Mamadou Touré, né le à Daloa, est un homme politique ivoirien. Il est ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l'Insertion professionnelle et du Service civique ainsi que porte-parole adjoint du gouvernement depuis 2018. Mamadou Touré est issu du Rassemblement des républicains (RDR) et membre du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Biographie Mamadou Touré est né le à Daloa. Il est de nationalité ivoirienne, marié et père de quatre enfants.. Il grandit au centre-Ouest de la Côte d'Ivoire, précisément à Daloa, sa ville natale. Il est élevé par Martial Kipré, un Bêté proche de la famille de l'ex-président de la république Laurent Gbagbo. Son père est Yamoussa Touré, proche du président Félix Houphouët-Boigny et personnalité importante parmi les musulmans ivoiriens..

Après avoir occupé des fonctions de conseiller technique dans plusieurs cabinets ministériels et à la Présidence de la République, il intègre le Gouvernement en tant que Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement technique et de la Formation Professionnelle. Il est ensuite nommé Ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique. Au sein de sa formation politique, il occupe les fonctions de porte-parole adjoint du Gouvernement et du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). Sur le plan local, il est président du Conseil régional du Haut-Sassandra depuis . Sa formation académique est orientée vers les affaires internationales, la diplomatie et le management des politiques publiques.

Parcours académique Mamadou Touré a effectué ses études primaires au complexe sucrier de Ferké 2, puis ses études secondaires au collège moderne de Zuénoula et au lycée moderne de Bouaflé. Il est titulaire  d’une licence en droit privé, option carrières judiciaires, de l’université Félix-Houphouët-Boigny.

Il est titulaire d'un master en affaires internationales à l’École des hautes études internationales (H.E.I) de Paris et d'un diplôme en diplomatie du Centre d'études diplomatiques et stratégiques (CEDS) situé à Paris. Il détient un «Executive Master» en politique et management du développement de Sciences Po Paris, ainsi qu’un certificat en suivi-évaluation de l’impact des programmes pour l’emploi des jeunes du Centre de formation internationale de l’Organisation internationale du travail (CFI-OIT) de Turin.

Carrière professionnelle et gouvernementale Mamadou Touré commence sa carrière comme chargé d’études, puis conseiller technique dans plusieurs cabinets ministériels, notamment à la Construction, à l’Enseignement supérieur et à l’Intégration africaine, où il traite les dossiers relatifs aux Accords de Partenariat Économique (APE) .

En 2011, il rejoint la Présidence de la République en tant que conseiller technique chargé de la Jeunesse et des Sports, avant d'être nommé conseiller en . À ce titre, il assure le suivi des programmes présidentiels dans ces secteurs et siège au Conseil National des Sports (CNAS) ainsi qu'aux conseils de gestion de l’Office National des Sports (ONS), de l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) et de l’Office Ivoirien des Sports Scolaires et Universitaires (OISSU). Il suit les projets de la CAN 2021, la construction du stade olympique d'Ébimpé, le projet «inclusion sociale jeune» de l'OCDE et les jeux de la Francophonie 2017 pour lesquels il pilote la candidature de la Côte d’Ivoire à la suite de laquelle la Côte d'Ivoire est désignée pays hôte. Il représente le Président de la République au sein du Conseil national du Sport.

Mamadou Touré entre au gouvernement Coulibaly I en au poste de Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. En , il est nommé Ministre de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes. Depuis 2021, il occupe les fonctions de Ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion Professionnelle et du Service Civique.

Au titre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (Janvier 2017–Juillet 2018) Nommé le Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Mamadou Touré est chargé de la mise en œuvre de la réforme structurelle du secteur adoptée par le Gouvernement le . Dans ce cadre, il met en place une équipe pour engager une réforme du dispositif national de formation professionnelle, alors caractérisé par des enjeux d'adéquation formation-emploi, de gouvernance et de capacité d'accueil. Sa gestion de ce département a été marquée par la mise en œuvre de plusieurs projets sectoriels.

La mise en place du Comité Paritaire de Pilotage du Partenariat en matière de Formation professionnelle et technique (CPP) Sa première initiative porte sur l’implication du secteur privé dans la mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle et technique. Il engage des discussions avec les acteurs privés qui conduisent à la création du Comité paritaire de pilotage du partenariat en matière de Formation professionnelle et technique (CPP). Ce cadre de concertation avec les branches professionnelles et les chambres consulaires vise à adapter les contenus pédagogiques aux besoins du marché du travail et à modifier les conditions de délivrance des certifications.

La refonte des programmes de formation à travers l’adaptation des programmes formation Dans ce cadre, il a mis en œuvre l'actualisation de cinquante (50) programmes de formation, élaborés en concertation avec les secteurs professionnels. De nouvelles filières ont également été créées dans les domaines de l'énergie solaire, de la mécatronique, de la domotique, de la chocolaterie et de la menuiserie aluminium.

Mise en place d’une gouvernance autonome et partenariale des établissements publics de formation professionnelle La réforme de la gouvernance des établissements de formation professionnelle repose sur l'instauration d'un modèle de gestion en partenariat et en autonomie. Ce nouveau cadre confère aux structures le statut d’établissements publics d’enseignement de type particulier, leur permettant de mobiliser des ressources additionnelles par l’offre de services diversifiés.

L’organisation structurelle de ces établissements s’articule autour de deux organes de gouvernance : Un comité de gestion qui intègre des acteurs du secteur privé productif pour aligner la formation sur les besoins du marché ; Un comité de direction qui assure le pilotage opérationnel, appuyé par des outils de suivi de la performance.

Ce dispositif a été formalisé par un décret pris en Conseil des Ministres. Une phase expérimentale, lancée lors de la rentrée 2018 dans huit établissements pilotes, a été conçue pour précéder une généralisation progressive à l’échelle nationale.

Mise en place d’un dispositif national structuré de formation par apprentissage Le développement de l'apprentissage a fait l'objet d'une réforme initiée en . Cette restructuration s'est appuyée sur le redimensionnement d'établissements pilotes, le renforcement des capacités techniques et l'élaboration de référentiels de formation en alternance. Le dispositif s'est appuyé sur une coopération internationale, notamment par la signature d'une convention entre le Secrétariat d'État chargé de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (ETFP) et l'Office fédéral suisse de la formation professionnelle.

Ce processus a abouti à l'adoption du décret n°2019-118 du relatif à la formation par apprentissage. Ce cadre juridique, élaboré avec les partenaires sociaux, a instauré trois modalités d'apprentissage : traditionnel, rénové et moderne. Il a également permis la diversification des financements, la création de nouveaux référentiels métiers et la mise en place d'un système de certification des qualifications acquises.

Réforme de l’organisation des examens La réforme des examens a conduit à une réduction du nombre d’épreuves, passant de 968 à 606. Cette restructuration a généré une baisse des coûts d’organisation de 800 millions de FCFA.

Mise en place d’un mécanisme de suivi des diplômés de la Formation Professionnelle Dans le cadre de la réforme du dispositif de formation professionnelle, un mécanisme de suivi de l'insertion des diplômés a été instauré. Les premières analyses ont révélé un taux d'insertion de 14,43 % pour la promotion 2016 (source), neuf mois après la fin de la formation. Des objectifs de progression ont alors été fixés à 20 % pour 2017, 35 % pour 2018 et 50 % pour 2019. L'intégration de passerelles avec l'Agence Emploi Jeunes et le renforcement des partenariats avec le secteur privé ont contribué à l'évolution de ces indicateurs. Pour la cohorte 2017, le taux d'insertion constaté neuf mois après l'obtention du diplôme s'est élevé à 37,05 %, dépassant les prévisions initiales (source).

Extension de la capacité d’accueil et modernisation du dispositif de l’ETFP L'extension de la capacité d'accueil et la modernisation technologique de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (ETFP) se sont traduites par plusieurs réformes et chantiers :

Restructuration des établissements

Les Collèges d'Enseignement Technique (CET) ont été transformés en Lycées Professionnels, avec un élargissement de l'offre de formation proposée.

Programmes de réhabilitation et de construction

Un programme portant sur quarante-trois (43) établissements a été mis en œuvre. Vingt-cinq (25) établissements ont été rénovés grâce à des financements mobilisés auprès de partenaires tels que la BADEA, la BID et le Fonds saoudien (source). Dix-huit (18) nouveaux établissements ont été programmés, incluant un volet consacré aux énergies renouvelables.

Le Projet AVIC

Ce projet concerne la construction, l'équipement et la maintenance de sept (7) lycées professionnels situés à Ebimpé, Korhogo, Yamoussoukro, Diabo, Dabakala, Kong et Gbéléban. Initialement prévu pour la période 2018-2021, le projet a été finalisé entre 2023 et 2024 après un retard lié à la pandémie de COVID-19.

D'autres centres de formation ont été initiés ou achevés à Dimbokro, Agboville, Bonoua, Dabou, Toulepleu et Boundiali (financements État et BID), ainsi que le Lycée Professionnel de Daloa, financé par le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (KFAED).

Autres réformes transversales Plusieurs réformes transversales complètent cette architecture, notamment la création de passerelles avec les autres ordres d’enseignement et l’élaboration de l’avant-projet de loi d’orientation spécifique à la formation professionnelle. Ce cadre juridique vise à adapter le système éducatif aux besoins de l’économie nationale. Ces actions ont été mises en œuvre sur une période de dix-huit (18) mois sous sa direction au sein du ministère.

Au titre de la Promotion de la Jeunesse À la suite de sa nomination comme ministre de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes en , Mamadou Touré initie une réforme du cadre stratégique et juridique relatif aux politiques publiques de jeunesse en Côte d’Ivoire.

Redynamisation des organisations de jeunesse Mamadou Touré a entrepris une réforme du milieu associatif. Il a notamment agi sur les crises internes du Conseil National de la Jeunesse de Côte d’Ivoire (CNJCI) par la prise d'un arrêté modifiant son fonctionnement. Cet acte confère au CNJCI un statut d’organe consultatif auprès du Gouvernement et y intègre les Fédérations Nationales de jeunesse, le positionnant comme l'organisation faîtière du secteur. Parallèlement, la Fédération Nationale des Organisations de Jeunesse de Côte d’Ivoire (FENUJECI), qui connaissait une situation de bicéphalisme, a fait l'objet d'une révision de ses statuts et de son règlement intérieur. Ce processus a conduit à l'organisation de nouvelles élections pour le renouvellement de ses instances dirigeantes.

La Loi d’orientation n°2023-898 du 23 novembre 2023 relative à la jeunesse et ses décrets d’application