Charles Léon Bonvin, né le à Vaugirard (ancienne commune de la Seine, aujourd'hui un quartier de Paris). et mort le à Meudon (Seine-et-Oise)Archives des Hauts-de-Seine, acte de décès n°19 dressé le 03/02/1866, vue 9 / 88., est un peintre, dessinateur et aquarelliste français..
Il est le demi-frère du peintre François Bonvin (1817-1887).
Biographie
Le cabaret de son père, François Joseph Eustache Bonvin (1786-1862)., et de sa mère, née Reine Adélaïde Beurrier (1789-1876), où il grandit, était un bâtiment composé d'une partie centrale et de deux annexes inégales dont le rez-de-chaussée comportait trois pièces, au-dessus desquelles se trouvaient deux ou trois chambres. Cette construction, assez haute pour que les carriers et les maraîchers des environs puissent la remarquer, avait pour enseigne « À bon vin point d'enseigne ». Le cabaret était entouré, à l'extérieur, de quelques tonnelles bordées de haies d'épines, qui inspirèrent Léon Bonvin et furent le sujet de plusieurs de ses aquarelles..
Lorsque son père, qui était un homme sévère et rigide, meurt, François Bonvin, demi frère de Léon Bonvin, fait ce qu'il peut pour le décider à vendre l'établissement, persuadé qu'il ne pourra faire prospérer l'affaire. Mais Léon Bonvin préfère alors se marier, le à la mairie du de Paris avec Constance Félicité Gaudon et, avec elle, poursuivre l'activité. Ainsi que le racontera Paul Roche en 1887, ..
L'aquarelliste Frédéric Henriet (1826-1918), dans ses souvenirs, publiés en 1891, raconte qu'un jour, accompagné par ses amis Henri Léon Loire (1821-1898) et Hippolyte Noël (1828-1894), il musardait dans les environs de Vaugirard, lorsque, le ventre vide, il aperçut, au milieu d'une plaine de luzerne le petit cabaret du père de Léon Bonvin. Attablé, il entendit le son mélancolique d'un orgue harmonium qui l'impressionnèrent. , lui dit Hippolyte Noël qui appela alors Léon Bonvin et lui demanda de montrer ses aquarelles. Ne se lassant pas de les feuilleter, Frédéric Henriet regardait là des fusains, de minutieuses aquarelles : .
Se consacrant à la peinture, il recrute alors un garçon de cave aux appointements de deux francs par jour, mais les échéances se succèdent et la caisse du ménage est vide. Il démarche des galeristes parisiens de la rue Laffitte et de la rue du Bac, mais, n'ayant aucune notoriété, les marchands boudent ses aquarelles et, après en avoir acheté quelques-unes, n'en veulent plus du tout.
Des maraîchers qui portaient des légumes aux halles de Paris découvrent, au matin du , le cadavre de Léon Bonvin qui se balançait à la branche d'un arbre. Il avait quitté sa maison le .
Dans La Rue, Jules Vallès évoque Léon Bonvin..
Pierre Véron, dans Le Monde illustré du , évoque également le souvenir de Léon Bonvin.
Techniques À ses débuts, Léon Bonvin dessine au crayon noir et au fusain, puis, progressivement, exécute des aquarelles de grande qualité. Grâce aux sépias et des traits d'encre, il sait patiemment créer des œuvres à la précision photographique. Léon Bonvin regarde ce qui l'entoure, capte la lumière et son intensité, avec un œil comparable à celui de Chardin lorsque celui-ci exécute ses œuvres les plus abouties.
Postérité de l'œuvre
Léon Bonvin n'était pas connu et ne fit rien pour l'être, il ne tenta jamais d'exposer au Salon. La vente aux enchères qui eut lieu après sa mort, au profit de sa veuve et de ses enfants, permit de faire connaître son œuvre, ses dessins et aquarelles entrèrent alors dans des collections privées et publiques.
Laissant sa veuve et ses enfants sans ressources, son demi-frère François Bonvin, qui lui portait une affection profonde, organisa une vente aux enchères de ses œuvres le sous le marteau de maître Jules Boussaton.. Elle fut un succès immense, les plus grands galeristes et collectionneurs achetant dessins et aquarelles.
Des artistes comme Claude Monet, Henri Fantin-Latour et Johan Barthold Jongkind, parmi tant d'autres, ont fait don de leurs propres œuvres pour cette vente, car
L'historien d'art américain Gabriel P. Weisberg, dans son article « Réalisme de Léon Bonvin revisité » paru dans Notes in the History of Art, écrit : Gabriel P. Weisberg, « Léon Bonvin’s Realism Revisited », in Notes in the History of Art,volume 36, issue 1, pages 38–48.
François Bonvin offrit à maître Boussaton, qui était épris d'art et fervent collectionneur, une aquarelle présentant l'intérieur du cabaret. Plus tard, Jules Boussaton s'en offrit une autre, représentant le chêne de Chaville, ainsi qu'une nature morte. Frédéric Henriet, dans ses souvenirs, évoque cette aquarelle :
L'historien et critique d'art Léonce Bénédite (1859-1925), dans un article sur François Bonvin., évoque Léon Bonvin en ces termes :
L'œuvre de Léon Bonvin dans les collections publiques Le musée du Louvre fit l'acquisition, en 1894, d'un fusain sur papier bistré représentant le père de l'artiste.. En 2017, le département des arts graphiques du musée du Louvre conservait 14 œuvres de Léon Bonvin. : Chambre dans la pénombre éclairée par une porte entrouverte, dessin au crayon noir, estompe et rehauts de blanc sur papier, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15257 ; Chat couché tourné vers la droite, 1856, dessin au crayon noir et estompe sur papier, signé en bas à gauche L. Bonvin, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15259 ; Chien assis, de dos, tourné vers la gauche, près d'un tronc d'arbre, 1855, dessin au crayon noir et estompe sur papier, signé en bas à gauche L. Bonvin, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15258 ; Deux profils d'hommes tournés à gauche, dessin au crayon violet sur une feuille de papier paraissant être extraite d'un registre de compte, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15273 ; Maison avec une barrière à gauche et entourée d'arbres au fond, dessin au crayon noir et estompe sur papier, signé en bas à gauche L. Bonvin, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15261. Ce dessin provient de la collection de L. K., Paris, hôtel Drouot, maître Tual, commissaire-priseur, , lot ; Nature morte au pichet en terre cuite et verre sur une table, aquarelle, plume, encre noire et mine de plomb sur papier, annotée à la mine de plomb en bas à gauche , , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15261 ; Paysage nocturne, effet de lune, dessin au crayon noir et estompe sur papier, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15256 ; Plate-forme de pierre avec une grande roue au milieu d'un terrain nu, 1854, dessin au crayon noir, estompe et fusain sur papier, portant une signature avec une graphie inhabituelle en bas à droite L. Bonvin, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15267 ; Porte et mur à côté de la maison de Léon Bonvin, vers 1856, dessin au crayon noir, estompe et fusain sur papier, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15264 ; Portrait du père de l'artiste, vers 1855-1856, dessin au crayon noir sur papier, , achat par l'État en 1893-1894, répertorié sous la cote RF1937. Ce dessin provient de la collection de L. K., Paris, hôtel Drouot, maître Tual, commissaire-priseur, , lot n°59 ; Un caniche blanc et un chat assis près d'un poêle, vers 1856, dessin au fusain sur papier, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15263 ; Un jardin, 1855, dessin au crayon noir et fusain sur papier représentant un homme de dos, au milieu d'une allée, se dirigeant vers un clapier, signé en bas à gauche d'une écriture maladroite, presque enfantine L. Bonvin, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15265. Ce dessin provient de la collection de L. K., Paris, hôtel Drouot, maître Tual, commissaire-priseur, , lot ; Une cabane à lapins avec deux lapins, 1856, dessin au crayon noir et estompe sur papier, signé en bas à gauche L. Bonvin, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15266 ; Une chambre avec la porte ouvrant sur une cour et un chemin, vers 1855-1856, dessin au fusain sur papier, , provenant des collections du musée du Luxembourg, répertorié sous la cote RF15262.
Ses aquarelles sont également présentes dans les collections de plusieurs musées américains, notamment à Los Angeles au J. Paul Getty Museum, qui conserve une aquarelle intitulée Paysage à l'arbre nu et au laboureur (1864), au musée des beaux-arts de Houston avec une autre aquarelle Landscape with a Farmhouse and a Peasant Wheeling a Barrow, et à New York au Metropolitan Museum of ArtMetmuseum.org..
Le philanthrope américain William Thompson Walters (1820-1894) légua à son fils Henry Walters (1848-1931) ses collections, et est à l'origine du fonds du Walters Art Museum de Baltimore, qui conserve 56 œuvres de Léon Bonvin, dont Oiseaux branchés dans une prairie de fleurs et chardons (1864), Campanules (1863), Cuisinière portant un tablier rouge (1862), Paysage de campagne avec un homme passant (1863), Pêcheurs près d'une rive bordée d'arbres (1865), Paysage de nuit, une maison en arrière plan (1864), ainsi que de nombreuses natures mortes et une peinture à l'huile, la seule connue de Léon Bonvin. William Thompson Walters réunit ces œuvres dès 1862, la dernière aquarelle dont il fit l'acquisition fut achetée en 1891.
L'œuvre de Léon Bonvin dans les collections particulières
Alors qu'il connut la misère, ses aquarelles furent, après sa mort, très recherchées et estimées des amateurs et des musées.
Plusieurs collections de grands amateurs comprenant des œuvres de Léon Bonvin firent l'objet de ventes aux enchères, parmi lesquelles :
à Paris à l'hôtel Drouot, par maître Maurice Delestre, commissaire-priseur, Charles George, expert, le , dont le catalogue est intitulé Collection de feu Monsieur Laperlier., lot , Marguerites des champs dans un verre, aquarelle, ; à Paris à l'hôtel Drouot, par maître Boulland, commissaire-priseur, Étienne-François Haro, expert, , dont le catalogue est intitulé Aquarelles et dessins de maîtres. : lot , Fleurs et paysage, aquarelle signée, ; lot , Fleurs et paysage, sans mention de technique ni du support, œuvre signée, . à Paris à l'hôtel Drouot, par maître Paul Chevallier, commissaire-priseur, Charles Mannheim, expert, , dont le catalogue est intitulé Objets d'art et d'ameublement., lot , Fleurs des champs, aquarelle ; à Paris à l'hôtel Drouot, par maître Léon Tual, commissaire-priseur, , vente de la collection de L. K., dont le catalogue est intitulé Catalogue d'aquarelles et dessins modernesCatalogue de la vente du , Paris, Hôtel Drouot, Maître Léon Tual, commissaire priseur.. : lot , Portrait du père de l'artiste, dessin, ; lot , La maison du père de l'artiste, dessin, ; lot , Le jardin du père de l'artiste, dessin, ; lot , Branche d'épines, dessin.. à Paris à l'hôtel Drouot, salle , par maître Léon Tual, commissaire-priseur, Eugène Féral, expert, , dont le catalogue est intitulé Catalogue de tableaux, aquarelles et dessins par Bonvin, lot n°6, Fleurs dans un verre, aquarelle, , adjugé à Morel, demeurant 4, rue Béranger à Paris. ; à New York, vente W.H. Stewart, 1898, Fleurs des champs, dessin à l'aquarelle, adjugé . ; à Paris à l'hôtel Drouot, salle , par maître Léon Tual, commissaire-priseur, Georges Petit, expert, 5 et , dont le catalogue est intitulé Catalogue de tableaux modernes et anciens, dessins et aquarelles […], dépendant de la succession de Boussaton, lot , Au cabaret, Meudon, peinture à l'essence, signée en bas à gauche, .