Hélène Cantacuzène (morte en 1463) était la seconde épouse de David II de Trébizonde. Elle fut la dernière Impératrice de Trébizonde.

Famille Selon Donald Nicol, Hélène était la sœur de Georges Paléologue Cantacuzène, Andronic Paléologue Cantacuzène, Irène Cantacuzène et Thomas Cantacuzène, et donc la petite-fille de Mathieu Cantacuzène et peut-être la fille de Démétrios CantacuzèneDonald M. Nicol, The Byzantine Family of Cantacuzène (Cantacuzenus) ca. 1100-1460: a Genealogical and Prosopographical Study (Washington, DC: Dumbarton Oaks, 1968), . Toutefois, Nicol a renoncé à cette identification du père d’Hélène ; voir "The Byzantine Family of Cantacuzène: Some Addenda and Corrigenda", Dumbarton Oaks Papers, 27 (1973), pp. 312f. Théodore Spandounès rapporte que Georges lui rendit visite à Trébizonde après 1437Nicol, Byzantine Family, .

On ignore lesquels, parmi les enfants de David, étaient aussi les siens ; les cinq enfants de l’Empereur (trois garçons et deux filles) ont été attribués à Hélène où à la première épouse de David, Marie de Gothie par différentes généalogies. Néanmoins, les fils aînés moururent avec leur père le ; le plus jeune des fils, Georges, qui avait trois ans, et la fille, Anne, furent épargnés. Spandounès affirme qu’ils furent envoyés en cadeau au Sultan Uzun Hasan des Aq Qoyunlu, où Georges fut converti à l’Islam, mais il finit par s’enfuir et se reconvertit au ChristianismeWilliam Miller, Trebizond: The last Greek Empire of the Byzantine Era: 1204-1461, 1926 (Chicago: Argonaut, 1969), . Spandounès dit que le nom du roi qui accueillit Georges Cantacuzène et lui donna sa fille en mariage s’appelait "Gurguiabei", ce qui signifierait qu’il s’agissait d’un roi de Géorgie (soit , soit ), ou de "Guria Bey", souverain de GurieNicol, Byzantine Family, n. 43. Le destin d’Anne est moins clair. L’historien Laonicos Chalcondyle contredit Spandounès et écrit qu’Anne fut mariée à Zaganos Pacha après avoir été « envoyée dans sa chambre à coucher » ; toutefois, quand il apprit que Zaganos tentait de l’obliger à devenir musulmane, Mehmed les séparaChalkokondyles, 9.80; 10.13; traduit en anglais par Anthony Kaldellis, The Histories (Cambridge: Dumbarton Oaks Medieval Library, 2014), vol. 2 ; 414f. Une tradition locale relie Anne à un village au sud de Trébizonde appelé « Village de la Dame », où en 1870 une inscription portant le nom d’Anne a été vue dans l’église du village, dédiée aux ArchangesMiller, Trebizond, .

Impératrice Le , le souverain ottoman Mehmed II força David à abdiquer en échange d’une pension. David et sa famille reçurent des domaines près de Serrès dans la vallée du Strymon, comprenant un revenu annuel de quelque 300 000 pièces d’argent. Bien que l’on présume qu’Hélène était avec lui, Donald Nicol mentionne une source affirmant que David l’avait envoyée auprès du prince géorgien Mamia de Gurie avant l’arrivée de Mehmed devant les murs de sa capitaleNicol, Byzantine Family, . Au bout de deux ans, son ancien domestique Georges Amiroutzès accusa David de conspirer contre Mehmed, et l’ancien empereur fut exécuté avec tous ses fils, sauf unSteven Runciman, The Fall of Constantinople (Londres: Cambridge, 1969), .

Selon Spandounès, Hélène survécut à son mari et à leurs fils. Le Sultan aurait ordonné que leurs corps soient laissés sans sépultures sous les murailles de Constantinople. Quand elle creusa leurs tombes de ses propres mains, elle fut condamnée à payer une amende de 15 000 ducats ou à être elle-même exécutée. Ses domestiques réunirent l’argent, mais Hélène se vêtit de toile de sac et vécut jusqu’à la fin de ses jours dans une hutte de paille près des corps de sa famille.

Références

Autres sources Thierry Ganchou, "Une Kantakouzènè, impératrice de Trébizonde : Théodôra ou Héléna?" Revue des Études byzantines, 58 (2000),

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