Boris (; né 1114 - mort 1154), connu également sous le nom de Boris Kalamanos (grec Βορίσης Καλαμάνος, ) est un prétendant au trône de Hongrie du milieu du . Il est le fils de Euphemia de Kiev, la seconde épouse de Coloman le Bibliophile, roi de Hongrie. Après qu'Euphemia a été convaincue d'adultère, Coloman la chasse de Hongrie et refuse de reconnaître la paternité de Boris. Toutefois, Boris, qui naît dans le Rus' de Kiev, se considère lui-même comme le fils légitime du roi. Il proclame ses droits au trône de Hongrie après la mort en 1131 du fils premier né et successeur de Coloman, . Boris fait plusieurs tentatives pour faire valoir son droit contre les rois et avec l'appui du royaume de Pologne, du Saint-Empire et de l'Empire byzantin, mais il est tué lors d'un combat.

Premières années thumb |upright |alt=A stylized crowned figure sitting on a throne | Sceau royal de Coloman le Bibliophile, roi de Hongrie, qui expulse son épouse la mère de Boris de Hongrie pour adultère avant la naissance de Boris.

Boris est le fils d'Euphémie de Kiev, une fille de , le futur grand-prince de Kiev. Elle est donnée en mariage au roi Coloman de Hongrie en 1112. Toutefois la Chronica Hungarorum rapporte , qu'elle « est surprise en flagrant délit d'adultère »The Hungarian Illuminated Chronicle (ch. 149), .. Après la découverte de sa relation illicite, le roi Coloman expulse son épouse de Hongrie. Elle se réfugie dans son pays natal où elle donne naissance à Boris vers 1114. Il reçoit le nom de saint Boris, un des premiers princes canonisés de la dynastie des Riourikides. Le roi Coloman refuse de reconnaître que Boris est son fils. Boris est élevé à la cour de son grand père, , à Kiev.

Selon la Chronica Hungarorum., un groupe de seigneurs hongrois désigne les "comtes Bors et Ivan" The Hungarian Illuminated Chronicle (ch. 158), . comme anti-rois quand , le fils et successeur de Coloman le Bibliophile, tombe malade vers 1128, Toutefois, retrouve la santé et ordonne l'exécution d'Ivan et expulse Bors qui s'enfuit dans l'empire byzantin. Selon une théorie ce Comte Bors serait Boris Kalamanos, mais cette hypothèse n'a jamais été complètement acceptée. meurt le et son cousin, Béla l'Aveugle, lui succède. Lors d'une assemblée tenue à Arad, l'épouse du nouveau roi, Hélène de Rascie, ordonne l'exécution de tous le seigneurs hongrois qui sont jugés responsables de la mutilation ou de s'être opposés à l'accession au trône de son époux.

Tentatives pour obtenir le trône

Première tentative Après la mort d', Boris « élève des prétentions au royaume de son père »The Two Cities: A Chronicle of Universal History of the Year 1146 A. D. by Otto, Bishop of Freising (ch. 7.21.), . et revient de l'Empire byzantin, selon le chroniqueur contemporain Otton de Freising. L'historien byzantin Jean Kinnamos indique que l'empereur « accorde à [Boris] de grands honneurs et l'unit en mariage avec une épouse de sa propre famille »Deeds of John and Manuel Comnenus by Jean Kinnamos (3.11), 93.. Néanmoins, Boris quitte l'empire byzantin pour la Pologne lorsque l'empereur refuse de lui accorder une assistance militaire selon Otton de Freising.

accepte d'assister Boris, parce qu'il cherche à constituer une coalition contre le Saint-Empire. Des réfugiés hongrois et des troupes du Rus' de Kiev rejoignent également Boris. Leurs armées unies envahissent la Hongrie lors de l'été 1132. Contre eux, Béla l'Aveugle s'allie avec le margrave . Les seigneurs hongrois fidèles au souverain aveugle massacrent leurs homologues qui ont accepté de soutenir les revendications de Boris au trône. Lors de la suite du combat les troupes unis des Hongrois et des Autrichiens mettent en déroute l'armée de Boris et de ses alliés sur les rives de la Sajó le . La victoire de Béla est décisive et Boris ne fait plus aucune tentative pour s'emparer du trône pendant le règne de Bela, bien que son allié, , ne signe la paix avec Béla qu'en .

Deuxième tentative Boris rend visite à , accompagné du beau-frère de ce dernier, , à la fin de 1145. Il « se plaint dans d'un ton éploré et lugubre »The Two Cities: A Chronicle of Universal History of the Year 1146 A. D. by Otto, évéque de Freising (ch. 7.34.), p. 444. à Conrad qu'il a été privé de son patrimoine, implorant Conrad de l'aider à se saisir la Hongrie, selon Otto de Freising. et son épouse, Gertrude de Babenberg qui appuient les prétentions de Boris réussissent à persuader Conrad d'autoriser Boris à recruter des mercenaries en Autriche et dans le duché de Bavière.

Les mercenaires de Boris déferlent sur la Hongrie et s'emparent de Pressburg (l'actuelle Bratislava en Slovaquie) en . le fils et successeur de Béla l'Aveugle marche peu après sur la forteresse et lui impose une blocus. entre en négociations avec les mercenaires de Boris et les circonvient pour qu'ils acceptent de lui rendre la forteresse sans combattre. En représailles de l'appui apporté à Boris, Géza envahit l'Autriche et bat l'armée d', également duc de Bavière, lors de la bataille de la Fischa le .

Troisième tentative thumb |right |alt=Two crowned young men | Le compétiteur de Boris, , rencontre , Le protecteur temporaire de Boris, pendant la seconde croisade (d'après la Chronica Hungarorum).

À Noël 1146, déclare qu'il veut prendre la tête d'une croisade en Terre sainte. Boris decide de se joindre aux croisés allemands et de venir pour ce faire en Hongrie. Quand est informé du plan de Boris, « il distribue beaucoup d'argent parmi les allemands »Odon de Deuil: De Profectione in Orientem: Le Voyage de en Orient, ., afin de les persuader de refuser la présence de Boris, d'après Eudes de Deuil.. Mais Boris refuse de renoncer à son projet, car il a été informé que plusieurs seigneurs hongrois « étaient prêts à le prendre pour leur seigneur et abandonner le roi pour s'attacher à lui »Chronica Hungarorum (ch. 166.120), . s'il réussissait à revenir en Hongrie, selon la Chronica Hungarorum.

Il approche alors , qui chemine également à travers l'Europe centrale vers la Terre Sainte , lui exposant ses droits héréditaires au trône de Hongrie. Après que n'a pas donné de réponse à sa lettre, Boris persuade deux nobles français de l'aider à rejoindre secrètement l'armée des croisés français qui pénètre en Hongrie à l'été 1147. Lorsqu'il découvre que son compétiteur est parmi les Français, demande extradition de Boris, mais accorde l'asile et sa protection à ce dernier et refuse de le livrer à , très probablement parce que l'épouse de Boris est une parent de empereur byzantin, , selon l'historien Ferenc Makk. En tout état de cause, Boris quitte la Hongrie et entre dans l'Empire byzantin avec les croisés français.

Ultimes prétentions et derniers jours Après l'échec de que ses tentatives de s'emparer de la Hongrie, Boris s'établit dans l'empire byzantin. Pendant un conflit entre les byzantins et la Hongrie à la fin de l'automne 1150, Boris combat dans l'armée byzantine. Sur l'ordre de l'empereur Manuel il pille la région de la rivière Temes à la tête d'une armée byzantine et oblige une petite troupe de hongrois à s'enfuir. Il ne se retire de Hongrie qu'après que s'approche de la frontière avec l'armée royale.

Selon une tradition, Boris meurt en 1153 ou 1154. Explicitement, Otton de Freising indique que Boris « est frappé et tué par une flèche [tiré par l'arc] d'un certain Couman » The Deeds of Frederick Barbarossa (ch. 2.53), . alors qu'il combat contre la Hongrie peu avant 1156. Par ailleurs l'historien byzantin, Nicétas Choniatès, évoque une autre tradition selon laquelle « un certain Kalmanos » « reçoit une blessure mortelle et quitte cette vie » O City of Byzantium, Annals of Niketas Choniatès (2.94), . lors d'une bataille contre les « Scythes » Petchénègues ou Coumans qui pillent le territoire byzantin le long du bas Danube quelque temps après la campagne de l'empereur Manuel de 1150 contre la Hongrie.

Règne en Bosnie ? Selon un célèbre historien hongrois Bálint Hóman de la première moitié du , les souverains depuis exerçaient leur suzeraineté sur la principauté de Bosnie qui aurait été confiée par le roi au pince BoriszBálint Hóman (1938) Geschichte des ungarischen Mittelalters , Berlin, p. 391. "In 1158, Duke Ladislaus came to Bysanz, in whose Bosnian duchy Geza had already appointed Banus Boris as a regent some years ago." His Regency was on behalf of Duke of Bosnia prince Ladislaus who was a minor when, in 1137, he got Bosnia at age 6.Nada Klaić (1994) Srednjovjekovna Bosna: Politički položaj bosanskih vladara do Tvrtkove krunidbe (1377 g), Grafički Zavod Hrvatske, Zagreb, . PDF Klaić quotes Hóman as saying Banus Boris got Bosnia from to rule as Regent, and then identifies Ban Boris as prince Boris Kalamanos. Regency was precisely on behalf of then-minor prince Ladislaus, the Duke of Bosnia, but who after coming of age in 1149 never took the possession of the province, so Bosnia became Boris's permanently.. De ce fait, Simeon Bogdanović et d'autres historiens affirment que Boris Kalamanos et le premier souverain de la Bosnie le ban Borić sont en fait la même personneMilenko M. Vukićević, Stevo Ćosović Znamenite žene i vladarke srpske, Svet knjige, 2005. . ("Међутим, један од познијих писаца (Синиша у Летопису Матице српске, књ. 151) вели, такође, да је Ана била кћи босанскога бана Борића. Али ту узима да су бан Борић и Борис, син , краља угарског, једно лице." ("One of the later writers (Siniša in Annales of Matica Srpska, book 151) also says that Ana was daughter of Bosnian Ban Borić. But there he holds that Ban Borić and Boris, son of Hungarian king , were the same person."), ce qui a permis de nier les traditions répandues selon lesquelles Boris est mort dans la décennie 1150.

Union et postérité L'épouse de Boris est une nièce de l'empereur , selon Eudes de Deuil, mais son nom et son origine familiale précise sont inconnus. L'historien Raimund Kerbl avance qu'elle est identifiable avec Anna Doukaina, qui se nomme elle-même kralaina (« reine ») dans une charte, de . Elle adopte ensuite le nom monastique d'Arete après la mort de son époux. Boris se marie avec son épouse byzantine à la fin de 1131 ou au début de 1132, car Otton de Freising mentionne que son union est déjà effective à cette époque.

Le fils aîné de Boris, le sebastos Konstantinos Kalamanos, fut gouverneur byzantin de Cilicie entre 1163 et 1175. L'historien Makk identifie un Stephanos Kalamanos, cousin du roi détrôné , selon Kinnamos, comme le fils cadet de Boris. Ni Konstantinos ni Stephanos n'émettent aucune revendication au trône de Hongrie.

Sources

Sources primaires Deeds of John and Manuel Comnenus par Jean Kinnamos (traduction de Charles M. Brand) (1976). Columbia University Press . O City of Byzantium, Annals of Niketas Choniatēs (traduction de Harry J. Magoulias) (1984). Wayne State University Press . Odo of Deuil: De Profectione in Orientem: The Journey of to the East (édité avec une traduction en anglais par Virginia Gingerick Berry) (1948). Columbia University Press. The Deeds of Frederick Barbarossa par Otto de Freising et son continuateur, Rahewin (traduite et annotée avec une introduction par Charles Christopher Mierow avec la collaboration de Richard Emery) (2004). Columbia University Press . The Hungarian Illuminated Chronicle: « Chronica de Gestis Hungarorum »(éditée par Dezső Dercsényi) (1970). Corvina, Taplinger Publishing . The Two Cities: A Chronicle of Universal History to the Year 1146 A. D. par Otto, évêque de Freising (traduite en entier avec une introduction et des notes de Charles Christopher Mierow, Ph. D., LL.D., President of Colorado College, Éditée by Austin P. Evans and Charles Knapp) (1928). Columbia University Press.

Sources secondaires Gyula Kristó Histoire de la Hongrie Médiévale, « Le temps des Arpads » P.U.R Rennes (2000) . Florin Curta Southeastern Europe in the Middle ages 500-1250 Cambridge university Press 2006 .