La Compagnie franco-roumaine de navigation aérienne (F.R.A) est créée en . Elle devient en 1925 la Compagnie internationale de navigation aérienne ou Cidna. Elle est également connue sous le nom de Franco-roumaine.
Historique vignette| vignette|Affiche publicitaire roumaine de la Compagnie Franco-Roumaine À la fin de la Première Guerre mondiale, lors des négociations qui ont précédé la signature du Traité de Trianon en 1920, l’idée d’une liaison aérienne entre Paris et Bucarest est proposée par le diplomate roumain Nicolae Titulescu à son homologue français, le général Maurice Duval, ce dernier devenant le premier président de la future compagnie.
Cette compagnie est créée par le comte Pierre Claret de Fleurieu, pilote français de la Première Guerre mondiale ayant abattu quatre avions en avant d’être amputé d'un bras (escadrille SPA 95).. Elle est la première de l'histoire de l'aviation intercontinentale à transporter par avion de ligne des passagers dans un cadre commercial..
À cette époque, Pierre de Fleurieu est employé à la banque franco-romaine Marmorosch Blank & Cie, dirigée par Aristide Blank..
Après avoir recruté Pierre de Fleurieu, Aristide Blank lui donne une ligne de conduite :
Pierre de Fleurieu raconte dans ses mémoires :
Il faut innover en tout. Il n'existe alors aucun modèle d'avion de transport de passager ni aucun aérodrome commercial en Europe. Il faut tous les créer. De plus, pour desservir un réseau de capitales, il faut l'accord et le concours actif de chaque pays traversé, d'où l'obligation de conclure des contrats avec chacun d'eux, ce qui durera au moins deux ans.
Pierre de Fleurieu précise ces difficultés :
Pierre de Fleurieu poursuit dans ses mémoires :
Deux ans plus tard, le , paraît au Journal officiel de la République Française l'approbation de la convention passée le entre le directeur du service de la navigation aérienne, agissant au nom et pour le compte de l'État, et M. Pierre de Fleurieu, de la compagnie franco-Roumaine, 22, rue des Pyramides, à Paris, agissant au nom et pour le compte de ladite entreprise et dûment autorisé par délibération du conseil d'administration, en date du , pour l'exploitation, d'un service public de transports aériens pour voyageurs, messageries, marchandises et fret postal sur la ligne: Paris-Strasbourg-Prague-Varsovie.
Le décret du attribue des subventions de l'État, ponctionnées sur les crédits budgétaires du sous secrétariat d'État à l'aéronautique et des transports aériens. Le général Hirschauer n'hésite pas à affirmer devant le Sénat qu'il s'agit du "type de la ligne d'intérêt politique".
La convention passée entre le comte Pierre de Fleurieu d'une part, directeur général représentant la compagnie Franco-Roumaine. et le Colonel Saconney, directeur du service de la navigation aérienne, agissant au nom et pour le compte de l’État, stipule:
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"Le service comprendra des voyages réguliers et éventuellement des voyages supplémentaires. Les voyages réguliers seront au nombre de 273 aller et retour sur chacune des étapes : Paris-Strasbourg Strasbourg-Prague Prague-Varsovie Représentant un voyage quotidien dans chaque sens du au .
La compagnie Franco-Roumaine devra posséder un effectif de : 63 avions, 21 pilotes et d'1 mécanicien par 300 chevaux-vapeur de force motrice.
Le service sera assuré par des appareils : Salmson 2 à moteur : Salmson 235, Blériot-SPAD S.33 à moteur : Salmson 235 Potez VII à moteur : Lorraine 360
Le , dans un décret paru au Journal officiel, la compagnie franco-roumaine ayant des résultats prometteurs, l’État lui accorde un crédit de pour l'année entière. Cependant, il est précisé qu'à l'expiration de la nouvelle convention, la compagnie franco-roumaine devra fournir au ministre chargé de la navigation aérienne un rapport général d'exploitation au point de vue technique, économique et financier. Enfin, la compagnie est soumise au contrôle technique, administratif et financier du ministre chargé de la navigation aérienne et de l'inspection générale des finances.
L'itinéraire et les distances servant de base à l'établissement des tarifs et au payement des primes sont les suivantes :
Prague-Constantinople:
1° Prague_Vienne, par Kolin, Iglau, Znaim, 2° Vienne-Budapest, par Presbourg, Komarom, Nyergues, Ufalu, 3° Budapest-Bucarest, par Arad, Temesvar, Versecz, Rain, Turnu Severin, ; 4° Bucarest-Constantinople, par Routschouk, Raszgrad, Jamboli, Andrinople, San Stefano, . vignette|Aérodrome du Bourget, avion Berline Spad de la Compagnie Franco-Roumaine
Le parcours de chaque étape doit être effectué dans le temps maximum suivant :
Prague-Vienne, 3h15 Vienne-Budapest 2h40 Budapest-Bucarest 11 heures Bucarest Constantinople 6h30
La première liaison a lieu le et relie donc Paris - Strasbourg - Prague - Varsovie - Vienne - Budapest - Belgrade - Bucarest - Constantinople/Istamboul.
La Compagnie internationale de navigation aérienne a également été la première au monde à effectuer un vol international de nuit avec passagers le .
Le succès est fulgurant, si bien qu'en , la compagnie annonce fièrement qu'elle a parcouru soit 32 fois le tour de la Terre !
Il s'agit ici d'une révolution dans l'Histoire des moyens de transport, à une époque où le moyen de locomotion le plus rapide est le train.
Il en résulte que des slogans de la compagnie paraissent à cette époque totalement inédits mais tout à fait exacts : en 1924, Bucarest, par avion, ne sera pas plus éloigné de Paris que ne l'est actuellement, par les trains express, Paris de Nice.
La plupart des pilotes sont recrutés directement par Pierre de Fleurieu. Ils sont sélectionnés parmi ses amis, anciens pilotes de chasse de la guerre de 1914-18.
À la suite d'un scandale visant l'actionnaire principal, la banque Marmorosch Blank en 1924, le capital de l'entreprise est réduit et en partie racheté par le gouvernement tchécoslovaque. Conséquemment, la "Compagnie franco-roumaine" est renommée le "Compagnie internationale de navigation aérienne" (CIDNA) au capital partagé entre la France (50%), la Tchécoslovaquie (20%), la Roumanie (19%) et d'autres pays européens (11%).
Dans les années 1930, elle constitue une des principales compagnies françaises pour le transport de passagers. Desservant l'Europe centrale, elle complète un réseau de cinq compagnies aériennes qui fusionnent au sein de la compagnie nationale Air France fin 1933 avec : Air Union et les lignes Farman, qui desservent l'Europe occidentale ; Air Orient qui étend son réseau vers la Méditerranée et l'Extrême-Orient ; et l'Aéropostale, qui dessert l'Amérique du Sud, essentiellement en transport de courrier. Paul Morand raconte, au début des années 1930, dans Flèche d’Orient le vol à bord d'un avion de la CIDNA de Paris à Bucarest, en vingt heures en faisant escale à Strasbourg, Nuremberg, Vienne et Budapest à la folle vitesse de ..
Incidents et accidents Le la compagnie déplore un dramatique accident. L’avion, un Fokker VII immatriculé F-ALGT, s'écrase lors d’un vol Le Bourget-Bucarest-Stamboul.
L’appareil a sans doute été la proie d’une forte tempête et fut retrouvé détruit par le feu près du village de Balacita, district de Mehedintze, en Roumanie. L’enquête devait conclure que l’avion avait été brûlé consécutivement à l'accident par des villageois pilleurs des décombres de l’accident. Le pilote Roumain Monsieur Gloditch périt avec son Radio-Télégraphiste Français Georges Daniel (24 ans). Il y avait en outre à bord 4 passagers : M. Martinot (Français), M. Gruener (avocat allemand de Berlin), M. Sterberg (industriel autrichien de Vienne) et M. Poll (négociant yougoslave).
Flotte d'aéronefs La compagnie aérienne CIDNA avait 12 exemplaires de Fokker VII. De l'usine Fokker ont été livrés 3 F.VIIb-3m - F-AJCH (5136), F-AJCI (5137) et le F-AJCJ (5138). De la société tchèque Avia ont été achetés 3 avions supplémentaires - F-ALGR (16), F-ALGS (17), F-ALGT (18). Ils étaient tous équipés de moteurs Gnôme Rhône Titan. Accueil Fournitures : .
Toujours en 1929 - 1932, 6 appareils sont à la disposition de la compagnie. Les Fokker.VIIa ont été converties en F.VIIa-3m - F-AIYU (5129), F-AIYV (5130), F-AIYX (5131), F-AJBG (5132) , F-AJBH (5133), F-AJBI (5134), F-AJBJ (5135). F-AJBH (5133) a été modifié à la société Avia, puis a changé son enregistrement F-AMBH. En 1932 , à l'Avia a de nouveau été modifié et F-ALGT - une nouvelle aile a été mis dans l'avion. Après cela, le numéro de série a changé à 24 signe de sa reconstruction.
Notes et références
Liens externes Bulletins de renseignements de la Cie Franco-Roumaine de navigation aérienne et CIDNA, 20 documents du n°000, , au n°17, , sur Gallica, Bibliothèque nationale de France.
Bibliographie
Catégorie:Compagnie aérienne française disparue Catégorie:Compagnie aérienne ayant son siège en Roumanie Catégorie:Entreprise fondée en 1920 Catégorie:Entreprise disparue en 1933