Les Verts fribourgeois, officiellement depuis Les VERT-E-S Fribourg (en allemand : Grüne Freiburg), est un parti politique régional établi depuis 1986 dans le canton de Fribourg, en Suisse. Actif en politique fribourgeoise, le parti a des élus aux niveaux communal, régional et cantonal. Il est membre de la fédération des Verts suisses depuis . Son positionnement historique le situe au centre-gauche écologiste.
En 2023, les Verts fribourgeois comptent 13 députés au Grand Conseil fribourgeois, 1 juge cantonal et une vingtaine d'élus communaux. Ils sont représentés au gouvernement cantonal par Sylvie Bonvin-Sansonnens, élue en 2021.
Représentation au Grand Conseil Le parti est représenté au Grand Conseil du Canton de Fribourg depuis 1991. En , la députée de la Broye Sylvie Bonvin-Sansonnens est élue à la présidence du Grand Conseil. Elle est la première verte à devenir la première citoyenne du canton. À la suite des élections de , il compte treize représentants. Les députés verts forment le groupe "Vert·e·s et allié·e·s" avec les députés du Centre-Gauche PCS et du mouvement "La Broye, c'est vous!". +Mandats verts au Grand Conseil - 1991-2016AnnéeDéputésNotes202113Fribourg-Ville: 3 , Sarine-Campagne: 3 ; Broye: 1 ; Gruyère: 2; Singine: 1 ; Glâne: 1 ; Lac: 2 20166Fribourg-Ville: 2 ; Sarine-Campagne: 2 ; Broye: 1; Gruyère: 120113Fribourg-Ville: 2 ; Sarine-Campagne: 120063Fribourg-Ville: 2 ; Sarine-Campagne: 120011Fribourg-Ville: 119962Fribourg-Ville: 1 ; Sarine-Campagne: 119914Fribourg-Ville: 2 ; Sarine-Campagne: 1 ; Singine: 1
Histoire
Mouvement politique démocratique et spontané Dans la tendance suisse de formation des premiers mouvements politiques se réclamant de l'écologie politique, le Parti écologiste fribourgeois (PEF) est fondé à Givisiez, le . La formation de ce premier parti politique, autour de plusieurs personnalités locales telle Léon Mornod ou Rosmarie Zeller, est l'aboutissement d'une dizaine d'années de maturation de la pensée écologiste dans le canton de Fribourg. Il accompagne en parallèle la fondation des Verts suisses, dont le parti venait d'être fondé à Fribourg le . Le parti présente une liste électorale pour la première fois aux élections fédérales suisses de 1987, mais ne décroche pas de siège. En 1990, le Parti écologiste fribourgeois (PEF) fusionne avec le mouvement Écologie et solidarité issu de la section fribourgeoise du Parti socialiste ouvrier. Le nouveau parti fusionné change de nom est devient Les VertEs, le second "e" majuscule étant une référence à la composante féministe du parti. L'année suivante, en 1991, il présente des candidats aux quatre élections communales, régionales, cantonales et fédérales. En ville de Fribourg, aux élections communales, le parti enregistre un premier succès. Avec 8 élus au parlement local (Conseil général), il devient le deuxième parti de gauche, derrière le parti socialiste, mais devant le parti chrétien-social et le parti social-démocrate. Surtout, il décroche son premier siège à l'exécutif de la ville de Fribourg (Conseil communal), avec l'élection de Jacques Eschmann. Aux élections cantonales, la liste VertEs décroche 4 sièges de députés sur 130, issus des districts de la Singine et de la Sarine. Gérard Bourgarel échoue à la l'élection à la préfecture du District de la Sarine, face au préfet sortant Hubert Lauper.
Aux élections fédérales suisses de 1991, la liste intitulée « Les VertEs » remporte 4,24 % des voix et suffrages, avec Rosmarie Zeller en tête de liste.
Pendant ses premières années, le parti politique a peu de structures. La conduite du parti est assurée collectivement, par les assemblées des membres, qu'accompagne un groupe de pilotage. Le parti n'a alors ni président ni statuts. En 1993, le parti obtient le statut d'observateur auprès des Verts suisses. En 1995, il change à nouveau de nom et devient le parti Les VertEs & solidaritéSLes Verts fribourgeois, Procès-verbal de l'Assemblée générale, Fribourg, le 10 juillet 1995. . Lors de toutes les élections successives à 1991 le parti va perdre des voix. Aux élections fédérales suisses de 1995, les Verts fribourgeois présentent une liste intitulée « Alliance de gauche les VertEs & solidaritéS » mais divisent leur score par deux et n'obtiennent que 2,32 % des voix et suffrages, avec Jacques Eschmann en tête de liste.
Aux élections communales en 1996, le parti perd 2 de ses 8 élus au Conseil général de Fribourg. Jacques Eschmann est quant à lui réélu pour un second mandat à l'exécutif de la ville de Fribourg. Les élections cantonales cette même année sont aussi un échec. La députation est divisée par deux. Paul Vonlanthen, après avoir quitté le parti en cours de législature, perd le siège de la Singine. Le deuxième siège de Sarine-Ville est perdu lui aussi. Le parti se réorganise à l'interne et décide la création d'un bureau constitué de trois membres, pour le piloterLes Verts fribourgeois, Procès-verbal de l'Assemblée générale, Fribourg, le X mars 1998.. En janvier 1999, le parti décide d'adhérer aux Verts suisses. Il renonce à présenter une liste aux élections fédérales suisses de 1999.
Structuration dans la ligne des Verts suisses 2003 est une à nouveau une année électorale. Au printemps, le parti change une nouvelle fois de dénomination et devient Les Verts fribourgeois / Grüne Freiburg. En juin, l'assemblée élit une co-présidence à la tête du parti : Hubert Zurkinden et Christa Mutter. Aux élections fédérales suisses de 2003, les Verts présentent à nouveau une liste électorale et renouent avec le succès avec 4,02 % des suffrages et suffrages. Pour la première fois, les candidats du parti sont issus d'un plus grand nombre de cercle électoral (4) et couvrent donc mieux le territoire cantonal.
L'année double électorale 2006 (élections communales et cantonales) est une bonne opération pour les Verts fribourgeois. Aux élections communales en ville de Fribourg, les Verts dépassent pour la première fois le seul des 10 % de suffrages, même s'ils échouent à regagner le siège à l'exécutif communal perdu en 2001. En vue des élections cantonales de l'automne, l'assemblée du parti décide le de lancer des candidats pour le Conseil d'État fribourgeois, ce qui n'avait jamais été fait. Le parti lance dans la course les deux co-présidents, Hubert Zurkinden et Christa Mutter ainsi que l'environnementaliste de la Broye, Roman Hapka.
Aux élections cantonales de l'automne, les Verts progressent de manière notable. Ils triplent leur nombre de députés au Grand Conseil fribourgeois. La multiplication des listes électorales dans les cercles électoraux de Sarine-Ville, Sarine-Campagne, Lac et Broye est vu comme la marque d'une progression de l'enracinement du parti écologiste dans le canton et plus seulement en ville de Fribourg. Hubert Zurkinden et Christa Mutter sont élus députés au Grand Conseil pour le cercle de Sarine-Ville. Olivier Sutter regagne le siège de député de Sarine-Campagne, perdu en 2001. Par contre, le trio Zurkinden - Mutter - Hapka échoue à se faire élire au Conseil d'État.
Présidence Kleisli (2007 - 2009) Début de l'année 2007, les deux coprésidents Zurkinden et Mutter annoncent successivement leur retrait. Lors d'une assemblée générale du parti le , Eva Kleisli, enseignante de sport et membre du Conseil général de la ville de Fribourg est élue présidente du parti pour un mandat de deux ans. Pour les élections fédérales suisses de 2007, les candidats sont nommés par deux assemblées générales successives, la candidature d'un officier de l'armée suisse provoquant des remous, ouvrant une discussion sur le positionnement au centre-gauche du parti. Pour la première fois, le parti présente aussi une liste "jeune". Les deux listes intitulées « Les Verts » et portant le numéro 7 et « Jeunes VertEs » et portant le numéro 8 totalisent 12 candidats. La liste principale améliore légèrement le score, avec 4,4 % et suffrages. Le cumul avec la liste numéro 8, obtenant 1,9 %, fait des élections fédérales suisses 2007 le meilleur résultat des Verts fribourgeois avec un score de 6,3 %. Ce succès fribourgeois se réalise dans un contexte de forte progression pour les partis écologistes dans toute la Suisse. Malgré cela, les Verts fribourgeois ne décrochent pas de premier siège au Conseil national.
Sous le mandat de la présidence Kleisli, le personnel politique actif au sein des Verts fribourgeois se renouvelle. Ainsi, tant Eva Kleisli élue présidente alors qu'elle n'est membre du parti que depuis six mois que Laurent Thévoz et Marc Antoine Messer comme vice-présidents, sont nouveaux chez les Verts fribourgeois. Ce renouvellement coïncide aussi avec une mutation progressive de l'image du parti. Certaines fois perçu comme « fondamentaliste », le parti présente peu à peu un profil plus pragmatique. Une stratégie d'expansion territoriale est lancée qui doit aboutir à la création de relais régionaux dans l'ensemble des cercles électoraux et un meilleur enracinement du parti dans le Canton.
Extension territoriale et entrée au gouvernement Vers le tournant de la décennie 2010, le parti continue sa transformation, du petit parti local actif en ville de Fribourg au début des années 2000, à un parti cantonal et gouvernemental. Cette transformation se réalise en plusieurs étapes, dont une augmentation du nombre de membres et de nombres d'élus communaux, un changement de génération dans ses actifs, puis l'entrée au gouvernement cantonal et l'adoption de nouveaux statuts du parti qui refonde une organisation décentrée du parti, désormais organisé en sections régionales.
Présidence Messer (2009 - 2014) Au printemps 2009, le mandat de deux ans de la présidence Kleisli arrive à son terme. Marc Antoine Messer, vice-président du parti depuis 2007 et élu à l'exécutif communal d'Avry dans l'agglomération fribourgeoise depuis 2004, annonce sa candidature à la fin de l'année 2008. Unique candidat, il est élu président du parti le pour un mandat exceptionnellement prolongé à trois ans, par l'assemblée générale du parti à Fribourg. Le député au Grand Conseil Laurent Thévoz reste vice-président. Luc Bardet devient deuxième vice-présidentLes Verts fribourgeois, Communiqué de presse du 8 juillet 2009. Les années 2009 et 2010 permettent au parti de créer des nouveaux groupes régionaux, dont un à Villars-sur-Glâne, troisième ville du canton, puis à Bulle, deuxième ville du canton. alt=Manifestation à Marly pendant la campagne Marie Garnier|vignette|Manifestation à Marly pendant la campagne électorale en octobre 2011L'année 2011 est à nouveau une année triple électorale dans le canton de Fribourg, avec les élections communales au printemps, fédérales puis cantonales à l'automne. Lors des élections communales du printemps, les Verts augmentent sensiblement leur nombre d'élu. En ville de Fribourg, les Verts fribourgeois obtiennent leur record de 12,67 % des suffrages et décrochent 10 sièges au Conseil général, le parlement local, puis un onzième un mois plus tard lors d'une complémentaire, devenant ainsi le troisième parti de la capitale cantonale, derrière le parti socialiste et le parti démocrate-chrétien, mais devant le parti libéral radical et l'Union démocratique du centre. Le candidat vert Oliver Collaud manque par contre l'élection au Conseil communal de la ville de Fribourg et ne retrouve pas le siège perdu en 2001. A Villars-sur-Glâne, les Verts fribourgeois qui se présentaient pour la première fois entrent avec 14,14 % des voix et 7 élus au Conseil général. Marie Garnier, jusqu'alors membre de l'exécutif communal de Villars-sur-Glâne pour le parti socialiste est réélu sous l'étiquette verte. Le Président du parti, Marc Antoine Messer, est réélu à l'exécutif de la commune d'Avry. Enfin, en ville de Romont, chef-lieu du district de la Glâne, les Verts entrent avec deux élus au Conseil général : Luc Bardet, vice-président du parti, et son épouse Nicole Bardet.