Gabriel Madinier, né le 8 juillet 1895 à Lyon (5e arrondissement), mort le 12 décembre 1958 dans le 6e arrondissement de la même ville, est un philosophe français.
Biographie Marie Gabriel Madinier naît le 8 juillet 1895 à Lyon, montée de Choulans, dans le 5e arrondissement. Il est issu d'une famille bourgeoise. Son père, Marie-Joseph Madinier, est docteur en médecine.
Durant la Grande Guerre, Gabriel Madinier est mobilisé au sein du 97e régiment d'infanterie. En 1918, il est blessé à Breteuil (département de l'Oise). Il reçoit la croix de guerre.
En 1919, Gabriel Madinier est reçu à l’École normale supérieure. En 1922, il est reçu à l'agrégation de philosophie.
En 1938, il est nommé docteur en lettres. Après avoir enseigné dans le secondaire entre 1923 et 1940 (Alençon, Bourges et Lyon), il devient maître de conférence à l'université de Montpellier puis à Lyon en 1941. Il décède dans cette ville, à la suite d'une opération en 1958. [Chevalier de la Légion d'honneur]
Léon Husson parle de Madinier en ces termes :
La pensée de Madinier La pensée de Madinier se construit dans le sillon de la philosophie de l'esprit (spiritualisme) française. Suivant la méthode réflexive, il a cherché au travers des manifestations concrètes de la conscience (gestes) l'acte originaire du Moi qui est orienté vers la valeur et fait figure de fondement métaphysique de notre existence.
Dans sa thèse Conscience et mouvement, Madinier tente de saisir un élan intérieur au Moi qui se caractérise par le consentement à l'acte volontaire : le sujet donne sens aux objets et s'en distingue. De cela seul, Madinier développe une philosophie de l'intériorité qui tente de maintenir le thème d'une saisie interieure : c'est uniquement par ce moyen, montre-t-il, que le Moi se pose et qu'il y a conscience de soi. Mais attention, cette saisie n'est pas celle d'une "image" du Moi mais bien du sujet en tant qu'il se donne à lui-même l'être puisque la reflexion n'est autre que l'acte par lequel nous pourvons nous affirmer. Fidèle au spiritualisme français, c'est pour lui la vie spirituelle qui est le point de hâte de la réflexion, car c'est en elle que le sujet se saisit le mieux et le plus clairement comme lié et différent; qu'il se saisit comme soi.
L'acte intérieur révèle alors la caractéristique gestuelle de la conscience qui n'est que signification. Le geste relance alors sans cesse la présence de la conscience à elle-même. Mais, cela ne nous dit rien sur le sujet en lui-même et cela ne garantit pas sa validité. Merleau-Ponty objecte à la philosophie réflexive la présence d'un sujet-source. Mais Madinier montre, à l'aide de sa théorie du signe et en maintenant sa méthode réflexive que l'esprit se déploie dans le langage qui constitue cet ensemble de signes qui renvoie la conscience à elle-même (on peut penser à la distance ou la profondeur). Le monde humain est un ensemble de significations qui constitue continûment l'expérience de l'homme. Pour éviter une pensée de la subjectivité vide et transparente, débarrassée de tout sujet, Madinier tentera d'unir les deux expériences réflexives : celle qui s'oriente vers le mouvement logique de la pensée et celle qui vise le sujet réel qui s'affirme comme être-au-monde. Comment se révèle l'unité ? Lorsque le sujet se retourne vers le principe qui fonde toute son activité : la vérité en tant qu'elle oblige à dépasser l'ordre du discours objectif et relatif vers la valeur.
Ouvrages Conscience et mouvement, étude sur la philosophie française de Condillac à Bergson (préface d'Aimé Forest), Paris, PUF, 1938; Paris, Béatrice-Nauwelaerts, 1967. Conscience et amour, essai sur le "nous", Paris, PUF, 1938. Conscience et signification, essai sur la réflexion, Paris, PUF, 1953. La conscience morale, Paris, PUF, 1954. Vers une philosophie réflexive, coll. "Etre et Penser", Neuchâtel, La Baconnière, 1960. Nature et mystère de la famille, "cahiers de l'Actualité religieuse", Paris, casterman, 1961.
Ouvrages et articles sur Gabriel Madinier F. André Bergeron, La philosophie de la conscience et de la réflexion selon Gabriel Madinier, Louvain-la-Neuve, 1963. Jérôme Ndaye Mufike, De la conscience à l'amour. La philosophie de Gabriel Madinier, Rome, 2001. Aimé Forest, "La pensée de Gabriel Madinier" in Vers une philosophie réflexive, Neuchâtel, La Baconnière, 1960. Louis Lavelle, "Conscience et mouvement - Conscience et amour" in Morale et religion, Paris, Albin Michel, 1960, . Jean Lacroix, Panorama de la philosophie française contemporaine, Paris, PUF, 1966, . Miandkolila Baloki, La notion de conscience dans la pensée de Gabriel Madinier, Faculté de Théologie Catholique, Kinshasa, 1983. Santino Cavacuiti, Libertà ed essere : testi di Maine de Biran, Vacherot, Blondel, Lavelle, Madinier, Forest, éd. del Testimone, Massarosa-Lucca, 1996. A. Cantoni, "Gabriel Madinier. Realismo della significanza, Editrice Benucci, Perugia 1978" in Rivista di Filosofia neo-scolastica, 1982,
Références
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