Fantomas se déchaîne est une comédie d'aventure franco-italienne d'André Hunebelle, sortie en 1965.
C'est le deuxième volet de la trilogie d'André Hunebelle consacrée aux personnages créés par Pierre Souvestre et Marcel Allain, entre Fantomas, sorti en 1964, et Fantomas contre Scotland Yard, sorti en 1967.
Synopsis vignette|gauche|redresse|En 1964, Jacques Dynam et Louis de Funès en Italie, déguisés en ecclésiastiques lors du tournage de Fantomas se déchaîne. Une année après avoir poursuivi sans relâche Fantômas, le commissaire Juve est décoré de la Légion d'honneur. Il est persuadé que le criminel a définitivement disparu. Surprise : après avoir envoyé au policier un message de félicitations, Fantômas enlève le professeur Marchand. Revendiquant publiquement le rapt, il annonce en outre son intention de dominer la planète grâce à un rayon télépathique qui permet de contrôler la pensée humaine, auquel travaille le savant. Pour que sa tentative aboutisse, Fantômas doit également s'emparer du professeur Lefebvre, collègue de Marchand. En effet, les expériences du professeur Marchand ne pourront aboutir sans le résultat des expériences en cours du professeur Lefebvre.
Fandor, déguisé en professeur Lefebvre, se rend au domicile de ce dernier, qui tout d'abord ne réalise pas la supercherie. Il lui propose d'aller à Rome, où doit se tenir un important congrès scientifique. Le journaliste, toujours déguisé en Lefebvre, sa fiancée Hélène et Michou, le jeune frère de cette dernière tout juste renvoyé de son pensionnat pour mauvaise conduite, prennent un train de nuit pour l'Italie. Ils sont escortés par Juve et par ses subordonnés. Le commissaire espère piéger Fantômas qui tentera certainement d'enlever le professeur Lefebvre. Le criminel rejoint le congrès sous le masque du savant. La confusion est d'autant plus totale que le vrai professeur Lefebvre, irrité par une interview balbutiante donnée en son nom par Fandor, arrive lui aussi au congrès. Fantômas enlève le vrai Lefebvre, Hélène et Michou, puis s'enfuit. Arrêté par la police italienne, Juve est interné dans un asile psychiatrique.
Fantômas garde Michou prisonnier et relâche Hélène. Il l'invite à un bal masqué en lui envoyant une robe somptueuse et un bijou. Ne pouvant résister à la tentation, la jeune femme s'y rend, suivie discrètement par Fandor. Le commissaire Juve, que les policiers italiens ont rapidement relâché, se glisse parmi les invités. Accompagné de ses hommes et d'Interpol, il croit tenir enfin l'occasion d'arrêter le malfaiteur. Celui-ci leur a tendu un nouveau piège. Après avoir neutralisé les policiers, il capture Juve et ses amis. Gazés, les prisonniers se réveillent dans une luxueuse demeure souterraine. Là, Fantômas a le projet de pratiquer sur Fandor, Juve et son adjoint Bertrand une expérience potentiellement fatale, visant à faire vivre leur tête à part de leurs corps. Il propose à Hélène d'y mettre fin si elle accepte de devenir sa compagne. Juve neutralise les sbires de Fantômas grâce à des gadgets. Les scientifiques retenus par le malfaiteur, dont les professeurs Marchand et Lefebvre, libèrent les captifs. Ils menacent Fantômas du rayon télépathique avec lequel il voulait contrôler toute l'humanité. Le dispositif n'est efficace qu'à une portée de 14,50 mètres. Fantômas provoque une diversion puis s'échappe dans sa DS. Juve et Fandor le poursuivent à bord d'un véhicule qu'ils ont dérobé à des touristes étrangers. Arrivé sur la piste d'un aéroport, Fantômas s'envole dans sa voiture, transformée en avion grâce à des ailes escamotables. Le commissaire et le journaliste le pourchassent dans les airs, à bord d'un appareil qu'ils ont réquisitionné. Impatient d'attraper Fantômas grâce au rayon télépathique, Juve ne prend pas la précaution d'enfiler un parachute. Il tombe dans le vide. Fandor se jette à son secours et parvient à le sauver. Fantômas leur échappe une fois de plus.
Fiche technique
Titre : Fantomas se déchaîne Réalisation : André Hunebelle Seconde équipe : Jacques Besnard Assistants : Jean-Pierre Desagnat et Michel Lang Scénario : Jean Halain et Pierre Foucaud, d'après les personnages des romans de Pierre Souvestre et Marcel Allain Musique : Michel Magne Décors : Max Douy Costumes : Mireille Leydet Création de la robe « Mille et une nuits » pour Mylène Demongeot : Jacques Heim Photographie : Raymond Lemoigne Opérateur parachute : Jean-Jacques Dubourg Son : René-Christian Forget Montage : Jean Feyte Coordination des combats et des cascades : Claude Carliez Production : Paul Cadéac, Alain Poiré, André Hunebelle Sociétés de production : Gaumont, Production artistique et cinématographique, Victory Films, Story Films (France) ; Da. Ma. Produzione (Italie) Société de distribution : Gaumont (France) Studios : Paris-Studios-Cinéma (Studios de Billancourt) Budget : (soit environ en ) Pays de production : / Langues originales : français et italien Format : couleur (Eastmancolor) - 2,35:1 (Franscope) - 35 mm - son mono Genre : comédie policière, aventures, action Durée : 99 minutes Dates de sortie : France : Affiche : Jouineau Bourduge (France)
Distribution
Jean Marais : Fantômas / le journaliste Jérôme Fandor / le professeur Lefebvre / marquis de Rostelli Raymond Pellegrin : Fantômas (voix) Georges Chamarat : le professeur Lefebvre (voix) Louis de Funès : le commissaire Paul Juve Mylène Demongeot : Hélène Gurn Jacques Dynam : l'inspecteur Michel Bertrand Christian Toma : l'inspecteur Pierre Michel Duplaix : l'inspecteur Léon Pietro Tordi (VF : Edmond Bernard) : le président de l'assemblée Robert Dalban : le rédacteur du journal Le Point du jour Henri Attal : un homme de main de Fantômas Antoine Baud : un homme de main de Fantômas Florence Blot : la dame qui attend devant les toilettes du train André Cagnard : un homme de main de Fantômas Yvan Chiffre : un homme de main de Fantômas Albert Dagnant : le professeur Marchand Arturo Dominici : le professeur canadien Mino Doro (VF : Aram Stephan) : le professeur suisse Olivier de Funès : Michel Gurn, dit Michou Robert Le Béal : le ministre Jacques Marin : l'agent de police ferroviaire Jean Michaud : le directeur de la clinique psychiatrique Gérard Moisan : un homme de main de Fantômas Max Montavon : le surveillant de l'institut Eric Vasberg : un homme de main de Fantômas Dominique Zardi : un homme de main de Fantômas
Non crédités Nello Appodia : un invité au bal masqué Philippe Castelli : un agent de police Adrien Cayla-Legrand : un inspecteur Albert Daumergue : le serveur du wagon-restaurant Gil Delamare : cascadeur / doublure de Jean Marais Jean Gold : un inspecteur Edith Ker : une femme au wagon-restaurant Silvio Laurenzi : un invité au bal masqué Roger Lecuyer : un invité à la remise de la Légion d'honneur Bob Lerick : un inspecteur Roger Lumont : un inspecteur Antoine Marin : un inspecteur Bob Morel : un homme de main de Fantômas Pierre Palfray : un homme de main de Fantômas Raymond Pierson : un homme au wagon-restaurant Mario Pisu : un danseur du bal de Fantômas Émile Riandreys : un homme au wagon-restaurant Jacques Santi : le présentateur de télévision Henri Violin : cascadeur / doublure de Louis de Funès
Jean Marais incarne Fantômas, lorsqu'il arbore son masque vert bleu. Christian Toma, interprète d'un inspecteur assistant Juve, revêt également le masque de Fantômas dans les scènes où Jean Marais joue Fandor, ou, inversement, tient le rôle de Fandor de dos lorsque Marais est Fantômas ; il apparaît aussi en professeur Lefebvre.. Ces interprétations de Fantômas sont liées par la voix de Raymond Pellegrin Henri-Jean Servat, Jean Marais, l'enfant terrible, Éditions Albin Michel, 1999, page 65 .
Production Genèse et développement
Exhumant Fantômas, mythe de la littérature populaire de la Belle Époque, André Hunebelle réalise Fantomas (1964) avec son acteur fétiche Jean Marais dans le rôle-titre.. Déjà derrière les OSS 117, Hunebelle modernise ce personnage de maître du crime emblématique des années 1910 en s'inspirant du phénomène contemporain de James Bond. Cette adaptation libre remporte un grand succès à sa sortie en salles, notamment grâce au numéro comique de Louis de Funès en commissaire Juve. La critique est bonne. Le film attire de spectateurs en France. Face à cet engouement, une suite est rapidement lancée. À l'époque, ce phénomène de réalisations de suites prend de l'essor dans le cinéma français, que ce soit Don Camillo, Angélique ou Le Gendarme de Saint-Tropez.
André Hunebelle annonce en , au détour d'un interview au bulletin d'Unifrance, un nouvel épisode intitulé Fantomas contre Interpol . Louis de Funès semble d'abord omis de ce projet. Au regard de l'efficacité de son rôle, et de ses succès adjacents, ce dernier est finalement réintégré dans la suite. Comprenant l'importance primordiale de sa prestation comique dans la popularité du premier film, les producteurs et les auteurs décident même de le mettre davantage en avant. L'intrigue fait ainsi collaborer Fandor, Juve et Hélène pour déjouer les méfaits de Fantomas. La suite démultiplie les ressorts du premier film : des doubles voire triples identités, davantage d'alternances de masques, d'emprunts aux films d'espionnage et de cascades.Le titre change ensuite pour Fantomas revient avant d'adopter définitivement Fantomas se déchaîne.. Ce titre rappelle une autre réalisation d'Hunebelle, OSS 117 se déchaîne (1963)
L'essentiel de l'équipe artistique et technique du premier Fantomas est de retour. André Hunebelle réalise, entouré des assistants Jean-Pierre Desagnat, Michel Lang et Jacques Besnard (réalisateur de la seconde équipe), à qui il laisse souvent la main. À nouveau, le scénario est écrit par Jean Halain, auteur de chaque film de son père, et Pierre Foucaud qui, outre les deux autres Fantomas, a scénarisé pour Hunebelle quatre OSS 117 et plusieurs films de cape et d'épée. Conscient de ne créer qu'un cinéma de divertissement sans grande ambition artistique, Hunebelle est peu rigoureux dans l'écriture de ses comédies, donne de grandes libertés à ses scénaristes et laisse ainsi tout le monde participer au scénario..
La production demeure assurée par la Gaumont (SNEG), représentée par Alain Poiré, et la Production artistique et cinématographique (PAC), société d'Hunebelle. Un budget de est accordé au film, contre pour Fantomas. La PAC reçoit une avance sur recettes du CNC de . Les costumes sont toujours de Mireille Leydet et la musique de Michel Magne. Hunebelle travaille en famille puisque Halain est son fils et la costumière sa première épouse. Le maquilleur Gérard Cogan continue de concevoir les masques de Fantômas, après avoir fabriqué ceux du Bossu (1959) ; inventeur, il met également au point le gadget du troisième bras mécanique du commissaire Juve.. Succédant à Paul-Louis Boutié, Max Douy dessine les décors.
En , entre les sorties de Fantomas et Fantomas se déchaîne, dont il vient de lire le scénario, Marcel Allain, le seul auteur survivant, âgé de , désavoue au détour d'un entretien ces adaptations modernes, rejetant leur ton, les idées ajoutées, la transformation de certains personnages et de l'intrigue établie au cours de ses volumes.
Lieux de tournages
Paris Centrale nucléaire de Chinon à Chinon en Indre-et-Loire Christian Dureau, Jean Marais, l’éternelle présence, Éditions Didier Carpentier, 2010, page 85 .
Rome : Gare de Rome-Termini, British School at Rome, Église San Giorgio in Velabro, Villa Miani près de Monte Mario Naples sur le volcan du Vésuve.
Cascades vignette|La de Fantômas utilisée sur le tournage du film, exposée lors de l'édition 2016 du Mondial de l'automobile de Paris.