Bréel est une ancienne commune française, dans le département de l'Orne en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle d'Athis-Val de Rouvre.
Située au cœur du Houlme et de la Suisse normande, cet ancien fief des Corday est peuplé de habitantsPopulation municipale ., avec une densité de .
Géographie Bréel s'étend sur à une altitude moyenne de à proximité de la Roche d'Oëtre. Le point culminant est à d'altitude et l'endroit le plus bas se trouve à d'altitude. La mairie est à d’altitude.
La commune fait partie de la communauté d'agglomération Flers Agglo. Elle est également proche du parc naturel régional Normandie-Maine. La Rouvre est le principal cours d'eau qui baigne le village. Cette rivière est fréquentée par des kayakistes en eau blanche, en contrebas du bourg. Le territoire de Bréel est délimité à l’ouest et au nord-ouest par cette rivière, et au sud-ouest par le ruisseau la Coulandre.
Bréel est située le long de la route de Truttemer-le-Grand à La Forêt-Auvray, suivant le cours d'une ancienne voie romaine.
Le territoire est traversé par de multiples chemins de randonnée à pied et à VTT.
Le village se situe au milieu du triangle Flers/Condé-sur-Noireau/Falaise, étant à environ de chacune de ces villes. La grande ville la plus proche est Caen, à au nord à vol d'oiseau.
Les gares les plus proches se trouvent à Briouze () et Flers ().
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Brael vers 1335..
Albert Dauzat passe sous silence ce nom de lieu, montrant par là qu'il ne possède pas de forme ancienne et qu'il y a un problème quant à son interprétation. René Lepelley considère ce toponyme comme issu du bas latin d'origine gauloise brogilu, « petit bois », ayant donné le français breuil (enclos, boisé ou non, où les bêtes étaient parquées). Ernest Nègre envisage quant à lui l'emploi de l'anthroponyme germanique Blidaldus pris absolument. François de Beaurepaire préfère rapprocher ce toponyme de Bréhal (Manche, Brehelio vers 1100); Bréal-sous-Vitré (Ille-et-Vilaine, Braellum ; Breelo 1108); Bréal-sous-Montfort (Ille-et-Vilaine, Breal 1154), dans lesquels il identifie un même suffixe -allum, rapprochements que justifie la localisation géographique, mais il n'apporte pas d'autre explication.
Microtoponymie Bréel est composée de différents hameaux, contigus et situés dans le bourg ou près du bourg : les Grands Cotereaux, la Petite Couture, l'Être aux Guislains, l'Être aux Môres, la Foutelaye (de foutelaie synonyme de hêtraie, ou de foutel signifiant « hêtre » ; cf. la Fontelaye et la Futelaye), l'Oullière, la Rôrie et le Ruisseau. Il y a également des hameaux ou lieux-dits plus isolés : la Bagottière (d'une famille Bagot + suffixe -ière), le Blanc Rocher, la Boscherie, la Chevalerie, la Cour de Bréel, le Douit de Bréel (douit étant une variante de douet « ruisseau »), l’Être aux Coqs, le Hamel (forme normande qui a donné hameau en français), la Maisonnette, le Maly, le Moulin des Rivières, Oëtre, le Pont de Ségrie (ou le Moulin de Bréel, ou le Moulin de Ségrie), les Pucettes, le Souquet et le Val Fermé. Le nom des hameaux l'Être aux Guislains et l'Être aux Môres sont formés avec les noms des vieilles familles bréeloises Môre et Guislain. Le mot Être est quant à lui une variante graphique des mots âtre ou aître qui ici veulent dire « foyer ». Le hameau d'Oëtre se situe à l'extrémité nord du territoire communal de Bréel, à proximité de la fameuse roche d'Oëtre qui, elle, se situe sur la commune de Saint-Philbert-sur-Orne.
Le gentilé de la commune est Bréeloise et Bréelois.
Histoire vignette|upright|Le blason des Corday.
Le château des Corday s’élevait jadis à l’emplacement de la ferme sise au lieu-dit la Cour de Bréel, près de l’étang qui existe toujours de nos jours. Un membre de la famille, Guillaume Corday, fut curé de la chapelle qui porte leur nom, pendant plus de cinquante ans, de 1476 à 1527.
Au , Bréel comptait et tirait sa richesse de son sol granitique.
L’exploitation des carrières, sur un magnifique filon de granite, s’est poursuivie jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. De belles pierres taillées, nécessaires à la construction des demeures de Caen et même au-delà, sont parties de Bréel. La chapelle du Blanc Rocher (1855), nichée dans les bois, et la chapelle Saint-Joseph (1895), posée sur une butte face à un grand calvaire de granit, ont été construites par les carriers et sont les témoignages de cet essor.
L'ancien moulin de Bréel (appelé également moulin de Ségrie) abrite aujourd'hui la Maison de la rivière et du paysage.
En 1789, la paroisse dépendait du bailliage secondaire de Tinchebray, lui-même dépendant du grand bailliage de Cotentin.
En 1789 toujours, la paroisse dépendait de la sergenterie dite du Bailliage de Condé, de l'élection de Vire, et de la généralité de Caen. Du point de vue religieux elle relevait du diocèse de Séez.
En 1900, un pressoir à cidre en granite, taillé d’une seule pièce dans une carrière de Bréel, a été présentée à l'exposition universelle de Paris.
Le , Bréel intègre avec sept autres communes la commune d'Athis-Val de Rouvre. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes d'Athis-de-l'Orne, Bréel, La Carneille, Notre-Dame-du-Rocher, Ronfeugerai, Ségrie-Fontaine, Taillebois et Les Tourailles deviennent des communes déléguées et Athis-de-l'Orne est le chef-lieu de la commune nouvelle.
Libération de Bréel et de la région alentour en 1944 Lors de la bataille de Normandie, sur le front ouest de la poche de Falaise, le , au terme de l’opération Blackwater dont l'objectif était d’établir une tête de pont sur le Noireau, la Wessex Infantry Division du Major-General Ivor Thomas franchit la rivière à Condé-sur-Noireau et libère Berjou le lendemain. Le 16, la Armored Division entre dans Flers. Devant la chute imminente de Falaise, le Generalfeldmarschall Günther von Kluge, chef du Heeresgruppe B, fait un exposé téléphonique de la situation au général Alfred Jodl, chef des opérations à l'Oberkommando der Wehrmacht. Sans attendre l'accord du Führer, von Kluge ordonne un repli immédiat de la Armée et du Panzergruppe Eberbach à l'est de l'Orne, qui sera effectué en deux ou trois mouvements de nuit. À l'est de Flers, la défense repose sur le Fallschim-Korps, avec son poste de commandement près de Sainte-Honorine-la-Chardonne. Les et SS-Panzer-Division se retirent vers Putanges, via Notre-Dame-du-Rocher. Le , la Armoured Division progresse en deux colonnes composées de blindés et d'infanterie. L'objectif de la première est Putanges, via Athis-de-l'Orne et Notre-Dame-du-Rocher. La seconde, en parallèle et huit kilomètres plus au sud, part de Flers en direction de Briouze. Lors du franchissement de la Rouvre, au lieu-dit Le Pont Huan, le Battalion Monmouthshire Regiment subit 25 pertes, le Fife and Forfar Yeomanry Armoured Regiment perd deux blindés. À deux kilomètres plus au nord, juste après Taillebois, les Allemands, retranchés dans le secteur de Notre-Dame-du-Rocher, harcèlent les hommes de la Rifle Brigade et du Hussars. Le pont sur la Rouvre est détruit et les combats durent toute la nuit. À l'aube, le Royal Engineers a posé un pont, les Allemands se sont repliés. Notre-Dame-du-Rocher est libérée, ainsi que Bréel, alors que sur l’aile gauche, le Reconnaissance Regiment de la Infantry Division est à Ségrie-FontaineStalingrad en Normandie d’Eddy Florentin, The black Bull de Patrick Delaforce, Fighting the Breakout de David Isby..
Politique et administration thumb|Carte de Bréel et des communes alentour.
vignette|La mairie.
Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et deux adjoints. Ces conseillers intègrent au complet le conseil municipal d'Athis-Val de Rouvre le jusqu'en 2020 et Nicole Rogue devient maire délégué. Elle est remplacée par Gilles Petit en .
Démographie
Bréel a compté jusqu'à en 1800.
Économie La menuiserie Concept Bois, anciennement Menuiserie Rogue fondée par Henri Rogue, a été la seule entreprise de Bréel pendant de nombreuses années. Elle est aujourd'hui fermée.
Désormais, le tiers lieu La Menuise, un espace de travail mutualisé de la Suisse Normande participant au renouveau économique du territoire, s’est installé dans les locaux de la menuiserie Rogue appartenant toujours à la famille Rogue. Il héberge notamment un atelier participatif de pressage de pommes, un atelier de création de dessins animés, un atelier de vannerie, un atelier de réparation de bicyclettes et des espaces de travail partagé.
Lieux et monuments Monuments
Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul () dont la chapelle de Corday, formant le transept sud, datant de la fin du , est inscrite au titre des monuments historiques depuis le . Cette chapelle était destinée à la sépulture de la famille seigneuriale des Corday et leur blason y figure sur la croisée d'ogives. Une Vierge à l'Enfant à l'oiseau des environs de 1500 fait l'objet d'un classement à titre d'objet.. Cette Vierge, sculptée sur bois, porte une couronne posée sur un voile court masquant sa chevelure. Marie est vêtue d'un manteau à galon brodé retenu sur ses épaules par une double lanière et d'une robe à décolleté et corsage ajouré. L'enfant Jésus, assis bien droit sur son bras gauche, porte un ample vêtement qui découvre sa jambe gauche dont le pied repose dans la main droite de Marie. Il tient un oiseau sur sa main droite et de l'autre présente une pomme. La Vierge est légèrement hanchée, ventre en avant. Cette sculpture polychrome ancienne est visible sous une peinture du . À l'extérieur, la façade de la chapelle de Corday est ornée de granit ouvragé dont la figuration, unique dans l’Orne rappelle les ouvrages que l’on rencontre dans les enclos paroissiaux en Bretagne. Sur cette façade, au bas du gable, se trouvent deux bustes sculptés, l'un représentant un vivant et l'autre représentant un mort. Juste au-dessus, on peut lire l'inscription « Telz fusmes coe vo Tel seres coe no » qui veut dire « Nous avons été comme vous, vous serez comme nous ». À l'intérieur de l'église, des nervures courent le long de la voûte. Les ornements se composent de pendentifs, de culs-de-lampe, et de statues de saints soutenues par des consoles ornées.
Chapelle Saint-Joseph, du . Elle a été construite en 1895 par l'abbé Hippolyte Simon, curé de Bréel, sur un terrain offert par une paroissienne. Ce petit édifice en granite n'est pas orienté, avec un chœur à chevet semi-circulaire situé au nord. Il est fait sur un plan allongé à un vaisseau, sur une longueur d'environ 10 mètres et une largeur d'environ 6 mètres. La chapelle Saint-Joseph est précédée d'une petite grotte artificielle dédiée à la Vierge. La chapelle est en hauteur et on y accède par un petit escalier. Elle possède un espace intérieur unique couvert d'une voûte sur croisées d'ogives. Les chapiteaux intérieurs sont sculptés. La partie supérieure du mur ainsi que la voûte sont recouvertes d'un badigeon blanc, tandis que la partie inférieure est en granite apparent, pierre de taille et moellon. Les quatre baies et le portail possèdent un arc brisé. Le toit est à longs pans croupe ronde couvert d'ardoises.
vignette|144px|La chapelle Notre-Dame-du-Blanc-Rocher.