Léglise Notre-Dame-du-Marthuret est une église catholique située à Riom, dans le nord de l'Auvergne, de style gothique méridional. Deuxième église la plus importante de la ville de Riom, elle est classée au titre des monuments historiques depuis le .

Vocable L'église collégiale étant dédiée à la Vierge Marie, elle porte le nom de Notre-Dame. Le culte à Notre-Dame fut très important à Riom et jusqu'à vingt-cinq confréries de la ville étaient sous son patronage. Le terme Marthuret quant à lui est un mot venant de l'occitan, marturet désignant un cimetière, voire un mémorial.

Historique Formation du collège des prêtres séculiers L'abbaye Saint-Amable de Riom et les chanoines réguliers de Saint-Augustin avaient charge d'âmes. Le chapitre était curé primitif et devait pourvoir à l'administration spirituelle de la paroisse. Pour éviter que la communauté soit détournée des obligations de la vie régulière, un de ses membres était désigné pour exercer les fonctions pastorales. Les religieux vont aussi employer des prêtres séculiers. Ces derniers vont se constituer en communauté de prêtres libres, Universitas clericorum riomensium, en 1240, qui élit son syndic après l'accord de l'évêque Hugues de la Tour pour former un collège, en 1242, et a construit une chapelle dans le quartier du Marthuret après l'accord du pape Innocent III, 1245.

Le comte d'Auvergne était vassal du duc d'Aquitaine jusqu'aux traités d'Azay-le-Rideau et de Gisors signés par Henri II et Richard Cœur de Lion, en , par lesquels ils ont cédé leurs droits sur l'Auvergne au roi de France. Le roi de France Philippe II Auguste prend le prétexte d'un conflit entre le comte d'Auvergne et l'évêque de Clermont pour envoyer Gui de Dampierre s'emparer du comté entre 1211 et 1213. Cette conquête donne naissance à la Terre royale d'Auvergne. Cette seigneurie couvre une grande partie de la Basse Auvergne.

En 1241, Alphonse de Poitiers a reçu en apanage la Terre d'Auvergne dont la capitale est Riom. Il va entreprendre de développer la ville en construisant un nouveau château, en y installant un atelier monétaire et en développant une ville nouvelle au tracé régulier des routes. Il accorde une charte de franchises en 1249 aux villes de Pont-du-Château et de Riom contre le paiement d'une contribution de ces villesRiom a payé . pour lui permettre de participer à la septième croisade. Cette charte est restée lettre morte. C'est la charte de 1270, dite Alfonsine, qui a accordé le consulat, après le paiement d'une nouvelle contribution de la ville lui permettant de subvenir à ses charges pour sa participation à la huitième croisade.

Le voit la volonté de construire une nouvelle église et des échanges entre l'évêque de Clermont et le pape ont lieu. L'évêque de Clermont Hugues de la Tour accorde en 1247 aux prêtres l'autorisation de construire une chapelle. La charte de 1249 prévoit le terrain donné par Alphonse de Poitiers pour la construire. Le pape Innocent IV donne son approbation en .

Première église En 1262 le roi Louis IX, dit « Saint Louis » et la cour se rendent à Clermont pour célébrer le mariage de son fils Philippe le Hardi avec Isabelle, fille de Jacques d'Aragon. Le collège des prêtres séculiers a obtenu du roi le droit de transformer la chapelle en église. Alphonse de Poitiers a donné le terrain et accordé une aide pour construire l'église Notre-Dame-du-Marthuret en 1263 à la demande du pape Urbain IV. La construction de l'église est terminée en 1291. L'université des prêtres a été transformée en chapitre de chanoines. La bulle du pape Nicolas IV du nomme l'église ecclesia secularis Beatae Mariae de Martoreto de Riomo et accorde des indulgences à ceux qui visiteront l'église qui est citée comme le siège d'un chapitre séculier.

Seconde église vignette|Côté sud de l'église avec l'ajout du . vignette|Nef de l'église.. vignette|Côté nord de la nef.. L'église est détruite par un incendie, en 1308. Le pape Clément V a accordé des indulgences à tous ceux qui contribueraient à la reconstruction de l'édifice, en 1308. Elle est reconstruite dans le style gothique méridional. l'édifice en question semble être composé d'une nef simple, sans collatéraux, mais avec une abside à trois chapelles absidiales. Le chœur est transformé en 1340. Cette reconstruction a été faite malgré l'opposition des moines de Saint-Amable. Cette opposition s'est terminée le après la signature d'un accord amiable reconnaissant la préséance du chapitre de Saint-Amable sur le collège des prêtresCe conflit entre les deux chapitres de Saint-Amable et du Marthuret a continué. L'accord de 1360 a été modifié par l'accord du , commenté par les sentences de 1431 et 1444, remanié par le concordat du . L'essentiel des oppositions entre les deux chapitres concernaient les droits d'inhumation : qui avait le droit d'être inhumé par le collège des prêtres du Marthuret. Le conflit a duré tout le . De même un conflit s'était ouvert entre les Oratoriens du collège et le chapitre du Marthuret après l'abandon par la ville au profit du collège des droits seigneuriaux, revenus et cens de la frairie du Saint-Esprit. En 1743, le chapitre du Marthuret refusa de recevoir l'abbé commendataire de Saint-Amable. Il s'ensuivit des oppositions entre les deux chapitres qui ne se sont terminées qu'après un arrêt du Parlement, en 1747, contraignant le chapitre du Marthuret à recevoir l'abbé de Saint-Amable. Pour empêcher l'exécution de cet arrêt, le chapitre du Marthuret a demandé au roi sa suppression après son union avec celui du prieuré de Saint-Martin d'Artonne transformé en chapitre Saint-Louis-du-Marthuret. Après la signature par le roi à Compiègne, le , du brevet supprimant les deux chapitres en leur substituant le chapitre unique de Saint-Louis-du-Marthuret, le chapitre de Saint-Amable a protesté et le conflit entre les deux chapitres était encore actif en 1789 (Marc de Viassac, 1889, )..

Une dernière campagne de construction a lieu au sur la façade. Charles de Bourbon, comte de Clermont, autorise le prévôt et le chapitre à agrandir l'église pour réparer un pilier de l'église, le . Le même Charles de Bourbon, devenu duc de Bourbon, autorise le prévôt et le chapitre à prendre six pieds de large de la rue principale de Riom pour refaire et embellir le grand portail, en .

L'époque médiévale voit aussi pour l'église la présence d'une confrérie de protection et de marguillerie de l'église en question et nommée Confrérie de la Nativité Notre-Dame. Son érection est ancienne. Elle est mentionnée dans un document de 1465. Progressivement elle a pris à sa charge la plus grande partie des dépenses du culte dans l'église. Elle est ruinée au . Plus d'une vingtaine de confréries ont été instituées dans l'église Notre-Dame-du-Marthuret. Des confréries de divers corps d'état avaient leur siège à l'église du Marthuret : les hôteliers, les orfèvres, les tisserands, les charrons, les tanneurs, ...

Lors des jours de fêtes, à l'instar de nombreux autres bâtiments de la ville, étaient installées des tentures représentant des scènes bibliques des deux testaments, notamment des scènes de la vie de la Vierge Marie ainsi des scènes comme celles de l’Épiphanie ou du massacre des Innocents.

En avant de la nef et sur ses deux côtés sont présentes deux chapelles de la Renaissance construites au . La chapelle Saint-Jacques, ajoutée hors œuvre côté sud, a été construite par la confrérie de Saint Jacques de Compostelle (citée en 1355 à l'église abbatiale Saint-Amable) qui a transféré son siège dans l'église du MarthuretD'après Josiane Teyssot, dans Riom 1212-1557. Capitale et bonne ville d'Auvergne, , ce transfert est peut-être dû à leur souhait de se rapprocher de la confrérie des tanneurs, ou à une fusion, à une date inconnue, avec une confrérie s'occupant des pèlerins allant à Compostelle. Elle est couverte d'une voûte en étoile. La clé centrale représente l'apôtre saint Jacques. Une voie des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle reliait Vézelay au Puy-en-Velay en passant par Nevers, Souvigny ou Moulins, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Gannat, Aigueperse, Riom, Montferrand, Issoire et BrioudeAmis de Saint-Jacques en Bourbonnais : De Vézelay à Santiago en passant par le Bourbonnais. La confrérie des tanneurs fêtait saint Jacques le Majeur le dans la chapelle Saint-Jacques. Le lendemain une grand'messe était dite pour les confrères défunts.

Une confrérie Notre-Dame du Rosaire a été établie dans l'église le après l'autorisation du R. P. Montble, prieur des jacobins de Clermont. Une confrérie de Notre-Dame de Lorette existait au Mathuret. Une confrérie Notre-Dame de Purification a été autorisée par le pape Alexandre VII en .

En 1669, la frairie de femmes Notre-Dame-de-Grâce, fait construire la porte du Pré-Bas, près de la sacristie.

L'église est resacrée par Gilbert de Vény d'Arbouze le .

Le dôme vignette|centre|250px|Dôme de Notre-Dame du Marthuret.

La tour nord de l'église possédait à la suite de sa construction de style gothique un clocher à flèche, mais ce dernier sera rapidement abattu à la suite de la série de tremblements de terre ayant eu lieu en Auvergne en 1490 et 1495.

L'an 1584 marqua son remplacement par un dôme posé sur huit piliers, détruit par une tempête le . Le , les quatre bailes de la fratrie de Notre-Dame-de-septembre ont passé un contrat avec Jean Languille et Jacques Potier, maîtres architectes de la ville de Riom pour la reconstruction du clocher et d'une nouvelle statue de la Vierge au sommet du dôme. Le prix est de . La statue de la Vierge Marie qui trônait antérieurement au sommet du dôme, Notre-Dame de Recouvrance, est bénie en grande pompe le .

Après la Révolution Le , toutes les propriétés ecclésiastiques sont mises à la disposition de la Nation. Votée le , la Constitution civile du clergé est promulguée le . Dans son article 16, elle permet aux villes ayant plus de d'avoir plus d'une église paroissiale. Des pétitions ont demandé l'établissement de trois églises, mais l'Assemblée constituante a accepté d'ériger l'église du Marthuret en paroisse le , et établie par ordonnance de l'évêque du . Le premier curé constitutionnel est le citoyen Philippe Deschamps qui a prêté serment à la nation le , premier vicaire de Saint-Amable.

À la demande de Georges Couthon, la statue en fer du dôme et deux des cloches sont descendues pour être fondues pour les besoins de la nation. Les symboles de la monarchie sont martelés. Les vitraux armoriés sont remplacés par des vitraux blancs. Les habitants de Riom se sont opposés à l'enlèvement de la statue Notre-Dame à l'Oiseau. La tradition veut qu'elle ait été protégée par la confrérie des bouchers. Le dôme n'a pas été démoli car il n'a pas été considéré comme un clocher.

Le 9 thermidor an II (), chute de Robespierre. La liberté des cultes est rétablie par la Convention le . L'église a été dépouillée de tous les objets du culte. Progressivement, les dons des fidèles ont permis de les rétablir. La loi du 18 germinal an X ()Législation concernant les activités religieuses et l’organisation des cultes : Loi du 18 germinal an X (8 avril 1802) modifiée relative à l’organisation des cultes rétablit le culte catholique après un accord avec le Saint-Siège. Le curé Deschamps est rétabli curé du Marthuret par un décret impérial le 2 floréal an XI. L'église Saint-Amable étant rétablie, un accord a été passé pour éviter le retour des oppositions du passé. Le curé Deschamps est mort le . Le chanoine Pierre Chabrier (†1856) lui succède.

Chapelles, absidioles et tour sud vignette|left|180px|Portail ouest de l'église avec une copie de la Vierge à l'oiseau au trumeau.. vignette|Chevet de l'église Notre-Dame-du-Marthuret avec les absidioles ajoutées. vignette|Partie ajoutée au sud de la nef au ..