Robert Stéphane Tchitchéllé est un homme politique et syndicaliste congolais né le dans le district de Yaya et mort le à Pointe-Noire.

Connu en premier lieu pour son travail de syndicaliste pour le Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), il est le premier secrétaire du syndicat des cheminots du Congo. Il participe en 1946 à la création du Parti progressiste congolais (PPC), parti fondé par Jean Félix-Tchicaya, le premier député du Moyen-Congo à l’Assemblée nationale française.

Stéphane Tchitchéllé est considéré comme l'un des pères fondateurs de la république du Congo, aux côtés de Fulbert Youlou, Jean Félix-Tchicaya et Jacques Opangault.

Biographie

Jeunesse et éducation Robert Stéphane Tchitchéllé naît dans le district de Yaya, aux alentours de Hinda. Il effectue ses études primaires jusqu'en classe de première supérieure à la mission catholique de Loango.

Recruté au CFCO (Chemin de fer Congo-Océan) le , il gravit rapidement les échelons de l'organisation, occupant entre autres les fonctions de chef de halte auxiliaire jusqu'au et de chef de gare grande vitesse en 1955.

Robert Tchitchéllé a pris une part active dans la construction du Chemin de fer Congo-Océan, et notamment la pose du premier tronçon de voie ferrée reliant Pointe-Noire au poste kilométrique 191, d'où le deuxième tronçon préexistant relie à la gare de Favre de Brazzaville.

À la suite de la réorganisation de l'Agence transéquatoriale du Congo (ATEC) en Agence transcongolaise des communications (ATC), il est nommé directeur du CFCO et des voies terrestres le .

En 1973, à la veille de son départ à la retraite survenu en , il est nommé directeur honoraire du CFCO.

Activités syndicales Militant au sein de la Confédération générale du travail (CGT), il devient le premier Secrétaire Général du syndicat des cheminots du Congo.

En 1942, en pleine Guerre mondiale, un arrêt de travail est décidé afin de protester contre les conditions inhumaines et insupportables des travailleurs noirs du CFCO, et les mauvais traitements subis par eux de la part des chefs blancs de cette même compagnie. Cette interruption de la circulation ferroviaire porte un grave préjudice au transport, vers le port de Pointe-Noire, puis vers la France, des matières premières servant à la fabrication des armes nécessaires aux troupes françaises engagées sur plusieurs fronts. La réaction des cols blancs du CFCO ne se fait pas attendre. Ils lancent sur les cheminots rassemblés devant les ateliers du kilomètre 4 un bataillon de travailleurs noirs armés de fusils à baïonnettes, qui distribuent sans état d'âme des coups de crosse et tuent deux grévistes qui sont inhumés peu après au kilomètre 1, proche de l'actuel centre de repos.

Le meneur des grévistes, Stéphane Tchichellé, est quant à lui rétrogradé du poste de sous-chef de gare de première classe au grade de facteur de deuxième classe, affecté aux expéditions de la gare petite vitesse, en attendant d'être traduit devant le Conseil de guerre de Dakar.

Cependant, la capitale sénégalaise est sous la juridiction du régime de Vichy alors que Brazzaville sous la houlette du gouverneur général Félix Eboué, s'étant rangé sous la bannière du général De Gaulle, il ne peut être question de transférer un sujet gaulliste devant un Conseil de guerre relevant d'une juridiction étrangère. C'est ainsi que Stéphane Tchichellé n'ira pas terminer ses jours au bagne de Vichy, en France ou ailleurs, comme on avait coutume d'y envoyer les meneurs de grève.

En 1943, l'autorité coloniale locale, ayant examiné les raisons profondes de la grève des cheminots donne raison à leur représentant syndicaliste Stéphane Tchichellé, et institue peu après le cadre local indigène du chemin de fer. Grâce à ce nouveau statut administratif des cheminots noirs, ceux ci enregistrent une amélioration relative mais concrète de leurs conditions de travail et d'existence. Les cadres, par exemple, virent leurs carrières reconstituées.

Mais cette victoire qui aurait pu lui coûter la vie, Stéphane Tchichellé ne profite nullement de ses efforts, puisqu'il est maintenu des mois et des mois encore dans sa situation d'agent rétrogradé.

Carrière politique vignette|Le gouvernement de Fulbert Youlou en 1960. En 1946, en participant à la création du Parti progressiste congolais (PPC), le parti fondé par Jean Félix-Tchicaya, le député du Moyen-Congo à l’Assemblée nationale française, Robert Stéphane Tchitchéllé fait son entrée en politique. Il devient le bras droit de ce dernier, et organise à ce titre le PPC, tout en militant dans sa région natale du Kouilou. Il parvient à s'assurer du vote des cheminots pour le PPC, ce qui permet au parti de remporter toutes les élections jusqu'en 1956.

De 1947 à 1957, Robert Stéphane Tchitchéllé siège au Conseil de l’Afrique-Équatoriale française (AEF) et fut membre de l’Assemblée territoriale du Moyen-Congo.

En 1956, contre toute attente, Robert Stéphane Tchitchéllé se sépare en mauvais termes de Jean Félix-Tchicaya, et entre dans l’Union démocratique pour la défense des intérêts africains (UDDIA), le nouveau parti de l'abbé Fulbert Youlou. Robert Stéphane Tchitchéllé était pourtant considéré comme le potentiel successeur de Jean Félix-Tchicaya.

Cette défection marque la première défaite du PPC lors des élections municipales de 1956. Tête de liste de l’UDDIA à Pointe-Noire, Robert Stéphane Tchitchéllé est élu le à la mairie de Pointe-Noire. Il devient le premier maire autochtone de la ville.

La carrière politique de Robert Stéphane Tchitchéllé connaît un essor fulgurant de 1957 à 1963. Il occupe les fonctions de ministre du Travail, de la Santé et des Affaires sociales au Conseil du Gouvernement dirigé par Jacques Opangault. À partir de la proclamation de la République du Congo en , il est nommé successivement vice-président du Conseil des ministres, puis ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

Le , il fait partie de la délégation congolaise dirigée par l’abbé Fulbert Youlou qui signe les Accords de Matignon. Ces accords assuraient le transfert de compétences des autorités françaises aux autorités congolaises.

Vie privée Il est le père de l'homme politique et écrivain Tchichellé Tchivéla (né François-Auguste Tchitchellé en 1940).

Distinctions

Congo 70x70px Grand-Croix de l'Ordre du Mérite congolais Président du Conseil de l'Ordre du Mérite congolais Médailles d'honneur des chemins de fer Médaille du cinquantenaire de la République du Congo

Afrique équatoriale française (AEF) Médaille de la commémoration des fêtes de la Communauté à Paris Officier de l'Ordre de l'Équateur Chevalier de l'Ordre de l'Équateur

Afrique 70x70px Chevalier de l'Étoile noire du Bénin 70x70px Grand-Croix de l'Ordre de la rédemption africaine (Liberia) Chevalier de l'Ordre du Mérite centrafricain

France Grand officier de la Légion d'honneur

Hommages Le , Jean-Clause Gakosso, le ministre de la Culture et des Arts de la république du Congo, a inauguré une stèle afin d'honorer la carrière politique de Robert Stéphane Tchitchéllé.

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie . Livres édités

Catégorie:Naissance en janvier 1914 Catégorie:Naissance en Afrique-Équatoriale française Catégorie:Personnalité politique congolaise (RC) du XXe siècle Catégorie:Ministre de la république du Congo Catégorie:Décès en octobre 1984 Catégorie:Décès à Pointe-Noire (république du Congo) Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Histoire de la république du Congo Catégorie:Histoire de l'Afrique centrale Catégorie:Histoire de l'Afrique Catégorie:Maire en république du Congo Catégorie:Maire de Pointe-Noire Catégorie:Pointe-Noire (république du Congo) Catégorie:Ordre du Mérite congolais Catégorie:Grand-croix de l'ordre du Mérite congolais