Limite est une ancienne revue trimestrielle française qui paraît de à , et sous-titrée Revue d'écologie intégrale.
Bio-conservatrice, décroissante, d'inspiration chrétienne, elle défend la nécessité d'une écologie intégrale promouvant de la mesure et des limites, dans un monde qu'elle juge dominé par l'idéologie du progrès. À son lancement, elle est animée par un groupe de jeunes intellectuels chrétiens , dont une partie ont eu pour premier socle militant La Manif pour tous., mais surtout les Veilleurs.
Historique La revue est créée en après la publication de l'encyclique Laudato si' () et avant la conférence de Paris sur les changements climatiques (novembre-décembre 2015). Elle est cofondée par Paul Piccarreta, Gaultier Bès et Marianne Durano, accompagnés du journaliste Camille Dalmas. Piccarreta fait la connaissance de Bès et Durano en suivant Les Veilleurs à Lyon pour La Vie, où il est alors journaliste pigiste.. Eugénie Bastié, qui s'est fait connaître pour sa part à La Manif pour tous, rejoint le groupe peu après, mais pour peu de temps.
La ligne de la revue remonte aux débats qui font suite à la publication du livre de Gaultier Bès et Marianne Durano, Nos limites. Pour une écologie intégrale. Publié en , le livre critique le et sa vision d'un progrès ne s'imposant aucune limite.. Pour certains, il s'agit d'une resucée d'Immédiatement..
Les premiers numéros sont publiés aux éditions du Cerf., puis aux éditions Première Partie.
En 2019, la revue évolue après le départ d'Eugénie Bastié en octobre. Une tribune signée par plusieurs membres au moment des débats sur la loi de bioéthique et appelant à lui vaut des attaques virulentes d'une droite ultra qui avait pourtant regardé sa naissance d'un bon œil..
Sous l'effet de la recomposition politique de la droite française, plusieurs membres de la revue s'en détournent afin d'embrasser une ligne politique plus proche de l'extrême droite traditionnelle, abandonnant leur engagement écologique : c'est donc le cas d'Eugénie Bastié, qui quitte la revue en 2019 pour rejoindre l'équipe de Pascal Praud sur CNews, puis en 2020 de Jacques de Guillebon, qui lance le mensuel conservateur L'Incorrect. .
En , après sept ans d'existence et 27 numéros, Paul Piccaretta annonce la fin de la revue. Il indique : , ajoutant , ciblant notamment Eugénie Bastié partie à CNews.
En , Paul Piccaretta lance un nouveau média intitulé Le Cri. Il choisit le nom en référence au "cri de la terre et des pauvres" évoqué par le Pape François dans son encyclique Laudato si. Ce média se veut résolument marqué à gauche et souhaite .
Ligne éditoriale Née dans la foulée des débats qui animèrent les milieux catholiques autour du mouvement des Veilleurs., la revue promeut une écologie intégrale, qui se soucie des plus fragiles et des opprimés et s'oppose à . Elle indique défendre aussi bien l'écologie environnementale, contre la pollution des cours d'eau par exemple, et l'« écologie humaine », dans le corps de l'homme, contre le transhumanisme, la GPA et la PMA. La revue s'inscrit contre la loi Taubira et le mariage des couples de même sexe, et le « recours excessif à la contraception ». La revue appelle à poser des bornes dans les domaines de la vie qu'elle juge les plus menacés : l’environnement, la vie sociale, l’économie.
C'est donc le titre qu'elle s'est choisi, considérant que Dans le manifeste accessible sur le site web de la revue, Limite se définit ainsi :
La revue proclame un antilibéralisme au sens de Jean-Claude Michéa : elle considère que le libéralisme économique est indissociable du libéralisme politique, que l'économie de marché est solidaire de la libération des mœurs. Elle se fait critique du capitalisme, selon l'essayiste de droite Mathieu Bock-Côté. En opposition à une croissance économique qui n'aurait pas de limite temporelle ni idéologique, la revue prône la décroissance..
Limite a aussi su se faire remarquer par ses titres humoristiques et un brin provocateurs, comme « Comment baiser sans niquer la planète ? ».. De plus, la diversité des sujets traités est importante comme l'explique le quotidien La Vie :
La revue cherche à confronter les points de vue. Le directeur de la rédaction Paul Piccarreta, par exemple, « incarne [une] ligne social-conservatrice, soit antilibérale » et souverainiste. Comme l'explique Pascale Tournier dans Le vieux monde est de retour, cette ligne a tendance à supplanter l'autre ligne plus libérale des catholiques de droite. Les positionnements de Limite lui ont valu d'être qualifiée d'« ultraconservatrice » voire de « réactionnaire ».., ce qui est débattu .. En 2022 selon Marianne, .
La revue se veut décomplexée, affirmant qu'il faut . Elle rassemble des personnes de différents courants au sein de sa rédaction, qui On retrouve notamment dans le comité éditorial de Limite le journaliste Kévin Boucaud-Victoire qui a fondé la revue socialiste et décroissante Le Comptoir.
Politiquement, la revue n'est proche d'aucun parti politique en particulier mais se retrouve pour s'opposer à Emmanuel Macron, qui
Limite trouve une inspiration dans la pensée des papes Jean-Paul II, en particulier sa théologie du corps., et François, en particulier sa seconde encyclique Laudato si’ « sur la sauvegarde de la maison commune »..
Les figures intellectuelles revendiquées par Limite sont variées, et comprennent aussi bien Georges Bernanos et George Orwell qu'André Gorz, théoricien de l'écologie politique et cofondateur du Nouvel Observateur. La revue se nourrit du catholicisme social de Simone Weil, de l'anarchisme chrétien développé par Jacques Ellul ou plus récemment par Falk van Gaver., du penseur agnostique postchrétien Bernard Charbonneau, des écrits de l'altermondialiste Naomi Klein et de l'anarchiste conservateur Jean-Claude Michéa., et apprécie le cinéma de Pier Paolo Pasolini. On peut donc y voir un héritage du christianisme anti-moderne du illustré par exemple par Georges Bernanos : ainsi pour l'écologue Dominique Bourg (candidat de la liste Urgence Écologie. aux élections européennes de 2019),
Critiques La revue est animée par un groupe de jeunes intellectuels chrétiens
Malgré la diversité des références affichées, Limite est classée par certains observateurs au sein des : plusieurs membres de la revue (notamment Gaultier Bès et l'ex-membre fondatrice Eugénie Bastié.) ont été actifs dans des mouvements comme Les Veilleurs ou La Manif pour tous avant de s'en éloigner.
L'actuel directeur de la rédaction de la revue, Paul Piccarreta, a notamment écrit de nombreux articles pour le magazine Causeur, qualifié de « volontiers réactionnaire » par le journal Le Monde.
Avant de devenir collaborateur de la revue en 2021, le sociologue Jean-Louis Schlegel, estime en 2017 :
En 2018, il évacue pourtant la thèse d'une revue proche de l'extrême droite dans un long article publié dans la revue Esprit, intitulé « Les limites de Limite » :
L'engagement de la revue en faveur de l'accueil des « migrants » dans la tradition d'un catholicisme social comme celui de Semaines sociales empêche de la positionner résolument à droite de l'échiquier politique. Pour l'écologue Dominique Bourg, Cet écologiste marqué à gauche reconnaît qu'avec Gaultier Bès ils sont .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . , numéro spécial de la revue Bifurcations, 2025.
Articles connexes Écologie intégrale Sauvegarde de la création
Liens externes
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