La baronne Émilie Girod de l'Ain, née Marie Pierrette Émilie Mégard le à Versoix (alors dans l'Ain), et morte le à Versoix (Suisse), est une bienfaitrice de la commune de Versoix dans le canton de Genève. Elle est dite .
Biographie Famille
Émilie est la fille unique de Jean Gaspard Mégard (1758-1827), juriste, avocat et bourgeois de Versoix, et de Marie Pierrette Émilie Garnier (1764-1818)Notice généalogique Marie Pierrette Émilie MÉGARD (1800-1881).. Dans les recensements (après la Révolution), son père est qualifié de « propriétaire » et « agriculteur » à Écogia. Il est maire de Versoix en 1790-1792, 1813-1814, 1816-1822 : il aurait rempli ses fonctions de maire selon la Commission des communes. En 1793, Jean-Gaspard achète un remplaçant pour partir à la guerre à sa place. Le grand-père d’Émilie, Mathieu Mégard (1722-1793), est avocat et « conseiller du Roi », « le plus opulent des Versoisiens »Notice généalogique Jean Gaspard MÉGARD (1758 - 1827)... Jean Gaspard Mégard est vraisemblablement le modèle du tableau Un maire de Versoix de Louis-Auguste Brun. Sur Louis-Auguste Brun le « peintre de Marie-Antoinette » installé à Versoix en 1790, voir aussi Anne de Herdt : « Brun de Versoix », in Musées de Genève, septembre 1986, ..
Émilie Mégard épouse le à Versoix Gabriel Girod de l’Ain (1784-1846), elle a et lui 35. Il est officier de marine puis « propriétaire », chevalier de la Légion d'honneur et de Saint-Louis, second fils de Jean-Louis Girod de l'Ain (devenu baron d’Empire en 1809), issu d'une famille bourgeoise originaire de la région de Gex. Ils ont deux enfants : Marie Louise Octavie, dite Octavie (1820-1864) et Jean Marie Léon, dit Léon (1824-1854).
Gabriel Girod de l’Ain meurt en 1846, à Écogia. Léon devient en 1847 le Girod de l'Ain à la suite du décès sans postérité de son oncle Amédée (1781-1847), Girod de l'Ain, le frère aîné de Gabriel. Léon devait épouser une femme de noble famille fribourgeoise, mais il meurt prématurément à Rome le , âgé de . Le sera le plus jeune frère de Gabriel, Félix Girod de l'Ain (1789-1874), et le Édouard Girod de l'Ain, un des cinq enfants de Félix.
Octavie meurt à Nice en 1864, où elle était allée passer l’hiver avec sa mèreNotes manuscrites du chanoine Guillermin, dans un exemplaire de . Notes en pages 16-17 d’un tiré à part conservé à la mairie de Lancy. Relevé par Suzanne Kathari, 2005.. Émilie qui était déjà la dernière représentante de la famille Mégard à Versoix, devient ainsi la dernière des Girod de l’Ain à Écogia.
À son décès en 1881 à Écogia, Émilie Girod de l’Ain est inhumée dans la chapelle qu’elle a fait construire. Elle a désigné son cousin Joseph de de Grenoble comme héritier universelTestament homologué, du 19 mars 1879, aux Archives d'État de Genève (cote : Jur Civ AAq ). Ce document de cinq pages mentionne l’héritier universel Joseph de Beylié (son cousin), son filleul Octave Blanc (pour ) et sa sœur Octavie Marchand, ses cousins Ernest et Octave Mégard (chacun ). Ernest et Octave sont les petits-fils de son oncle Jean Pierre Mégard (1768-?), nés à Colmar, ils s’appelleront « Mégard Le Pays De Bourjolly » ; Octave et Octavie sont d’autres petits-enfants du même oncle. Émilie précise dans son testament concernant Ernest et Octave : ..
Écogia Le domaine d’Écogia est propriété de la famille dès le début du Michel Mégard, « La famille Mégard de Versoix », 1993-2004, sur le site famille.megard.ch.. La baronne Girod de l’Ain développe le domaine et l’organise selon un modèle classique.
vignette|Chapelle et bâtiment principal d'Écogia. À la suite du décès de son fils Léon en 1854, Émilie Girod de l’Ain fait construire une chapelle privée à Écogia, en 1861-1862, dédiée à Notre-Dame des Douleurs. Le vitrail du chœur est aussi dédié à Notre-Dame des Douleurs « qui nous rappelle les chagrins de Madame Girod après la mort de son fils unique », dans l’abside à droite se trouve le vitrail de l'archange Gabriel, et à gauche celui du pape . La chapelle est réalisée par l'architecte Charles Harent de Gex et qualifiée de « très bel ensemble néo-gothique »NR et SK [Suzanne Kathari], « Versoix 2005-3539, Chapelle d’Ecogia », fiche du Recensement du patrimoine funéraire, Canton de Genève, Service des monuments et des sites, 2005, [6 p.]. Elle est consacrée le par l'évêque de Lausanne et Genève Étienne Marilley (1846-1879)..
La dépouille de Léon, enterré au cimetière, est déplacée dans le caveau de la nouvelle chapelle, de même les restes des parents d’Émilie (Jean Gaspard Mégard et Marie Mégard née Garnier), déplacés le . S'y trouvent également Gabriel, l’époux d’Émilie, et Octavie sa filleAssociation patrimoine versoisien, Notes relatives à la chapelle d’Écogia, « Ce texte a probablement été rédigé par la direction de l’Institution d’Ecogia en 1942 » (George Savary)...
Bienfaitrice La baronne Girod de l’Ain aide le curé Moglia de Versoix à racheter le terrain où se trouvait l’ancienne église Saint-Théodule du , au moment de la construction de la nouvelle église.
Elle donne au même curé les fonds nécessaires pour l’établissement d’une école primaire pour filles et école enfantine pour filles et garçons, inaugurée en 1844. Le curé acheta la maison Ravel sur la place David pour et trois sœurs de l’ordre de Saint-Joseph s’occupèrent de l’enseignement. Le contexte était particulier, la loi obligeant alors l’école publique à être confessionnelle, les protestants avaient créé une école privée pour les garçons et filles de confession réformée. Par ailleurs le conseil municipal ne voulait pas investir les fonds nécessaires pour ouvrir une classe de filles..
Émilie Girod lègue à mademoiselle Faivre le domaine d’Écogia, de , « afin d'y créer un établissement philanthropique ». Finalement un orphelinat catholique ouvre en 1903, qui a accueilli une cinquantaine de fillettes. La commune de Versoix reçoit un legs de de madame Girod de l’Ain, à distribuer aux pauvres de la commune. Le Conseil d’État approuve une délibération de la commune de Versoix, relativement à ce legs, et exempte la commune des droits de succession..
Hommages
Émilie est marraine de la grosse cloche de l’église catholique de Versoix, qui porte le texte suivant : . La cloche du château d’Écogia porte ce texte : , où « E.G.M. » sont les initiales de « Émilie Girod Mégard », cloches et 132..En 1958, la municipalité de Versoix nomme trois nouveaux chemins créés sur le domaine de Saint-Loup : « Maurice Ravel » (originaire de Versoix), « Girod-de-l’Ain » et « Mégard ». ; cette source donne comme origine « Émilie Girod-de-l'Ain, 1801-1881 ». ; ce document indique que ce nom est « celui d’une famille de notables du Pays de Gex, qui possédait autrefois beaucoup de terres entre Gex et Versoix »..
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Écogia
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