Knockout game est un des noms donnés aux États-Unis, notamment par des médias, à un type d'agression physique dans lesquelles une personne (assistée par d'autres qui jouent le rôle de complices ou de guetteurs) essaie de « mettre knock-out », d'un seul , une victime innocente et sans défiance (c'est de la violence gratuite). Ces agressions ont des similitudes avec la mode du happy slapping qu'on observe en Europe, où des photophones sont utilisés pour enregistrer les agressions. Le knockout game est également appelé "knockout", "knockout king", "point 'em out, knock 'em out" et "polar-bearing" ou "polar-bear hunting" (« chasse à l'ours blanc », dénomination employée, selon certains, quand la victime est blanche et que les agresseurs ne le sont pas)). Les victimes agressées peuvent être d'origine, d'âge, genre et religion diverses. Il est possible de supposer qu'une agression puisse souvent reposer sur des aspects discriminatoires (ex : agression d'une personne dite "blanche", immigrant, signe religieux..). Les auteurs de ce type d'agression sont souvent très jeunes. Les agressions sont subites et sont souvent filmées puis diffusées en ligne.
Des blessures sérieuses et même des décès ont été attribués au knockout game. Certaines sources journalistiques rapportent qu'il y eut une escalade de telles agressions vers la fin de 2013 et, dans certains cas, l'agresseur fut inculpé de crime de haine. Des politiciens ont réclamé une législation contre cette pratique. Dans d'autres médias, des analystes ont mis en doute que le jeu soit aussi répandu qu'on l'a dit et ont soutenu que le caractère de mode de ce jeu, mais non les attaques elles-mêmes, était un mythe... Des analystes progressistes affirment que les conservateurs promeuvent l'idée fausse, non étayée par l'observation, selon laquelle le "knockout game" est réellement à la mode. Des analystes conservateurs, eux, affirment que les médias sont dominés par des progressistes qui refusent d'informer le public en cette matière pour raisons politiques, c'est-à-dire à cause des aspects raciaux du supposé jeu.
Historique des agressions 1992–2009 En , , jeune Norvégien étudiant au Massachusetts Institute of Technology, fut tué par trois adolescents (McHugh, Donovan et Velez) qui, selon le parquet de Cambridge (Massachusetts), jouaient à un jeu appelé "knockout." Des adolescents de l'endroit déclarèrent que le but du jeu est d'assommer une victime sans défiance à l'aide d'un seul coup et que si l'agresseur ne réussit pas, ses compagnons s'en prennent à lui..
En 2005, au Royaume-Uni, BBC News publia un reportage sur la pratique du happy slapping, où des agressions étaient filmées dans l'intention de les diffuser sur Internet.. Le gouvernement français réagit à cette pratique en rendant illégal le fait de filmer des actes de violence et de les diffuser sur Internet. Un porte-parole du Président Nicolas Sarkozy déclara que la loi visait le "happy slapping"..
En , trois adolescents arrêtés à Decatur (Illinois) furent inculpés d'avoir tué un cycliste de 61 ans à coups de pied et essayé de tuer un autre homme, âgé de 46 ans, qui avait lui aussi été attaqué et frappé à coups de pied. On déclara que les adolescents jouaient à « point 'em out, knock 'em out », où un groupe choisit une personne, l'attaque et cherche à l'assommer..
En , un homme de 29 ans fut battu dans un garage de stationnement de Columbia (Missouri) par un groupe d'adolescents qui dirent à la police qu'ils jouaient à un jeu appelé « knockout king », où ils repéraient une personne sans défiance et cherchaient à la mettre knock-out en lui portant un seul coup.
2011–2013 Jeu (ou actes qualifiés tels) En , Hoang Nguyen, âgé de 72 ans, mourut à Saint-Louis (Missouri), après une agression qui, d'après une station CBS locale, « faisait partie du jeu appelé knockout game ». L'épouse de Nguyen, âgée de 62 ans, fut blessée. Au terme du procès, l'agresseur Elex Murphy, Noir âgé de 18 ans à l'époque des faits, fut condamné à la détention à perpétuité et à une peine supplémentaire de 25 ans.....
Le et le , le St. Louis Post-Dispatch publia un article selon lequel l'agression d'avril n'était pas un fait isolé à Saint- Louis. En 2006 et 2007, des vagues d'agressions semblables avaient déjà été signalées et dans les quinze mois précédant la publication de l'article, sept cas était venus à la connaissance des autorités. Selon les journalistes aussi bien que selon la police, les auteurs des agressions étaient au moins en grande partie des élèves de la (école d'enseignement secondaire de Saint-Louis). La police parlait d'une mode de comportement inhumain. Selon elle, les agressions ne semblaient pas racialement motivées, mais elle essayait une nouvelle approche « sur base communautaire ». James Clark, vice-président de la section Community Outreach (Travail de proximité communautaire) de Better Family LifeVoir le site Internet de cette organisation., estimait que la racine du problème était « l'insuffisance en occasions de divertissement et en programmes de proximité pour nos jeunesJennifer Mann et Denise Hollinshed, « Police zero in on three groups in 'knockout game' investigation », St. Louis Post-Dispatch, 28 octobre 2011, en ligne, consulté le 25 juillet 2017.« Editorial: The 'knockout game' and the spirit of the times », St. Louis Post-Dispatch, novembre 2011, en ligne, consulté le 25 juillet 2017. ».
En , Delfino Mora, âgé de 62 ans, fut attaqué par trois adolescents noirs et tué à Rogers Park (Chicago). Anthony Malcolm, qui enregistra l'agression sur son téléphone mobile et la publia, fut condamné à 30 ans de prison. Deux autres adolescents attendaient leur jugement en . Il fut dit que l'attaque faisait partie d'un jeu appelé « pick 'em out, knock 'em out.. ».
En 2013, une série de telles agression, comportant toutes un élément de jeu, causèrent la mort des victimes. En mai de cette année, Michael Daniels, 51 ans, de Syracuse (New York), mourut au lendemain d'une agression qui fut plus tard mise en relation avec le knockout game...
Ralph Santiago, un handicapé sans abri de Hoboken (New Jersey), fut trouvé mort après avoir été attaqué par trois garçons dans une agression qui fut mise en relation avec le knockout game...
Le rapporta sept attaques qui avaient été commises à New Haven en et qui pouvaient, mais sans certitude, être associées au knockout game. Le , le chef du Yale Police Department (police de l'Université Yale) envoya un e-mail à la communauté du campus, conseillant aux étudiants d'éviter les zones isolées, surtout la nuit tombée. Un représentant de la police de New Haven déplora la perpétuelle couverture des faits par les médias, qui selon lui ne faisait qu'accentuer la tendance..
Aux États-Unis, le New York Times nota « un dossier de plus en plus gros de rapports sur de tels crimes dans le Nord-Est et au-delà ». Un certain nombre d'articles de presse publiés fin mentionnèrent une série d'agressions commises à Crown Heights en octobre et novembre de cette année...... Cette campagne eut pour résultat que le NYPD (New York City Police Department) établit des patrouilles dans certains quartiers..
.
Représailles Le , à Katy (Texas), un Afro-Américain de 81 ans fut attaqué et hospitalisé. Deux semaines plus tard, Conrad Alvin Barrett, 29 ans, fut arrêté quand l'enquête mit à sa charge d'avoir montré à un officier de police non en fonctions une vidéo qu'il avait enregistrée à l'aide de son téléphone mobile et qui le montrait commettant l'agression et faisant explicitement allusion au « knockout ». Les enquêteurs révélèrent qu'il y avait dans son téléphone mobile d'autres vidéos où il usait d'épithètes racistes et une où il se demandait s'il gagnerait l'attention des médias en commettant une agression de type knockout game sur un Noir. C'était un des premiers cas où un Afro-Américain fut victime d'une agression mise en relation avec le knockout game. Le département de la Justice des États-Unis inculpa ultérieurement Barrett de crime de haine. C'est la seule fois que le département intervint lui-même dans la répression d'agressions liées au knockout game. L'avocat de Barrett déclara que son client souffrait de trouble bipolaire et n'était pas sous médication au moment de l'agression...... En , Barrett fut condamné à 71 mois (5 ans et 11 mois) d'incarcération dans les prisons fédérales. Il est toujours exposé à des poursuites devant le ..
2014–2016
En , un balayeur de rues de Paterson (New Jersey), Cesar Nejara, 37 ans, fut attaqué par Kristian Gonzalez, 17 ans, sous les encouragements d'un autre adolescent de 16 ans filmant la scène. Les adolescents publièrent la vidéo sur Facebook et la presse parla de knockout game. Le coupable reconnut les faits deux mois plus tard...
Le , à Milan, la police italienne arrêta un jeune Espagnol en vacances qui, agissant en solitaire, avait commis plusieurs agressions contre des passants. La comparaison avec le knockout game fut faite par certains médias italiens..
Le , un Guatémaltèque de 30 ans, Mardoquo Sincal Jochola, subit une agression mortelle à Philadelphie et la police envisagea la possibilité d'un knockout game..
Motivations antisémites et racistes Plusieurs agressions commises contre des victimes juives à Brooklyn en 2013 ont été qualifiées de crimes de haine antisémites..... Nightline rapporta que, selon la police de New York City, l'antisémitisme pouvait bien être un motif des attaques, vu que les huit victimes furent toutes identifiées comme juives..
Des leaders de la communauté juive de Brooklyn se sont exprimés sur le sujet et la section locale de l'Anti-Defamation League publia une déclaration sur les attaques de type knockout game « prenant pour cibles des Juifs isolés dans Brooklyn. ». Amrit Marajh, 28 ans, suspect dans une des attaques de Brooklyn, fut inculpé de crime de haine parce que sa victime était juive.. Marajh a plaidé non coupable et rejeté l'accusation d'antisémitisme..
Le , l'universitaire et essayiste noir Thomas Sowell dénonce le règne du « politiquement correct », qui fait que la nature raciste du knockout game pratiqué par des Noirs n'a été divulguée par la police new-yorkaise et les médias que quand elle a pris des Juifs pour cibles, alors que depuis des années, des Blancs et des Asiatiques en étaient victimesThomas Sowell, « A Very Dangerous Game, Young Blacks who attack people of other races for fun are getting no media attention », National Review Online, 20 novembre 2013, consultable en ligne..
Le , , conseillère démocrate afro-américaine de New York City nouvellement élue, lia sur sa page FaceBook le knock out game à la crainte qu'éprouvaient les Noirs de Crown Heights d'être chassés de leurs logements par leurs propriétaires juifs et ajouta : « Les réalisations de la communauté juive provoquent du ressentiment et l'impression que le succès des Juifs n'est pas leur succès. » L'Anti-Defamation League déclara que ce message était « préoccupant » et qu'il évoquait des « stéréotypes antisémites classiques. ». Cumbo publia plus tard des excuses au sujet de ses remarques... Elle ajoutait que les vies des victimes et des suspects ne seraient plus jamais les mêmes et que les agresseurs devaient être « poursuivis avec toute la rigueur de la loi. » Raymond Kelly, commissaire du NYPD, déclara plus tard qu'il s'abstenait de parler des agressions comme d'une mode pour éviter le mimétisme criminel.
En réaction à plusieurs attaques de Noirs sur des Juifs mentionnées par la presse en 2013, Al Sharpton, pasteur noir et militant des droits civiques, publia un article intitulé « Knockout Games—La plus grande forme de lâcheté »., où il condamnait les agressions et notait que la communauté noire ne serait pas restée silencieuse si elle en avait été la victime..