Ceaucé (prononcé .), dite CéaucéL'orthographe retenue pour le Code officiel géographique est Ceaucé ; le site officiel communal orthographie Céaucé., est une commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, peuplée de Population municipale ..
La commune a la particularité de faire partie à la fois des provinces historiques du Maine et de la Normandie dans le pays du Passais.. Commune mixte située pour moitié dans l'Orne, pour moitié dans la Mayenne après la Révolution, elle est finalement entièrement rattachée à l'Orne en 1831.
Géographie Description Ceaucé est située dans le Domfrontais, et, plus largement, dans le sud du Bocage normand, dans l'Orne et limitrophe de la Mayenne.
Son bourg est à au nord d'Ambrières-les-Vallées, à à l'est de Passais, à au sud de Domfront et à au nord-ouest de Lassay-les-ChâteauxDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr. Il est desservi par l'ancienne route nationale 162 (actuelle RD 962).
Le point culminant () se situe en limite nord, sur les pentes du mont Margantin, près du lieu-dit la Chatonnière. Le point le plus bas () correspond à la sortie de la Varenne du territoire, au sud-ouest.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Varenne, l'Ortel., le ruisseau de la Havardière. et le ruisseau du Mont Margantin..
La Varenne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Messei, à une altitude de , près du hameau de la Bédellerie, et se jette dans la Mayenne à Ambrières-les-Vallées à une altitude de , après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Ton sont données par la station hydrologique située sur la commune de Sainte-Céronne-lès-Mortagne. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:08 TU à partir des 389 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1992 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le ..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CeaucéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Normandie (Cotentin, Orne) » et « Moyenne vallée de la Loire ».. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Fraimbault à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Ceaucé est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (95 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (57,1 %), terres arables (28,9 %), zones agricoles hétérogènes (8,6 %), forêts (3,6 %), zones urbanisées (1,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Habitat et logement En 2018, le nombre total de logements dans la commune était de 833, alors qu'il était de 832 en 2013 et de 820 en 2008.
Parmi ces logements, 70,1 % étaient des résidences principales, 18,1 % des résidences secondaires et 11,8 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 96,6 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 3,3 % des appartements..
Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Ceaucé en 2018 en comparaison avec celle de l'Orne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi une proportion de résidences secondaires et logements occasionnels (18,1 %) supérieure à celle du département (10,5 %) et à celle de la France entière (9,7 %). Concernant le statut d'occupation de ces logements, 68,8 % des habitants de la commune sont propriétaires de leur logement (69,4 % en 2013), contre 64,3 % pour l'Orne et 57,5 pour la France entière..
+ Le logement à Ceaucé en 2018. Typologie Ceaucé. Orne. France entière. Résidences principales (en %)70,178,382,1 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)18,110,59,7 Logements vacants (en %)11,811,28,2
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Celsiacum (ou vicus Celsiacus) en 796.. Il serait issu de l'anthroponyme latin ou roman Celsius.
On trouve également les formes suivantes: Ceaulcé (1777, 1882), condita Celsiasensis (). Et plus rarement Celseium (1133), Celciacus (1324), Calciacus, Celceyacus (1530) .
Le gentilé est Ceaucéen.
Histoire L'histoire de Ceaucé se confond pour une large part avec l'histoire du Passais.
Second âge du fer dit de la Tène - Époque gauloise Découverte d'un quart de statère d'or .
Antiquité - Gaule romaine Ceaucé est probablement le plus ancien et principal village (vicus) du Passais pendant tout le haut moyen-âge, jusqu'à ce que soient érigées les forteresses de Domfront et de La Ferté Macé au . Le développement d'une implantation urbaine à cet emplacement s'explique par le passage de l'ancienne voie romaine reliant les cités de Jublains et de Vieux, et qui marquait probablement la frontière est de la commune.
Les terres de Ceaucé se situent sur le territoire de la tribu gauloise des Diablintes présents ici avant la conquête romaine.
Au , le « Defensor », premier magistrat de la cité des Cénomans, aurait fait don du village de Jublains (vicus Diablenticus), du village de Javron (vicus Gabronnus), et enfin du village de Ceaucé (vicus Celsiacus) à l'évêque Saint Julien du Mans. Il y aurait alors fondé une première église .
Moyen Âge Haut Moyen Âge Au , le Passais dépend de Ceaucé, désigné sous le nom de Condita Celciacensis, et c'est l’une des premières paroisses de la région . Saint Innocent, évêque du Mans, envoie de nombreux ermites pour prêcher le christianisme dans les campagnes, et plus particulièrement saint Ernier à Ceaucé. Il y aurait alors fondé un monastère mérovingiens d'environ trente moines, ainsi qu'une église dédiée à saint Martin.
En l'an 560, le roi Clotaire , fils de Clovis, allant châtier la rébellion de Chramn, son fils bâtard qui s'était retiré en Bretagne, passe par Ceaucé. Il y rencontre saint Alnée et saint Ernier. Il leur fait de riches présents et don de plusieurs terres pour les aider à achever la construction de l'abbaye.
Au , aurait existé une centena, subdivision à caractère militaire du pagus, centrée sur Céaucé et correspondant au Passais .
En 796, Charlemagne confirme à l'église du Mans la possession du bourg de Ceaucé; en 840, Louis-le-Pieux renouvelle la charte de son père .
Les lieux auraient ensuite soufferts de raids vikings, et le monastère détruit.
Francon (793-816), évêque du Mans, fait rebâtir l'église de cette paroisse et y dépose le corps de saint Ernier .
Vers 840, Aldric, évêque du Mans, crée deux nouveaux établissements agricoles sur le territoire de Ceaucé après défrichage de la forêt .
Période du duché de Normandie et de l'Empire Plantagenêt À partir du , à la suite de la conquête de l'Angleterre, puis de l'avènement de l'empire Plantagenet, le Passais devient un lieu de passage entre l’Angleterre et les régions du Sud de la France; le village de « l’Hotellerie » est un témoin de ces échanges.
Au , avant l'arrivée des Normands, la région du vicus Ceaucé est probablement sous la dépendance du seigneur de Mayenne. Vers 1070, le manoir de Ceaucé appartenant à Arnaud d'Avranches, récemment nommé évêque du Mans, et allié du duc Guillaume, est pillé par les Manceaux opposés aux Normands. En effet, en vertu de la donation du à St Julien, le domaine épiscopal de Ceaucé est érigé en fief indépendant des autorités laïcs locale et relevant uniquement de l'évêché du Mans; le fief de Régale (correspondant au centre bourg et terres environnantes). Il existait donc un manoir de l'évêque sur ces terres .
Au début du , Hildebert de Lavardin, évêque du Mans puis archevêque de Tours, fait rentrer sous son autorité les églises rurales usurpées par des laïcs dont celle de Ceaucé, dont les revenus reviennent intégralement à l'évêché .
Au milieu du , Ceaucé dépend de la châtellenie d'Ambrières, appartenant à Geoffroy III de Mayenne, qui en dota sa fille Mahaud (ou Mathilde); Ceaucé passe alors dans la famille de son époux Thibaud I (ou II) de Mathefelon .
En 1199, Ceaucé est séparée en deux par une donation d’Arthur, duc de Bretagne, à Juhel , seigneur de Mayenne.
Incorporation au domaine royal français Vers 1240, Geoffroi de Loudon, évêque du Mans, relève le manoir épiscopal situé sur cette paroisse .
Vers 1290, le seigneur de Sept-Forges, Jehan de Mondamer, et ses alliés, se vengèrent de l'évêque du Mans, Jean I de Toulay, en ravageant ses terres et en abattant son manoir de Ceaulcé . Vers 1300, celui-ci sera reconstruit par le nouvel évêque, Robert II de Clinchamp. Mais à la suite de cet événement, les évêques délaissent peu à peu ces terres de Regale qui finissent par être rattachées à la seigneurie de la Béraudière .
Temps modernes En 1466, Ceaucé en Normandie dépend de la sergenterie de Barenthon, vicomté d'Alençon, élection d'Alençon.
Par la suite, au , Ceaucé en Maine aura son assemblée, son syndic et ses collecteurs d’impôts; on y dépend de l’élection de Mayenne, de la généralité de Tours et du parlement de Paris. Ceaucé en Normandie dépend alors de l’élection de Domfront, de l’intendance d’Alençon et du parlement de Rouen. La limite devait longer le bois du Montchauveau .
En 1530, Gilles de Luxembourg, comte de Châlons et pair de France, est administrateur perpétuel de l'église paroissiale de Ceaucé.