Maurice Rostand, né le à Paris et mort le Archives de l’état civil de Paris en ligne, , acte de naissance n° 1846, année 1891, avec mention marginale du décès. à Ville-d'Avray est un poète, romancier et dramaturge français..
Biographie Fils aîné de l'écrivain Edmond Rostand et de la poétesse Rosemonde Gérard, frère du biologiste Jean Rostand, Maurice Rostand est un ami de Jean Cocteau, de Lucien Daudet, du poète Axieros (Pierre Guyolot-Dubasty1898-1927Notice sur Axieros sur le site Inverses.).
vignette|redresse|gauche|Clémentine-Hélène Dufau, Portrait de Maurice Rostand (1909), Cambo-les-Bains, villa Arnaga. Adolescent, il suscite une profonde passion à Clémentine-Hélène Dufau, une artiste amie de ses parents qui fait son portrait.
Il est l'auteur à partir de la Belle Époque de poèmes, de pièces de théâtre et de nombreux romans. Quelques-unes de ses pièces connaissent le succès dans l'entre-deux-guerres.
vignette|redresse|Caricature de Maurice Rostand par Adrien Barrère, publiée dans Fantasio.
Habitué de la vie mondaine parisienne, qu'il fréquente en compagnie de sa mère, il assiste notamment aux premières des pièces de théâtre. Ses manières jugées efféminées ainsi que son apparence (coupe de cheveux et tenues extravagantes) font de lui une cible privilégiée des caricaturistes et des chansonniers de l'entre-deux-guerresJean Couvreur, « Maurice Rostand, un enfant gâté de la gloire », Le Monde, 24 février 1968. Cela s'explique aussi par sa notoriété comme l'une des personnalités homosexuelles les plus en vue de l'entre-deux-guerres, période durant laquelle il incarne une François Forestier, « « La Femme qui était en lui », ce curieux livre érotique de Maurice Rostand », nouvelobs.com, 5 juillet 2019Christian Gury, L’Extravagant Maurice Rostand, un ami de Proust et de Cocteau, Kimé, 1994François Buot, Gay Paris, Une histoire du Paris interlope entre 1900 et 1940, Fayard, 2013L'Assiette au beurre, 30 décembre 1921, Les Potins de Paris, 22 avril 1920, Ibid., 14 avril 1922, Le Sourire, 19 novembre 1925, Ibid., 21 janvier 1932, Fantasio, 15 mai 1935, Ibid., septembre 1927, Ibid., 15 juin 1926, Ibid., novembre 1921.
En 1933, il fonde la revue hebdomadaire érotique Séduction dont il est le directeur littéraireSéduction, 4 novembre 1933, n° 1. Son nom disparait de la une en mai 1934..
À partir de 1941, sous l'Occupation, il est le critique dramatique (actualité théâtrale) du journal collaborationniste Paris-Midi.. Il donne aussi quelques textes sur le théâtre à l'hebdomadaire tout aussi collaborationniste Germinal, lancé en Collection dans Retronews..
Il publie ses mémoires, Confession d'un demi-siècle, en 1948.
Engagements politiques : le pacifisme Comme son frère Jean, il est exempté du service militaire pour des raisons de santé et n'est pas mobilisé en 1914, au grand dam de leur père, très patriote. Ils s'engagent cependant et Maurice Rostand sert comme infirmier dans un hôpital parisien. Malade, il est démobilisé avant la fin de la guerreNotice biographique, arnaga.com .
Comme son frère, il donne mille francs en 1920 au quotidien socialiste Le Populaire qui rencontre alors des difficultés financières« Pour sauver le Populaire », Le Populaire, 24 décembre 1920. En 1922, le journal communiste L'Humanité présente Rostand comme l'auteur de livres (Le Cercueil de cristal, Le Pilori) dans lesquels il affirme sa et publie ses mots célébrant André Marty, ce L'Humanité, décembre 1922.
Maurice Rostand est l'auteur de poèmesenregistrements sonores dans Gallica : Il ne faut plus jamais ! et Jaurès est mort !, extrait du Cercueil de cristal, de livres et de pièces engagés, pacifistes (les pièces L'homme que j'ai tué, en 1930, issue de son roman publié en 1925, Les Marchands de canons, en 1933). Il cosigne en 1925 un manifeste de Victor Margueritte réclamant la révision du traité de Versailles« Il y a treize ans... des intellectuels réclamèrent la révision du traité de Versailles », L'Oeuvre, 23 septembre 1938. Il est membre de la Ligue internationale des combattants de la paix (LICP) et participe comme d'autres artistes aux manifestations artistiques de cette ligue, qui servent sa propagandeNicolas Offenstadt, « Le pacifisme extrême à la conquête des masses : la Ligue Internationale des Combattants de la Paix (1931-1939) et la propagande », Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1993/30. Il est solidaire de l'Espagne antifasciste dans la seconde moitié des années 1930L'Oeuvre, août 1937, sans pour autant dénoncer la politique française de non-intervention, munichois en 1938Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, 2008, p. 125-126 ; il rend hommage à l'action d'Édouard Daladier qui a signé les accords de Munich dans une tribune donnée à L'ŒuvreMaurice Rostand, « Hommage à Daladier »,L'Oeuvre, 4 octobre 1938. Il a aussi loué Léon Blum et sa politique pacifiste dans ce même quotidien en 1937Maurice Rostand, « Humanité de Léon Blum », L'Oeuvre, 15 août 1937. Il publie des poèmes en 1939 et 1940 dans le bulletin de la LICA.
Ses convictions pacifistes de gauche et son homosexualité sont moquées par des adversaires comme L'Action françaisePierre Tuc, « Entre invertis ! », L'Action française, 16 août 1937, « Saloperie », Ibid., 7 mai 1933, Pierre Tuc, « Fichez nous la paix », Ibid., 17 novembre 1933, « Un incident au théâtre de dix heures », Ibid., 10 janvier 1932 ou L'Ordre d'Émile Buré en 1933, à l'occasion de la mort d'Oscar Dufrenne, autre homosexuel notoire qui avait fait jouer au Palace la pièce de Rostand Les marchands de canon, jugée défaitiste par ses adversaires nationalistesEmile Buré, « Un mort symbolique », L'Ordre, 29 septembre 1933. Article cité par Florence Tamagne dans Le Crime du Palace. Enquête sur l'une des plus grandes affaires criminelles des années 1930, Payot, 2017. L'article est longuement cité par L'Action française : L'Action française, 30 septembre 1933.
Il encense Pétain en 1940 au lendemain de l'entrevue de Montoire et salue le retour à Paris des cendres de l'Aiglon, voulu par Hitler, en donnant un poème dans Paris-SoirParis-Soir, 16 décembre 1940. Du fait de son comportement sous l'Occupation, le bulletin de la LICA note dans sa « rubrique des traîtres » à la Libération : Le Droit de vivre, 20 septembre 1944 : Lire en ligne.
En 1951, il fait partie, aux côtés de Félicien Challaye et d'Émile BauchetÉmile Bauchet sur Cherche-midi-mauzac.com., des fondateursTracts du CNRGO, reproduits sur une page consacrée à Émile Bauchet, quatrième document. de La Voie de la paix, organe du Comité national de résistance à la guerre et à l'oppression (CNRGO, devenu Union pacifiste de France en 1961Maurice Rostand apparaît aussi (une fois) dans le fonds Jean Gauchon du CEDIAS ; Jean Gauchon est le secrétaire de l'UPF à partir de 1961.).
À la même époque, il apporte aussi son soutien à Ethel et Julius Rosenberg, aux côtés de nombreux intellectuels du monde entier.
Mort chez son frère Jean à Ville-d'Avray, il fut inhumé à Paris au cimetière de Passy, dans la même tombe que sa mère.
Ayant fréquenté le salon parisien de Jeanne Gabrié, grand'mère paternelle de Dominique Fernandez, celui-ci l'évoque brièvement dans Les trois femmes de ma vie (2024).
Œuvres Théâtre Un bon petit diable avec Rosemonde Gérard, féerie en 3 actes en vers, d'après la comtesse de Ségur, Gymnase, La Marchande d'allumettes, conte lyrique en 3 actes, selon le conte d'Andersen, avec Rosemonde Gérard, musique de Tiarko Richepin, Paris, Opéra-Comique, La Vie amoureuse de Casanova, pièce en 3 actes, Paris, Bouffes-Parisiens, La Gloire, pièce en 3 actes, en vers, Paris, Sarah-Bernhardt, La mort de Molière, poème dramatique en 1 acte, Paris, Théâtre Sarah-Bernhardt, 1922, à l'occasion du tricentenaire de Molière, Jacques Grétillat interprète MolièreLe texte est paru dans la Petite Illustration -théâtre- n°84 du 11 février 1922 Le Phénix, drame en 3 actes, en vers, Paris, Porte-Saint-Martin, Le Masque de Fer, pièce en 4 actes, en vers, Paris, Théâtre Cora-Laparcerie, Le Secret du Sphinx, pièce en 4 actes, en vers, Paris, Sarah-Berhnardt, L'Archange, drame héroïque en 3 actes, en vers, Paris, Sarah-Berhardt, La Nuit des amants, 3 actes en vers, Paris, Comédie-Française, La Déserteuse, pièce en 3 actes en vers, Bruxelles, Théâtre de Paris, ; Paris, Potinière, Napoléon IV, pièce en 4 actes, en vers, Paris, Porte Saint-Martin, Le Dernier Tzar, pièce en 4 actes et 5 tableaux, en vers, Paris, Porte Saint-Martin, L'Homme que j'ai tué, pièce en 3 actes et 1 prologue, adaptée du roman, Paris, Mathurins, Monsieur de Létorière, pièce en 4 actes et 5 tableaux, Paris, Porte Saint-Martin, Le Général Boulanger, pièce en deux parties et dix tableaux, en vers et en prose, écrite avec Pierre Mortier, Paris, Porte Saint-Martin, Une jeune fille espagnole, comédie romanesque en 3 actes et 4 tableaux, Paris, Sarah-Bernhardt, Les Marchands de canons, pièce en 3 actes, en prose, Paris, Palace, Le Procès d'Oscar Wilde, pièce en trois actes, Paris, Théâtre de l'Œuvre, , reprise à la Comédie des Champs-Élysées le Comptes rendus de presse. Europe, pièce en 3 actes, en vers, Paris, Théâtre Pigalle, Catherine Empereur, pièce en 3 actes et 5 tableaux, Paris, Odéon-Théâtre de l'Europe, Programme de l'Odéon et comptes rendus de presse. Verlaine, pièce en 3 actes et 4 tableaux, Paris, théâtre Charles de Rochefort, 1938Comptes rendus de presse, 1938 Roi de France, pièce en 3 actes, théâtre de l'Œuvre, comptes rendus de presse L'Enchanteresse, pièce en 5 actes, théâtre de l'Œuvre, comptes rendus de presse Souvenez-vous, Madame, pièce en deux parties et neuf tableaux, en vers, Paris, Odéon, comptes rendus de presse Charlotte et Maximilien, pièce en 6 tableaux, en prose, Paris, Gymnase, Distribution, caricature et comptes rendus de presse. Madame Récamier, Paris, Théâtre Monceau,
Romans
Poésie
Conversation avec la gloire, poème dialogué, 1910 Poèmes, 1911 La Page de la vie, poèmes, 1913 Les Insomnies, poèmes, 1914-1923, 1923 Morbidezza, poèmes, 1928 Il ne faut plus jamais, 1937. Mon pauvre Ignacio, suivi de deux poèmes inédits, Plurien et l'Église de Plurien, 1946 Poésies complètes, 1910-1948, 1950
Préface Préface de l'ouvrage de Vivienne Orland, Les Miettes du banquet, Avant-propos, par M.-P. Berio, la Renaissance du livre.
Divers Confession d'un demi-siècle, souvenirs, 1948François Forestier, « Maurice Rostand, l’homme qui aimait sa maman, les poupées et Marcel Proust », nouvelobs.com, 26 avril 2019 Sarah Bernhardt, 1950
Voir aussi
Bibliographie Thomas Sertillanges, Edmond Rostand, les couleurs du panache, Atlantica, 2020, , 500 illustrations. Christian Gury, L’Extravagant Maurice Rostand, un ami de Proust et de Cocteau, Kimé, 1994 Olivier Goetz, Rosemonde Gérard et Maurice Rostand
Liens externes Notice biographique, arnaga.com
Notes et références
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