Les BB 15000 sont une série de de la SNCF, mises en service du au , destinées à remplacer les BB 16000 utilisées lors de l'électrification Est-Paris en dans les années 1960.
Description Ces locomotives, qui ont un profil dit en « nez cassé » (pare-brise inversé dans une recherche de dynamisme esthétique et de protection du conducteur de l'éblouissement) dû à Paul Arzens et inauguré sur les CC 40100, font appel à divers dispositifs électroniques, dont la régulation de la vitesse, révélés très fiables. En outre ces machines sont dotées de bogies monomoteurs à essieux accouplés. Ces progrès rendirent caduc le projet des CC 14500 qui devaient les précéder.
Les ont un pare-brise moins incliné que les de la série, afin de libérer de l’espace pour une cabine plus grande et la mise en place d’un siège à piétement fixe en lieu et place du tabouret original.
Conception L'appareillage électrique des BB 15000 bénéficie des développements de l'électronique de puissance des années 60, et en particulier de l'utilisation massive des thyristors dans la chaîne de traction et dans les circuits de commande. Les séries plus anciennes utilisaient alors des ensembles électro-mécaniques type « servomoteurs JH » pour réguler la tension délivrée par le transformateur et le courant redressé par des ponts de diodes, pour alimenter les moteurs de traction. Les thyristors ont permis de réaliser des logiques de commande beaucoup plus poussées, sans avoir recours à des systèmes mécaniques sophistiqués qui auraient engendré des risques de pannes et des coûts de maintenance élevés. Les montages en ponts mixtes et en pont completsLe pont complet permet le freinage en récupération, le pont mixte permet d'obtenir un facteur de puissance en ligne optimum judicieusement agencés permettent un contrôle permanent des caractéristiques courant-tension aux bornes des moteurs, offrant des performances optimales sans dépasser les valeurs limites. De plus, cette technologie permet une régulation par vitesse imposée à la locomotive, ce qui facilite la conduite.
Particularités diverses de construction des chaudrons : Les BB 15000 reçurent de construction une traverse équipée avec une plaque boulonnée et renforcée pour recevoir l’hypothétique attelage automatique européen, à partir de la ; Le lanterneau d’évacuation d’air en toiture sur les vingt-cinq premières locomotives, était équipé de barres de levage. Pour faciliter les opérations rapides d’entretien des compartiments moteur, le second type de lanterneau était d’un type très proche de celui que l’on retrouve sur les BB 7200/ BB 22200 ; Après la livrée verte, dite Maurienne, des cinq premières machines, la livrée Grand Confort (selon Paul Arzens) fut généralisée en construction à partir de la BB 15006 pour une utilisation en TEE ; Les BB 15000 reçurent toutes, par construction, le même système d’auto-ventilation que les CC 6500 ; Pour remédier au problème rencontré à partir de la fin des années 1970 sur les BB 15000 avec les trains de marchandises lourds de plus de , à partir de 1995 il fut décidé d’équiper une trentaine de locomotives de ventilateurs forcés (motopompes). Ce fut effectif à partir de 1997.
L'utilisation des thyristors est reprise dans d'autres séries de locomotives, inspirées esthétiquement et technologiquement des , comme la série 8000 des chemins de fer sud-coréens.
Services effectués Depuis leur origine, affectées principalement sur le réseau Est à la traction de divers trains de voyageurs, depuis les plus nobles (ex-Trans-Europ-Express, ex-Eurocity, comme les Goethe, Iris, Stanislas…) jusqu’à certains TER, elles furent engagées, ensuite, en majorité sur les lignes : Réseau Nord-Ouest Paris Saint Lazare - Vernon Giverny - Rouen Rive Droite jusqu’en . Paris Saint Lazare - Evreux - Serquigny jusqu'en Paris Saint Lazare - Le Havre jusqu’en 2021. Réseau Nord : Paris Gare Du Nord - Amiens Paris Gare Du Nord - Saint-Quentin.
Elles ont principalement assuré dans le passé des relations sur les principaux axes de Paris à l'est et le nord de la France comme : Réseau Est et Nord Paris Est - Nancy - Strasbourg Paris Est - Metz - Luxembourg Paris Est - Reims - Charleville-Mézieres Paris Gare Du Nord - Maubeuge Paris Gare Du Nord - Cambrai Lille - Metz - Strasbourg Strasbourg - Colmar - Bâle Luxembourg - Metz - Bâle
Les dernières d'entre elles affectées au dépôt de Strasbourg, avant leurs transferts, ont assuré quelques TER sur la ligne Nancy - Longuyon.
Jusqu’à décembre 2006, toutes hébergées par le dépôt alsacien de Strasbourg, elles sont réparties entre les activités VFE, CIC et TER (Alsace ou Lorraine). L’affectation de la série depuis son origine à un dépôt unique a permis de garder pendant trente ans le record du plus faible nombre d’incidents au kilomètre. Leur très bon état et leur espérance de vie résiduelle leur permettent d’envisager sereinement le record de distance parcourue. Les BB 15001 à 4 ont dépassé onze millions de kilomètres et une trentaine la barre des dix millions, en . Le plan d'amortissement leur laissait encore quelques années de service pour repousser encore le record.
La mutation d’une partie des machines vers le dépôt d’Achères intervînt à partir de pour remplacer une partie des BB 16000 et des BB 16100 en tête des trains de voyageurs dans le nord et l’ouest de la France. Puis ces deux dernières séries seront progressivement radiées, avec l'arrivée des BB 22200 en renfort sur les relations au départ de Paris-Nord, jusqu'à la disparition des dernières BB 16000 en . La Normandie n'utilisera pas de BB 22200 aux côtés des BB 15000 comme sur les relations du Nord, les BB 15000 normandes furent épaulées par des BB 26000 sur les trains Paris - Cherbourg pour profiter de plusieurs sections permettant de rouler à sur cette ligne.
Du fait de la mise en service de la LGV-Est en 2007 et de la disparition des Voitures Corail tractées sur la ligne Paris – Strasbourg, les BB 15000 sont libérées pour de nouveaux services.
Toutefois un contingent de dix machines resta au dépôt de Strasbourg pour assurer les trains entre Bâle et le Luxembourg. Equipées pour cela du Memor II+ (système de sécurité ferroviaire au Luxembourg jusqu'à son remplacement par l'ERTMS).
Certaines des BB 15000 mutées à Achères ont reçu un équipement pour la réversibilité en multiplexage (pousse des rames Corail réversibles, VO2N et V2N mux). Le numéro de la machine reçoit un "R" pour rappeler qu'elle est modifiée en réversible mux. Le contingent d’Achères évoluait sur les lignes à destination de Caen, Cherbourg, Le Havre ou encore Deauville, en tête de trains Intercités. Elles assuraient également des TER vers Rouen, remplaçant ainsi que les BB 16100 aux crochets des rames V2N. Ce pool de machines assurait de plus des circulations Paris - Amiens et Paris - Saint-Quentin, et entre Paris et Bar-le-Duc (TER Vallée de la Marne).
À noter des marches d'essai à en 1977 sur la ligne Paris - Strasbourg.
Parc
Le technicentre d'Hellemmes est l'établissement de maintenance à l’origine des engins. Avec l’affectation des TGV à Hellemmes, c’est celui d'Oullins-Machines qui a pris la relève jusqu'en 2019. Depuis, la maintenance de ces machines s'effectue au technicentre de Vénissieux. Les marches de rodage s'effectue ensuite sur la ligne Lyon - Grenoble, électrifiée en . Les machines sont tractées en « véhicule » jusqu’à Heyrieux, ou Bourgoin-Jallieu d'où elles effectuent leurs essais jusqu’à Grenoble.
Machines particulières BB 15001 à 15005 : livrée verte des CC 6500 avec des ceinturages blancs, livrée dite Maurienne jusqu'en 1982 et 1983 ; BB 15003 : la seule locomotive à avoir été équipée de persiennes décalées en inox, entre sa période de passage en RL (Révision Limitée) avec livrée béton et passage en RG (Révision Générale) avec mise en place de persiennes centrales en inox ; BB 15004 : heurt d'un dromadaire échappé d'un cirque le entre Château-Thierry et La Ferté-sous-Jouarre. À la suite des travaux de réparation, elle arbore désormais un capot gris avec le logo SNCF en carmillon adhésif (contrastant avec sa livrée Grand confort) et un macaron SNCF peint en blanc sur fond rougeHeurt d'un Dromadaire par un Train en Ile de France sur le forum Trains en voyage (consulté le 5 septembre 2016). ; BB 15006 : incendie à Châlons-en-Champagne le ; BB 15011 : déraillement à Bar-le-Duc le dans l'un des accidents « routiers » français ayant coûté le plus cher à un assureur.. ; BB 15015 : choc frontal à la gare de Bâle le ; BB 15018 : radiée le puis utilisée comme support de pièces détachées pour dépanner la tranche 15006 à 15025 ; BB 15020 : machine en livrée « Corail + », dont le nez est peint intégralement en rouge, sans la bande grise horizontale. Le numéro de série est entre les phares. BB 15024 : a subi des dégâts matériels légers (face avant brûlée et un réservoir de sable endommagé) à la suite de l'incendie de BB 15028 stationnée à proximité le , la partie de la caisse dont la peinture a souffert de la chaleur a été repeinte en gris métallisé, ce qui donne une livrée originale moitié grand confort, moitié gris Fantôme. BB 15026R : cette machine a été victime d'un incendie majeur à son bord le en gare de Bréauté-Beuzeville qui a interrompu le trafic dans les deux sens sur la Ligne de Paris-Saint-Lazare au Havre durant plusieurs heures ; BB 15027R : première apte à la réversibilité, qui a effectué des essais fin sur la ligne Lyon - Grenoble ; BB 15028R : incendie en gare de Paris-Saint-Lazare, sous le pont de l'Europe, le , potentiellement à la suite d'une surtension de la caténaire.. ; BB 15032 et 15037 : tout comme la 15004, le nez de ces deux machines (portant la livrée Corail +) est gris mais sans macaron SNCF pour la 15032 et avec le logo encadré pour la 15037BB 15000 page 6 sur le site Le train d'Alain (consulté le 5 septembre 2016). ; BB 15033 : incendie en gare de Mulhouse-Ville le ; BB 15045R : seconde BB 15000 apte à la réversibilité, qui a effectué des essais en sur la ligne Lyon - Grenoble ; BB 15057 : déraillement à la suite d'une collision au passage à niveau de Marolles, près de Vitry-le-François, le .. BB 15058 : a subi le , une collision avec une draisine lors de son passage sans arrêt en gare d'Ay, en assurant un train Luxembourg-Paris, tuant neuf ouvriers et blessant treize voyageurs, en raison d'une erreur d'aiguillage. Elle fut remise en état par la suite. BB 15063 : bogies spéciaux à suspension secondaire modifiée.
Machines transformées en prototypes BB 15007 : après sa mise en service en 1973, elle est modifiée le , pour servir de prototype continu sous le numéro BB 7003 (prototype des BB 7200). Elle est de nouveau modifiée pour servir de prototype de machine à traction asynchrone en tant que BB 10003 à partir du . Elle redevient la BB 15007 le . ; BB 15055 : transformée en BB 10004 à partir du pour servir de prototype de machine à traction synchrone. Elle redevient la BB 15055 le .
Historique Le 31 octobre 2025, la BB 15000 effectue l'un des dernier trajet commerciale sur la ligne Paris Nord - Creil. Alors que plusieurs devaient être promises à la démolition pour décembre à Dommary-Baroncourt, l'effectif de neuf locomotives encore présents : , , , , , , , , , pourraient être utilisées autour de Lille. En effet, la mise au point compliquée des V2N avec les BB 22200, pourrait inciter la SNCF à réutiliser ces BB 15000.
Préservation BB 15001 : Association de Préservation du Patrimoine Ferroviaire de l'Est (APPFE), au sein du Technicentre Grand Est à Strasbourg.
Modélisme Cette locomotive a été reproduite à l'échelle 0 par les firmes Fulgurex et Métropolitan. Cette locomotive a été reproduite à l'échelle H0 par les firmes Fobbi, Jouef, Lemaco, Lima, LS Models, Märklin et Roco, en plusieurs versions y compris la BB 10004 chez Roco et Lima. Cette locomotive a été reproduite à l'échelle N par les firmes Fleischmann et Trix.
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