Les élections sénatoriales américaines de 2018 () sont un ensemble d'élections qui se tiennent le , dans le but de renouveler des du Sénat des États-Unis, chambre haute du Congrès des États-Unis ( dits de « classe 1 » et deux élections partielles pour cause de vacances au Minnesota et au Mississippi). Le mandat des sénateurs dure six ans ; ceux qui seront élus seront en fonction du au .

Avant les élections, les républicains disposent de , contre 47 démocrates et deux indépendants apparentés à ces derniers. Sur les à renouveler, seuls neuf sont occupés par des républicains, contre 24 par les démocrates (sans compter les deux indépendants), ce qui rend peu plausible la prise de la chambre haute par les démocrates. Lors des dernières élections en 2016, les démocrates avaient repris deux sièges aux républicains. Ces élections se déroulent en même temps que les élections à la Chambre des représentants (renouvellement intégral, comme tous les deux ans), qu'un grand nombre d'élections de gouverneurs ( sont à pourvoir) ainsi qu'un certain nombre d'élections pour les législatures d'une grande majorité d'États américains.

Contexte vignette|Carte des sièges en jeu en 2018, selon l'étiquette du sénateur sortant et le résultat de la présidentielle de 2016. Avant les élections, le Parti républicain dispose d’une majorité de sur 100. Le Parti démocrate compte quant à lui auxquels s’ajoutent deux indépendants qui siègent dans ses rangs.. Les républicains peuvent seulement se permettre de perdre un siège de sénateur pour conserver une majorité de travail avec la voix du vice-président Mike Pence, prépondérante en cas d’égalité de vote.

La « carte » de ces élections est considérée comme défavorable aux démocrates. En effet, parmi les en jeu durant ces élections, 26 sont détenus par des démocrates ou leurs alliés.. Parmi ces sièges, dix se trouvent dans un État que Donald Trump a remporté en 2016, dont cinq où il devance Hillary Clinton de plus de dix points (Dakota du Nord, Indiana, Missouri, Montana et Virginie-Occidentale). Les cinq autres avaient toutefois voté pour Barack Obama en 2012 (Floride, Michigan, Ohio, Pennsylvanie et Wisconsin). Le Nevada est le seul État favorable aux démocrates (Obama-Clinton) dont le sénateur est républicain. Au début du cycle électoral, le principal objectif des démocrates est d’empêcher une majorité républicaine résistant au . ().

Trois républicains choisissent de ne pas se représenter : deux critiques réguliers de Donald Trump, Bob Corker (Tennessee) et Jeff Flake (Arizona), ainsi qu’Orrin Hatch (Utah), président de la commission des finances et sénateur depuis 1976..

En juin 2018, d’après Politico, la « carte » électorale se réduit. Si les républicains sont toujours favoris, les démocrates voient leurs chances de faire basculer le Sénat augmenter, les États de la semblant moins compétitifs. Selon le magazine, les responsables des deux partis s’accordent alors sur les principaux États qui feront basculer l’élection : l’Arizona, le Nevada et le Tennessee (détenus par les républicains) ainsi que le Dakota du Nord, la Floride, l’Indiana et le Missouri, voire le Montana et la Virginie-Occidentale (détenus par les démocrates).

Campagne Débats autour de la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême La campagne est marquée par des débats ultra-polarisés autour de la nomination controversée à la Cour suprême des États-Unis du juge conservateur Brett Kavanaugh, accusé d'agressions sexuelles.

Implication personnelle de Donald Trump vignette|Donald Trump en campagne dans l'Arizona pour soutenir Martha McSally et Doug Doucey, le 19 octobre 2018. Dès son élection à la présidence le 8 novembre 2016, Donald Trump est particulièrement actif sur le terrain, menant campagne ouvertement en vue de sa réélection en 2020., organisant plusieurs réunions publiques dans les États qui lui sont réputés favorables. Beaucoup voient les élections intermédiaires de 2018 comme un premier jugement du bilan de son début de mandat.. Le président se rend régulièrement dans les États en jeu pour soutenir les candidats républicains, tandis que d'autres personnalités démocrates susceptibles de se présenter contre lui en 2020, comme Joe Biden. et Bernie Sanders., font également campagne pour les candidats démocrates. Par ailleurs, Barack Obama a également participé à plusieurs rassemblements pour soutenir le camp démocrate, notamment dans les swing states de Floride, de l'Indiana et du Wisconsin..

Venue de caravanes de migrants à travers le Mexique

La fin de la campagne est aussi marquée par le thème de l'immigration, avec le voyage d'une caravane de plusieurs milliers de migrants honduriens à travers le Mexique pour rejoindre les États-Unis, et la formation d'une autre caravane d'un millier de migrants au Guatemala qui semble vouloir prendre le même chemin, dont Donald Trump se sert comme argument afin de mobiliser l'électorat républicain.. Le président évoquant contre les États-Unis, accusant , et avançant (sans apporter de preuves) que des terroristes du Moyen-Orient et des membres du gang salvadoriens ultra-violent MS-13 auraient infiltré la caravane hondurienne. Son vice-président Mike Pence accuse lui le gouvernement vénézuélien d'extrême-gauche et des groupes politiques honduriens de gauche d'avoir organisé les caravanes. L'immigration clandestine est une des principales préoccupations politiques des électeurs républicains alors qu'elle est l'une des moins importantes pour les électeurs démocrates.

Le , Donald Trump réaffirme vouloir mettre fin au droit du sol.. Il fait déployer américains à la frontière entre les États-Unis et le Mexique, qui se rajoutent aux plus de de la Garde nationale et douaniers déjà présents sur place.

Violences d'extrême droite Durant la fin d'octobre 2018, plusieurs attaques d'extrême-droite ont lieu aux États-Unis, et la rendent plus tendue. Seule l'une d'elles, l'affaire des colis piégés, est explicitement liée à cette campagne. Mais elle s'inscrit dans une vague plus large, qui commence avec l'assassinat de deux Afro-Américains par un suprémaciste blanc dans une épicerie de Louisville.

Fin octobre, plusieurs colis piégés contenant des bombes artisanales sont envoyés de manière coordonnée à des figures anti-Trump.. Le 23 octobre, à l'homme d'affaires George Soros ; le 24 octobre, à l'ancien président démocrate Barack Obama, à la candidate démocrate de l'élection présidentielle américaine de 2016 face à Trump Hillary Clinton, à l'ex-directeur de la CIA John O. Brennan (ce qui provoque l'évacuation des locaux new-yorkais de la chaîne d'information CNN où il travaille en tant que commentateur), à l'élue démocrate de Floride au Congrès Debbie Wasserman Schultz, à l'ex-ministre de la Justice d'Obama Eric Holder, à la députée démocrate californienne Maxine Waters, et au gouverneur démocrate de New York Andrew Cuomo.. Tous les colis piégés ont été interceptés et désamorcés avant d'attendre leurs destinataires, aucun blessé. Le 25 octobre, l'acteur Robert De Niro et l'ex-vice-président démocrate d'Obama Joe Biden sont à leur tour visés, les colis sont à nouveau interceptés et désamorcés sans faire de blessés.. Trump réagit en condamnant "tout acte ou menace de violence politique", mais il rejette la responsabilité sur les médias traditionnels. La piste du terrorisme intérieur est privilégiée.. Le 26 octobre, deux autres colis piégés sont interceptés, destinés au sénateur démocrate Cory Booker et à l'ex-responsable des renseignements James R. Clapper (à nouveau via les bureaux de CNN). ; le jour-même, le principal suspect est arrêté par le FBI à Plantation (Floride).. Il s'agirait d'un partisan de Trump âgé de dénommé Cesar Altieri Sayoc , déjà arrêté 12 fois, dont une fois qui avait mené à sa condamnation pour menace à la bombe en 2002, après avoir menacé par téléphone de faire exploser une centrale électrique locale.

Le 27 octobre, un individu de l'extrême-droite antisémite et qui le revendiquait ouvertement, Robert Bowers (mais qui était anti-Trump contrairement à Cesar Altieri Sayoc), entre dans la synagogue Tree of Life de Pittsburgh et ouvre le feu en criant : « Tous les juifs doivent mourir ! ». Il tue juives avant l'arrivée de la police. Puis il continue la fusillade par un échange de coups de feu avec la police, au cours de laquelle 3 policiers et Bowers sont blessés, ce qui l'amène à se rendre. Il s'agit de l'attaque antisémite la plus meurtrière de l'Histoire des États-Unis. Le réseau social très utilisé par l'extrême-droite anglophone Gab, sur lequel Bowers était actif, ferme deux jours après la fusillade.

Résultats nationaux +Résultats des sénatoriales américaines de 2018.Fichier:États-Unis Sénat 2018.svg Partis Voix % Sièges Totalavant Enjeu Élus Totalaprès +/- Parti démocrate 58,44 47 242245 2 Parti républicain 38,40 51 91153 2 Parti libertarien 0,68 0 0 0 0 Parti vert 0,21 0 0 0 0 Parti de la Constitution 0,03 0 0 0 0 Autres partis 1,26 0 0 0 0 Indépendants 0,94 2 2 2 2 Candidat par écrit 0,03 0 0 0 0 Total 1001003535100 Situation par État +Résultats des élections sénatoriales de 2018 par État.(*) Sénateur ne se représentant pas État Sortant ÉluGains Sénateur Parti Élu en Sénateur Parti R D Arizona *R 2012 D -1 1 Californie D 1992 D Connecticut D 2012 D Dakota du Nord D 2012 Kevin CramerR1 -1 Delaware D 2000 D Floride D 2000 R 1-1 Hawaï D 2012 D Indiana D 2012 R 1-1 Maine 2012 Maryland D 2006 D Massachusetts D 2012 D Michigan D 2000 D Minnesota D 2006 D Minnesota (partielle) D 2018Nommée par le gouverneur Mark Dayton après la démission d'Al Franken. D Mississippi R 2007 R Mississippi (partielle) R 2018Nommée par le gouverneur Phil Bryant après la démission de Thad Cochran. R Missouri D 2006 Josh Hawhley R1 -1 Montana D 2012 D Nebraska R 2012 R Nevada R 2011 D -11 New Jersey D 2006 D New York D 2009 D Nouveau-Mexique D 2012 D Ohio D 2006 D Pennsylvanie D 2012 D Rhode Island D 2012 D Tennessee *R 2006 R Texas R 2012 R Utah *R 1976 R Vermont 2006 Virginie D 2012 D Virginie-Occidentale D 2010 D Washington D 2000 D Wisconsin D 2012 D Wyoming R 2007 R Total gains sièges2-2

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