Le barrage de Guerlédan est un barrage hydroélectrique situé dans les communes de Saint-Aignan dans le Morbihan et de Mûr-de-Bretagne dans les Côtes-d'Armor, en France.
Description vignette|alt=photo du barrage en béton barrant la vallée asséchée|upright=1.2|left|La face intérieure (amont) du barrage pendant la vidange et l'assèchement de 2015 : à gauche, les bouches alimentant les turbines ; à droite, les vannes de la surverse (évacuateurs de crue), et l'écluse du Moulin neuf au pied de l'ouvrage. De type barrage poids en béton, sa construction a duré sept ans (de 1923 à 1930). Placé sur le cours du Blavet, il mesure de haut au-dessus du talweg (au total sur fondation), de longueur de crête, d'épaisseur en crête, d'épaisseur à la base (soit un volume de ) et retient un volume de de m d'eau sur une étendue de , formant ainsi le lac de Guerlédan, un des plus grands lacs bretons.
Sa mise en eau a englouti plus de de la vallée du Haut Blavet. Lors des vidanges du lac, on peut découvrir quelques vestiges de murs de maisons notamment éclusières, des troncs d'arbres de l'ancienne vallée ainsi que son chemin de halage, des jardinets, restes d'écluses et déversoirs.
La construction thumb|left|Le barrage de Guerlédan vu côté aval. thumb|left|Le barrage de Guerlédan vu côté amont depuis le lac. Après la Première Guerre mondiale, les besoins d’électrification conduisent à la recherche de sources d’énergie hydraulique afin d'assurer le développement économique des régions.. Les côtes bretonnes sont électrifiées grâce à des petites centrales thermiques, mais pas le pays du Centre-Bretagne. Auguste Leson, ingénieur en électricité (promotion 1909 de l'École supérieure d'électricité) en poste après la guerre à Laon, décide en 1921 de revenir dans son pays natal, Pontivy. Il y rencontre Joseph Ratier, sous-préfet de Pontivy, qui a l'idée de construire un grand barrage à Guerlédan (l’écluse de Guerlédan du canal de Nantes à Brest comportait déjà une chute d’eau de quelques mètres et une petite usine hydraulique créée par Picquet au début du .) sur le fleuve Blavet canalisé pour y installer une grande usine électrique alors qu'il n'existe à cette époque que quatre barrages de cette importance en France, mais ces derniers ne produisent pas d’électricité. Le choix de ce site par Ratier s'explique en raison de sa géographie particulière. Le Blavet, seul fleuve de la région à avoir un débit important toute l'année, la présence d'un méandre qui permet de réduire la pression qui arrive sur la voûte du barrage, sa géologie, cluse entre deux collines de schiste sur la rive Nord, de grès armoricain sur la rive Sud, roche dure sur laquelle peuvent s'appuyer les fondations du barrage avec ses deux appuis d'extrémités, mais aussi parce que de nombreuses maisons de la vallée sont déjà abandonnées et en ruines, ce qui entraîne de faibles coûts d’expropriation pour les pouvoirs publics. Grâce à la foi de ces deux hommes en ce projet d'utilité publique, au soutien politique du breton Yves Le Trocquer, ministre des Travaux publics de l'époque, qui obtient les premières subventions, et à la SGE qui se charge des travaux, l’ouverture du chantier a lieu le ..
Faute d'argent, le chantier est arrêté de l'automne 1925 au printemps 1927. Le directeur de l'exploitation Leson obtient un financement de la Royal Bank of Canada pour poursuivre les travaux, mais à la seule condition de terminer l'ouvrage en deux ans, ce qui provoque l'abandon du projet de construire une route passant sur le haut du barrage et de rétablir la navigation avec un ascenseur à péniche comme à Saint-Louis-Arzviller. L'inauguration du barrage construit en béton, le premier en France, a lieu le , par le sénateur morbihannais Alfred Brard..
Le , est signé l'arrêté préfectoral autorisant la mise en service de l'usine qui produit - alimentation en électricité de -, puis la mise en exploitation officielle de l’usine hydroélectrique le .
Projet inachevé d'ascenceur à bateaux
À l'origine, le projet prévoyait la construction d'une échelle d'écluses en parallèle au barrage afin de maintenir le trafic fluvial sur le canal de Nantes à Brest. Cette initiative n'a jamais abouti, divisant ainsi le canal de Nantes à Brest en deux tronçons de navigation : à l'ouest, la branche finistérienne, et à l'est, la branche Loire Atlantique et morbihannaise. De fait, il accéléra l'abandon progressif du canal déjà mis à mal par l'arrivée du chemin de fer dans le centre Bretagne.
Le barrage a également englouti qui faisaient partie du canal de Nantes à Brest..
+ ÉCLUSES ENGLOUTIES.. Écluse Lieu Altitude Distance de Nantes Moulin neuf Castel-Finans Caurel Kergoff Pouldu Baraval Kermadec Trégnanton Cosquer Cuilleret Zélo Saint-Gelven Malvran Toul-er-Lann Toulhouët Granges Longeau
La SGE était tenue par la concession du de rétablir la navigation au moyen d'une échelle d'écluses, recevant pour cela une subvention importante de l'État« le concessionnaire sera tenu d’assurer à travers la chute de Guerlédan, à ses frais et sous sa responsabilité, le passage des bateaux fréquentant le canal de Nantes à Brest et des marchandises qu’ils transportent »..
En , un décret en Conseil d'État substitue l'Union Hydro-Électrique Armoricaine à la SGE. Neuf projets furent présentés, certains acceptés, d'autres refusés, mais le projet n'aboutit jamais..
vignette|droite|Plan incliné de Saint-Louis-Arzviller (hauteur 44 m).
En 1946, Électricité de France deviendra concessionnaire de l'usine, lors de la nationalisation de l'électricité. En 1953, EDF remboursera la subvention accordée en 1930. La concession a été renouvelée en 2008, pour une nouvelle période de , avec un nouveau cahier des charges.
Pour autant, le projet de rétablissement de la navigation est souvent remis sur la table par la population et les usagers du Canal de Nantes à Brest. Celle-ci serait possible grâce à l'installation d'un ascenseur à bateaux., comme le plan incliné de Saint-Louis-Arzviller en Moselle qui remplace 17 écluses, pour une hauteur de 44 m, inauguré en 1969, ou l'ascenseur rotatif, la Roue de Falkirk, pour une hauteur de 24 m, inauguré en 2002, à Falkirk, en Écosse, pour un coût de d'euros..
Assecs Entre 1951 et 1985, le lac est asséché , opération appelée assec, afin de vérifier l’état général de la paroi Amont du barrage, et de permettre la réalisation de travaux sur les parties habituellement immergées.
En 2005, les opérations de vérification, réalisées lors d'un (ETC) Examen Technique CompletLa réglementation française fixe l'obligation aux exploitants de barrages de plus de de haut de réaliser une inspection complète tous les dix ans. Le précédent ETC avait été réalisé en 1995., au moyen d’un robot subaquatique téléguidé., ont révélé la nécessité d’une vidange totale du lac pour réaliser d’importants travaux de rénovation sur l’ouvrage.. À l'occasion de la vidange de la retenue au printemps 2015, un nouvel ETC décennal a été effectué...
Le , un nouvel assec de la paroi de la retenue est autorisé par les préfets du Morbihan et des Côtes-d'Armor.., afin que des travaux puissent être réalisés sur le site pendant Afin de réaliser les travaux en toute sécurité et de ne pas noyer les zones de chantier, la période de vidange a été définie en fonction des opérations à effectuer en favorisant les périodes d'hydraulicité les plus faibles et situées entre Mai et Novembre, indique EDF. Entre Mai et Novembre, le débit naturel du Blavet est statistiquement assez faible pour pouvoir passer l'eau par un seul des deux conduits de fond, car l'eau doit impérativement continuer à traverser le barrage pendant les travaux, et c'est à ce moment-là qu'il faut intervenir. Les travaux sur les deux conduits de fond sont réalisés successivement et demandent six mois d'intervention au total.. Ils représentent un investissement de d’euros., avec pour objectifs la remise aux normes de l’infrastructure et la vérification de l'état des bandes d’étanchéitéEntretien de la surface habituellement immergée, rénovation de deux vannes de fond, réfection de peintures, et création d'un écran batardeau pérenne permettant l'entretien de la paroi sans avoir l'obligation de vidanger la retenue...
Pour assurer un suivi continu de la qualité de l’eau (oxygène dissous, taux de matière en suspension, etc.), un laboratoire temporaire a été installé au pied du barrage, compte tenu que le Blavet continue à traverser la retenue. La remise en eau de la retenue a été réalisée le , pour une remise en service de la centrale le .. Compte tenu de la pluviométrie de la fin 2015, la retenue a été, le , presque à nouveau remplie, soit en dessous de la cote maximale hivernale.
En 2016, de poissons devraient être réintroduites par la Fédération de pêche des Côtes-d’Armor, avec le soutien financier d’EDF. Une première opération de réempoissonnement a été organisée le , juste avant le début de la période de reproduction des poissons, pour un total prévu, en janvier, de : un mélange de poissons, jeunes et adultes, pêchés dans des étangs de la Brenne, dans l'Indre ; des carnassiers tels que brochets et sandres, et des poissons fourrage, tels que gardons et rotengles, qui seront complétés par une autre opération de peuplement, de , en .. La pêche devrait ainsi reprendre fin 2017..
Gestion des crues et soutien d'étiage En période de cruesEvacuation d'une crue au moyen de deux vannes permettant d’extraire jusqu’à /s., il est nécessaire de vérifier que les entrées d'eaux dans la retenue soient égales aux sorties relâchées par le barrage. Cependant, si les conditions le permettent, un stockage temporaire supplémentaire permet d'assurer un effet retardant de l'impact d'une crue sur l'environnement. Le Groupe d'Exploitation Hydraulique Ouest, qui assure la gestion permanente de la retenue, l'exploite depuis 2001, avec une hauteur hivernale du au inférieure de par rapport au niveau normal, ceci afin de protéger les communes situées en aval du barrage des crues du Blavet.Les grandes crues de 1995 avaient occasionnées de forts sinistres à la ville de Pontivy, ainsi qu'au Centre hospitalier du Centre-Bretagne, situé en aval du Blavet..
En cas de sécheresse, ou de manque de précipitations, le soutien d’étiage permet d'ajouter une quantité d’eau complémentaire au débit naturel afin d'assurer des prélèvements en aval pour la production d'eau potable, et de favoriser la vie aquatique du Blavet..
Le lac en période estivale Afin de permettre le fonctionnement des activités qui se sont développées grâce au lac, un niveau élevé est assuré en début de saison touristique, puis maintenu au mieux en fonction des débits entrants et du soutien d’étiage..
La production d'électricité Les centrales hydroélectriques sont associées à une retenue artificielle créant un lac. L’eau stockée provient soit d'une rivière ou d'un fleuve à l'origine - c'est le cas du Blavet qui traverse la retenue -, et de l'eau de ruissellement captée dans les bassins versants amont. Celle-ci est ensuite acheminée jusqu’aux turbines en contrebas. Ces centrales peuvent être mise en route rapidement pour fournir d’importantes quantités d’énergie lors d'une forte demande durant les heures pleines de grande consommation, et produisent une électricité à très forte valeur ajoutée. Elles sont un facteur d’ajustement pour répondre aux brusques variations de la demande, comme au moment des pics de consommation, le matin et le soir et dans les périodes de grand froid. L'équipement de production L'usine hydroélectrique. est équipée de Francis, représentant au total une puissance installée de pour une production de ..
À Guerlédan, compte tenu de l'installation verticale des turbines, l'eau entre verticalement et en sort horizontalement. Chaque turbine est couplée à un alternateur triphasé, via un volant d'inertie..