Sanballat est le nom d'un ou plusieurs gouverneurs de Samarie et un officiel de l'empire perse achéménide. Sanballat « le Horonite » est mentionné dans le livre de Néhémie. Le nom de Sanballat apparaît aussi dans des papyrus de la période perse découverts sur l'île Éléphantine en Égypte et dans le Wadi Daliyeh en Samarie. Un personnage du même nom est cité par Flavius Josèphe dans les Antiquités juives.

Récit biblique Dans le livre de Néhémie, Sanballat fait partie des opposants à Néhémie. Sa fonction n'est pas précisée. Sanballat apprend avec déplaisir la venue de NéhémieNe2:10. et se moque de lui. Avec l'Ammonite et l'ArabeNe2:19., Sanballat s'oppose à Néhémie pour l'empêcher de relever les murs de Jérusalem. Les travaux de réparation des murs de Jérusalem avançant, Sanballat est en colèreNe4:1,Ne4:7.. Lorsque la muraille est rebâtieNe6:1., Sanballat propose une entrevue à NéhémieNe6:2., qui refuse. Sanballat accuse alors Néhémie de vouloir être roiNe6:5., mais celui-ci s'en défend. Sanballat tente ensuite de nuire à la réputation de NéhémieNe6:12.. Néhémie chasse le gendre de Sanballat, ce gendre était le fils du grand prêtre JoïadaNe13:28..

Sanballat est contemporain de Néhémie, ce qui le place sous le règne d'Artaxerxès I au milieu du La raison de l'opposition de Sanballat à Néhémie n'est pas expliquée. Elle peut être motivée par la réduction de la sphère d'influence de Samarie par rapport à Jérusalem. À cette période, Jérusalem est d'une certaine manière subordonnée à Samarie. La reconstruction des murailles de Jérusalem peut faire craindre l'émergence d'une nouvelle entité politique dans le paysage régional.

Dans le livre de Néhémie, Sanballat est écrit , alors qu'il est écrit - avec la lettre aleph - dans les papyrus d'Élephantine et du Wadi Daliyeh. Il porte un nom babylonien qui signifie « Sîn (le dieu-Lune) donne la vie » (de l'akkadien sin-uballiṭ). Il peut s'agir d'un descendant des populations non israélites déportées en Samarie par les Assyriens au , ou bien d'un descendant des habitants de l'ancien royaume d'Israël car il n'est pas inhabituel pour les Juifs de porter des noms babyloniens à cette époque. Bien que son nom contienne le théonyme Sîn, ses enfants Delaiyah et Shélémiyah portent eux des noms yahwistes, c'est-à-dire des noms qui présentent le suffixe théophore yah (ou yahu) pour Yahweh..

Sanballat est qualifié de horoniteNe2:10,Ne2:19,Ne13:28., ce qui indique qu'il vient probablement de la ville de Beth-Horon au nord de JérusalemYohanan Aharoni et Anson Rainey, The land of the Bible, Burn and Oates, London 1979. ou de la ville de Horonaïm dans le territoire de MoabIs15:5, Jr48:3, Jr48:5, Jr48:34, stèle de Mesha.. D'autres explications ont aussi été proposées. Il peut être originaire de la ville de Harran dans le nord de la Syrie qui est un des centres religieux du dieu-Lune Sîn. Il peut aussi être originaire du HauranEz47:16, Ez47:18. en SyrieSiegfried Mittmann, Journal of Northwest Semitic Languages 26/2/2000 pages 1 à 50., ou du village de Hawara au pied du mont GarizimMount Gerizim excavations, volume1: The Aramaic Hebrew and Samaritan inscriptions, page 11. Auteurs: I.Magen, E.Levin, M.Guggenheimer, H.Misgav, L.Tsfana. Editeur: Staff Officer of Archeologie, Civil Administration for Judea and Samaria, Israel Antiquités Autority, 2004.. Il peut aussi être un adepte du dieu Horon dont le culte est attesté à Ougarit et en Égypte (Houroun) à l'âge du bronze récent.

Antiquités judaïques Dans les Antiquités juives, Flavius Josèphe cite un Sanballat, satrape nommé à Samarie par « Darius, le dernier roi », c'est-à-dire Darius III, juste au début de la période hellénistique, au milieu du Flavius Josèphe, Antiquités juives, livre XI, 302 (7.2).. Selon Josèphe, Manassé, le frère du grand prêtre Jaddus, est marié à Nikaso, la fille de Sanballat. Lorsque Manassé est expulsé de Jérusalem à cause de ce mariage, Sanballat fait construire pour son gendre le temple samaritain du mont Gerizim. Cette construction intervient alors que Sanballat s'est rallié à Alexandre le Grand avec une armée de . Sanballat décède pendant le siège de Tyr (332 av. J.-C.). À la mort de Sanballat, Alexandre installe ces comme colons en ÉgypteFlavius Josèphe, Antiquités juives, livre XI, 303-325 (7.2-8.4)..

Ce récit de Josèphe présente des parallèles avec le livre de Néhémie dans lequel le fils du grand prêtre Joïada a été banni par Néhémie après avoir épousé la fille de Sanballat. La répétition de la même séquence à un siècle d'intervalle fait douter certains chercheurs de la fiabilité du récit de Josèphe. Dans les deux récits, le grand prêtre dont le parent a épousé la fille de Sanballat porte un nom similaire, Jaddus (en hébreu Yaduʿa) étant une forme hypocoristique de Joïada (en hébreu Yôyādʿā). Certains y voient une erreur Josèphe qui aurait transposé à la fin de la période perse les évènements intervenus un siècle plus tôt relatés dans le livre de Néhémie.. Josèphe a une connaissance vague de la période perse. Les données chronologiques qu'il fournit pour cette période sont confuses. Pourtant, Josèphe n'établit pas de lien entre son Sanballat et Néhémie. L'histoire de Sanballat cherche à mettre en relation la construction du temple du mont Gerizim avec la personnalité prestigieuse d'Alexandre le Grand. Il est possible que les deux récits décrivent des évènements distincts et que des liens matrimoniaux aient été contractés entre les familles dirigeantes de Jérusalem et de Samarie au cours de la période perse.

À la suite de Frank Moore Cross, des chercheurs supposent qu'il existe une dynastie des Sanballat, gouverneurs de Samarie pendant la période perse. Cette famille serait composée de Sanballat (I), dit le Horonite, celui du livre de NéhémieNe 2:10, Ne 2:19, Ne 4:1, Ne 4:7, Ne 6:1, Ne 6:2, Ne 6:5, Ne 6:12, Ne 6:14, Ne 13:28., Delaiyah fils de Sanballat (I), mentionné dans les documents araméens d'ÉlephantinePierre Grelot dans Documents araméens d’Égypte, Editions du Cerf, Paris 1977, pages 345-367 et pages 398-416., Sanballat (II) fils de Delaiyah et Hananiah fils de Sanballat (II), tous deux mentionnés dans les documents du Wadi Daliyeh, Sanballat (III) fils de Hananiah, celui des Antiquités juives de Flavius Josèphe ..Haim Hillel Ben Sassoon, A History of the Jewish People, 1969, Harvard University Press. .. La thèse d'une papponymie (nom se transmettant de grand-père à petit-fils) pour les Sanballat a été défendue par Charles Cutler TorreyCharles Cutler Torrey, Ezra Studies, University of Chicago Press, 1910, Réimpression New York, KTAU, 1970, page 330.. Une objection à cette thèse a été donnée par Arthur Ernest CowleyArthur Ernest Cowley, Arameic Papyri of the Fifth Century, London, Clarendon, 1923..

Références

Bibliographie

Catégorie:Personnage du Tanakh Catégorie:Personnalité de l'Israël antique Catégorie:Personnalité achéménide