Un saint-pourçain est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans le département de l'Allier. Il est produit en rouge, blanc et rosé. Cette appellation fait partie des vignobles du Massif central au sein du vignoble de la vallée de la Loire
L'AOC été reconnue par décret le . La superficie de production est de (moyenne 2022-2024). Les vins rouges (55 % de la production on moyenne de 2022 à 2024) sont issus du gamay N et du pinot noir N, les vins blancs (35 %) du chardonnay B, du sacy B et du sauvignon B et les vins rosés (10 %) du seul cépage gamay N.
Histoire Moyen Âge On retrouve dans un texte bachique du Moyen Âge, découvert par Achille Jubinal (Nouveau recueil de contes, dits, fabliaux et autres pièces inédites des , ) dans un poème intitulé La Desputoison du vin et de l'eau, une référence aux vins de Saint-Pourçain, qui indique :
Le vin de Saint-Pourçain était servi à la table des rois de France Capétiens dès le , ainsi qu'à la cour des papes à Avignon (une cour qui en consommait de 60 à 120 hectolitres par an). Il fut servi lors des fêtes données par le roi Saint Louis à Saumur en 1241 lorsque Alphonse de Poitiers fut armé chevalier et investi des comtés d'Auvergne et du Poitou. Lors du sacre de Philippe de Valois en 1328, les habitants de Reims eurent droit à un festin arrosé de saint-pourçain. Les qualités de ce vignoble sont vantées par l'évêque de Paris Guillaume d'Auvergne au . Sous Philippe Auguste, le poète Henri d'Andelys dans son histoire La bataille des vins énumère les plus grands vins blancs de l'époque et place en troisième position le saint-pourçain après les vins de Beaune et de Saint-Émilion. Les ducs de Bourbon et comtes de Forez appréciaient bien évidemment ce vin, noble produit des terres de leur duché. Il était transporté à Paris par bateaux ("sapinières") qui descendaient l'Allier puis la Loire, à partir des ports de la Chaise (commune de Monétay-sur-Allier) et de Châtel-de-Neuvre. Arrivés à Briare ou Gien, après un court charroi, la marchandise suivait alors les cours du Loing, puis ceux de la Seine, pour être déchargée sur la place de Grève de la capitale. On démontait alors les bateaux pour réutiliser le bois pour le chauffage. Pour rejoindre Avignon, on acheminait les tonneaux par charroi jusqu'à Chalon-sur-Saône, puis par bateaux en suivant la Saône et le Rhône.
Période moderne Le géographe du roi Charles IX, Nicolas de Nicolay fait l'éloge de ce vin dans son ouvrage Description générale du Bourbonnais en 1569 ou Histoire de cette province en citant notamment les coteaux de la Chaise (commune de Monétay-sur-Allier) comme la terre où sont produits les meilleurs vins blancs de la région. Il parle du grand vignoble saint-pourcinois, mais aussi des vins de Verneuil, de Louchy et de La Chaise ce qui tendrait à prouver qu'il existait à cette époque des vignobles distincts. Cela est confirmé dans l'ouvrage La France pittoresque de 1835 d'Abel Hugo lorsqu'il mentionne, et cette fois-ci au , les vins de Chantelle, d'Hérisson, de Souvigny et de Segange près de Moulins. On réalise alors à quel point la culture de la vigne était étendue dans le département.
La présence de l'Allier facilite grandement le développement du vignoble permettant à la production d'être acheminée et vendue en grande quantité à Paris. Au les départs de bateaux des ports de la Chaise de Monétay-sur-Allier, Châtel-de-Neuvre et Moulins vers la capitale sont quotidiens. La construction du canal de Briare a rendu plus rapide le trajet. Le vignoble atteint à la fin de ce siècle plus de hectares. Mais c'est aussi à cette époque que les meilleurs crus du vignoble saint-pourcinois vont être concurrencés par ceux de Bourgogne (même si François et Louis XIV en leur temps appréciaient déjà beaucoup les bons vins de Beaune). On reproche alors aux vins rouges ordinaires d'être teints (la fleur de sureau était utilisée à cet effet par certains vignerons), de manquer de consistance et de corps et d'être trop chers. Parfois on soupçonne même des additions d'eau (les bateliers durant le transport remplaçant ainsi discrètement ce qu'ils avaient illégalement consommé, Pierre Mondanel in L'ancienne batellerie de l'Allier et de la Dore, 2001).
Période contemporaine En 1852, le canton de Saint-Pourçain possédait un vignoble de hectares. Mais la vigne s'étendait bien au-delà de ce canton, jusqu'à Moulins et Souvigny au nord, Chantelle et Hérisson à l'ouest, culture dans ces cantons aujourd'hui disparue depuis la crise du phylloxera. La famille Clusier faisait partie des nombreuses familles rentières qui cultivait la vigne sur ses terres bourbonnaise depuis 1739, plus particulièrement à Gouzolles. Aujourd'hui, le vin Clusier n'existe plus et a été racheté par d'autres familles de vignerons.
Dans la seconde partie du et jusqu'au début du , le vin de Saint-Pourçain va connaître des moments difficiles en raison de la concurrence des autres vignobles de Bourgogne et de Bordeaux avec l'arrivée du chemin de fer. Dorénavant ces vins sont vendus eux aussi dans la capitale. Arrive ensuite la crise du phylloxera. Le domaine viticole diminue. Les vignerons diversifient leur production et parfois leurs activités pour maintenir leur niveau de vie. Rares sont ceux qui vont pouvoir continuer exclusivement à produire seulement du vin. Les parcelles victimes du phylloxera souvent ne sont pas replantées.
La production chute. Les riches familles viticoles voient leur capital décliner rapidement et celles qui dominaient parfois des villages entiers ne s'en remettront pas. On peut encore prendre conscience de cette richesse en observant l'habitat viticole très présent dans les villages de la région et notamment la traditionnelle maison de vigneron dont la taille, l'utilisation des matériaux (pierre de taille et briques polychromes en frise), la toiture à quatre pans et la cave, sont autant de signes de la richesse de l'activité depuis la fin du jusqu'au milieu du .
vignette|Vignoble de l'AOC saint-pourçain à Besson. Les sont reconnus comme du vin délimité de qualité supérieure (VDQS) par l'arrêté du ; le nom est ensuite simplifié en en , publié au JORF du (numéro complémentaire). ; puis ce dernier arrêté est modifié par celui du . Des efforts ont été menés par les viticulteurs pour améliorer l'encépagement et moderniser les méthodes de culture et de vinification. L'« ordre des Fins Palais » de Saint-Pourçain a été créé en 1962 (s'occupant de la gastronomie bourbonnaise), complété par la confrérie des « Compagnons de la Ficelle » en 1988 (centrés sur le vin de Saint-Pourçain).
La reconnaissance comme appellation d'origine contrôlée (AOC) se fait par le comité national vin de l'INAO le , officialisée par le décret du , publié au JORF du .. Le cahier des charges est modifié en , publié au JORF du ., en , publié au JORF du ., en , publié au JORF du . et en , homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du ..
Vignoble Aire d'appellation
Le vignoble s'étend au sud de Moulins sur la rive gauche de l'Allier. Il forme une bande d'une vingtaine de kilomètres de long sur environ quatre de large, sur le flanc ouest du Val de l'Allier et de la Sioule, au centre du département de l'Allier, dans la Limagne bourbonnaise. Le vignoble est implanté sur le territoire de : Besson, Bransat, Bresnay, Cesset, Chantelle, Chareil-Cintrat, Châtel-de-Neuvre, Chemilly, Contigny, Deneuille-lès-Chantelle, Fleuriel, Fourilles, Louchy-Montfand, Meillard, Monétay-sur-Allier, Montord, Saulcet et Verneuil-en-Bourbonnais. vignette|centre|upright=3|Vignobles de la vallée de la Loire.
Orographie et géologie Le vignoble se trouve à une altitude de 250 à , exposé au sud-est.
Le vignoble comprend trois zones géologiques : les coteaux sur substrats argilo-calcaires orientés est/sud-est dominant les vallées de l’Allier, de la Sioule et de la Bouble ; les formations plio-quaternaires des sables et argiles du Bourbonnais, avec des sols de terrasse comportant une fraction de graviers roulés ; les coteaux issus de granites et de gneiss du socle cristallin, à l'ouest de la zone géographique.
Ces zones conditionnent les trois types de sols composant le vignoble : argilo-calcaires, sables et graviers et sols granitiquesGuide Vert Solar : Vins de France. (Page n°239 sur Saint pourçain).
Climatologie La station météorologique de l'aéroport de Vichy-Charmeil (à d'altitude : ). se situe à au sud-est de Saint-Pourçain-sur-Sioule : il est représentatif de la Limagne, c'est-à-dire un climat océanique dégradé par une influence continentale (ce dernier plus prononcé qu'en aval).
vignette|Communes du département de l'Allier faisant partie de l'AOC Saint-Pourçain. Encépagement vignette|Vignes sur coteaux à Besson. Les vins blancs sont issus du chardonnay BLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. . comme cépage principal (entre 50 % et 80 % de l'encépagement), du sacy B comme cépage complémentaire (entre 20 % de 40 %), appelé localement « tressalier », et du sauvignon B comme cépage accessoire (10 % maximum).
Les vins rouges sont issus du gamay N comme cépage principal (entre 40 % et 75 % de l'encépagement) et du pinot noir N comme cépage accessoire (entre 25 % et 60 % de l’encépagement).
Les vins rosés sont issus du seul gamay N.
Rendements Rendement visé par le cahier des charges est de 55 hectolitres par hectare, le rendement butoir étant de 66 hl/ha.
Méthodes culturales et réglementation Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare avec un écartement maximal entre les rangs de 2,50 mètres. L’écartement entre les pieds sur un même rang est compris entre 0,90 mètre et 1,20 mètre.Le palissage est obligatoire. La charge maximale moyenne à la parcelle est fixée à 9 500 kilogrammes par hectare. L’enherbement permanent du contour des parcelles (tournières et espaces inter parcellaires non plantés ou non cultivés) est obligatoireCahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée "Saint-Pourçain" ; homologué par arrêté du 12 octobre 2021 publié au JORF du 20 octobre 2021 .
Vins
Volumes Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont : Année saint-pourçain rouge saint-pourçain blanc saint-pourçain rosé superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) 2022 41 176 45 68 442023 47 176 48 43 492024 28 190 30 47 31
Titres alcoométriques minimal et maximal Le titre alcoométrique volumique est de 10,5 % du volume au minimum et de 12,5 % du volume au maximum.
Type de vins et gastronomie Les vins blancs sont issus du chardonnay (50 % minimum) et du tressalier (20 % minimum à 40 % maximum). L'ensemble de ces deux cépages doit représenter au moins 90 % de l'encépagement. Le sauvignon peut être utilisé comme cépage accessoire. Ces vins présentent une couleur jaune paille. Ils sont secs, vifs, assez tendres. Ils ont une bonne tenue en bouteille.
Les vins rouges sont issus du gamay (40 % minimum) et du pinot noir (25 % minimum). L'assemblage de ces deux cépages est obligatoire. Ces vins présentent une belle robe rubis, et sont assez légers. Ils sont fins, pleins en bouche, avec des arômes de fruits secs. Ils ont une bonne tenue en bouteille (jusqu'à 5 ans).
Les vins rosés sont issus exclusivement du gamay. Ils sont secs, et assez fins.
Ces vins s'accordent particulièrement avec des matelotes et étuvées de poissons, brochet à la crème, tourte à la viande, civet de lièvre, pompe aux grattons, pâté aux tartoufes, millat, tarte aux cerises, piquenchâgne, qui sont les fleurons de la gastronomie bourbonnaiseGastronomie en Bourbonnais.
Économie Structure des exploitations