La Bellière est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de Population municipale ..

Géographie Localisation La commune de La Bellière est limitée au nord par Vrigny et Saint-Christophe-le-Jajolet, à l'est par Montmerrei et Le Cercueil, à l'ouest par La Lande-de-Goult et Francheville. L'activité principale de ce territoire mais son originalité est la part importante prise par de la forêt : le bois de Grandmont et le bois l'Évêque, qui prolongent le massif d'Écouves, recouvrent en effet un peu plus de la moitié de l'espace, soit pour une superficie totale de . Le territoire de la commune est inclus dans le parc naturel régional Normandie-Maine et fait partie du Réseau Natura 2000 Écouves.

Avant la construction de la route nationale 158 (ou route royale ou impériale selon les régimes politiques) reliant Alençon à Argentan (par Sées et Mortrée), le « grand chemin » empruntait un itinéraire plus court entre ces deux villes importantes en passant par la Croix de Médavy, Francheville, Fleuriel, Sarceaux (il passait donc en bordure de la paroisse de La Bellière). Cette voie de communication aurait suivi en partie le tracé de l'antique voie romaine entre Argentan et Goult.

En quittant par le sud la ville d'Argentan, à une altitude d'environ , en direction de La Bellière, on traverse la riche plaine éponyme (avec ses grandes parcelles de cultures, ses maisons construites en « pierre blanche » , ses routes plates et droites). Mais, après le hameau de Montpertuis (sur Fleuré), l'environnement change : la route s'élève, ondule et sinue ; les vastes cultures laissent place aux petites prairies ; les bois apparaissent ; les murs sont constitués de pierre grise et dure. C'est que, en peu de distance, on quitte le fond d'une mer datant du mésozoïque (anciennement appelé Jurassique de l'ère secondaire qui s'écoula de d'années et qui connut les dinosaures). On aborde alors la partie orientale du Massif armoricain qui s'est formé entre et d'années pendant la période la plus ancienne de l'histoire de la terre le paléozoïque ou ère primaire, plus précisément le précambrien (qui à lui seul, avec ses algues et ses animaux à coquille rigide, occupe près de 90 % de l'histoire de la Terre). Cette avancée primaire formait un cap dans la mer du jurassique. Sans atteindre les du mont des Avaloirs, point culminant de l'Ouest de la France, ou les du signal d'Écouves tout proche, point culminant de la Normandie, le bourg de La Bellière est déjà à l'altitude de et d'autres parties de la commune atteignent ; le relief de la commune est donc assez tourmenté. Le grès quartzeux, le granite affleurent avec des inclusions datant de l'Ordovicien ; aussi sur ces sols acides la lande remplace-t-elle par endroits la forêt.

Les lieux-dits de la commune sont : l'Être aux Allains, l'Être Bouley, l'Être Clouet, l'Être Gourbe, la Gerrière, la Haute Bellière, la Hunière, la Roche, la Rochette, le Bourg, le Château, le Grais, le Logis, le Plessis, Rochereuil.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau de Clairefontaine, le ruisseau de Landrion., le fossé 01 de l'Étre Gourbe., le fossé 05 du Plessis. et le ruisseau des Vallées...

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de la BellièreLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune d'Argentan à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , La Bellière est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Argentan, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (55,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (54,3 %), prairies (40,8 %), terres arables (4,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Berleria en 1240 (Archives de l'Orne, H 1429)..

Le toponyme semble être dû à un caractère physique du lieu, c'est-à-dire un dérivé à partir du mot bele (ou bêle) « cresson, cresson de fontaine », forme dialectale équivalente de l'ancien français berle, même sensJean Adigard des Gautries et Fernand Lechanteur, « Les noms des communes de Normandie » - V [article] in Annales de Normandie, 1962, p. 8., d'où l'homonymie avec la commune normande du département de la Seine-Maritime la Bellière. Le -r- au contact du -l- s'est régulièrement amuï par assimilation avec ce -l-, alors que ce n'est pas le cas pour le mot français berle et le nom des communes homonymes comme la Berlière (Ardenne). Le radical est complété par le suffixe -ière indiquant la présence., d'où le sens global de « la cressonnière ».

Sachant que pour se développer, cette plante requiert de l'eau de source saine et non stagnante, le site de la Bellière aurait donc été reconnu de longue date comme très favorable à cette plante crucifère, une cressonnière naturelle en quelque sorte. Cette interprétation se trouve appuyée par le nom du ruisseau local : le ruisseau de Claire Fontaine. Il pourrait aussi s'agir d'un toponyme médiéval fondé sur un anthroponyme au même titre que la plupart des noms en -ière et -erie, comme Albert Dauzat et Charles Rostaing le suggèrent en seconde hypothèse, proposant Bel., mais ce nom est rare dans l'Ouest de sorte que Bellier, aujourd'hui patronyme fréquemment attesté, pourrait aussi convenir. Cependant, l'explication par bellière au sens de « cressonnière » est la seul retenue par François de Beaurepaire pour expliquer le lieu homographe de la Bellière..

Remarques : le mot berle est lui-même issu du latin tardif berula (Marcellus de Bordeaux, De Medicamentis Liber 36.51) signifiant « cresson, cresson d'eau », d'origine gauloise et directement apparenté au nom celtique du cresson : vieil irlandais biror « cresson d'eau » (> irlandais biolar) ; gallois berwr ; vieux breton beror (breton beler)Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Paris, Errance, 1994, p. 188.Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, Errance, 2003, p. 73.. La forme initiale devait être *berura, *beruro- « cresson d'eau » dissimilé en berula. C'est un probable dérivé du thème indo-européen *bher-u-, nom de l'eau vive, de la source. Le sens actuel du mot berle est différent et inspiré directement du latin scientifique berula désignant un autre genre de plantes.

Le gentilé est Bellion.

Histoire

Sous l'Ancien Régime, la paroisse est rattachée au diocèse de Séez (doyenné de Macé) , au parlement de Rouen, à l'intendance d'Alençon, à l'élection d'Argentan et à la sergenterie du Breton d'O. La paroisse est sous le patronage du prieuré Beaumont-Bellière (c'est le prieur de ce monastère qui propose le nom du futur curé à l'évêque de Séez et une partie des dîmes de cette modeste paroisse revient aux religieux grandmontains).

Vers 1500, Jean Le Fort fait construire une chapelle dans les bois de la Bellière.

Au , à Paris, le Bois de la Hunière, situé sur la Bellière, est acheté par -Pasquier (dont les descendants habitent toujours le château de Sassy) à .

En 1943-1944, une cache du maquis de Vrigny est installée dans les ruines de Grandmont. En , elle est attaquée par la police et la gendarmerie française. Des fusils, munitions, fausses cartes sont saisis. Les résistants Robert Gagnaire et Jacques Louvel sont arrêtés, déférés aux autorités allemandes qui les interrogent brutalement et les condamnent à mort. Ils sont fusillés le dans une carrière à Saint-Germain-du-Corbéis. Marcel Richard est arrêté.

Politique et administration

Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et deux adjoints..

Démographie

La Bellière a compté jusqu'à en 1836.

Économie

Lieux et monuments

Le camp romain