Un piscicide est un produit ou une molécule (naturelle ou synthétique) qui tue les poissons. Les plus connus sont la roténone et l'antimycineFinlayson B.J, Schnick R, Skaar D, Horton W.D, Duffield D, Anderson J.D, ... & Steinkjer J (2010). Comment: Comparative effects of rotenone and antimycin on macroinvertebrate diversity in two streams in Great Basin National Park, Nevada. North American Journal of Fisheries Management, 30(5), 1126-1128..

Usages Des produits piscicides semblent avoir été utilisés depuis longtemps pour certaines techniques de pêche traditionnelle dite « Pêche au poison ». Même quand ils agissent in vitro à faible ou très faible dose, ils ne sont efficaces qu'à certaines conditions, notamment pour contrôler des espèces de poissons introduitesDawson, V. K. (2003). Successes and failures of using piscicides. Integrated management techniques to control nonnative fishes. US Geological Survey, Upper Midwest Environmental Sciences Center, La Crosse, Wisconsin, 33-38. et ils tuent aussi de espèces non-ciblesColvin, M. E., Pierce, C. L., Stewart, T. W., & Grummer, S. E. (2012). Strategies to control a Common Carp population by pulsed commercial harvest. North American journal of fisheries management, 32(6), 1251-1264.. Ce type d'usage est aujourd'hui interdit pour la pêche commerciale et de loisir, mais peut encore être pratiqué par des populations autochtones dans leur environnement naturel (dont amérindiennes en Guyane).

En tant que pesticides, en 1975 une trentaineCumming, K. B. (1975). History of fish toxicants in the United States (No. 4, ). American Fisheries Society, North Central Division | résumé. de molécules piscicides avaient déjà été testées ou utilisées (généralement inefficacement) pour éliminer ou tenter d'éliminer une espèce dominante ou invasiveBrown P.J (2010). Environmental conditions affecting the efficiency and efficacy of piscicides for use in nonnative fish eradication. Montana State University. (ex : Neogobius melanostomusSchreier, T. M., Dawson, V. K., & Larson, W. (2008). Effectiveness of piscicides for controlling round gobies (Neogobius melanostomus). Journal of Great Lakes Research, 34(2), 253-264.) dans certains milieux aquatiques d'eau douce (bassins d'élevage, réservoirs), ou pour éliminer des poissons parasités. Les produits utilisés ou qui ont été autorisés sont notamment : la roténoneRotenone as a piscicideRotenone Stewardship Program des saponines, le TFM, le niclosamide l'antimycine A (Fintrol)Susan J. Clearwater, Chris W. Hickey, Michael L. Martin Overview of potential piscicides and molluscicides for controlling aquatic pest species in New Zealand Science & Technical Publishing 2008 .

Piscicides végétaux ou inspirés de molécules produites par des végétaux De nombreuses plantes, alors dites ichtyotoxiques synthétisent pour se défendre de leurs prédateurs herbivores ou lignivores des molécules toxiques pour de nombreux animaux, dont les poissonsAcevedo-Rodríguez P (1990). The occurrence of piscicides and stupefactants in the plant kingdom (Vol. 8, ). New York Botanical Garden.. Plusieurs techniques traditionnelles de pêche ont consisté à utiliser des poisons piscicides extraits de plantes, diffusés dans l'eau, pour ensuite récupérer les poissons morts. Beaucoup de ces plantes sont des sources naturelles de roténone et de saponines, très toxiques pour les poissons. Parmi ces plantes figurent notamment celles qui sont classées dans les genres suivants : Tephrosia Wikstroemia Barringtonia Maesa (Maesa ramentacea utilisé en ThaïlandeChiayvareesajja, S., Rittibhonbhun, N., Hongpromyart, M., & Wiriyachitra, P. (1997). Toxicity of the Thai piscicidal plant, Maesa ramentacea, to freshwater fishes in ponds. Aquaculture, 158(3), 229-234.)

Différentes classes de molécules chimiques (souvent également insecticides), provenant de divers phylums végétaux ont déjà été découvertes, dont : Ranuncoside VIII (présente chez Barringtonia asiatica) Roténone (Derris eliptica) Sacculatal (Pellia endiviifolia) Dryofragin (Dryopteris fragrans) Vibsanine A (Viburnum odoratissimum) 1-Alkyldaphnmane ortho-ester (Pimela ssp) Furanocoumarin 2-Hydroxy-5-méthoxy-3-undecyl-1,4-benzoquinone (Aegiceras corniculatum) Wutaiensal (Xanthoxylum wutaiense) Stérol acylglucoside (Edgeworthia chrysantha)Cannon JG (2004) Naturally Occurring Fish Poisons from Plants ; Journal of chemical education ; Octobrer 2004 ; DOI: 10.1021/ed081p1457 .

Certaines des molécules piscicides (parfois très actives) sont aussi utilisées par des médecines traditionnelles ou pour faire du savon (ce qui peut poser problème s'il est utilisé en bordure de cours d'eau), dont par exemple en AngolaBossard E (1993). Angolan medicinal plants used also as piscicides and/or soaps. Journal of ethnopharmacology, 40(1), 1-19| résumé..

Certains auteurs estiment qu'il est possible de produire des pesticides bio-inspirés ou d'origine végétale moins nocifs pour la nature (respectueux de l'environnement) que certaines molécules de synthèseSingh, A., Singh, S. K., Yadav, R. P., Srivastava, V. K., Singh, D., & Tiwari, S. (2006). Eco-friendly molluscicides, piscicides and insecticides from common plants. Trends in Agriculture and soil pollution research. New York: Nova Science, 205-230., ces molécules naturelles étant susceptibles de mieux être biodégradées, ou photodécomposéesDawson V.K (1973). Photodecomposition of the piscicides TFM (3-trifluormethyl-4-nitrophenol) and antimycin (Doctoral dissertation, University of Wisconsin--La Crosse)..

Toxicologie Peu de données semblent disponibles concernant certains produits traditionnels. Les pesticides piscicides actuellement mis sur le marché ont dû faire l'objet de certaines études toxicologiques et écotoxicologiquesMarking L.L (1975) Toxicological protocol for the development of piscicides (No. 4, ). American Fisheries Society, North Central Division..

Écotoxicologie Les effets de ces molécules sur les poissons adultes, leurs larves ou leurs œufs sont souvent directs et importants. Des effets secondaires peuvent être induits par la disparition des poissons, qui bouleverse éventuellement le réseau trophique. Divers auteurs ont estimé que des piscicides comme la roténone et l'antimycine ont peu d'effets directs sur les populations de mollusques et d'invertébrés aquatiques, alors que d'autres estiment que ces effets ne sont pas négligeablesVinson, M. R., Dinger, E. C., & Vinson, D. K. (2010). Piscicides and invertebrates : after 70 years, does anyone really know?. Fisheries, 35(2), 61-71 |résumé ; une revue d'études publiées du milieu du à 2010 montre que pour les suivis de moins de , les effets sur les assemblages d'invertébrés varient de « mineurs » à « substantiels », mais qu'il n'existait alors pas d'évaluation ayant porté sur une durée de plus d'un an.

Résilience du milieu : le temps et les conditions de détoxication du milieu aquatique et du sédiment après utilisation de piscicides, dépend de divers facteurs (doses et molécules utilisées, température, éclairement, courant) ; ils sont encore mal connusRowe-Rowe, D. T. (1979). he detoxification of two rotenone-containing piscicides in fresh water. South African Journal of Wildlife Research-24-month delayed open access, 3(1), 22-23..

Références

Voir aussi Article connexe Pêche au poison. Bibliographie Boogaard, M. A., Bills, T. D., Selgeby, J. H., & Johnson, D. A. (1996). Evaluation of piscicides for control of ruffe. North American Journal of Fisheries Management, 16(3), 600-607 (résumé). Cagauan, A. G., Galaites, M. C., & Fajardo, L. J. (2004, September). Evaluation of botanical piscicides on Nile tilapia Oreochromis niloticus L. and mosquito fish Gambusia affinis Baird and Girard. In Proceedings on ISTA (). Challis B.C.B (1967). Brevet : U.S. Patent No. 3,349,102. Washington, DC: U.S. Patent and Trademark Office. Clearwater, S., Hickey, C. W., & Martin, M. L. (2008). Overview of potential piscicides and molluscicides for controlling aquatic pest species in New Zealand. Science & Technical Pub., Department of Conservation. Darby, N. W., Williams, T. B., Baker, G. M., & Vinson, M. (2004). Minimizing effects of piscicides on macroinvertebrates. In Wild Trout VIII Symposium Proceedings. Yellowstone National Park, September (). Ekpendu, E. A., Saliu, J. K., & Otitoloju, A. A. (2014). A Checklist of botanical piscicides available in Nigeria. Open Journal of Ecology, 4(07), 346. Engelen, B., Meinken, K., Von Wintzingerode, F., Heuer, H., Malkomes, H. P., & Backhaus, H. (1998). Monitoring impact of a pesticide treatment on bacterial soil communities by metabolic and genetic fingerprinting in addition to conventional testing procedures. Applied and Environmental Microbiology, 64(8), 2814-2821. Fafioye, O. O., Fagade, S. O., & Adebisi, A. A. (2005). Toxicity of Raphia vinifera, P. beauv fruit extracts on biochemical composition of Nile Tilapia (Oreochromis niloticus, Trewavas). Biokemistri, 17(2), 137-142. Morrison, B. R. S. (1985). Use and effects of piscicides Angling an wi ie in fresh waters, 47. Stefferud J.A & Propst D.L (1996). A lightweight, constant-flow device for dispensing liquid piscicides into streams in remote areas | North American Journal of Fisheries Management, 16(1), 228-230. Tiwari, S., & Singh, A. (2004). Piscicidal and anti-acetylcholinesterase activity of Euphorbia royleana stem bark extracts against freshwater common predatory fish Channa punctatus. Environmental toxicology and pharmacology, 18(1), 47-53 | résumé. Tiwari, S., & Singh, A. (2004). http://www.bioline.org.br/pdf?tc04003 Piscicidal activity of alcoholic extract of Nerium indicum leaf and their biochemical stress response on fish metabolism]. African Journal of Traditional, Complementary and Alternative Medicines, 1(1), 15-29.

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