L'affaire du « détail » est une affaire juridique faisant suite aux déclarations de l’homme politique français Jean-Marie Le Pen, d'abord exprimées en 1987, selon lesquelles les chambres à gaz sont un . Ces propos réitérés ultérieurement venant en soutien de négationnistes lui valent d’être condamné en justice notamment pour contestation de crimes contre l'humanité. Ils témoigneraient d'une volonté de renoncer à un électorat au sein de la communauté juive, au profit d'un électorat antisémite. Ils sont toutefois rejetés par une partie des membres du Front national et par sa fille ; ils participent 2015 à son exclusion du parti alors en plein processus de dédiabolisation.

Contexte

Connaissance de la Shoah au moment des déclarations

Objectifs politiques de Le Pen Lorsque la polémique intervient, Jean-Marie Le Pen, président du Front national, parti classé à l’extrême droite de l’échiquier politique français, prépare sa candidature à l’élection présidentielle de 1988. Les études d’opinion le créditent de 18 % des voix, juste derrière les candidats de droite Jacques Chirac et Raymond Barre« Le Pen talonne Chirac et Barre », Var-Matin République, 25 avril 1988, ..

Depuis plusieurs années, le dirigeant frontiste travaille à se donner une image consensuelle alors que le FN connaît une ascension électorale rapide et importante : tandis que Jean-Marie Le Pen avait recueilli seulement 0,7 % des voix à l’élection présidentielle de 1974, le parti obtient 11 % des suffrages exprimés aux européennes de 1984 et à l’Assemblée nationale à l’issue des législatives de 1986. Son discours anti-immigration attire de nombreux sympathisants de la droite traditionnelle (RPR, UDF), dont une partie envisage des accords électoraux avec le Front nationalhttps://www.cairn.info/revue-parlements1-2007-1-page-121.htmGuy Birenbaum, « Les stratégies du Front National (mars 1986-mai 1987) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 16, 1987, ..

Jean-Marie Le Pen cherche en parallèle à acquérir une stature internationale. Anticommuniste, il rencontre plusieurs personnalités étrangères, dont le président des États-Unis, Ronald Reagan, au début de l'année 1987.. Il participe dans le même temps, à New York, au Congrès juif mondial, lors duquel il tient un discours résolument en faveur d’Israël qui est ovationné par l’assistance..

Déclarations Entretien du Le , Jean-Marie Le Pen est invité au Grand Jury RTL-Le Monde. Alors que la thèse universitaire d'Henri Roques fait polémique concernant le révisionnisme, il est interrogé par Olivier Mazerolle à propos de la contestation par des négationnistes de l'utilisation par les nazis de chambres à gaz homicides :

Le Pen répond alors : . Face à la réaction du journaliste, il répond : .

Réitérations (1997, 2008, 2009, 2015) Près de dix ans plus tard, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz, Jean-Marie Le Pen exprime ses regrets pour avoir blessé lors de sa déclaration. Le , il fait, à la demande de Florence Belkacem, un instant de silence à la mémoire des victimes juives de ce camp..

Mais le , lors d'une conférence de presse organisée en compagnie de Franz Schönhuber, à Munich, il réitère son idée en déclarant : ...

Il tient des propos similaires le , dans le magazine Bretons, puis en séance au Parlement européen, le ...

Le , il réitère ses propos en affirmant au journaliste Jean-Jacques Bourdin :

Réactions Défense de Jean-Marie Le Pen D'après son conseiller en communication Lorrain de Saint Affrique, il a convenu avec lui, avant son entretien, qu’il convenait de donner une réponse « bateau » sur ce sujet en mentionnant le thème de la liberté de recherche.. Lorrain de Saint Affrique indique également que Jean-Marie Le Pen regrette ses propos en privé immédiatement après l'émission, indiquant : ..

Lors de la septième fête des Bleu-blanc-rouge de 1987, Jean-Marie Le Pen déclare que la polémique a représenté un « succès », ajoutant : « Chaque attaque nous renforce. Notre marche est invincible »..

Opposants

Conséquences Judiciaires Le , la cour d'appel de Versailles le condamne en référé à verser la somme d'un franc aux dix parties civiles, parmi lesquelles figurent les mouvements antiracistes du MRAP et de la Licra... Sur le fond, le , il est condamné par cette même cour à verser un total de près d' de francs aux associations parties civiles pour banalisation de crimes contre l'humanité et « consentement à l'horrible »... Le , deux ans après qu'il a reparlé des chambres à gaz comme d'un « détail », la cour d'appel de Versailles le condamne à verser entre un franc symbolique et de dommages-intérêts à onze associations plaignantes..

Le , la Cour de Cassation confirme sa condamnation définitive à d'amende pour contestation de crime contre l'humanité lors les propos tenus en 2015.

Politiques Sa déclaration entraîne de nombreux départs de militants et cadres du FN venus de la droite, notamment celui d'Olivier d'Ormesson. , ainsi que la réprobation de la quasi-totalité de la classe politique.

Pour l'historienne Valérie Igounet, il s'agit d'un . et de la fin de .

À la fin des années 2000, Marine Le Pen assure qu'elle que son père et affirme ne que les chambres à gaz soient , tout en défendant son père qui selon elle n'a .. En 2015, les propos réitérés de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz font partie des griefs qui conduisent à son exclusion du FN.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Articles connexes Propos haineux, négationnisme et affaires judiciaires

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