Le château de Beaugency, parfois appelé château Dunois, est situé à Beaugency, dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire. Il fait partie des châteaux regroupés sous l’appellation touristique des châteaux de la Loire.
Édifié pendant la période médiévale, il s’agit d’un logis seigneurial d’abord propriété des seigneurs de Beaugency puis des rois de France et des ducs d’Orléans jusqu’à la Révolution française de 1789. Le château bénéficie également d’un jardin suspendu, d’une cour d'honneur et d’une chapelle.
Essentiellement connu comme étant la demeure de Jean de Dunois (1402-1468), dit le bâtard d’Orléans compagnon d’armes de Jeanne d'Arc, le château a été témoin d’épisodes notables de l’histoire de France : des figures telles que , et Jeanne d'Arc ont marqué la vie du château et de la ville de Beaugency. Peu de temps après le décret de de 1808, le château est transformé en dépôt de mendicité de 1840 à 1925. Il hébergera ensuite le musée d’art et tradition populaire de l’Orléanais jusqu’en 2002.
En 2025, la demeure des princes de Dunois est une demeure privée. Le château a été rouvert au public en après des travaux de mise aux normes. Il est depuis 2021, un château de Lumières consacré à l'histoire du lieu et aux arts numériques.
Localisation Le château est situé dans le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire, dans le centre-ville de la commune française de Beaugency, à l'angle du passage Pellieux et de la place Dunois, à d'altitude. Localisé à environ de la rive droite de la Loire, le château se trouve à environ au sud d’Orléans à vol d’oiseau.
Le château de Beaugency est accessible via l’ensemble des axes et moyens de transports qui desservent la ville : gare ferroviaire de Beaugency, réseau d'autocars départemental (lignes 9 et 19) et route départementale 925.
L'édifice est situé à environ de la sortie 15 de l'autoroute A10.
Historique Origines médiévales L’histoire du château de Beaugency remonte au Moyen Âge central. La construction de la forteresse médiévale a débuté au La tour maîtresse du château de Beaugency, dite « Tour de César », 2007, André Corvoisier, In: Bulletin Monumental. Tome 165 , Beaugency. Monuments du Moyen Âge et de la Renaissance , pages 3-30..
La ville forte développée autour du château abrite aussi une abbaye qui a été témoin de plusieurs événements de l’histoire de France. En effet, dans l’abbatiale Notre-Dame, se tinrent les conciles ayant annulé les mariages respectifs de deux rois de France : et Beaugency - L’évolution d’une ville en Val de Loire , Lieux-dits, 2013, Daniel Bontemps, Jacques Asklund, page 38..
En 1291, le château de Beaugency devient propriété du Roi de France, lorsque le dernier Seigneur de la lignée de Beaugency, , le vend pour 5400 livres à Philippe IV le Bel. La châtellenie de Beaugency fut associée en 1344 au duché d'Orléans alors créé par le roi Philippe VI de Valois pour constituer l'apanage de son quatrième fils PhilippeAndré Corvisier, « La tour maîtresse du château de Beaugency, dite “Tour de César” », *Bulletin Monumental*, tome 165, no 1 (2007), pp. 3–30..
La guerre de Cent Ans En 1439, cède à titre viager, puis définitivement en 1441 à sa libération, le comté de Dunois à son demi-frère, Jean de Dunois, alors surnommé le Bâtard d’Orléans. Dunois, compagnon d’armes de Jeanne d'Arc, participait activement à la libération de Charles d’Orléans, emprisonné en Angleterre pendant suivant la défaite française à Azincourt. En 1442 Charles d'Orléans, qui avait fait don du comté de Dunois à son demi-frère Jean, bâtard d'Orléans lui assura indirectement la jouissance de la châtellenie de Beaugency en l'engageant à Jean d'Harcourt, évêque de Narbonne, qui en disposa pour la dot de sa nièce Marie d'Harcourt, épousée en secondes noces par Dunois en 1439.
Entre l’affrontement à Azincourt en 1415 et le siège d’Orléans en 1429, le royaume de France connaît sa période la plus critique dans la guerre de Cent Ans. Beaugency, avec Meung-sur-Loire, Orléans, et Jargeau, forment alors un des derniers remparts pour bloquer la progression des Anglais dans la Loire. C’est à cette époque que la chanson du carillon de Vendôme, citant Beaugency, est inventée.
Renaissance
Le petit-fils de Jean de Dunois, le cardinal Jean d'Orléans-Longueville, archevêque de Toulouse, fait aussi quelques travaux dans le logis seigneurial de BeaugencyLes transformations du logis seigneurial de Dunois au château de Beaugency, Bulletin Monumental 2007, Article de Daniel Bontemps.. C’est entre 1518 et 1524 que le logis de Longueville est construit. L’archevêque fait construire des voûtes dans l’escalier à vis du château et construire ainsi un cabinet voûté au rez-de-chaussée et un autre à l’étage pour son usage personnel. Un jardin est ajouté sur le fossé au pied du logis puis est transformé en terrasse en 1525..
Temps modernes Les guerres de Religion 1562-1598
La vie de la forteresse de Beaugency au est marquée par la destruction de la partie fortifiée du pont médiéval, présent dans le testament du seigneur de Beaugency en 1149. La tête de pont fortifiée romane reposait sur les quatre premières archères. Elle incluait un pont levis, des tours abritant les chapelles Saint-Jacques et Saint-Antoine, et une tour-porte de ville donnant sur la rue qui menait directement à la porte principale du château. En 1767, ces fortifications romanes et les quatre premières arches du pont furent détruites pour élargir le passage entre la route d’Espagne, la Sologne et la ville Beaugency - L’évolution d’une ville en Val de Loire , Lieux-dits, 2013, Daniel Bontemps, Jacques Asklund. En 1793, une grande partie de l’église paroissiale Saint-Firmin fut également démolie.
Époque contemporaine Le dépôt de mendicité 1840 – 1925 Le département du Loiret, fait l’acquisition du château de Beaugency en 1837 et y installe un dépôt de mendicité de en 1838. Un décret de l'empereur en 1808 ordonne en effet à chaque département d’ouvrir de tels établissements pour réinsérer les mendiants, vagabonds et prostituées dans la société en les rééduquant au travail. Les pensionnaires étaient libérés après plusieurs mois lorsqu'ils étaient jugés aptes à gagner leur vie par eux-mêmes et s'ils avaient gardé une conduite exemplaireTom Billières, « La prise en charge de la mendicité entre assistance et répression : le dépôt de mendicité de Beaugency », *Tierce : Carnets de recherches interdisciplinaires en Histoire, Histoire de l'Art et Musicologie*, Université de Poitiers, 18 mars 2024.
Au dépôt de Beaugency, les hommes valides sont assignés aux travaux nécessitant de la force comme les champs ou encore le ramassage des ordures de la ville. Quant aux infirmes et aux personnes âgées, ils accomplissent les tâches moins physiques tels que le travail de la paille ou de la laine. Pour approvisionner le dépôt en pain, une boulangerie, dont le four est encore visible, fut mise en place.
Le château de Beaugency est classé au titre des monuments historiques par arrêté du .. La ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000 dans la zone de classement de la région naturelle du Val de LoireSite officiel Val de Loire patrimoine mondial..
En 2012, Le conseil départemental du Loiret décide de se séparer de ce bien et le vend à un privéLe conseil général du Loiret a vendu le château de Beaugency, 12 juin 2013, Virginie Grolleau, L’Obs.. Le château subit alors de nombreux travaux pour rouvrir au public en Dans le Loiret, le château de Beaugency rouvre ses portes, 24 octobre 2014, F. Marcel/ S. Hadelin/ C.Vermeulen, France 3 Centre., après onze ans de fermeture.
Au printemps 2021, après de nouveaux travaux de restauration, Anne-Sophie Acomat et Jérémie Bellot transforment le château de Beaugency François-Xavier Rivaud, « Le château de Beaugency, nouvel écrin de l’art numérique », *Le Parisien*, 10 août 2021. en lieu consacré au patrimoine historique balgentien et aux arts contemporains, notamment ceux de la lumière et du numérique« Le château de Beaugency, centre d’art numérique », *Ville de Beaugency*, consulté le 20 août 2025..
Le château de Beaugency constitue une étape sur les routes des Châteaux de la Loire et de la Loire à vélo.
Description Château fort En 2025, Il ne reste que le donjon comme seul témoin de la puissance militaire des seigneurs de Beaugency à partir du . Cette tour quadrangulaire d’architecture romane, aussi connue sous le nom de Tour César, mesure de haut. Elle est souvent comparée au donjon du château de Loches qui lui est similaire et date de la même époque.
À l’époque médiévale, le site castral est entouré d’un fossé et d’une muraille. Une collégiale castrale est édifiée en 1030 non loin du donjon, dans l’enceinte du château fort. Des édifices religieux ont été bâtis dans la place militaire au . L’enceinte de la ville forte a évolué au fil des décennies. La période 1120-1130 correspond à la construction supposée du pont sur la Loire. Il comporte une tête fortifiée romane qui reposait sur les trois premières arches. Cette tête incluait un pont levis, deux tours qui abritaient les chapelles Saint-Jacques et Saint-Antoine, et une tour-porte de ville ouvrant sur la rue qui conduisait à l’entrée principale du château. Les fortifications de la tête de pont sont détruites en 1767.
Logis seigneurial Au cours du , Jean de Dunois entame de nombreux travaux pour créer le logis seigneurial sur les constructions médiévales. Entre 1450 et 1460, le logis est agrandi et augmenté d’une tour armée d’archères-canon. Le corps du logis, de style gothique, comporte des fenêtres à meneaux et est surmonté d’une charpente médiévale. Il présente des galeries à deux niveaux. Une chapelle, dédiée à saint Georges est placée au-dessus d’une des entrées du château, pratique courante au Moyen Âge. La garde de l’entrée de Beaugency est ainsi confiée à saint Georges, patron des chevaliers et de la cavalerie. Le dessin du vitrail de la chapelle, datant de 1325, est similaire à celui de la chapelle de Navarre à la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie.
Le cardinal Jean d’Orléans-Longueville, petit-fils de Jean de Dunois, entreprend à son tour des modifications importantes sur le logis seigneurial au début du . Entre 1518 et 1524, il fait construire l’aile ouest (Renaissance) en face du logis de Dunois aussi appelée « aile Longueville ». On lui doit également l’oratoire orné de fresques. En 1519, il réhabilite l’escalier à vis et y fait installer des voûtes, créant ainsi un cabinet lambrissé et voûté au rez-de-chaussée et à l’étage. Dans les années qui suivent, il fait réaliser de nombreux travaux d’entretien : les menuiseries, les planchers, les plafonds, les couvertures, les cheminées et les baies de l’aile Est sont refaits. Les dernières modifications réalisées sur le logis datent du , lorsqu’il est transformé en dépôt de mendicité.
Aujourd’hui le logis est composé de quatre bâtiments : à l’est, se trouve le logis de Dunois et la chapelle ; en face, à l’ouest, se dresse l’aile Longueville et son pavillon, modifiés a posteriori ; au nord, un bâtiment du a été édifié face à l’entrée, à la place d’une ancienne cuisine ; au sud, restent les galeries construites sur deux niveaux, supposément par Dunois. Le corps de galeries est traversé au rez-de-chaussée par un passage qui rallie l’extérieur.
Jardin suspendu C’est au temps de Jean de Longueville qu’un jardin est ajouté sur le fossé au pied du logis. Une autre partie des fossés ayant déjà été vendue à la fin du pour la construction d’habitations. Jusqu’à 1519, les fossés sont comblés et agrémentés d’un jardin bas.
Longueville fait bâtir des treilles et tonnelles et rehausser le jardin au niveau du rez-de-chaussée du logis. Un terre-plein permet de descendre dans le jardin par degrés. En 1525, ce jardin est transformé en terrasse.
Le jardin d’aujourd’hui est reproduit à l’identique de ce qu’il était à cette époque.
Lieu de tournage