sportéus, la chaîne de télévision Antenne 2, tente d'organiser un semblant de circuit au travers des 17 épreuves de triathlon recensées sur le territoire national. Le calendrier qui ne suit aucune logique et les distances qui apparaissent comme parfaitement arbitraires ne relèvent que des désirs des organisateurs, guidés le plus souvent par les intérêts commerciaux que peuvent procurer ces nouveaux événements. L'étape de la Grande-Motte où doit se jouer fait figure d'exception de par l'investissement de quelques cadres de la Fédération nationale du sport universitaire. En septembre, l’échec complet de la dernière épreuve de ce balbutiant circuit national, à cause de conditions climatiques catastrophiques qui impliquent l'annulation de l'épreuve dont la retransmission est prévue en direct, sonne comme un coup d’arrêt au développement médiatique du triathlon en France. Malgré cet échec, les acteurs de ce nouveau sport, font le choix de se rencontrer pour faire face à l'inorganisation. Le constat qu'un minimum de structure de gestion est nécessaire est établi sans difficulté. Une commission informelle d'organisation du triathlon se met en œuvre pour proposer un calendrier des compétitions cohérent, des modalités de classement qui unifient un minimum le circuit qui est doté également de règles médicales et sportives. En septembre la décision de créer une association loi de 1901, le (CONADET) dont le but est double, organiser et promouvoir le sport sur le territoire et préparer l’avènement d'une fédération nationale dédiée au triathlon. L'assemblée générale constitutive de l'association se déroule, 20 et aux Muraux, Gilles Petit qui appartient au journal L’Équipe est élu président, le siège de l'association est situé à l'école EDF-GDF des Mureaux, l'agrément préfectoral est daté du et la parution au Journal Officiel en date du .
À partir de 1985, le CONADET catégorise les épreuves selon différentes distances. La catégorie A, de 1 à 1,5 kilomètre de natation, 40 à 60 de vélo et 10 à 16 kilomètres de course à pied. La catégorie B, comprise entre 1,5 à 2 kilomètres de natation, 60 à 100 de vélo, 16 à 28 de course à pied et la catégorie C entre 2 et 3 km de natation, 100 à 120 de vélo, 30 à 42,195 km de course à pied. Fin 1985, le CONADET met en place le sur une distance de 500 à 600 mètres de natation, 15 à 20 kilomètres de vélo et 4 à 5 de course à pied. Cette version courte distance, accessible et ludique connait rapidement un réel succès. Ces catégories sont renommées et affinées entre 1986 et 1989 dans la perspective d'une épreuve de démonstration aux Jeux olympiques de Barcelone, elles prennent les noms de , , , , . La terminologie utilisée par la Fédération européenne de triathlon qui use pendant un temps de l'unité de distance ironman, rejoint dès 1986 la terminologie française.
Les catégories d'âge au nombre de trois en 1985, espoir, senior et vétéran, sont remaniées à la suite du rapprochement du CONADET avec l'Union nationale du sport scolaire qui inscrit le sport dans son programme sportif. Une catégorie fait son apparition, elle est remplacée en 1987 par deux catégories spécifiques aux jeunes pratiquants, minimes et cadets. La catégorie vétéran est scindée en V1 pour les 40-44 ans et V2 pour les 45 ans et plus. En 1988, la catégorie senior est divisée en quatre sous-groupes et la catégorie vétéran s'étendent jusqu'à V7, les changements s'opérant par période de cinq années.
Pratique nouvelle, les premiers encadrements voient le jour en 1985 et 1986. La mise en œuvre d'une licence se fait en 1985, dont le premier numéro est affecté au président d'honneur du CONADET, Gérard Langlet. Rédigé manuellement, le délai de délivrance est assez long, il en est décompté pour l'année 1985. La création d'une première réglementation arbitrale cette même année avec l’apparition des cartons jaunes et rouges, des formations de commissaires certifiés qui attirent toutefois peu de bénévoles et qui restent insuffisants pour contrôler les courses à cette époque. La régionalisation des ligues de triathlon qui s'achève en 1988 permet une large amélioration de ce système de commissariat et de contrôle, prémices de la future Direction nationale de réglementation et de l'arbitrage de la future fédération. La création en 1986 d'un diplôme d'entraîneur de triathlon scindé en deux niveaux, régional et national, complète ces débuts d'encadrement.
La communication autour de ce nouveau sport reste très faible, hormis Triathlète magazine créé en 1985 sur lequel le CONADET communique périodiquement à partir d'avril-, pour faire connaître des dispositions réglementaires liées au triathlon. En 1986, un essai de plaquette assez complète autour de la naissante histoire du sport et de sa structuration est faite par le Winning Club à destination des organes institutionnels, mais le constat de déficience de communication générale est fait par la présidence du CONADET en . En , le nouveau président Jean Cote relance la volonté d'un forte communication en nouant un partenariat avec l'agence Claude Michy manager qui est remplacée rapidement par l'agence De Papé conseil. La progression de la communication externe ne pallie pas le manque de communication interne qui reste à cette époque largement insuffisante faute de moyens financiers. Premières saisons sportives
Malgré l'accueil médiatique mitigé fait au triathlon en général, 1983 voit les premières épreuves amateures s'organiser dans le sud de la France, à Hyères et La Grande-Motte, mais également dans le nord sous l'impulsion de Georges Belaubre qui crée le premier triathlon d'Île-de-France à Saint-Germain-en-Laye. Ils sont neuf à prendre le départ le , pour une course de de natation, de vélo et un peu plus de de course à pied. En , le triathlon de la Grande-Motte réunit 83 triathlètes dont 68 sont classés. Le classement empirique ne fait état ni des prénoms, ni des sexes des compétiteurs. À cette époque apparaît aussi le premier club de triathlon de France, Les milles pattes à Grenoble à l'initiative d'un sportif, Jean Luc Capogna et d'un universitaire Alain Novella.
En 1984 apparaît en août à Embrun dans les Hautes-Alpes, sur une idée de Jean François Bonnet, une épreuve de triathlon sans autre ambition à l'origine que de mettre en lumière ce nouveau sport, la ville d'Embrun et l'environnement montagnard.. Le triathlon de Nice tenant pour sa part sa édition et confirme la domination américaine de cette époque sur l’épreuve française.
En , le premier triathlon d'Avignon reçoit les élites internationales comme Mark Allen, Julie Moss, Scott Tinley et Yves Cordier. Juin 1985, voit la naissance d'un triathlon à Marseille qui apporte une consécration à Yves Cordier qui l'emporte avec une large avance sur Georges Belaubre. En , le premier triathlon de Paris voit le jour, organisé par le CONADET et la société Sport Leader, il connait un vif succès, le nombre de demandes d'inscription dépasse la capacité du parc vélo, de nombreux triathlètes ne peuvent y prendre part. En 1987, Marseille reçoit les championnats d'Europe de triathlon catégorie A, les Français Philippe Méthion et Chantal Malherbe montent sur la seconde et troisième place des podiums.