Évolution quotidienne
Nuit du 1 au 2 novembre 2005
Une baisse notable des tensions à Clichy-sous-Bois après 5 nuits de violences urbaines est à remarquer. Cependant, on peut constater l'embrasement de sept villes de la Seine-Saint-Denis : Aulnay-sous-Bois, Sevran, Bondy, Montfermeil, Neuilly-sur-Marne, Bobigny et Le Blanc-Mesnil.
Par ailleurs, d'importants affrontements ont lieu à Aulnay-sous-Bois, opposant les forces de l'ordre aux émeutiers.
Environ 250 véhicules ont été incendiés et 34 interpellations ont eu lieu en Seine-Saint-Denis.
Il s'ensuit le début des troubles dans d'autres départements voisins : principalement en Seine-et-Marne, dans le Val-d'Oise et dans les Yvelines.
Nuit du 2 au 3 novembre 2005 La Seine-Saint-Denis a déploré 189 voitures brûlées (la ville de Bondy, à elle seule, comptabilise 65 véhicules brûlés, ainsi qu'un magasin de moquettes détruit par les flammes) et 4 coups de feu tirés à l'encontre des forces de l'ordre.
Les affrontements se sont rapidement étendus à d'autres zones de la Seine-Saint-Denis et à d'autres départements franciliens, les Hauts-de-Seine, le Val-d'Oise (Sarcelles) et l'Essonne principalement.
Au total, pas moins de 315 véhicules ont été brûlés en région parisienne du jeudi au mercredi .
Des agressions ont été également recensées le mercredi au soir en gare du Blanc-Mesnil, où « une trentaine de jeunes ont caillassé la rame, actionné de nombreux signaux d'alarme et volé les effets personnels de plusieurs voyageurs », selon la SNCF, l'entreprise avait mis en place le 27 octobre un dispositif de sécurité sur cette ligne.
Salah Gaham a trouvé la mort lors de l'incendie du forum de Planoise à Besançon.
Nuit du 3 au 4 novembre 2005 Ce jeudi 03 novembre au soir, aux alentours de 22 h 30, une cinquantaine de véhicules furent incendiés en Seine-Saint-Denis.
Une quinquagénaire handicapée, âgée de 56 ans, a été gravement brûlée au cours de l'attaque d'un bus à Sevran (Seine-Saint-Denis). Selon le parquet de Bobigny, le véhicule, transportant une cinquantaine de personnes, a été contraint de s’arrêter en raison de conteneurs enflammés disposés en travers de la route.
Une bouteille d'essence enflammée a ensuite été projetée à l'intérieur du bus, suivie par un chiffon enflammé. Les passagers ont rapidement évacué le véhicule. Toutefois, la victime, incapable de sortir par ses propres moyens, a nécessité l'aide du chauffeur pour descendre.
Sur 135 personnes interpellées en Seine-Saint-Denis depuis le soir du , 98 ont été placées en garde à vue. 27 majeurs ont été déférés devant le Parquet de Bobigny et 17 ont été incarcérés. 16 mineurs ont comparu devant un juge des enfants. Le tribunal correctionnel de Bobigny, qui jugeait, le jeudi 3 novembre, 11 personnes pour des violences urbaines commises le , a condamné en soirée un jeune adulte de 19 ans à deux mois de prison ferme pour « dégradation de bien public » à Villepinte. Deux jeunes adultes âgés de 18 et 19 ans ont écopé respectivement de 2 mois de prison ferme et de 3 mois de prison avec sursis. Ils étaient poursuivis pour « violences volontaires avec arme sur agent de la force publique », dans la nuit du 1 au 2 novembre à Villepinte et au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).
Bilan de la nuit du jeudi 3 au vendredi Vers 3 h 30 : Si la nuit était jugée « plus calme » que les nuits précédentes, pas moins de 170 véhicules ont été détruits par les flammes, que ce soit en Île-de-France ou ailleurs dans l'hexagone, principalement dans les Bouches-du-Rhône et dans la Seine-Maritime. Forces de l'ordre et pompiers ont d'ailleurs été à nouveau touchés par divers projectiles mais moins d'affrontements directs se sont produits.
En région parisienne : à Neuilly-sur-Marne, des cars de CRS ont essuyé des tirs de pistolet à grenaille, sans faire de blessés. à Aulnay-sous-Bois, un entrepôt de moquette a été incendié. aux Mureaux (Yvelines), une cinquantaine de jeunes ont tenté d'affronter les policiers, sans provoquer de dégâts, a indiqué la préfecture. à Trappes (Yvelines), un entrepôt d'une vingtaine de bus a été incendié tandis que le dépôt d'un concessionnaire Renault de Aulnay-sous-Bois fut détruit par les flammes.
18 personnes ont été interpellées à l'issue de cette soirée.
En province : à Planoise (quartier de Besançon), trois voitures furent incendiées dans le sous-sol d'un immeuble d'étudiant, coûtant la vie à un jeune gardien de 24 ans qui s'était précipité pour éteindre l'incendie. Plusieurs étudiants ont également été blessés en se défenestrant pour échapper aux flammes. à Rennes, des individus cagoulés et munis de bidons d'essence ont incendié onze automobiles dans le quartier du Blosne, en périphérie sud de Rennes. Ils ont allumé successivement trois feux, square de Serbie, square des Hautes-Ourmes et boulevard Henry Fréville. Quelques incendies ont également été déclarés dans les quartiers de Villejean et Maurepas, dans la périphérie ouest et nord.
Vers 4 h 30 : Bilan revu à la hausse en ce qui concerne le nombre de véhicules incendiés : environ 420 contre environ 315 la veille.
Le Premier ministre Dominique de Villepin a déclaré, depuis la cour de l'Hôtel de Matignon : «…la priorité, c'est le rétablissement de l'ordre public car ces violences sont inacceptables, mais je veux aussi nouer un dialogue pour trouver des solutions adaptées, pour donner une place à chacun… »
Bilan total de cette nuit Plus de 500 véhicules furent brûlés en Île-de-France et 77 le furent en Province. Cinq bâtiments ont également été en proie aux flammes en Seine-Saint-Denis, foyer principal des troubles. Par exemple, un entrepôt de m² dans la zone Garonor à Aulnay-sous-Bois et un hangar contenant des produits de maroquinerie au Blanc-Mesnil furent incendiés durant la nuit.
Durant la nuit, il y aurait eu 78 interpellations.
L'après-midi du à Bobigny, une trentaine de véhicules étaient en feu vendredi après-midi peu après 16h30 sur un parking près du centre commercial Bobigny II. Parmi les véhicules, plusieurs appartenaient à des fonctionnaires du tribunal tout proche. Plusieurs personnes, interpellées lors des émeutes dans ce département, étaient en cours de comparution immédiate devant le tribunal vendredi après-midi.
Nuit du 4 au 5 novembre 2005
En début de soirée, la tension est toujours aussi palpable en Seine-Saint-Denis. 85 véhicules ont déjà été brûlés. Les forces de l'ordre semblent être impuissantes et attendent que les événements cessent d'eux-mêmes.
Une trentaine d'interpellations a eu lieu.
Le bilan provisoire de cette neuvième nuit de violences dans les quartiers sensibles est pour l'heure comparable à celui de jeudi à la même heure, a précisé la police. 85 véhicules auraient été brûlés (40 en Île-de-France dont environ 20 en Seine-Saint-Denis, et 45 en province).
Les forces déployées : 700 pompiers et , dont huit compagnies de CRS et cinq escadrons de gendarmes mobiles, étaient mobilisés vendredi soir en Seine-Saint-Denis.
Pour la première fois depuis le jeudi , la région parisienne a été survolée par un hélicoptère de la gendarmerie équipé d'un projecteur et d'une caméra vidéo.
Bilan de la nuit du 4 au Près de 240 véhicules ont été incendiés et plusieurs dizaines de personnes interpellées en région parisienne dans la nuit de vendredi à samedi quelques heures après que Dominique de Villepin eut reçu à Matignon seize jeunes gens de 18 à 25 ans issus de quartiers qualifiés de sensibles.
Cette neuvième nuit de violences a également été marquée par plusieurs incendies d'immeubles commerciaux ou de bâtiments publics, selon un bilan provisoire établi par l'AFP à partir des éléments communiqués par les préfectures ou la police.
De son côté, Nicolas Sarkozy a effectué une courte visite surprise à la direction départementale de la sécurité publique des Yvelines à Viroflay, près de Versailles.
Dans un communiqué, le PS a assuré que le « bilan des violences atteint des proportions gravissimes en Île-de-France et dans toute la France » et a demandé « la transparence la plus totale sur l'ampleur de ces évènements dramatiques ».
Selon la direction générale de la police nationale (DGPN), véhicules ont été incendiés en Île-de-France et 230 personnes arrêtées depuis le , selon un bilan établi avant les premiers incidents de vendredi soir.
En région parisienne Un ou plusieurs véhicules, dans un parking couvert à Suresnes (Hauts-de-Seine), sont incendiés, les flammes se propagent aux autres véhicules et finalement 44 sont détruits. En Seine-Saint-Denis 52 véhicules incendiés ont été dénombrés par la préfecture de la Seine-Saint-Denis ainsi que 31 interpellations. Une quinzaine de communes sur quarante étaient plus particulièrement touchées, selon la préfecture à Aubervilliers, deux entrepôts de textiles ont été la cible d'incendies à Pierrefitte-sur-Seine, un engin incendiaire a été lancé près d'une synagogue. au Blanc-Mesnil, de nombreux rassemblements d'individus ont été constatés ainsi qu'un début d'incendie d'une crèche à La Courneuve. Dans l'Essonne 60 véhicules, selon la police, ont été incendiés et des véhicules de police et des sapeurs-pompiers ont été la cible de cailloux et de cocktails Molotov. Un policier a été blessé au niveau des épaules par deux pavés jetés par des manifestants dans le quartier de Coquibus, proche de la cité sensible des Tarterêts de Corbeil-Essonnes. Dans le même quartier, une concession Opel et un dépôt de pneus, ont été incendiés. Une école maternelle et primaire à Brétigny-sur-Orge a été détruite en partie. Dans les Yvelines selon la préfecture, 38 voitures ont été incendiées et 16 personnes ont été interpellées, dont sept à Sartrouville qui s'apprêtaient à mettre le feu à l'ancienne mairie annexe. Quatre policiers ont été légèrement blessés lors d'affrontements avec des jeunes aux Mureaux. selon la police, une école maternelle a été incendiée à Achères. Dans le Val-d'Oise Une trentaine de jeune se sont affrontés aux forces de l'ordre à Sarcelles 37 véhicules ont brûlé et 34 personnes ont été interpellées, selon la police. Des dégradations ont été constatées dans la bibliothèque de Villiers-le-Bel. Dans le Val-de-Marne un important incendie s'est déclaré dans un magasin de meubles à Ormesson-sur-Marne. En province : en Bretagne à Rennes deux incendies volontaires ont causé des dégâts dans une école, puis une salle des fêtes, du même quartier : le Blosne, en périphérie sud de Rennes. Une ANPE a cédé sous l'explosion d'une grenade dans le quartier Brequigny. Arrivés très vite sur place de leur caserne toute proche, les pompiers ont pu circonscrire l'incendie avant qu'il ne prenne de graves proportions. Deux pièces sont cependant brûlées. L'agence est provisoirement fermée. Au total c'est 11 véhicules qui ont brûlé dans l'agglomération rennaise avec des incendies qui se propagent dans les villes proches de Bruz, La Chapelle-des-Fougeretz et Saint-Jacques-de-la-Lande. en Normandie des inconnus ont incendié à Cléon (près de Rouen), un autobus dont tous les passagers ont pu sortir sains et saufs. en Picardie à Soissons deux bus, deux voitures et une camionnette ont été incendiés. dans les départements de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme plusieurs voitures ont été incendiées. dans le Nord-Pas-de-Calais le département du Nord a été touché par plusieurs incendies de voitures. En Saône-et-Loire à Montceau-les-mines cinq bus ont été incendiés.
Nuit du 5 au 6 novembre 2005
Vers 22 h 30 : Les incidents se poursuivent non seulement en région parisienne mais également en dehors de la région parisienne, où une centaine de véhicules et des bâtiments publics ont été incendiés. policiers et gendarmes ont été envoyés en renfort en Île-de-France pour la nuit, en plus de l'effectif normal.
Peu avant 23 heures, Nicolas Sarkozy faisait état d'une centaine de véhicules brûlés sur le plan national. La police a pour l'instant procédé à une dizaine d'interpellations.