Rémalard est une ancienne commune française, située dans le département de l'Orne en région Normandie, intégrée le à la commune nouvelle de Rémalard en Perche.
Géographie Situation La commune est au cœur du Perche, au sud-est du département de l'Orne. Son bourg est à au nord de Nogent-le-Rotrou, à à l'est de Bellême, à à l'ouest de La Loupe et à au sud-est de Mortagne-au-PercheDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr.
Communes limitrophes Ce tableau indique les anciennes communes en indiquant le cas échéant la commune nouvelle dont elles font partie (entre parenthèse, en petits caractères).
Relief et hydrographie
L'Huisne, affluent de la Sarthe, constitue la limite sud-ouest du territoire dont elle sort au sud-est : elle attire les pêcheurs en saison, et la pratique du canoë-kayak se fait en hautes eaux. La rivière reçoit de nombreux affluents en amont, descendant les collines du Perche pour assurer un régime abondant.
Voies de communication et transports La ville était autrefois desservie par la gare de Rémalard-Bellou-sur-Huisne. L'ancienne voie ferrée Condé-sur-Huisne - Mortagne-au-Perche - Alençon, à l'abandon depuis 30 ans environ, suit le cours de l'Huisne. Une voie verte suivant ce tracé est ouverte depuis entre rivières et bois sur l'ensemble des , entre Condé-sur-Huisne et Alençon.
Paysages et activités L'utilisation du territoire de la commune est encore essentiellement agricole.
Le territoire est ponctué de collines boisées. De petits bois parsèment la commune, contribuant au maintien d'une vie « sauvage » : chevreuils, sangliers, petit gibier abondent.
Les moulins, manoirs, chapelle, église illustrent la richesse du patrimoine bâti et culturel de Rémalard.
Toponymie Mentions anciennes
La localité est mentionnée au sous le nom de Remalast., en 1099.
Étymologie du nom de la commune Une hypothèse généralement admise est que « Rémalard » est constitué de deux éléments : « ré » (anciennement rei), issu du mot gaulois ritu (« gué »), proche du vieux gallois rit (gallois actuel rhyd). « malard », anciennement malast, contraction d'une formule latine (male adsitum).
Le nom de Rémalard viendrait d'une phrase latine Ritum ad male adsitumMusée de Normandie, Recueil d'études offert à Gabriel Désert, 1992, page 93., « le gué mal placé », « le mauvais gué »Louis Bergès, Orne, 1995, page 212 ., désignant le gué sur la rivière Huisne situé l'emplacement du pont actuel.
Informations diverses sur le nom de la commune En parler local (patois), Rémalard se prononce Roumalard, ce qui reprend la prononciation du , 2 janvier 1490..
Au cours de la Révolution française, durant le mandat de la Convention nationale (-) sous la Première République, notamment à l'époque de la Terreur, la commune est appelée Rémal-la-Montagne.
Le gentilé de la commune est Rémalardais.
Histoire Période de la maison de Thymerais Ingulphe Ribaud (Ribald) de Dreux, vassal du roi de France Robert le PieuxFils d'Hugues Capet, Robert le Pieuix règne de 996 à 1031. fut seigneur de Rémalard . Il possédait également Senonches, Brezolles, Sorel-Moussel et de nombreux biens à Dreux. Dès lors, l'histoire de la ville se mêle intimement aux barons de Châteauneuf-en-Thymerais issus de Ribaud de Dreux, qui régnèrent sur le Thymerais jusqu'au .
L'un d'eux, Hugues de Châteauneuf, qui avait épousé Mabile fille de Roger de Montgommery et de Mabile de Bellême, donna asile à Châteauneuf, à Robert Courteheuse, révolté contre son père le roi-duc Guillaume le Conquérant à la suite d'une brouille avec ses frères et de l'échec de la prise du château de Rouen. Guillaume le Conquérant vint alors faire, en 1078, le siège de Regmalard, qui finit par se rendre. Il était accompagné de , comte de Mortagne, alors seigneur suzerain de Regmalard.
Lors du siège de Rémalard en 1077, Guillaume le Conquérant fit élever plusieurs mottes défensives sur le territoire actuel de la commune de Bellou-sur-Huisne, dont l'une sur le site de la Butte (sud-est), et l'autre probablement à la Coudorière (sortie ouest de Bellou) coupée en deux au par la route de Bellême. D'autres mottes ont vraisemblablement existé au Chatelier (Rémalard) et à Beauregard (Dorceau). Les restes de la forteresse (butte du Château) furent détruits par les Anglais au cours du . Les derniers vestiges furent rasés vers 1820, et utilisés comme remblais et pour la construction de maisons rue des Moulins.
Rémalard passe peu après le siège aux mains d'une nouvelle famille de seigneurs ou châtelains, peut-être apparentés aux Châteauneuf, en tout cas leurs vassaux ou alliés : on trouve Payen (1093), Yves puis son fils Gasce (Gasse), croisé en 1202 lors de la croisade.
Période de la maison de Rotrou () Au , Rémalard rejoint un groupe de seigneuries percheronnes en possession des Rotrou comtes du Perche, entre Nogent-le-Rotrou et Mortagne : Préaux, Le Theil (ou Le Thil), Mauves, La Ventrouze, Feuillet... À leur extinction au début du la succession est disputée en descendance féminine : cet ensemble passe à Jacques de Château-Gontier avec Nogent, puis le roi , qui annexe le Perche au domaine royal en 1227, se le fait remettre et le donne à Thibaud de Champagne-Navarre (1253 ; par ailleurs issu des Rotrou par son ancêtre Julienne du Perche, fille de , femme de Gilbert de Laigle et mère de Marguerite de L'Aigle qui épouse de Navarre au : Marguerite et Garcia sont les ancêtres directs de Thibaud ; Thibaud était aussi un proche parent des Capétiens et de Blanche de Castille mère de Saint Louis ; de plus l'ancien Perche était féodalement vassal du comté de Chartres, lui-même vassal du comté de Champagne, comme le comté de Blois). Le duc (de la maison capétienne de Dreux) acquiert cet ensemble, avec Nogent-le-Rotrou (vers 1262 ?), du droit de sa femme Blanche de Navarre fille de . Les ducs de Bretagne, ses successeurs, en héritent jusqu'à , époux en deuxièmes noces de Yolande de Dreux comtesse de Montfort (-l'Amaury), petite-fille de Jeanne de Châteaudun (les Châteaudun sont étroitement apparentés aux Rotrou). Nogent-le-Rotrou passe alors à leur fille Jeanne de Bretagne, épouse de Robert de Cassel, puis à leur descendance dans les Bar (-le-Duc) puis dans les Luxembourg-St-Pol, enfin dans les Bourbon-Vendôme, d'où les Condé que nous retrouverons plus bas. Le Theil passe au duc , petit-fils d' et Yolande, puis à sa fille Jeanne épouse de : leur fils est sire du Theil. Puis Le Theil (Le Thil) rejoint le sort commun de Rémalard et Préaux.
Période de la maison de Bourbon-Vendôme (fin du Moyen Âge et Temps modernes) Rémalard et Préaux passent à une autre fille d' et Yolande, Alix de Bretagne, qui épouse ( ; Maison de Montoire ; puis succession dans les Bourbon-Vendôme). Ainsi, Jean bâtard de Vendôme (fils du comte Louis) est seigneur de Préaux au .
Son demi-frère le comte de Bourbon-Vendôme ( 1477), mari de Jeanne de Beauvau dame de La Roche-sur-Yon, transmet Rémalard, Préaux et Le Theil à sa fille Jeanne dame de La Roche-sur-Yon, qui épouse Louis de Joyeuse comte de Grandpré et sire de Bo(u)théon. Leur fils François a une fille, Jeanne de Joyeuse, qui transmet au ces fiefs (sauf Grandpré qui passe à son oncle paternel Robert de Joyeuse ; et La Roche-sur-Yon cédé vers 1484 par sa grand-mère Jeanne à son propre frère Louis, dernier fils du comte et mari de Louise de Montpensier) à son mari François de Montmorin sire de Saint-Hérem en Auvergne (mariage en 1526). Après leur fils aîné Gaspard, leur fils cadet Jean de Montmorin-St-Hérem hérite de Préaux et du Theil. Cependant, le château de Bothéon est vendu aux Gadagne en 1561, et Rémalard est cédé par François ou son fils Gaspard aux cousins Bourbon-Montpensier princes de La Roche-sur-Yon issus de Louis ci-dessus, puis aux cousins Bourbon-Vendôme par ailleurs héritiers de Nogent-le-Rotrou comme on l'a vu plus haut.
Rémalard et Nogent ont alors un destin commun pendant plus d'un siècle : ainsi, on trouve Rémalard aux mains de Jean de Bourbon, comte d'Enghien et de Soissons, fils cadet du duc Charles de Vendôme, puis de sa veuve et cousine germaine Marie II comtesse de Saint-Pol et duchesse d'Estouteville (1601), fille de , dont c'était le douaire avec Montlandon et La Ferrière. Puis Rémalard passe aux cadets des Bourbon-Vendôme, les princes de Bourbon-Condé, issus du frère benjamin de Jean d'Enghien et Soissons : . Les Condé tentent de se constituer ainsi un bloc féodal percheron : le duché-pairie d'Enghien-le-Français est érigé en 1566, mais non enregistré.
Cependant le petit-fils du prince Louis, Henri prince de Condé cède Nogent-le-Rotrou et Rémalard en 1624 au grand Sully, aussi intéressé par un fief percheron. Nogent passe à son fils cadet François duc d'Orval et aux descendants de ce dernier, les Béthune d'Orval, mais Rémalard est cédé en 1658 à François de Riantz/Riants barons de Voré (châtellenie, à Rémalard) et de La Brosse, marquis de Villeray : il devient comte de Rémalard, comme son fils (1690) et son petit-fils (1710), dont la fille Marie-Louise (1717) épouse Anne-Charles Goislard de Montsabert (à éclaircir : certains considèrent que Marie-Louise est directement la fille de , et qu'il n'y a pas de . François (-Charles ?) serait mort vers 1680-1690 et Charles entre 1690 et 1710 ?). Dès 1714, Rémalard est vendu à Bernard de Javeshac, qui vend en 1719 à Louis Fagon de La Moutonnière (en Eure-et-Loir), qui lègue en 1743 à sa légataire universelle Geneviève Dousseau/d'Ousseau veuve de Martial de Boderu. Finalement le philosophe matérialiste (ou déiste ?) des Lumières Helvétius l'acquiert dès cette même année 1743, et sa fille Geneviève porte par son mariage le château de Voré aux comtes alsaciens d'Andlau.
Quant à Préaux et Le Theil, ils restent aux Montmorin-St-Hérem : Jean ci-dessus < Gaspard (1593) < Gilbert-Gaspard (1660). Puis on les retrouve, probablement par une vente, dans la deuxième moitié du aux mains d’Élisabeth Le Féron (1699) femme de Charles d'Albert d'Ailly duc de Chaulnes (Elisabeth était la fille de Dreu Le Féron parlementaire, sire de Savigny et Lormoy : -sur-Orge ?, et de Barbe Servien de Montigny, cousine du ministre Abel Servien et dame baronne de Longny-au-Perche). Ses héritiers vendent Préaux et Le Theil à Arnaud de Labriffe sire d'Amilly au Perche : cette famille de parlementaires, comtes d'Amilly et de Préaux, les garde jusqu'à la Révolution.
Époque contemporaine (depuis 1789) Période de la Révolution et de l'Empire (1789-1815)
En 1790, Rémalard, paroisse de la généralité d'Alençon et du diocèse de Sées sous l'Ancien Régime, devient une commune du département de l'Orne lors de la grande réforme de l'administration effectuée par l'Assemblée nationale constituante au début de la Révolution française. Elle fait aussi partie du district de Mortagne et du canton de Mortagne. En 1800, dans le cadre de la réforme du Premier Consul Napoléon Bonaparte (création des préfets et sous-préfets), elle est intégrée à l'arrondissement de Mortagne.
Dix-neuvième et vingtième siècles
Après la Première Guerre mondiale, un monument est mis en place en l'honneur des Rémalardais morts pour la France.
La création de la commune de Rémalard en Perche (2016)
Au début du , une pression est exercée par le pouvoir central afin d'opérer des regroupements de communes, surtout dans les zones rurales.
Le , Rémalard intègre avec Bellou-sur-Huisne et Dorceau la commune nouvelle de Rémalard en Perche.. Elle est créée sous le régime juridique des communes nouvellesinstauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. La fusion est simple, sans création de communes déléguées.
C'est le bourg de Rémalard qui devient chef-lieu de la commune nouvelle.
Héraldique
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Administration municipale