vignette|Fête du Broquelet en 1803. Tableau de François-Louis-Joseph Watteau au musée de l'Hospice Comtesse

Le Broquelet était une grande fête populaire des ouvriers du textile lillois se déroulant chaque année le 9 mai, jour de la translation de Saint-Nicolas. Cette fête qui tirait son nom du broquelet, fuseau des dentellières lilloises, était à l’origine celle des dentellières et devint ensuite également celle des filtiers puis de l’ensemble des ouvriers du textile. Cette fête datant du resta peu importante jusqu’au , se développa au , atteint son apogée dans les première décennies du , déclina au milieu du siècle et disparut en 1861.

Historique de la fête L’historien Alain Lottin remarque qu’Ignace Chavatte, ouvrier sayetteur à Saint-Sauveur, qui évoque d'autres fêtes (Procession de Lille, fête de la Saint-Jean) ne la mentionne pas dans sa chronique des années 1660 à 1690. Alain Lottin considère le développement de cette fête au cours du lié à la croissance du nombre de dentellières.

La sayetterie et la bourgetterie, activités artisanes masculines de tissage d’étoffes, prospères au et première moitié du , ont décliné au à la suite de la fermeture de marchés. La suppression en 1777 du monopole de fabrication de ces étoffes à Lille acquis en 1524 (arrêt donnant le droit aux campagnes de fabriquer ces tissus) leur porta un coup fatal. Ce déclin a été compensé par le développement de la dentellerie qui aurait employé près de la moitié de la population féminine de Lille en 1789 et celle de la filterie, activité masculine de transformation du lin en fil à coudre. Les métiers de filtiers et de dentellières se sont réunis au cours du sous le patronage de saint Nicolas.

À partir de la deuxième moitié du , la fête du Broquelet se déroulait à Wazemmes, faubourg à l’extérieur des remparts de Lille jusqu’à l’annexion de 1858, à la guinguette de la Nouvelle Aventure située à l’emplacement actuel de la place du Marché. Ce vaste établissement pouvait accueillir plusieurs milliers de personnes.

La fête durait plusieurs jours, huit jours puis trois jours. La fin du troisième jour était marquée par la translation de Saint-Nicolas consistant à noyer symboliquement le saint dans la Deûle au pont tournant du pont de la Barre

La fête déclina vers 1850 et disparut avec la fermeture de la guinguette de la Nouvelle Aventure démolie pour aménager la place du Marché. La dernière fête eut lieu du 9 au .

Le Broquelet par Alexandre Desrousseaux Le chansonnier Alexandre Desrousseaux évoque la fête d’autrefois par la voix d’une vieille dentellière.

Original en patois (typographie de l'édition respectée) et traduction en français. Texte en patois Traduction en français

Deux autres textes de Desrousseaux évoquent cette fête (extraits traduits en français).

Le Broquelet d’aujourd’hui datant vraisemblablement des années précédant la fermeture de la Nouvelle Aventure, la fête semblant avoir quelque peu perdu son éclat.

Avant le Broquelet écrit 30 ans plus tard

Il semble donc que le Broquelet se soit perpétué modestement après 1861 avant de s’éteindre Alfred Salembier signale l'existence de cette fête dans son histoire de Wazemmes publiée en 1912. Cependant le Broquelet ne semble pas avoir laissé de traces après la fête de 1861 incontestablement la dernière importante.

La fête du 140ème anniversaire Une fête fut organisée à Wazemmes du 9 au pour fêter le anniversaire de ce dernier Broquelet comprenant des conférences, des causeries, un bal folk, des jeux.

Notes et références Notes

Références

Annexes

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Place de la Nouvelle Aventure

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