La famille d'Estrées est une famille éteinte de la noblesse française originaire de la région du Boulonnais. Elle fait remonter ses origines à Pierre d'Estrées (1402-1457), seigneur de Boulant et débute une rapide ascension sociale à partir de la fin du grâce à Gabrielle d'Estrées, maîtresse d'.

Plusieurs de ses membres accèdent à des charges importantes : trois maréchaux de France, un cardinal, et plusieurs pairs de France.

Un auteur du dit à leur sujet .

Armes de la maison d'Estrées vignette|Blason de la famille. « Fretté d'argent et de sable au chef d'or chargé de trois merlettes de sable. »

La famille ici présentée trouve probablement son origine dans le village du Pas-de-Calais, Estrée-Cauchy dont elle tirait son nom.

Le père Anselme souligne la proximité de leurs armes avec celle des seigneurs d'Estrée-Blanche : « d'argent à trois merlettes de sable » (les deux lieux sont distants d'une trentaine de kilomètres).

Origines Selon le duc de Saint-Simon, les origines nobles de la famille ne sont pas anciennes : « le mérite, aidé des hasards de la fortune, l'un et l'autre aux quatre dernières générations, ont fait, de gentilshommes obscurs et assez nouveaux du pays du Boulonnais, une race infiniment et singulièrement illustrée ».

Lorsqu'en 1648, érige la terre de Cœuvres en duché-pairie sous le nom d'Estrées au profit de d'Estrées (voir ci-dessous) il fait remonter les d'Estrées à , surnommé d'Estrées dont il était seigneur, sire du Bos, chevalier, maréchal de France qui accompagna le roi saint Louis aux croisades en 1270.

Son fils, Sores dit d'Estrées, fut estimé digne d'épouser, en présence du roi une princesse de sang royal de la maison de Courtenay : Marguerite de Courtenay, dame de Cloyes, mariée en 1273 par son père de Courtenay, seigneur de Champignelles.

d'Estrées est mort sans enfants. Le nom d'Estrées disparait donc avec lui et le lien avec les d'Estrées étudiés dans cette page n'est pas établi.

La famille aurait possédé de grandes terres en Picardie et en pays boulonnais et aurait perdu de nombreux domaines lors de la prise de Calais par les Anglais en 1347.

L'histoire vérifiée de la famille débute au : les données pour les époques précédentes manquent de précision pour pouvoir les attribuer de façon certaine à cette maison, il existe en effet de nombreuses localités contenant le terme Estrées (voir ) dont les personnes pouvaient provenir.

La branche principale, celle des seigneurs et marquis de Coeuvres, ducs d'Estrées, pairs de France, a prospéré en Picardie où elle s'implanta solidement. Elle a laissé dans les départements de l'Aisne et de l'Oise nombre de traces. Les vestiges du château de Cœuvres, qui fut longtemps le bastion de la famille, existent encore de nos jours.

Branche des seigneurs de Boulant Cette branche finit au , faute d'héritiers mâles.

Pierre d'Estrées dit Carbonnel La première trace de Pierre d'Estrées dit Carbonnel date de 1419 : il achète cette année là plusieurs immeubles appartenant au châtelain de Doingt et se constitue ainsi un fief seigneurial dans l'étendue du domaine d'Ennemain et de la baronnie d'Athies. Dans cet acte, il est qualifié de « bourgeois de Péronne » et ne serait donc pas noble.

En revanche, lors d'un nouvel achat en 1434, il est qualifié d'écuyer et en tant que tel prête serment de fidélité au comte de Nesles dont l'achat relève.

Pierre d'Estrées dit Carbonnel est ainsi seigneur de Boulant, Hamel, Istres, et de l'Enclos-Mauroy, fief tenu de sa femme situé à Canettemont et dépendant du château d'Avesnes-Le-Comte. Il rendit hommage pour ce dernier fief au duc de Bourgogne (Charles le Téméraire) en tant que comte de Flandre le .

Il fait son testament le et meurt le .

Il a épousé Marie de Beaumont, fille de Jean de Beaumont, seigneur de Neuvirel près de Corbie et de Marie de la Houssaye. Elle fait son testament le .

Ils ont eu trois enfants : Antoine d'Estrées qui suit. Jeanne d'Estrées qui épousa Antoine seigneur de Belloy et de St Lienard. Catherine d'Estrées qui épousa en 1482 Jean Merlin, seigneur de Mazancourt, de Fresnes et d'Istres en Santerre, bailly de Neelle (Nesle?).

d'Estrées d'Estrées, (1422-avant 1474), est le fils du précédent, né en 1422, seigneur de Boulant, écuyer et âgé de en 1464. Il achète le fief de Valieu ou Wailly (aujourd'hui Wallieux) en Santerre, situé sur le village de Soyécourt.

Il se fait bâtir un château sur une terre achetée une nouvelle fois au comte de Nesles sur la commune d'Ennemain, bâtiment semble-t-il peu accueillant par son humidité. Il aurait tenté de se faire appeler seigneur d'Ennemain mais se heurta au chapitre de Reims auquel appartenait Ennemain, chapitre dont les chanoines s'obstinèrent à appeler avec mépris les 1ers d'Estrées « fermiers d'Ennemain ».

Il épouse le Jeanne d'Aix, fille d'Hélie, seigneur d'Aix au comté de Saint Pol sur Ternoise et de Grandfossé, et de Peronne de Noyelles. Son épouse est issue d'une famille cadette des châtelains de Lens. Elle est enterrée au Couvent des Cordeliers à Péronne.

Dans un acte du , il est qualifié de « noble homme, fils et héritier de noble homme pierre d'Estrées, dit Carbonnel ».

Antoine et son épouse sont morts avant 1474, selon le testament de sa mère Marie de Beaumont. Il avait lui-même testé le .

Ils ont eu trois enfants : Antoine d'Estrées l'aîné qui suit sous le nom d'. Antoine d'Estrées le jeune, à l'origine de la Branche des seigneurs et marquis de Coeuvres : voir ci-dessous. Jean d'Estrées dit Jeannet, seigneur de Longavesnes qu'il eut en partage. Entre en religion dans l'abbaye Saint Pierre de Corbie. Est ensuite abbé de l'abbaye du Mont Saint Quentin. Il meurt en 1506.

d'Estrées d'Estrées est le fils du précédent, écuyer puis chevalier, seigneur de Boulant, de Hamel, d'Istres, de Longavesnes, de Honcourt et de Fescques.

Il est capitaine de Bryos ou Briot, puis capitaine du château de Péronne. Il poursuit les acquisitions commencées par son grand-père et son père sur les communes d'Ennemain mais aussi Falvy et Athies.

Principal héritier avec son frère Antoine de leur aïeule Marie de Beaumont, il fait une donation à l'abbaye du Mont Saint Quentin, dont son frère Jean avait été abbé et dont son neveu Antoine sera également abbé (voir ci-dessous), en , acte dans lequel il est qualifié de "noble homme et chevalier". Il se montre également généreux envers l'Église de Saint-Jean de Péronne et fonde en 1525 une chapelle dite Notre-Dame-Des-Joies, détruite pendant la guerre de 1914-1918, bâtie par un architecte nommé Jean de Harlan<, entre Ennemain et Péronne.

Il fait son testament le et meurt avant le .

Il épouse Jeanne de Flandres-Drincham, fille de de Flandres-Drincham, seigneur de Drincham, Wissaert et Schuervelde et d'Isabelle de Ghistelles ( est petit fils du comte de Flandres Louis De Male; voir seigneurs de Drincham).

Ils eurent cinq enfants : Antoine d'Estrées qui suit. Antoine d'Estrées, dit le jeune, chanoine de Noyon. Jacqueline d'Estrées qui se maria trois fois. Deux autres filles aux prénoms non connus, religieuses.

Jacqueline d'Estrées épouse d'abord le Jean de Henin (Henin Liétard), seigneur de Cuvillers, pair du Cambrésis. Elle reçoit en 1500 en cadeau de mariage de son père le château et les terres d'Ennemain.

Son second époux fut Jacques d'Isques, seigneur du Breuil, gouverneur de Lucheux.

Elle se marie enfin le avec Guillain de Quérecques, seigneur de Marieux, capitaine de Boves.

d'Estrées d'Estrées (mort en 1524) est le fils du précédent, chevalier, seigneur de Bernes, capitaine du château de Péronne.

Il épouse le Marie d'Aunoy, fille de Philippe d'Aunoy, seigneur de Givré, d'Orville, de Louvres en Parisis et de Goussainville et de Catherine de Montmorency. Son frère Antoine le jeune est présent lors du contrat de mariage.

Il meurt sans enfants avant son père en 1524.

La lignée s'achève faute d'enfants mâles.

Sa veuve épouse en secondes noces Raoul de Bernets, seigneur de Cardenoy. Le couple n'eut pas d'enfants lui non plus.

Branche des seigneurs et marquis de Cœuvres, ducs d'Estrées, pairs de France Cette branche s'éteint au milieu du faute de descendants mâles.

Antoine d'Estrées le Jeune Antoine d'Estrées le jeune garde les armes de la maison d'Estrées.

Il s'agit donc, comme vu ci-dessus, d'Antoine d'Estrées le Jeune, fils d' d'Estrées et de Jeanne d'Aix.

Il a en partage la terre de Valieu (Wailly) achetée par son père.

Il est en 1500 gentilhomme de la maison du roi. Il fait son testament le .

Il épouse avant 1486 Jeanne, fille de Guillaume, seigneur de La Cauchie et de Jeanne de Licques. Elle est dame de La Cauchie ou La Chaussée, de Neuville, Loquin et Watteland en Boulonnais.

Le couple a quatre enfants : Jean d'Estrées qui suit. Antoine d'Estrées, chanoine de Noyon, abbé de l'abbaye du Mont Saint Quentin en Picardie. Il meurt le . Il est enterré dans l'église Sainte Catherine du Val des Ecoliers à Paris où se trouvait son épitaphe. Marguerite d'Estrées, épouse Antoine du Val, seigneur de Brunevoz en la châtellenie de Tournehem. Françoise d'Estrées, mariée par contrat du à Jacques de Buissy, seigneur de Villers-Brulin, fils de Jean de Buissy, seigneur de Villers-Brulin et de Jeanne de la Rivière. (Le père de Jean de Buissy avait épousé Catherine de Liettes ou d'Estrée Blanche voir ci-dessus la section "Armes de la Maison d'Estrées").

d'Estrées vignette|Blason. Les armes de d'Estrées sont : « écartelé au 1 et 4 fretté d'argent et de sable, au chef d'or chargé de trois merlettes de sable qui est d'Estrées. Au 2 et 3 d'or au lion d'azur, couronné et lampassé de gueules qui est de la Cauchie » (reproduction sur le site déjà cité).

Avec ce (1486-1571), l'ascension de la famille déjà entamée par ses ascendants s'accélère de façon éclatante.

Il est seigneur de Valieu (Wailly) et de Cœuvres par acquisition (achat de la châtellenie et de la vicomté de Cœuvres à Marguerite de Soissons mariée à Jean de Villiers seigneur de Verderonne), baron de Doudeauville en Boulonnais, capitaine des gardes d', grand maître et capitaine général de l'artillerie de France (nommé par ), capitaine de Folembray.

d'Estrées épouse Catherine de Bourbon-Vendôme, (Maison de Bourbon-Ligny), (vers 1508-1538 au château de Vierzy), fille aînée de Jacques de Bourbon, fils illégitime de la lignée des Bourbon Vendôme, seigneur de Bonneval, de Ligny et de Lambercourt et de Jeanne de Rubempré (voir Maison de Bourbon-Ligny).

Il meurt peu après le , âgé de et fut enterré en l'église paroissiale de Coeuvres.

Jean d'Estrées et Catherine de Bourbon ont eu trois enfants : Antoine d'Estrées qui suit. Françoise d'Estrées mariée à Philippe de Longueval, seigneur de Haraucourt et de Cramaille, chevalier de l'ordre du Roi, maître de la garde robe d'Antoine de Bourbon, Roi de Navarre, mort en 1620, âgé de . Barbe d'Estrées, épouse en premières noces un sieur de Pyrmont, seigneur de Bulleux. Elle convole en second mariage avec Jean de Broc, seigneur de la Cour de Broc et de la Ville Aux Fourriers. Elle se remarie enfin avec René de Vendômois, seigneur de Chamarain (Chamarande?).

d'Estrées Ses armes sont : « écartelé au 1 et 4 d'Estrées, au 2 de Bourbon-Ligny, au bâton de gueules péri en bande, chargé d'un bâton d'argent péri en barre; au 3 au lion d'azur, couronné et lampassé de gueules de La Cauchie ».

Antoine d'Estrées (vers 1529-1609) est gouverneur, sénéchal et premier baron du Boulonnais, vicomte de Soissons et de Bercy, seigneur châtelain et de Coeuvres, chevalier des ordres du Roi en 1578 (un des 24 premiers promus par ), gouverneur de La Fère, de Paris et de l'Île-de-France, grand maître de l'artillerie de France (nommé par lors du siège d'Amiens).

Il épouse à Chartres le Françoise Babou de la Bourdaisière, fille de Jean Babou, seigneur de la Bourdaisière, comte de Sagonne, grand maître de l'artillerie de France, et de Françoise Robertet. Elle meurt à Issoire en Auvergne lors d'une émeute survenue pendant les guerres de la Ligue catholique.