Ovida Delect, née à Caen le et morte à Coutances le , est une poétesse, résistante déportée et femme politique communiste française.

Biographie Jeunesse et résistance Ovida est une femme trans. Au début des années 1940, elle est élève au lycée Malherbe et habite rue Laumonnier à Caen.

Selon Victoria Thérame, qui préface l'ouvrage d'Olivia Delect La vocation d'être femme, itinéraire d'une transsexuelle vécue. :

Ovida Delect fonde avec quelques jeunes de son âge (Roger Câtel, Bernard Duval, Bernard Boulot, Claude Lunois et Jean-Paul Mérouze) un petit groupe de Résistance rattaché au Front national, mouvement créé par le Parti communiste français (PCF). Elle feint d'adhérer aux Jeunesses nationales populaires en se présentant comme un partisan de la collaboration. Elle en profite pour dérober d'importants dossiers2004: La résistance dans le calvados par AERI et semer d'importantes perturbations dans les rangs de cette organisation en propageant une série de fausses nouvelles. Ces actions lui valent d'être arrêtée par la Gestapo, le avec plusieurs de ses camarades... Elle est torturée au moins dix jours au 44 rue des Jacobins, avant d'être déportée en Allemagne. Sous la torture, elle ne dénonce pas ses camarades..

Voici le récit qu'Ovida Delect fait elle-même de son arrestation :

Elle rentre à du camp de concentration de Neuengamme où elle a été déportée..

Retour de déportation Après la guerre, elle reprend ses études et obtient son deuxième baccalauréat en 1946 à Caen. Elle publie ses poèmes de résistance dans des revues locales. Elle est primée par le Prix Paul Valéry en 1946 et l’une de ses œuvres est lue à la Mutualité à Paris. Elle part étudier à Paris où elle forme un cercle de poètes. Elle rencontre Paul Eluard, qui lit Poème des temps nouveaux à la Mutualité.

Pour survivre à la Capitale, elle exerce de nombreux « petits métiers » comme elle les nomme dans sa biographie. Elle réussit le concours d’entrée de l’École normale, elle devient professeure d’enseignement général de lettres titulaire dans les collèges techniques de l’Éducation Nationale, après un an de stage à Nantes et avant d'être mutée dans le Pas-de-Calais à Mont-Saint-Éloi.

Elle rencontre durant l'été 1952 à Hyères sa future femme Huguette, une institutrice en maternelle originaire de la Sarthe. Alors qu'elle n’a pas encore transitionné socialement, elle se confie à elle sur son identité et sur ses aspirations poétiques et humanistes.

En 1953, Ovida Delect découvre avec bouleversement dans la presse l'histoire de la transition de Christine Jorgensen, GI d’origine danoise, et d’autres parcours de vie qui font écho à sa propre histoireIbid., ..

Avec Huguette, elles exercent leurs métiers successivement dans la Sarthe, l’Orne, le Calvados, les Yvelines et l’Eure.

Ovida Delect devient début des années 1960 maire de Freneuse, commune de d'Île-de-France. Son identité sociale masculine lui pèse de plus en plus. À la fin des années 1960, elle écrit La Demoiselle de Kerk un roman en prose poétique qui raconte l’histoire d’une jeune fille sous l’occupation à Caen. Elle dira de cet ouvrage que c’est .

Elle témoigne du « fait de « poévivre », de pouvoir me libérer, m’affirmer par l’écriture, m’a aidée à supporter de lourdes charges, à ne pas me laisser écraser par la douleur, à ne pas mettre fin à mes jours, à rogner la hauteur des obstacles et à les traverses. »Ibid. .

Écriture et action poétique À l’âge de , retraitée, elle transitionne socialement et choisit le nom de plume qu’elle utilise depuis 1975, Olivia Ovida Delect. Elle continue de vivre avec Huguette Voidies, sa femme, et leur fils à Saint Pierre Alizay.

À la fin des années 1980, l’historienne Christine Bard rencontre Ovida Delect venue à la Maison des femmes de Paris lire ses poèmes. Dans son ouvrage Ce que soulève la jupe pour Christine Bard, .

Ovida décide à de participer au tournage d’un documentaire réalisé par Françoise Romand, Appelez-moi Madame, qui est diffusé en 1986. Après ce tournage, la vie dans le village de Saint-Pierre-du-Vauvray devient impossible pour elle en raison d'hostilités à son égard. Elle part s’installer seule en région parisienne dans un grand dénuement. Les projections du documentaire lui permettent de créer des liens et de rencontrer des féministes, des cercles de lesbiennes ou de passionnées de littérature. Elle reprend l’écriture et l’action poétique.

Au début des années 1990, elle emménage avec sa femme dans une maison de l’Essonne.

Son œuvre littéraire est prolifique Elle témoigne de son parcours de vie dans deux ouvrages, La prise de robe. Itinéraire d'une transsexualité vécue, édité à compte d'auteur en 1982, et La Vocation d'être femme : itinéraire d'une transsexualité vécue aux Éditions L’Harmattan publié en 1996, alors qu’elle se bat contre la maladie dont elle meurt la même année.

Hommages

Le , une place Ovida-Delect est inaugurée à Paris dans le arrondissement, au carrefour de la rue des Blancs Manteaux et de la rue des Archives.

En 2022, la mairie de Rennes donne le nom d'Ovida Delect à une passerelle.

Œuvres

Biographie

Ouvrages, recueils, poèmes

Contient un entretien de l'auteur avec Maryse Vigier

Voir aussi

Articles connexes Lucy Salani, considérée comme la seule femme trans italienne à avoir survécu aux camps nazis

Bibliographie

Filmographie 1986 : Appelez-moi Madame par Françoise Romand,

Liens externes

Transmission mémorielle de l’histoire d’Ovida Delect dans le projet Constellations Brisées de l'association Queercode consacré aux parcours de résistance et de déportation de femmes qui ont aimé des femmes.

Notes et références

Catégorie:Poétesse française du XXe siècle Catégorie:Personne torturée pendant la Seconde Guerre mondiale Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Survivant du camp de concentration de Neuengamme Catégorie:Naissance en avril 1926 Catégorie:Naissance à Caen au XXe siècle Catégorie:Décès en octobre 1996 Catégorie:Décès à Coutances Catégorie:Femme trans française Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Résistant communiste français Catégorie:Personnalité du Parti communiste français