Jean Louis Hippolyte Dussard (parfois écrit Hyppolite , Hippolite et/ou Dussart), né le 18 fructidor an VINotice « Dussard (Jean, Louis, Hippolyte) » in Archives nationales (France) (répertoire nominatif par Christiane Lamoussière, revu et complété par Patrick Laharie ; répertoire territorial et introduction par Patrick Laharie), Le Personnel de l’administration préfectorale, 1800-1880, Paris : Centre historique des Archives nationales, 1998, 1159 pages, , , page 292. () à Morez (Jura) et mort le à Nyer A. Winkler Prins, Geïllustreerde encyclopædie, 1885 (Pyrénées-Orientales), est un économiste, journaliste et investisseur commanditaire français. Il est Commissaire du gouvernement provisoire et préfet de la Seine-Inférieure en 1848 et membre du Conseil d'État en 1849.

Biographie La vie d’Hippolyte Dussard est marqué par ses convictions républicaines. En 1815, il s'enrôle comme volontaire dans la génie militaire.

En 1830, il signe la Protestation des journalistes contre les ordonnancesLouis Blanc, Histoire de dix ans, tome 1, 1842, (Documents historiques/Protestation des journalistes) Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe édition Garnier, Paris, 1910, tome 5

Pendant l'insurrection républicaine à Paris en juin 1832, il soutient l'insurrection des ouvriers, et pour éviter d'être poursuivi, il se réfugie en Angleterre, où il est l'hôte de John Stuart MillHayek on Mill: The Mill-Taylor Friendship and Related Writings, The collected works of F.A.Hayek, vol 16, University of Chicago Press, 17 févr. 2015, , dont il traduira plus tard Principes d’économie politique. Il reste en Angleterre jusqu'en 1834 et il y dévient un connaisseur de l'économie politique de ce pays.

En 1835, il signe la lettre aux prisonniers d' et il est, avec les autres signataires, convoqué en poursuite devant la Cour des pairsProcès des accusés d'avril 1834 devant la Cour des Pairs, suivi de celui des défenseurs, 1835Chambre des pairs. Affaire de La tribune et du Réformateur: procès-verbal des séances relatives au jugement de cette affaire, 1835 .

Écrivain Hippolyte Dussard est collaborateur de la Revue encyclopédique de 1819 à 1833La Revue encyclopédique a existé jusqu'en 1835, du Bulletin des Sciences Technologiques pour la section des arts chimiques de 1823 à 1830Bulletin des Sciences Technologiques dit Bulletin de Férussac, qui a existé jusqu'en 1831.. De 1830 à 1842, il écrit pour le journal Le Temps, journal des progrès politiques, scientifiques, littéraires et industriels, fondé en 1829 par Jacques Coste et Jean-Jacques BaudeNécrologie de Hippolyte Dussard par Joseph Garnier dans le Journal des économistes, 1876 R.H. Ingriss Palgrave, Dictionary of Political Economy, Springer, 2016, . Il écrit dans le Dictionnaire du Commerce (éd Guillaumin, 1837) aux sujets d'agriculture, capital, concurrence (économie politique) et savonClaire Lemercier, La Chambre de commerce de Paris, 1803-1852. Un « corps consultatif » entre représentation et information économiques, thèse de doctorat d’histoire sous la direction de Gilles Postel-Vinay, EHESS, 2001, annexe. Dussard qui semble avoir quelque connaissance de chimie, a en 1838 un brevet d'invention (brevet d'importantion) de décoloration de huile de palme sur son nomTexte du Brevet d'invention de décoloration de huile de palme in: Description des machines et procédés spécifiés dans les brevets d'invention, de perfectionnement et d'importation dont la durée est expirée, et dans ceux dont la déchéance a été prononcée, Volume 82, Numéros 11297 à 11441, 1854.. Il est, en 1839, membre de la rédaction du Repertoire de l’industrie étrangère (1 volume).

Il publie en 1841 chez Guillaumin De l’état financier de l’Angleterre et des mesures proposées par les whigs et toriesWinkler Prins encyclopédie, op.cit.. Par ce livre, Dussard est remarqué par Gilbert Guillaumin, qui a fondé en 1841 le Journal des économistes, et celui prend Dussard dans la rédaction de ce journal. Dussard est de 1843 à 1845 rédacteur en chef du journal, succédant à Adolphe Blanqui et remplacé par Joseph Garnier. En 1844, il écrit le rédactionnel du premier numéro de l’Annuaire de l'économie politique, production des rédacteurs du Journal de l'économie et la même année il est co-éditeur des Œuvres de Turgot en 2 volumes, les volumes 3 et 4 de la Collection des principaux économistes, édité sous la direction de Guillaumin.

Fonctionnaire et préfet

Dès le premier numéro du Journal des économistes, 1841, il écrit sur les chemins de fer, et parallèlement à son travail de rédacteur, il est premier agent commercial et organisateur de l'exploitation de la ligne de chemin de fer de Paris à RouenNecrologie, op.cit.Journal des chemins de fer, tome 14, 1855 . À la Révolution française de 1848, la ligne de chemin de fer Paris de à Rouen subit en février des dévastations par des incendiairesJournal des chemins de fer, Volume 7, 1848, . Le gouvernement provisoire envoie Félix Avril et Dussard en expédition contre les incendiaires. L'expédition étant réussiExpédition contre les incendiaires - Rapport au Gouvernement provisoire par les citoyens Avril et Dussard, in: Recueil complet des actes du gouvernement provisoire (février, mars, avril, mai, 1848), partie, 3/7 mars 1848 , Dussard est nommé le Commissaire du gouvernement du département de la Seine-Inférieure, puis préfet le , fonction qu'il remplit jusqu'à la fin de l'année 1848.

À Rouen, encore sous le coup de la Révolution, sans travail dépendant des comités de charité. La commune veut donner une subvention qui leur nourrirait 20 joursL'ami de la religion journal et revue ecclésiastique, politique et littéraire, 1848 . « Et après...? » demande le Commissaire Dussard. Il propose d'utiliser la subvention pour faire tourner les usinesFrancis Dernier, Les ouvriers de Rouen parlent à un économiste en juillet 1848, in : Le Mouvement social : bulletin trimestriel de l'Institut français d'histoire sociale, avril-juin 1982, . Et cela réussit, dit-il en 1867 dans le Journal des économistes[Journal des économistes, 1867, ]. Les travaillers semblent confirmer ce succès, puisque « le Club de tous les Devoirs réunis » à Paris portent « Dussard, économiste » candidat pour les élections de 1848Curiosités révolutionnaires. Les affiches rouges, reproduction exacte et histoire critique de toutes les affiches Ultra-Républicaines placardées sur les murs de Paris depuis le 24 février 1848. Avec une préface par un Girondin, 1851, .

En , il doit faire face aux émeutes d' au Havre et Fécamp, sur lequel il a écrit un mémorandum : Troubles de Fécamp, Explications du préfetPierre Ardaillou, Les républicains du Havre au : (1815-1889), ].

À l'avènement du Président Louis-Napoléon Bonaparte, celui refuse de le confirmer dans sa fonction de préfet de la Seine-InférieureThe Westminster Review, Volume 51, 1849 ].

Élu Conseiller d'État en , il perd cette place par tirage au sort en Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, 1870 . À la suite de cela, il est envoyé par le ministre de l'Intérieur Jules Dufaure en mission en Angleterre pour y étudier les institutions charitablesCharles Coquelin, Gilbert-Urbain Guillaumin, Dictionnaire de l'économie politique, 1853, .

Le au matin, à la chute du Second Empire, sur proposition de la commission départementale, il accepte à 72 ans provisoirement la fonction de préfet des Pyrénées-Orientales pour le gouvernement provisoire, mais la population de Perpignan proteste et sa nomination n'est pas approuvée. Il se retire le soir du même jourEnquete Parlementaire Sur Les Actes Du Gouvernement de la Defense Nationale, part 3,Volume 1, 1875 .

Investisseur commanditaire Dussard prend fin 1837 le chemin des investissements en s'associant au banquier le comte Jelskicomte Louis Jelski, mort en 1843, ancien gouverneur de la Banque de Pologne qui avait en exil fondé une banque en France. Ils créent en 1837 une compagnie commanditaire de l'Industrie : la Compagnie Jelski, Dussard et CieJournal de l'institut historique, Volume 8, 1838, , qui va financer et concourir des industries innovantes, créatrices d'emplois. Assisté par un comité technique, dont fait partie Emmanuel Arago, ils fournissent en 1838 leur concours aux moulins de Saint-Maur à Paris, à la Société en commandite pour la galvanisation du fer Sorel et comp.Stanislas Sorel, inventeur de la galvanisation, après avoir breveté son invention, avait en 1837 publié pour la première fois pour le grand publicLa France industrielle, manufacturière, agricole et commerciale, 1837-1838, : Procédé pour rendre inoxidables tous les objets en fer employées dans les constructions ; : De la galvanisation de fer ; : Société en commandite pour la galvanisation du fer Jelski, qui avait acheté les droits d’un brevet de tannerie, meurt en 1843 et c'est Dussard qui avec ce brevet crée une tannerie à Ivry-sur-Seine (Seine). Ils avaient investi aussi dans le chemin de fer Paris-Rouen, ouvert en 1843, dont Dussard devient le premier chef de l'exploitation. Pour cette fonction, remplie pendant deux ans, il est décoré chevalier de la Légion d’honneurJournal des chemins de fer, Volume 4, 1845 . vignette|droite|Le château de Nyer

Dussard participe à d'autres projets de financement : Devenu en 1854 propriétaire du château de Nyer, il finance pour la commune un canal d'irrigation dans la montagne, ouvert en 1855Travaux d'irrigation dans la montagne, in : Journal des chemins de fer, Volume 14, 1855 . En 1856 la fondation de la Caisse franco-suisse de Cheptel et de l'Agriculture, dont le siège est à GenèveRecueil authentique des lois et actes du Gouvernement de la République et Canton de Genève, Volume 42, . Vers 1862 il s'associe à Amédée Sellier et fonde la Compagnie Dussard et Sellier Dussard et Sellier participent en 1863 à la fondation de « l’Approvisionnement société de crédit des halles et marchés de Paris »Bulletin des lois de la République Française, Série XI, Tome 22, semestre 1863, partie supplémentaire tome XXII, 1864 . Dussard et Sellier fondent en 1865 la Compagnie pour l'irrigation pour réaliser dès 1866 d'autres projets de canaux dans le sud de la France : le canal de Saint-Martory, le canal de la Siagne, le canal du Lagoin, le canal du VerdonUn troisième associé, Pascal Nicolas était mort en 1865, la séparation des droits a engendré une série de procès : Affaire de MM. Dussard et Sellier contre les héritiers Nicolas et consorts relative aux droits des uns et des autres dans les comptes du défunt Pascal Nicolas, de son vivant associé aux demandeurs pour la construction et l'exploitation du canal du Verdon, impr. E. Brière, 1866.. Les projets étant trop vastes pour la Compagnie pour l'irrigation seule, ils transfèrent les concessions à la compagnie anglaise General irrigation and water supply company of France limited, représentée toujours par Hippolyte Dussard et Amédée Sellier avec en plus Frédérique Marshall, et financée par une banque anglaise d'investissementPhillip Cottrell, Investment Banking in England 1856-1881(RLE Banking & Finance), 2013, Grissot de Passy, Étude sur le Service hydraulique et sur les mesures administratives concernant les cours d'eau non navigables ni flottables, .

Œuvres Art de fabriquer les savons, mis à la portèe des ménages, 1829 Capital, in : Encyclopédie du commerçant: Dictionnaire ducommerce et des marchandises. Tome premier. A-F, . Paris: Guillaumin, 1841Article résumé dans : Olli Turunen, The Emergence of Intangible Capital. Human, Social, and Intellectual Capital in Nineteenth Century British, French, and German Economic Thought, University of Jyväskylä, 2016, . De l'état financier de l'Angleterre et des mesures proposées par les Whigs et les Tories, 1842 In : Annuaire de l'économie politique : Les pourquoi de l'économie politique (I, 1844, ) ; Enseignement de l'économie politique (II, 1845, ).