Pierre Marie François, vicomte de Pagès, né à Toulouse le et mort à Peti-Trou-de-Nippes (colonie de Saint-Domingue) le , est un officier de marine, aventurier, explorateur et planteur esclavagiste français du .
Biographie
Il entre aux gardes-marine en et sert sur le Triton en Méditerranée avec lequel il prend part à la capture d'un corsaire ennemi (1758). En 1759, il passe sur le Souverain dans l'escadre de La Clue-Sabran et se bat, le , à Lagos. Il participe aussi le , devant Rochefort, au second engagement dans lequel il est blessé.
En 1765, il embarque sur la Gracieuse et participe au bombardement de Larache contre les corsaires marocains et est nommé enseigne de vaisseau (). En 1766-1767, il fait campagne à Saint-Domingue sur la Dédaigneuse puis est rayé des listes en pour avoir débarqué sans permission. Il décide alors de faire le tour du monde.
Le voyage autour du monde Il part ainsi du Cap Français le , atteint la Louisiane et le Mexique, d'Acapulco rejoint les Philippines puis Batavia et Surate et demeure cinq mois aux Indes avant de gagner Bassora et, par caravane, Saïda. Il vit alors trois mois parmi les Druzes dans les montagnes. De Saïda, il s'embarque pour Malte et débarque à Marseille le . Durant son voyage, il a accumulé une très importante masse d'observations scientifiques et ethnologiques.
Le voyage vers les terres australes En , il est rétabli dans son rang et sert sur le Roland (1773) lors de la seconde expédition de Kerguelen aux terres australes. Parti de Brest le , il rejoint Le Cap, mouillant à False Bay, à l'abri des vents violents. Il décrit la vie et les mœurs des Hottentots. Il rejoint l'Ile de France en , puis redescend en direction du Sud jusqu'à La grande terre dont Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec prend possession le , en laissant un message dans une bouteille de verre que le capitaine Cook trouvera deux ans plus tard. Sur le chemin du retour il aborde Madagascar, décrit l'ile qu'il quitte le . Passant à nouveau par le cap de Bonne Espérance, il est de retour à Brest le . Le récit de ses voyages est publié avec le soutien et l'approbation de l'Académie royale des sciencesExtrait des registres de l'Académie royale des Sciences en date du 2 mai 1781, signé du marquis de Condorcet..
Le voyage vers le pole nord François Pagès embarque ensuite à Texel () sur un baleinier hollandaisPierre-Jacques Charliat, Le temps des grands voiliers, tome III de Histoire Universelle des Explorations publiée sous la direction de L.-H. Parias, Paris, Nouvelle Librairie de France, 1957, et entreprend un voyage d'exploration dans les régions polaires durant lequel il étudie la nature de l'eau de mer, la glaciologie, les vents et détermine les positions de l'île Jan Mayen. Il décrit la pêche à la baleine. Il élabore aussi une carte du Spitzberg. Son navire est pris par les glaces mais arrive à se dégager pour rentrer le long des côtes d'Allemagne, par Amsterdam et Guernesey. Il est de retour à Brest le .
Retour à la carrière militaire Il sert en sur la Favorite à Saint-Domingue et est promu lieutenant de vaisseau en . L'année suivante, il passe sur le Fier et prend part le à la bataille d'Ouessant. En , il sert sur le Magnifique et rallie l'escadre de d'Estaing aux Antilles. Il participe alors le à la prise de Grenade.
En , il est débarqué malade à Saint-Domingue et rentre en France en après avoir été nommé capitaine de vaisseau.
Il quitte alors la marine et revient s'installer à Saint-Domingue. Il est assassiné le dans sa plantation caféière de Petit-Trou-de-Nippes par les esclaves insurgés.
Héritage En 1826, dans le cadre de l'indemnisation des anciens colons français par la République d'Haïti, ses deux filles Amable-Louise et Thérèse-Antoinette se partagent la somme de , versée par la République d'Haïti en dédommagement de la perte, à la suite de la Révolution haïtienne, des plantations et esclaves appartenant à la famille.
Œuvres thumb|Carte d'une partie de l'Amérique Séptentrionale: qui contient partie de la Nle. Espagne, et de la Louisiane, 1782 (Voyages autour du monde)
Membre de l'Académie de marine et membre correspondant de l'Académie des sciences (), on lui doit plusieurs mémoires scientifiques ainsi qu'un Voyage autour du monde et vers les deux poles, par terre et par mer tome 1, tome 2, tome 3Les tomes 2 et 3 sont identiques et décrivent les mêmes voyages dont le texte est illustré, en 1782, par le graveur Robert Bénard qui travaille notamment pour l'Académie des Sciences.
Bibliographie
Numa Broc, Autour du monde, voyage de François de Pagès par terre et par mer, 1767-1771, Imprimerie nationale, 1991 Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, 2002,
Notes et références
Articles connexes Liste des membres de la Société des Cincinnati de France
Liens externes
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