Jean-François Nicot est un pédagogue, auteur français et directeur d'école normale primaire, né le à Chagny en Saône-et-Loire et mort le à Asnières-sur-Seine dans les Hauts-de-Seine (ancienne Seine).

Biographie Enfance et adolescence Jean-François NicotCette biographie s'appuie largement sur la monographie familiale, éditée à titre privé en tirage limité, 219 pages, réalisée entre 1987 et 1989, à partir de documents familiaux et personnels et un travail de recherche approfondie effectué dans les différentes archives (AD 21, AD 25, AD 61, AD 71, AD 73, AD 83, AM de Chagny, Pommard, Beaune, Savigny-lès-Beaune, Asnières, Aix-en-Provence, AN Paris, INRP, Archives militaires des Armées de Terre et de Mer à Vincennes) par Monique Andrivet (1925-2018), arrière-petite-fille de Jean-François Nicot. Centre d'entraide généalogique de France: Cote 1 664-00/C ANDRIVET Monique Jean-François NICOT, 1828-1903, directeur d'École Normale. Paris, 1989, 217p Voir le site du CEGF. Les informations biographiques sur JF Nicot provenant exclusivement de cet ouvrage, les sauts de notes ne sont là que pour apporter certaines précisions. est le fils de François (1793-1872), serrurier, et de Pierrette Brunot (1801-1865), sans profession.

Troisième d'une fratrie de sept enfants, il descend d'une longue lignée de laboureurs, de vignerons et d'artisans bourguignons issue des villages de la côte de Beaune.

Il entre à l'école de Chagny en 1833 et y suit ses études élémentaires jusqu'en 1844.

À cette époque, l'instruction étant payante, l'instituteur, en plus de recevoir un traitement annuel de 500 francs, et une prime de logement de 150 francs, est rémunéré par les familles, entre un franc cinquante et six francs par mois et par élève en fonction du niveau et du contenu des études.

Normalien « Son oncle, le colonel Brunot de l'infanterie de marine (plus tard général), voulait faire de lui un soldat, mais le jeune Nicot préféra la carrière de l'enseignement. »Extrait de la notice de présentation rédigée par Jean-François Nicot pour son adhésion à l'Amicale des Anciens Elèves de l'École Normale de Macon en 1896.

Il est admis à 16 ans à l'école normale de Mâcon (département de Saône-et-Loire) et obtient une bourse en contrepartie d'un engagement de servir dix ans dans l'instruction publique. La seule charge de sa famille est son habillement : son uniforme d'étudiant, son trousseau ainsi que « les livres et objets à son usage ».

Il obtient son brevet élémentaire à la fin de l'année scolaire 1845 et son brevet supérieur en en étant major de sa promotion.

Le , il est nommé maître-adjoint et surveillant des études pour quatre ans dans l'école primaire supérieure annexée à l'école normale. Son traitement annuel s'élève à 300 francs auxquels pourra s'ajouter « une gratification de 100 francs en fin d'année scolaire si l'on est satisfait de ses services ».

En 1848, lors du tirage au sort pour satisfaire aux obligations militaires, il doit signer un nouvel engagement décennal dans l'instruction publique afin d'être dispensé du serviceUn demi-siècle après, Jean-François Nicot se remémorant cet épisode de sa vie écrira: « Le brigadier de gendarmerie, à l'appel de mon nom, me demande si je sais lire et écrire. Je méditais une réponse à effet dite sur un ton d'assurance qui ne devait lui laisser aucun doute. Le trait cherché n'arrivant pas, je lui répondis simplement: Oui. Si je savais lire! J'avais le brevet supérieur et je dirigeais presque une école primaire supérieure annexée à une école normale! Eh bien non, j'avoue aujourd'hui ma présomption, je ne savais pas lire. Que ceux qui n'ont jamais eu vingt ans me jettent la première pierre! ».

Instituteur

En , il revient à Chagny où il est nommé « en qualité d'instituteur pour y tenir l'école élémentaire ». L'établissement compte à cette époque 140 élèves environ, dont une quarantaine d'enfants de familles indigentes, avec un sous-maître pour seconder Jean-François. Celui-ci perçoit un traitement annuel de 600 francs auquel s'ajoute la rétribution mensuelle des familles.

Il en profite pour expérimenter « la dictée préparée »« Aussitôt que les enfants du cours élémentaire avaient une écriture assez formée pour se passer momentanément du modèle, je leur donnais chaque jour une dictée de deux ou trois lignes en augmentant la dose à mesure que leurs progrès le permettaient. Le sujet pris dans le livre de lecture était indiqué quelques minutes avant l'exercice pour permettre aux élèves de faire d'avance leurs remarques, selon leur seule inspiration, sur les mots qui leur étaient le moins familiers. Dans les commencements, je les aidais un peu en leur signalant les cas les plus difficiles. Pour la correction commune qui suivait immédiatement la dictée, je dus renoncer dans les premiers essais au procédé de l'épellation, que les enfants étaient inhabiles à suivre: un élève plus avancé circulant derrière eux se contentait de souligner leurs fautes; ils les corrigeaient ensuite à vue du texte, et un coup d'œil rapide me suffisait pour contrôler les corrections. » Jean-François Nicot in Causeries Pédagogiques, Le Progrès de l'Enseignement Primaire (date et numéro inconnus).

Faisant suite au coup d'État du 2 décembre 1851 qui permet à Napoléon III, plébiscité, de devenir empereur des Français, Jean-François, comme de nombreux autres fonctionnaires, prête le serment de fidélité exigé par le nouveau pouvoir.

Le à Chassagne-Montrachet, il épouse Judith-Françoise RopiteauA noter que Judith-Françoise Ropiteau est une descendante directe ( génération) de Jeanne de Razout (environ 1630-1683), fille illégitime de Charles de Bourbon-Busset (1590-1632), lui-même descendant direct de Louis IX et d'Hugues Capet https://www.capedia.fr., née le à Savigny-lès-Beaune, fille de Jacques Ropiteau, originaire de Pommard, maître-tonnelier à Savigny-lès-Beaune et d'Anne-Judith Simonnot, sans profession.

À la rentrée scolaire 1853, Jean-François s'installe, avec sa jeune épouse, dans les nouveaux locaux de l'école élémentaire que la commune a fini d'aménager.

Sa première fille Louise nait le à Chagny. Elle épousera le à Guéret (Creuse) Pierre Germain Clairin Estienne, qui sera plus tard directeur d’école normale.

La même année, il obtient la médaille de bronzeJe n'ai pas encore trouvé, dans les archives de Jean-Francois Nicot, ni la raison, ni l'origine de cette distinction.

Remplissant désormais les conditions (âge, ancienneté, diplôme), il décide de se présenter aux épreuves de l'examen d'inspecteur. Il obtient le certificat d'aptitude aux fonctions d'inspecteur de l'enseignement primaire le . Dès le , il adresse une demande de poste d'inspecteur à « Son Excellence Monsieur le Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes » mais il lui faudra patienter jusqu'au mois d'avril 1862 pour obtenir sa mutation. Pour y parvenir, il sollicite les interventions des députés Guillaume Félix Alphonse Marey-Monge et Henri Charles Roulleaux Dugage, ce dernier écrivant au ministre que Monsieur Nicot est « un sujet distingué et recommandable à tous égards ». Le préfet, faisant suite à une tournée de révision dans le canton où se situe l'école, adresse un courrier au ministre« Je dois à la vérité de faire connaître à votre Excellence que cet instituteur, très capable, dirige sa classe avec beaucoup de zèle et de soins et que les progrès de ses élèves sont satisfaisants. Il a su, par sa bonne conduite et son caractère, s'attirer l'estime et la considération des autorités et des pères de famille. D'une moralité éprouvée et d'une bonne tenue, il me parait digne, sous tous les rapports, d'être attaché au service de l'inspection. » (in Dossier individuel de Jean-François Nicot, Archives Nationales, Paris).. L'oncle de celui-ci, le général de brigade Jacques Brunot intervient aussi auprès du ministre. Le recteur, pour sa part, écrit que « Monsieur Nicot serait une acquisition excellente pour cette partie du service (...) Il a de la dignité, du dehors, de la conduite ; son éducation est supérieure à celle de ses confrères en généralin Dossier individuel de Jean-François Nicot, Archives Nationales, Paris. » Enfin, faisant suite aux interventions des et du sénateur le baron Alceste de Chapuys-Montlaville, décrivant « un jeune homme actif et qui peut rendre de bons services », un arrêté signé par Gustave Rouland, ministre de l'instruction publique et des cultes, le , nomme Jean-François Nicot inspecteur de l'instruction primaire de classe pour l'arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne.

Inspecteur primaire Saint-Jean-de-Maurienne De à avril 1867, il est inspecteur à Saint-Jean-de-Maurienne ( en 1866) en Savoie département récemment rattaché à la France. Son traitement annuel passe à 1600 francs auxquels s'ajoutent les 1000 francs annuels de remboursement de frais de tournées exigées par son statut d'inspecteur. Il est étonné par le nombre d'écoles existantes et le niveau d'alphabétisation"J'ai débuté dans l'inspection en Savoie, peu de temps après l'annexion. Les écoles y étaient encore organisées comme sous le régime Sarde: chaque hameau avait la sienne, entretenue pendant les mois du plus gros de l'hiver à l'aide d'une modeste fondation particulière. La plupart des communes, disséminées dans les montagnes en hameaux d'un accès difficile, en possédaient plusieurs; on en trouvait dans quelques-unes jusqu'à dix, douze, quinze et même davantage, généralement ouvertes aux enfants des deux sexes (...) Quant aux lumières intellectuelles, elles se bornaient à la récitation du catéchisme, au mécanisme de la lecture, à l'écriture avec un peu d'orthographe et à la pratique des quatre opérations du calcul (...) Mais tel était leur zèle, telle était l'application des élèves que ceux-ci finissaient tous par acquérir ce modeste bagage d'instruction qui assurait à leur département un rang honorable dans le classement basé sur la statistique des conscrits sachant lire et écrire." Article rédigé par Jean-François Nicot dans Le Progrès de l'Enseignement Primaire vers 1892.. Dès la année, il parvient à visiter 230 écoles. thumb|Vallée de la Maurienne depuis l'Armélaz (cliché de Floflo) En mai 1863, il est envoyé en mission extraordinaire avec le sous-préfet et le médecin de la commission d'hygiène à Aiton. En effet, plus de 100 enfants, sur les 150 que compte l'école, ainsi que l'instituteur et l'institutrice, ont subi une assez forte indisposition. Après enquête, le malaise est attribué à l'influence des noyers situés près de la fenêtre des classes. Et le rapport de conclure : « On s'occupe des moyens de faire disparaitre cette indisposition générale ».

À partir de 1864, il institue chaque jeudi des conférences cantonales destinées au perfectionnement du savoir-faire professionnel des instituteurs. Au cours de celles-ci sont abordés les sujets qui lui semblent les plus urgents : « les méthodes les plus pratiques », « la distribution du temps et du travail ».

En , Jean-François sollicite sa hiérarchie pour une demande de mutation dans le département de la Côte-d'Or. Le dernier rapport le concernant précise que celui-ci est « capable, exact, consciencieux, il ne néglige rien pour se mettre et se tenir au courant de la situation des instituteurs et des écoles placées sous sa direction et pour leur imprimer une bonne impulsion (...) Homme de jugement, prudent et connaissant bien le service. Son influence sur les autorités locales est bien établie. Il a réussi dans un arrondissement des plus difficiles, et réussira partout ».

Dans le cadre de sa mission, celui-ci n'a eu à sévir que rarement : il obtient le renvoi d'un instituteur pour brutalité et grossièreté ; celui d'un autre pour avoir quitté son poste en compagnie d'une femme mariée ; enfin, il sanctionne un instituteur qui s'était permis de visiter une école en se présentant comme « Inspecteur délégué ».

Il obtient le titre d'Officier d'Académie le .

Sa seconde fille, Marguerite, nait le à Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie.

Besançon