La famille des Robertiens est une famille de la noblesse franque qui tire son nom du prénom Robert que portèrent un grand nombre de ses membresLe prénom Robert se retrouve quasiment à chaque génération chez les Robertiens puis chez les Capétiens directs. Philippe III le Hardi fut le dernier roi capétien à attribuer le prénom Robert à l'un de ses fils. Les Bourbons qui descendent de Robert de Clermont, fils de Louis IX, utilisèrent de nouveau ce prénom au avec Robert d'Orléans, duc de Chartres et Robert , duc de Parme.. La puissance des Robertiens, fortement implantés en Neustrie, s'explique moins par que par leur Christian Bonnet, Christine Descatoire, Les Carolingiens (741-987), Armand Colin, 2001, 91 dans le royaume et le diriger de fait. Trois membres de la famille accédèrent au trône : Eudes en 888, son frère Robert en 922 et le petit-fils de ce dernier, Hugues Capet en 987. Les descendants de ce dernier sont nommés Capétiens et régnèrent sur la France sans interruption de 987 à 1792 (805 ans) puis de 1815 à 1848 (33 ans). Ainsi, de 888 à 1848, soit pendant environ 960 ans, les Capétiens issus des Robertiens ont joué un rôle politique de premier plan en FranceSi sont pris en compte tous les nombreux États d'Europe (France, Espagne, Hongrie, etc.) sur lesquels ont régné les Capétiens, on peut considérer que les descendants des Robertiens ont exercé sur une grande partie du continent un rôle politique majeur pendant plus de onze siècles. mais aussi en Espagne, à Naples, en Sicile et à Parme. L'actuel roi d'Espagne ainsi que le grand-duc de Luxembourg sont des descendants directs de cette maison.

Histoire et généalogie des Robertiens vignette|Arbre généalogique des Robertiens (enluminure, Bibliothèque municipale de Besançon, ).

L'origine de la famille est longtemps restée méconnue et diverses conjectures ont pu être formulées. Ainsi, une théorie (abandonnée depuis) voyait en Robert le Fort un descendant agnatique de Childebrand. Une autre théorie passe par Charibert de Hesbaye, ancêtre des Robertiens inventé par le Europäische Stammtafeln comme hypothétique fils du mérovingien Caribert , roi des Francs de Paris. Au , les travaux de trois historiensKarl Glöckner, Lorsch und Lothringen. Robertiner und Capetinger - Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, Karlsruhe, 1936, t.50, p. 301-354.Karl Ferdinand Werner, Les premiers Robertiens et les premiers Anjou (), in : Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1997.Christian Settipani, La préhistoire des Capétiens (481-987), éd. Patrick Van Kerrebrouck, 1993, p. 399. ont permis de dégager un certain nombre d'hypothèses et de quasi-certitudes sur l'histoire et la généalogie des Robertiens. Selon eux les ancêtres des Capétiens formeraient un groupe familial comprenant en son sein des serviteurs des derniers MérovingiensHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, 43. en Neustrie comme Robert, référendaire de Dagobert puis de proches des premiers Carolingiens en Austrasie comme Robert comte de Hesbaye et de Worms mort en 764. Le tableau synoptique ci-dessous rend compte des hypothèses, quasi-certitudes et certitudes relatives à la lignée des Robertiens.

Tableau généalogique synoptique (Généalogie de la famille)

Les nobles de Thérouanne (hypothèse) │ ├──> Les comtes de Laon (hypothèse) │ ├──> Les comtes du Mans (hypothèse) │ │ │ └──> Rorgonides et Hugonides (hypothèse) │ └──> Les comtes de Hesbaye (quasi-certitude) │ ├──> Les comtes de Troyes (hypothèse) │ ├──> Les marquis de Neustrie et ducs des Francs (certitude) │ └──> Les comtes de Laon et de Vexin (hypothèse)

Les nobles de Thérouanne (hypothèse)

D'un père inconnu, probablement un franc salien noble de Thérouanne, sont nés trois frères : Robert, référendaire de Dagobert , maire du palais de Neustrie en 654, Aldebert, qui fut moine, Erlebert, qui suit.

Erlebert, eut pour fils : saint Lambert de Lyon, second abbé de Fontenelle, puis évêque de Lyon en 678, Robert, cité entre 654 et 677 comme duc en Neustrie et comte palatin du roi Clotaire III, qui suit.

Robert, chancelier de Clotaire III, a épousé Théodrade et a eu : Ragnobert, accusé de complot contre Ébroïn, maire de palais, et exécuté en 678, Angadrisma, mariée à Ansbert, troisième abbé de Fontenelle et évêque de Rouen de 684 à 692, Peut-être saint Lambert de Maastricht, de Liège, de 669 à 705, Peut-être Folchaide, mariée à Théodon II, duc agilolfinge de Bavière († 716).

On connaît plusieurs autres robertiens qui pourraient être fils de Hervé, comte de HesbayeChristian Settipani, Les Ancêtres de Charlemagne, revue et corrigée, éd. P & G, Prosopographia et Genealogica, 2015, p. 103. ou de Robert, comte palatin de Clotaire IIIHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, 45. : Hervé, comte de Laon, qui suit, Lambert, comte de Hesbaye et probable ancêtre direct des Capétiens, qui suivra, saint Robert, évêque de Worms et de Salzbourg en 715, évangélisateur de la Bavière, et hôte privilégié de Théodon II, duc de Bavière, et de FolchaideChristian Settipani, Les ancêtres de Charlemagne, addenda, 1990 et 2000, Roger, duc du Mans, qui suivra.

Les comtes de Laon (hypothèse) Hervé ou Chariveus est cité comme comte de Laon entre 680 et 692. Il meurt entre cette seconde date et 696. Selon les toutes dernières hypothèses, il aurait épousé Irmina, une fille d'Hugobert et aurait eu trois enfants : Rolande, mariée à Guy, abbé de Fontenelle, et ancêtre des Widonides ; Théodrade, mariée à Heden de Thuringe et mère d'Irmina, abbesse de Wurzbourg en 751 ; un fils anonyme, marié à Bertrade l'ancienne et père de Caribert de Laon et grand-père de Bertrade de Laon, femme de Pépin le BrefLe tome 2 de La préhistoire des Capétiens de Christian Settipani devrait apporter des précisions..

Les comtes du Mans et les maisons du Maine (hypothèse) Roger apparaît comme comte du Mans en 710. À la mort d'Herlemond, évêque du Mans, en 724, Roger profite de la vacance du siège épiscopal pour administrer les domaines épiscopaux. Il a eu trois enfants : Hervé, comte du Mans à la suite de son père ; Gauziolène, évêque du Mans, et y mena une vie de grand seigneur ; Rotilde, abbesse.

Il est possible que les deux familles de comtes du Maine (les Rorgonides et les Hugonides) soient deux branches issues du comte RogerLes seigneurs du Maine.

Les comtes de Hesbaye et de Worms et Oberrheingau (quasi-certitude) Lambert (comte de Hesbaye), cité en 706 et mort en 741, eut au moins deux enfants : Landrade, mariée à , comte, et mère de Chrodegang de Metz et du père au nom inconnu d' (Ingerman/Ingram/Enguerrand), lui-même père de l'impératrice Ermengarde, mariée à Louis le PieuxFondation pour la généalogie médiévale, Robert (Rodbertus, Ruodbertus, Rotpertus, Erodbert) comte de Hesbaye en 715, comte de Worms et d'Oberheingau vers 750, missus en Italie en 741, 757, 758, et comte palatin en 741/42, mort avant 764, « qui suit ». Robert (vers 700-avant 764) épousa vers 730 Williswinthe, fille du comte Adalelm. Il était l'un des fidèles les plus proches de Charles Martel. Son intervention comme missus royal avec l'abbé Fulrad de Saint-Denis est attestée au début de l'année 757 dans les négociations entre le pape Étienne II (752-757) et le duc Didier de Lombardie prétendant à la couronne lombarde. Il eut pour enfantsChristian Settipani lui attribue un troisième fils, le comte Ingerman/Ingram (Enguerrand), père de l'impératrice Ermengarde, mariée à Louis le Pieux, mais il semble plus probablement être neveu de Chrodegang de Metz. : Cancor, comte, fondateur du monastère de Lorsch (Hesse, Allemagne) et ancêtre de la famille des Popponides (ou Popponiens)Alfred Friese, Studien zur Herrschaftgeschichte des fränkischen Adels ("Geschichte und Geselschaft. Bochumer historische Studien" 18), Stuttgart, 1979., Thurimbert (né vers 740, mort après 770), comte de Hesbaye, père de Robert II, « qui suit ». Robert II (vers 770-807), comte de Hesbaye et de Worms, marié à Théodorade, fut le père de Robert III, comte de Hesbaye et de Worms, « qui suit ». Robert III (vers 800-834) épousa Waldrade, fille du comte Adrien, sœur d'Eudes d'Orléans et tante d'Ermentrude d'Orléans, femme de Charles II le Chauve. De ce mariage, ils eurent : probablement Eudes († 871), comte de Troyes, « qui suit », quasi-certainement Robert le Fort († 866), marquis de Neustrie, « qui suivra », probablement Adalhelm, comte de Laon, conseiller de Louis II le Bègue (Louis II de France) en 877 et père de Gautier, comte de Laon exécuté en 892, « qui suivra ».

Lors des luttes de pouvoir entre les fils de Louis le Pieux, les fils de Robert III de Hesbaye prirent parti pour Charles II le Chauve. Face aux représailles de Lothaire , ils durent quitter leurs domaines rhénans et se réfugier en Francie occidentale, où Charles II le Chauve leur donna des fiefs].

Les comtes de Troyes (hypothèse) On a longtemps cru que ces comtes de Troyes étaient issus de Guillaume, frère d'Eudes d'Orléans, mais des recherches récentes ont remis cette filiation en question.

Eudes († 871), comte de Troyes (853-858), marié à Wandilmodis, fille d'Aleran, comte de Troyes, et père de : Eudes II, comte de Troyes (871-876), Robert Porte-carquois, comte de Troyes (876-886), marié à Gisèle, fille de Louis II le Bègue (Louis II de France), une fille, mariée à Émenon, comte de Poitiers.

Les marquis de Neustrie et ducs des Francs (certitudes) vignette|Arbre généalogique des Robertiens (enluminure, Bibliothèque municipale de Besançon, ). Dès 852, Robert le Fort est abbé laïc de Marmoutier, puis en 853 comte de Tours, de Blois et d'Anjou. En 858, Charles II le Chauve ayant donné le Maine à son fils Louis II le Bègue (Louis II de France), il se révolte, et ne se soumet qu'en 861, recevant en échange le marquisat de Neustrie. Il est tué en 866 en luttant contre les Vikings, lors de la bataille de Brissarthe. Ses deux fils Eudes et Robert étant trop jeunes pour lui succéder, tous ses honneurs furent confiés à un parent de sa femme, Hugues l'Abbé. Eudes, devenu adulte, ne put obtenir l'héritage paternel avant la mort d'Hugues l'Abbé et le comté de Paris lui fut confié en attendant. Il y fit la preuve de sa vaillance, en repoussant une attaque viking et devint marquis de Neustrie. À la mort de Charles le Gros, l'héritier carolingien, Charles III de France, n'était encore qu'un enfant et Eudes fut élu roi des Francs, confiant ses honneurs à son frère Robert. À la mort d'Eudes, Charles le Simple fut élu roi des Francs, et Robert fut le second personnage du royaume. Il se révolta en 920 et se proclama roi des Francs, mais mourut peu après.

Son héritier Hugues le Grand, n'ayant pas de fils ou de frère apte à recevoir ses charges, déclina la couronne, la laissant à son beau-frère Raoul de Bourgogne, roi de 923 à 936, puis au fils de Charles le Simple, Louis IV d'Outremer (Louis IV de France). Outre l'accession de deux de ses membres au trône, la montée en puissance de la lignée robertienne se traduisit par l'obtention du titre de duc des Francs par Hugues le Grand, père d'Hugues CapetHugues le Grand et Hugues Capet portèrent le titre de duc des Francs avant de remplacer à la tête du Royaume des Francs les Carolingiens, de la même façon que Charles Martel et Pépin le Bref avaient remplacé les Mérovingiens après avoir été maires du palais.. Hugues le Grand mourut en 956, deux ans après Louis IV, tous deux laissant des fils mineurs et dont le tuteur fut leur oncle Brunon, archevêque de Cologne et frère d'Otton .

Hugues Capet, le fils d'Hugues le Grand, fut comme son père le second personnage du royaume avec le titre de duc des Francs. À la mort du Carolingien Louis V le Fainéant (Louis V de France), en 987, il fut élu roi des Francs. Ses descendants furent les Capétiens.