Louis Mairet, né à Dijon le et mort à Toulouse le , est un lieutenant-colonel, parachutiste de la France Libre et compagnon de la Libération. Il participe à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre d'Indochine et à la guerre d'Algérie.

Biographie

Né d’un père cheminot il fait ses études secondaires au collège Saint-Jacques de Joigny dans l’Yonne puis poursuit ses études en obtenant deux certificats de licence en philosophie à la Sorbonne (1934-1936), après un passage au grand séminaire de Sens. Il effectue son service militaire en 1936 au sein du Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) et termine sergent de réserve.

Seconde Guerre mondiale L'appel des armes Sentant venir la guerre avec l'Allemagne, il se rengage au BCA et intègre peu de temps après la Section des Éclaireurs Skieurs (SES). C’est au sein de cette section qu’il participe à la campagne de Norvège en 1940 avec le BCA qu’il a rejoint en .

Le , il s’illustre en escaladant, sans corde, avec son groupe, un couloir raide afin de reprendre un piton aux allemands, qui déplorent 23 morts dans leurs rangs. Cette action lui vaut d’être cité à l’ordre de la division et d’être décoré de la Croix de guerre norvégienne avec sabreTexte de citation.

Le , revenu à Lorient, il découvre une armée en déroute. Après avoir convaincu une partie de ses hommes de le suivreOrdre des Compagnons de la Libération il rembarque depuis Brest pour continuer la lutte au sein des Forces françaises libres, à partir de l’Angleterre, sans avoir entendu l’appel du Général de Gaulle.

Le , il est affecté au bataillon de chasseurs de Camberley, puis est nommé sergent-chef le . Il est nommé aspirant à compter du et effectue par la suite un stage au sein de la Middle East Tactical School en Égypte en . Il est désigné pour servir au sein du Bataillon de Marche 7 (BM7) de Beyrouth.

Le , il rejoint comme volontaire la jeune Compagnie d’Infanterie de l’Air (SAS) du Capitaine Bergé.

Il prend part à un grand nombre d’opérations sur les arrières de l’ennemi en Cyrénaïque, Tripolitaine et en Tunisie, en tant que chef de stick, avec François MartinFrançois Martin sur ordredelaliberation.fr. originaire lui aussi du BCA. En septembre, à la suite d’un raid sur Benghazi, alors que les SAS se replient, l’aviation italienne les traque. « Les premiers appareils font, avec les premiers rayons du soleil, leur apparition quand les premiers véhicules atteignent le pied du djebel. Le camion du Sous-Lieutenant Mairet, fort de sept jumelages de quatorze Vickers, abat le premier chasseur italien qui se présente sur lui au début de son piqué ».

En , il rentre à Camberley où il est affecté au Bataillon de Parachutistes au camp d’Old Dean et se prépare à la campagne de Libération de la France. Il est blessé lors d’un entraînement à Cirencester où l’explosion d’une grenade incendiaire lui provoque des brûlures diverses.

La Campagne de la Libération Dans la nuit du 6 au , il saute sur Saint-Gravé (Morbihan), près de Redon (Ille-et-Vilaine). Sa première mission consiste à faire sauter la voie ferrée Questembert-Redon. Il est par ailleurs chargé d’organiser les groupes de FFI dans le Morbihan.

Le , il prend part aux combats de Saint Marcel, où, à la tête de sa compagnie de 150 parachutistes et de quelques FFI il garde la face Ouest du camp retranché. C’est là que se présentent les Allemands à l’aube des combats. Sa compagnie leur inflige de lourdes pertes et contribue à la bonne évacuation du camp de Saint-Marcel. Son texte de citation le qualifie d' « Officier de classe », il fait preuve de calme et de sang-froid.

Le Roi d'Angleterre fit un geste de reconnaissance profonde en donnant le droit au port du béret amarante des troupes aéroportées britanniques aux parachutistes français du B.I.A. Les premiers bérets amarante furent amenés à Vannes par le détachement du Lieutenant Mairet. Au cours des mois d’août et de septembre, à la tête de sa section de Jeeps armées de mitrailleuses Vickers, il combat au sud de la Loire, en détruisant notamment le pont de Sancerre.

Le , il s’illustre particulièrement au village de Rians, où il tombe par surprise sur un ennemi installé en position défensive et dont les armes automatiques ouvrirent le feu à trente mètres. « Ayant eu son chauffeur mortellement blessé, l’a remplacé tout en continuant à servir les mitrailleuses, neutralisant ainsi le feu ennemi. Il a ensuite poursuivi les Allemands en retraite, en leur infligeant des pertes sensibles ». Cela lui vaut l’attribution de la Croix de Guerre 39-45 avec Palme.

Face à l’offensive de von Rundstedt dans les Ardennes, il est envoyé à Bertrix, avec un détachement de SAS, qu’il rallie le jour de Noël 1944. La mission des SAS de la France Libre consiste à colmater la brèche qui s’étend de Bastogne à Marche, dans laquelle les Allemands n’ont pas encore osé s’engouffrer. Les conditions de vie à bord des Jeeps découvertes et sans pare-brise sont rudes. C’est durant cette période que le Lieutenant Mairet se voit décerner, par le Général de Gaulle, la Croix de la Libération.

Le , Louis Mairet est parachuté sur la Hollande, près de Coevorden. Avec ses 14 SAS, il parvient à prendre le pont et à la tenir la journée durant. Le soir venu, la pression ennemie étant trop forte, il se replie et contre-attaque en force dès le lendemain. Le groupe de SAS français parvient à reprendre possession du pont.

Le il est nommé lieutenant à titre définitif. Par ailleurs, ce même mois, le Colonel ReyniersColonel Reyniers sur Francaislivres.net, chef de corps du Régiment de Chasseurs Parachutistes (RCP) autorise le Lieutenant Mairet à porter à vie la fourragère de la Légion d’Honneur, en récompense des services rendus au régiment au cours des diverses opérations menées. En effet, il a participé depuis les combats d'Afrique du Nord, à toutes les batailles conduites par ce régiment, jusqu’à la victoire sur l'Allemagne nazie.

La guerre d'Indochine Le , après diverses affectations notamment au sein de groupements d'instruction parachutiste à Pau et Bayonne, il rejoint le Bataillon Parachutiste Colonial (BPC) comme capitaine et embarque pour l'Indochine en juillet. Il combat avec cette unité, mais aussi au sein du BPC et Groupement Commando Parachutiste (GCP) en pays Thaï.

Les 15 et , il se distingue particulièrement lorsqu'au cours d’engagements sévères contre un bataillon Vietminh, « à sa propre initiative, réalise à deux reprises l’installation de bouchons sur l’arrière du bataillon, interdisant à l’adversaire les manœuvres de débordement et d’encerclement déjà amorcées ». Commandant en second du BPC il est qualifié d’officier « d'une haute valeur morale ».

Il restera dans ce pays jusqu'en 1957 au sein de la Mission Française de Liaison auprès de la Mission Internationale de Contrôle au Viêtnam.

La guerre d'Algérie Le , il est affecté à la tête de la compagnie d'appui du BCA de Nice, ce qui lui permet de renouer avec les chasseurs alpins.

Les 18 et , capitaine, il commande les opérations du dans la région de Beni Mansour (Grande Kabylie), où son « calme courage au feu » est particulièrement remarqué.

Le , il est gravement blessé au combat par l'explosion d'un obus, il devient presque sourd. Toutefois, le , en raison de ses qualités de chef de guerre et de fin tacticien, il est promu commandant en second du bataillon et élevé au grade de chef de Bataillon.

En 1960, un infarctus le contraint à occuper un emploi sédentaire et donc à quitter sa fonction de commandant en second.

Fin de carrière Le , il quitte l’Algérie et termine sa carrière à la direction de la Sécurité militaire à Paris où il est principalement chargé de la lutte contre l’OAS. Malgré son état de santé, il participe à quelques actions secrètes. La SM (Sécurité militaire) avait également pour mission de rechercher les officiers qui s'efforçaient de rapatrier en France métropolitaine les harkis et leurs familles pour leur permettre d"échapper aux massacres perpétrés par le FLN, avec l'approbation, au moins tacite, du pouvoir du Général De Gaulle.

Le il est promu Lieutenant-Colonel et fait valoir ses droits à la retraite un mois plus tard. Il se retire à Toulouse et assure la Présidence de la section locale de l'Association des Français Libres, des SAS et des Combattants Volontaires de la Résistance et est aussi membre d’associations d’anciens Chasseurs Alpins.

Le , Louis Mairet meurt à Toulouse et est inhumé à Ayguesvives.

La promotion de l’École Militaire Interarmes (2016-2018) porte son nom.

Décorations

Le Lieutenant-colonel Mairet a obtenu les décorations suivantes :

par décret du (5 citations, dont 4 à l'ordre de l'armée) (4 citations dont 2 à l'ordre de l'armée) (4 citations dont 2 à l'ordre de l'armée) par décret du 3 aout 1946

avec agrafes « Libye », « Tunisie » et « Extrême-Orient »

Médaille commémorative de la guerre en Norvège Croix de la Vaillance Vietnamienne (2 citations) Officier du https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2c/D%C3%A9corations_Louis_Mairet.jpg

Notes et références

Liens externes Promotion Lieutenant-colonel Mairet de l’École Militaire Interarmes (2016-2018)

Philippe Blanc de la Fondation de la France Libre

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