vignette|redresse=0.8|En 1791, l'unité de mesure universelle de longueur est prise égale à « la dix-millionième partie du quart du méridien terrestreLes méridiens ont d'abord été définis comme faisant le tour du globe terrestre. ».

Lhistoire du mètre retrace au cours du temps l'émergence, puis l'adoption en 1795 d'une nouvelle unité universelle de longueur au sein d'un système cohérent, unifié et simplifié d'unités, le système métrique qui devient en 1960 le système international d'unités.

Devant la profusion des unités de poids et mesures existant dans tous les pays d'Europe au Moyen Âge, source d'inéquité entre habitants, un mouvement se dessine dès le milieu du pour trouver une mesure universelle au sens de « commune aux peuples européens ». Deux voies sont possibles : le chemin de la nature, à savoir un lien avec la Terre, et par ailleurs le chemin du calcul, c’est-à-dire celui d’un pendule. Isaac Beeckman en 1631, Christian Huygens en 1661, puis Christopher Wren en 1664, John Wilkins en 1668, l’abbé Picard en 1669 et Tito Livio Burattini en 1675 sont, au , les premiers à proposer de choisir comme unité universelle la longueur du pendule battant la seconde. Au , La Condamine en 1747 et Nicolas de Condorcet en 1774 en sont également partisans, mais l’idée de créer un nouveau système décimal de mesure basé sur la circonférence de la Terre, proposée pour la première fois par Gabriel Mouton en 1670 l’emporte, notamment avec les divers travaux géodésiques réalisés à cette période.

Le 9 mars 1790, Talleyrand propose à l’Assemblée nationale un « Mémoire sur la nécessité de rendre uniformes dans tout le Royaume, toutes les mesures d’étendue et de pesanteur ». L'Académie des sciences ne veut pas introduire une autre dimension, le temps, dans la définition de l’unité de longueur. Le choix se porte donc, en 1791, sur la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre qui prend en 1792 officiellement le nom de mètre et en 1793 pour valeur provisoire 3 pieds et 11,44 lignes de Paris. La loi du 18 germinal an III (7 avril 1795) institue le système métrique décimal, avec le mètre comme unité principale. En 1799, après la mesure d'un arc de méridien entreprise par Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain entre Dunkerque et Barcelone, la longueur définitive du mètre est arrêtée à 3 pieds 11,296 lignes de la « toise de l’Académie ». Sur cette base sont construits deux mètres étalons en platine et douze mètres étalons en fer qui sont distribués aux savants étrangers invités à Paris par Talleyrand. Toutefois, il était à l'origine également prévu de dématérialiser la définition du mètre en comptant le nombre de vibrations que ferait un pendule d'un mètre de long durant un jour (86'400 secondes), sous vide, au niveau de la mer, à la température de la glace fondante et à la latitude de 45°.

Le remplacement de l'étalon du yard après l'incendie du parlement britannique en 1834 marque l'abandon définitif des tentatives de dématérialiser une unité de longueur au moyen du pendule, car les étalons s'avèrent plus fiables. Dans la seconde moitié du , des comparaisons minutieuses avec plusieurs toises étalons montrent, grâce aux progrès de la thermométrie., que le Mètre des Archives n'est pas exactement égal à 443,296 lignes de la toise du Pérou, mais, en chiffres ronds, plus court de de cette longueur, soit d'environ 0,013 millimètre. De plus, nous savons aujourd'hui que la longueur du mètre est trop courte de 0,197 millimètre en comparaison de ce qu'elle aurait dû être selon la définition initiale du mètre, principalement en raison de l'absence de prise en compte d'une déviation de la verticale à l'extrémité sud de la mesure de la longueur du méridien terrestre par Delambre et Méchain.

L'Organisation météorologique internationale est un exemple illustrant le rôle des premières associations scientifiques internationales dans la création du Bureau international des poids et mesures (BIPM). Ainsi, Heinrich von Wild, son premier président, est délégué par la Russie à la Commission internationale du mètre en 1870, à la Conférence diplomatique de 1875 et, après la signature de la Convention du mètre, au Comité international des poids et mesures (CIPM), qui est présidé par le géodésien espagnol Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero jusqu'en 1891, puis après la mort de ce dernier par l'astronome allemand Wilhelm Foerster. Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero est également l'un des 81 membres fondateurs de l'Institut international de statistique (ISI), il représente son pays à la première session de cette société scientifique à Rome en 1887.. Depuis la définition originale du mètre, chaque fois qu'une nouvelle mesure est effectuée, avec des techniques, des méthodes ou des instruments plus précis, on dit que le mètre est basé sur une erreur de calcul ou de mesureDebarbat, Suzanne (2011). "FROM OLD WEIGHTS AND MEASURES TO THE SI AS A NUMERICAL STANDARD FOR THE WORLD (PDF). https://syrte.obspm.fr/. Lorsque Carlos Ibáñez e Ibáñez de Ibero, participe à l'extension de la mesure de la méridienne de Delambre et Méchain, les mesures de la Terre soulignent l’importance de la méthode scientifique à une époque où les statistiques sont mises en œuvre en géodésie..

L'étalon en platine est remplacé en 1889 par un étalon en alliage de platine et d'iridium. 30 prototypes sont fabriqués, parmi lesquels le prototype international est choisi et déposé dans les locaux du BIPM, le pavillon de Breteuil à Sèvres. Les autres prototypes sont envoyés aux pays signataires de la Convention du mètre en 1875. Les États-Unis, qui ont adopté le mètre au début du siècle à l'initiative de Ferdinand Rudolph Hassler pour leur cartographie., reçoivent le numéro 27.

En collaboration avec l'Association Géodésique Internationale créée pour mesurer la Terre, le Bureau International des Poids et Mesures devient le centre de référence mondial pour la mesure des bases géodésiques grâce à la découverte de l'invar, un alliage de nickel et de fer avec un coefficient de dilatation thermique proche de zéro.

A l'Exposition Universelle de 1889, la société Brunner frères expose un pendule réversible conçu par Gilbert Étienne Defforges. En 1892, ce dernier mesure la valeur de la pesanteur au BIPM.. En 1901, la troisième Conférence générale des poids et mesures (CGPM) confirme une valeur de pour l'accélération normale de la pesanteur terrestre.. Le BIPM est initialement chargé, sous la supervision du CIPM, de la conservation des prototypes internationaux d'étalons de mesure, ainsi que de leur comparaison et de leur étalonnage avec les prototypes nationaux. Cependant, le BIPM se réoriente progressivement vers l'étude des constantes physiques., qui constituent la base de la redéfinition du Système international d'unités de 2018-2019.

Ainsi, la définition du mètre évolue dans le temps pour tenir compte des besoins toujours plus grands de précision en matière de mesures et de l'évolution des connaissances scientifiques. Les techniques d'interférométriques permettent de s'affranchir du support matériel. Une définition est donnée à partir de l'atome de krypton 86 (Kr) en 1960, lors de la création du système international d'unités, puis à partir de la vitesse de la lumière en 1983. En 2018 une réforme de fond lie toutes les unités du système aux constantes fondamentales. Le mètre était déjà lié implicitement à une constante, la vitesse de la lumière, mais la définition devient désormais explicite, à savoir que c'est une relation qui définit l'unité.

En 2025, est commémoré le cent-cinquantième anniversaire de la Convention du mètre.

Mesures de longueur pré-métriques en Europe occidentale (de l'Antiquité au ) Antiquité vignette|Coudée de Nippur|alt=|redresse=1.2 La coudée de Nippur est l'une des plus anciennes unités de longueur connue. Comme son nom l'indique, avant l'invention du mètre pendant la Révolution française, beaucoup d'unités de longueur étaient basées sur des parties du corps humain. Le plus ancien étalon de longueur en métal connu correspond à cette unité sumérienne et date de 2650 ans avant notre ère. Il s'agit d'une barre de cuivre découverte à Nippur, sur les rives de l'Euphrate, qui est conservée au musée archéologique d'Istanbul.

Les archéologues considèrent que cette unité longue de 51,85 cm est à l'origine du pied romain. En effet, les Égyptiens divisent la coudée sumérienne en 28 doigts et 16 de ces doigts donnent un pied romain de 29,633 cm.

Les Romains imposent les unités de mesures romaines dans tout leur empire. Jusqu'à Charlemagne, le système romain des poids et mesures est à peu près le seul usité dans les royaumes francs. Le pied romain est divisé en 4 palmes, en 12 pouces ou en 16 doigts. Une coudée romaine équivaut à 1,5 pied, un double pas à 5 pieds. Un mile contient 1 000 doubles pas ou 5 000 pieds. Une lieue romaine comprend 7 500 pieds romains.

Moyen Âge

Dans le nord de l’Europe, les pays Scandinaves subissent l’influence du système métrologique romain, mais aussi une influence mutuelle due à la proximité des langues et des cultures. L'Union de Kalmar (1397-1523) qui unifie les états Scandinaves renforce la cohésion des systèmes métrologiques. Du , l'Allemagne est une collection de nouvelles principautés constituées de dynasties locales qui étendent leurs territoires par une subtile politique de mariages. C’est ainsi que la dynastie des Habsbourg renforce sa position et sa puissance au-delà des frontières allemandes, mais ne parvient pas à unifier les droits métrologiques.

Époque moderne : profusion des unités de mesures de longueur Les guerres de religion favorisent peu l’harmonisation des poids et mesures. Les guerres, les jeux politiques et les dominations multiples s’opposent à l’unification des unités de mesure.

Allemagne En Allemagne, le système linéaire est un système décimal ou duodécimal. Dans l’ancien Royaume de Wurtemberg, le système est décimal. Le pied (fufi, fuss) est divisé en dix pouces (tolï). L’aune (elle) qui vaut deux pieds se divise en demi, quart, huitième et seizième. Elle suit une division binaire, alors que le pied suit une division décimale.

En Prusse, dans le Royaume de Hanovre, le système linéique est un système duodécimal. Le pied (fuss) est divisé en douze pouces (zoll) et chaque pouce se divise en douze lignes (Unie). À Hambourg, le pied est divisé en douze pouces et chaque pouce se divise en huit lignes. En Bavière, le système mélange les relations décimales et duodécimales. Le pied (fuss) est divisé en douze pouces (zoll), dix pieds forment une perche (rute). Un mille (meile) vaut 2600 perches (rute).

Italie En Italie, le système métrologique dérive de l’ancien système romain. Pour la mesure des longueurs, l’unité principale est le pied (piede), qui se divise en douze onces (oncia) et chaque once se décompose en douze points (puncto). Le pied (piede) varie de 30 à . Dans le nord de l’Italie, on utilise pour les transactions commerciales, le pied liprand (piede liprando), du nom du roi lombard Liutprand, et dont la valeur varie au cours des années de à , valeur de l’étalon conservé à l’Hôtel de Ville de Turin. Un étalon du pas (passeto architectonico) datant de 1842 mesure . Pour les tissus, on emploie la brasse (braccio) de deux, trois ou quatre palmes (palmo), qui varie de 50 à . En Toscane, l’étalon du braccio de Florence vaut . Dans le sud de l’Italie, on utilise en plus de la brasse, la canne (canna) de huit palmes. À Rome et dans le Latium, la canna mesure . À Carrare, on utilise une palme pour les marbres de . À Gênes, la palme vaut et à Rome . D’après le dictionnaire de Bouillet, le pas (passo) vaut à Florence et à Naples.. Cagliari, le raso vaut . À Turin, il est un peu plus grand () et se divise en quatre onces.

Pays-Bas