thumb|Dora d'Istria La princesse roumaine d'origine albanaise, Elena Ghica née le à Bucarest et morte le à Florence en Italie, mariée Hélène Koltsov-Massalsky, connue sous son nom de plume de Dora d'Istria, est une peintre, écrivaine, essayiste, historienne, voyageuse et femme de lettres roumaine devenue russe. Polyglotte, elle a écrit principalement en français et en italien.
Biographie Son père, le Grand Ban Mihail Ghica (1794-1850), fils du Grand Ban Dimitri et de sa femme Elena Razu, était le frère de deux des dix princes régnants (en roumain : Domnitori) de la famille : Grigore IV Ghika Vodă et Alexandru II Ghika VodăSite de la famille d'Elena Ghica-Dora d'Istria, et l'un des plus grands dignitaires des Principautés danubiennes. Sa mère, Ecaterina (Catinca), née Faca (1809-1853), était une femme lettrée qui a traduit en roumain le livre De l'éducation des enfants (1839) de Jeanne Louise Campan.
En 1849 Elena rencontre un jeune prince russe, Aleksandr Aleksandrovitch Koltsov-Massalsky, lieutenant qui lui fait une demande en mariage qu'elle accepte. Le couple s'installe à Saint-Pétersbourg. En Russie elle « se sent mal à l'aise dans le régime autocratique alors en vigueur, et comme le climat social de la Russie ne convient à cet esprit large et préoccupé d'idées libérales, elle abandonne la RussieCharles Yriarte, marquis de Villemer, Portraits cosmopolites, Paris, 1870, ». Ainsi elle quitte la Russie, « un monde qui ne pouvait que déplaire à un esprit aussi original et aussi libre que le sienNicolae Iorga, « Lettres de Dora d'Istria », dans Revue historique du sud-est européen, 9/4-6, Paris-Bucarest, 1932, ».
Carrière d'écrivaine Elle commence à écrire après son mariage avec Alexander Kolzoff-Massalski à Saint-Pétersbourg. L'ensemble de son œuvre est rédigée en langue française. Opposée à l'autocratisme du régime tsariste, elle prend position contre le protectorat russe pour l'indépendance des provinces roumaines durant la guerre de Crimée. Elle se sépare de son mari et quitte la Russie en 1855, devenue persona non grata et vit en Suisse, notamment à Aarau, Genève, Lugano et Veytaux. C'est à Genève qu'elle publie son premier livre, où elle dévoile son anti-cléricalisme, La vie monastique dans l’église orientale. Elle publie également Au bord des lacs helvétiques et La Suisse allemande et l’ascension du Moench. Elle y décrit la Suisse, ses paysages, son organisation sociale et politique.
Après la Suisse, elle voyage en Allemagne et en Grèce et finit par s'installer à Florence en 1870.
Elle travaille pour des revues renommées telles que La Revue des Deux Mondes, l’Illustration, la Rivista Europea, la Nuova Antologicaet l’Internationale Revue de Vienne En hommage à son travail, Demetrio Camarda lui dédie son anthologie de la poésie albanaise en 1870.
Thèmes abordés dans ses écrits Dora d'Istria s'intéresse à la condition des femmes et défend l'émancipation, tout en déplorant le peu d'attrait envers ces thématiques de philosophes renommés comme Diderot, La Fontaine, Molière, Rousseau ou Voltaire. Elle décide alors de faire reconnaitre le travail d'autrices comme Émilie du Châtelet, Madame de La Fayette, Françoise-Louise de Warens, Louise d’Epinay, Françoise de Graffigny et Claudine Guérin de Tencin.
Elle s'intéresse aussi à la renaissance culturelle roumaine, serbe, albanaise, bulgare et hellénique, témoignant un amour fervent pour sa terre natale et défendant le droit du sol, ainsi que l'indépendantisme albanais, étant en faveur d'une nation albanaise détachée des critères d'appartenance religieux qui régissaient alors les sujets ottomans. En 1870, Demetrio Camarda lui dédie une anthologie de la poésie albanaise en 1870.
Œuvres principales (non exhaustives) Une bibliographie des œuvres de Dora d'Istria a été publiée en 1868 par Bartolomeo Cecchetti Bartolomeo Cecchetti, Bibliografia della Principessa Elena Ghika - Dora D'Istria. Venezia, DAL PREM. STABIL., Tip. di P. Naratovich, 1868. La Vie monastique dans l'Église orientale, éd. Joël Cherbuliez, Genève, éd., Bruxelles, 1855. La Suisse allemande et l'Ascension du Moench, tome I-IV, éd. Joël Cherbuliez, Genève-Paris, 1856. Le proscrit de Biberstein, dans Courrier de Paris, 11 XII, 1857. Souvenirs de la Cour de Dresde - Mlle de Haltingen, dans Revue des deux mondes, 2e période, tome 19, , p. 42. Les femmes en Orient, 2 vol. Vol. I: La péninsule orientale (lire en ligne), éd. Meyer et Zeller, Zürich, 1859; Vol. II: La Russie (lire en ligne), éd. Meyer et Zeller, Zürich, 1860. La nationalité hellénique d'après les historiens, dans Revue Suisse, Neuchâtel, janvier, février, mai, 1860. Excursions en Roumélie et en Morée, 2 vol., éd. Meyer et Zeller, Zürich, 1863. Des femmes par une femme, t. I-II, Paris, Librairie internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et , 1864. Les Albanais des deux côtés de l'Adriatique, 1866. Les écrivains albanais de l'Italie Méridionale, 1867. Fylétia e Arbenoré prèj Känekate te laòishima, 1867. Exquises albanaises, 1868. Gli Albanesi Musulmani, 1868 - 1870. Affaire de l'Albanie, 1872. Gli albanesi in Rumania, 1873. La poésie des Ottomans, II éd., Maison-neuve & Cie, Libr.-édit., Paris, 1877. French Literature under the first Empire, 2e éd. New-York, Barnes, 1875.
Titres académiques Source: Lucian Predescu, Enciclopedia României (Encyclopédie de la Roumanie), Ed. Cugetarea-Georgescu Delafras din Bucureşti, 1940 Membre de la Société Géographique de France - Membre correspondante de l'Athénée de Venise (italien : ), Venise - Membre honoraire de l'Accademia de Milano - Membre émérite de Accademia Raffaelo - Urbino, , 1871 Membre de l'Académie Nationale de Lettres -Barcelone Présidente honoraire de Syllogos , Constantinopole - , 1870 Membre de Accademia Quiriti, Roma - 1873 Membre honoraire de Accademia Pitagorica , Napoli - Membre de l'Institut Archéologique de Buenos Aires -
Dictionnaires et Encyclopédies . Carlo Tagliavini, « GHIKA », dans Enciclopedia Italiana, volume 16, Roma, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, 1932. Amélie Chevalier, « Comtesse Dora D'Istria », dans Les voyageuses au XIX siècle, Tours : Maison Mame & fils, s.d. ( éd : 1888), édition : 1901, pp. 121-137.
Voir aussi Hommages vignette|Plaque de rue - Dora d'Istria - Rue Butini - Projet 100elles à Genève en 2019 En 2019 à Genève l'association l'Escouade dans le cadre du projet 100elles renomme temporairement une rue à son nom.
Bibliographie Antonio D'Alessandri, Il pensiero e l'opera di Dora d'Istria fra Oriente europeo i Italia (Istituto per la storia del Risorgimento italiano, Biblioteca scientifica, Serie II : Memorie, vol. 54), Roma, Gangemi, 2007. Nathalie Clayer, Aux origines du nationalisme albanais, Editions Khartala, Paris, 2006, pages 193-240. Mihaela Chapelan, L’identité rhizomatique de Dora d’Istria , Revue Électronique de Littérature Française, volume 6, no. 1, 2012, pages 126-135. Laure Hinckel, Dora d’Istria, Le Dictionnaire universel des créatrices, Paris, Des femmes Antoinette Fouque, 2015. Dibra Zenepe, Gjjika, Elena (Elena Ghica, pen-name DORA D’ISTRIA) (1828?-1888?) , in De Haan, Francisca, Daskalova, Krassimira, Loufti, Anna (dir.), A biographical dictionary of women’s movements and feminisms. Central, Eastern, and South Eastern Europe, 19th and 20thCenturies, Budapest, New York, CEU Press, 2006, pages 158-160.
Notes et références
Liens externes
Site web de la famille Ghica
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