Jean-Claude Colin, né le à Saint-Bonnet-le-Troncy et mort le
Biographie
Enfance Jean-Claude Colin naît le . Il est le huitième enfant d'une fratrie de neuf. Son frère aîné (Jean) et sa sœur aînée (Claudine) sont son parrain et sa marraine et l'origine de son prénom (Jean + Claudine = Jean-Claude).
Son père, Jacques Colin, et sa mère, Marie Gonnet (épouse Colin), se marient en 1771 et exercent la profession de cultivateurs en été et de tisserands en hiver.
Pendant le conflit relatif à la Constitution civile du clergé adoptée en 1790, ses parents participent à cacher des prêtres réfractaires. En conséquence, les autorités civiles saisissent l'intégralité des biens de la famille Colin et les expulsent de leur domicile. En 1794, après la chute de Robespierre, Jacques et Marie Colin sont graciés et leurs biens restitués. Néanmoins, en raison des mauvaises conditions de détention et de traitements subis ils décèdent en 1795 : sa mère le et son père le .
Jean-Claude, alors âgé de quatre ans, est recueilli avec ses frères et sœurs par un oncle résidant dans le village de Saint-Bonnet-le-Troncy. L'arpitan (aussi appelé francoprovençal) est la langue maternelle de Jean-Claude. Il apprend le français lorsqu'il entre à l'école.
En 1804, Jean-Claude (14 ans) intègre l'école du petit séminaire de Saint-Jodard. En 1809, il rejoint le petit séminaire d'Alix, plus proche de son domicile. vignette|Télégramme du 1er mars 1873 annonçant l’approbation de la constitution de la Société de Marie par Rome.
Vocation et formation Vers l'âge de dix-neuf ans, Jean-Claude Colin s'interroge sur une vocation sacerdotale. Le , à l'âge de vingt et un ans, il reçoit la tonsure des mains du cardinal Fesch, marquant son renoncement au monde et son désir de rejoindre la vie cléricale. En 1812-1813 il fréquente le petit séminaire de Verrières et ébauche le projet d'une société dédiée à Marie.
En 1813, il intègre le Grand Séminaire de Lyon. Cette même année, il traverse une période de doute sur sa vocation et demande à être radié de la liste des séminaristes. Cependant, il ne quitte pas immédiatement le séminaire. Après quelques jours de réflexion, il demande à être réinscrit sur la liste et à reprendre sa formation, ce qui lui est accordé.
Durant ses études au Grand Séminaire de Lyon, il rejoint le « Groupe de Saint-Irénée », initié par Jean-Claude Courveille au sein du séminaire. Ce groupe réunit des séminaristes désireux de créer de nouvelles structures dédiées à la Vierge Marie ou soutenant cette idée. Bien qu’il n’ait aucune valeur juridique légale, ce groupe est pris très au sérieux par ses membres, pour qui il représente un engagement moral. Le , ils établissent et signent à cet effet une déclaration d’intention.
Le , Jean-Claude Colin est ordonné prêtre, en même temps que cinquante et un autres candidats, par l’évêque Louis Dubourg au nom du cardinal Joseph Fesch en exil à Rome.
Le lendemain, dans l’église de Fourvière (qui fait aujourd’hui place à la basilique Notre-Dame de Fourvière), Jean-Claude, en compagnie de 11 autres prêtres, se consacre à la Vierge Marie.
Il est nommé vicaire dans la commune de Cerdon, aux côtés de son frère Pierre Colin, également prêtre.
Fondation de la Société de Marie
Premiers contacts avec Rome et structuration du projet Le , Jean-Claude envoie une première lettre au pape Pie VII concernant la Société de Marie et l'ébauche de sa constitution. Le il reçoit, de la part du cardinal Raphael Mazio une réponse l'invitant à contacter le nonce apostolique Vincenzo Macchi présent à Paris à ce sujet. Jean-Claude se rend à Paris du au où il rencontre le nonce et différentes personnes susceptibles de l'aider dans son projet (notamment Hyacinthe-Louis de Quelen et Denis Frayssinous).
Pendant ce séjour il loge aux Missions étrangères de Paris où il rencontre Philéas Jaricot qui le charge d'un colis pour sa sœur Pauline Jaricot qu'il rencontrera à Lyon pendant son voyage de retour.
À la suite de ce voyage et des conseils reçus, Jean-Claude retravaille son projet. Du au , Jean-Claude retourne à Paris pour représenter le projet corrigé à Vincenzo Macchi, qui après en avoir pris connaissance l'invite à recontacter Rome.
Premier séjour à Rome Le premier séjour de Colin à Rome a lieu du au . Il est accompagné par Antoine Bourdin et Pierre Chanel prêtres maristes. Seul Chanel possède des rudiments d’italien, tandis que Bourdin et Colin s’expriment en « mauvais latin » avec la curie romaine.
À l’occasion de ce voyage, ils sollicitent également des indulgences pour les membres du tiers-ordre de la Société de Marie. Le , ils rencontrent le pape Grégoire XVI, qui les réfère au cardinal Francesco Canali. Après cette rencontre, Bourdin et Chanel retournent en France, tandis que Colin demeure à Rome pour répondre aux questions de la curie, qui examine son projet de Société de Marie.
Le , la Congrégation pour les Évêques et les Réguliers rejette son projet. La structure multibranche proposée, dans laquelle chaque corps (pères, frères, sœurs maristes) est autonome tout en restant subordonné à l’autorité du supérieur général des pères maristes, est jugée inhabituelle. De plus, Colin n’a présenté qu’un abrégé de la constitution et des règles, alors que, pour espérer obtenir une reconnaissance papale, il lui faudrait présenter « l’intégralité des règles des prêtres, frères et sœurs.
Acceptation de la mission en Océanie et reconnaissance de la Société En 1835, la Congrégation pour l'évangélisation des peuples décide de lancer une mission dans le Pacifique afin de répondre aux besoins croissants de la population. Dans ce contexte elle recherche des prêtres missionnaires à y envoyer et entre en contact avec le diocese de Lyon. Ce-dernier décide de recommander les prêtres de la Société de Marie en ces termes :« la Société des prêtres de Marie, qui œuvre avec succès dans les diocèses de Lyon et de Belley et qui en ce moment, demande son son approbation au Sainte-Siège, pourra fournir cinq ou six bons candidats pour commencer, et veillera à maintenir le nombre nécessaire de missionnaires ».Le , Jean-Claude Colin accepte au nom de la Société de Marie la responsabilité de cette mission en Océanie et demande a cette occasion si les prêtres maristes peuvent prononcer des vœux religieux et se choisir un supérieur. Cette demande si elle est acceptée implique la reconnaissance officielle de la Société de Marie et de sa branche des pères maristes. Colin pour justifier sa demande en explique que cela faciliterait leur action car à ce moment-là, les prêtres maristes sont dispersés entre les dioceses de Lyon et Belley. Le , la Congrégation pour les Évêques et les Réguliers recommande au pape Grégoire XVI qu'il autorise les prêtres de la Société de Marie (mais non les frères, ni sœurs maristes) à prononcer des vœux simples, avec la possibilité pour le supérieur général de la Société de les en relever le cas échéant. Le pape accepte cette requête et demande qu'un brief apostolique soit préparé en ce sens. Le même jour le cardinal Castruccio Castracane écrit une lettre à Jean-Claude pour lui indiquer :« Je voudrais que vous compreniez que la raison principale pour laquelle la Sacrée Congrégation a été amenée à approuver votre compagnie est de vous inciter à entreprendre avec plus d'ardeur cette mission difficile, afin qu’en travaillant énergiquement à cette tâche importante, vous puissiez implanter la foi catholique dans le sud de la Polynésie, et qu’avec l’aide de Dieu qui fait croître, vous puissiez continuer ce que vous avez commencé ».Le , le pape Grégoire XVI signe le bref apostolique « Omnium gentium salus » par lequel il accorde aux prêtres maristes, alors au nombre de cinquante, le droit d'élire un supérieur général, de prononcer des vœux religieux et donne pouvoir au supérieur général de dispenser de ces mêmes vœux. Par ce bref apostolique la Société de Marie est officiellement approuvée par le Saint-Siège et ne relève plus dès lors de l'autorité des évêques.
Cependant le pape réserve à la Congrégation pour les Évêques et les Réguliers l'examen futur des règles de la Société. vignette|Tombe de Jean-Claude Colin dans la Chapelle de la Neylière
Election de Jean-Claude Colin à la fonction de supérieur général de la Société de Marie Jean-Claude Colin réceptionne le bref apostolique « Omnium gentium salus » le . Le , il est élu supérieur général de la Société de Marie à une voie de l'unanimité. Il occupe cette fonction jusqu'en 1854, année où il démissionne.
Le jour de son élection, les prêtres maristes prononcent leurs vœux religieux au sein de la Société de Marie entre ses mains. Le , il se rend à Saint-Chamond pour assister a la cérémonie de vœux religieux de trois frères maristes et le , il se rend à Meximieux pour assister à la cérémonie des vœux religieux de sœurs maristes.
Démission de la fonction de supérieur général de la Société de Marie Le , Jean-Claude Colin présente à nouveau sa démission de la fonction de supérieur général de la Société de Marie, estimant que l’affaiblissement de ses forces physiques et morales ne lui permet plus d’assumer cette charge. Il souhaite également pouvoir se consacrer pleinement à la rédaction de la règle des Pères maristes, qui n’est toujours pas achevée. Sa demande est acceptée. Le , Julien Favre est élu nouveau supérieur général de la Société. La branche des pères maristes compte 211 prêtres au moment de sa démission.
Cette demande de démission est la troisième formulée par Jean-Claude Colin. Les deux premières, présentées les et , avaient toutes deux été refusées par les membres de la Société qui souhaitaient le voir continuer a exercer cette fonction.
Autres séjours à Rome Colin fait un deuxième séjour à Rome du au . Il est accompagné de Victor Poupinel, prêtre mariste. À cette époque, Colin est à la tête d’une centaine de prêtres maristes et est considéré comme le supérieur non officiel des Frères et des Sœurs maristes. L’objectif de ce voyage est de demander l’approbation officielle des Frères maristes en tant que membres à part entière de la Société de Marie, ainsi que le droit, pour les Pères maristes, de refuser toute dignité ecclésiastique (évêque, archevêque ou cardinal), sauf en cas d’ordre exprès du Saint-Siège.
Le troisième séjour de Colin à Rome a lieu du 24 ou au . L’objectif de ce séjour est de rencontrer Jean-Baptiste Pompallier, père mariste responsable des missions en Océanie alors en voyage à Rome, afin de discuter de la mission, ainsi que d’un nouveau découpage territorial destiné à en faciliter la gestion. Toutefois, la rencontre n’a pas lieu : au même moment, Pompallier quitte Rome pour la France afin d’y retrouver Colin. Arrivé en France, Pompallier apprend que Colin est parti pour Rome pour le rencontrer. Pompallier retourne à Rome, mais entre-temps Colin est reparti pour la France. Cette succession de déplacements manqués entraîne un échange de correspondance et une rencontre est organisée à Rome.
Le quatrième séjour de Colin à Rome a lieu du au . Il est accompagné d'Antoine Dubreul, prêtre mariste envoyé en mission à Sydney en et rappelé en France en comme consultant sur la mission. Ils y sont enfin rejoint par Victor Poupinel prêtre mariste. Ensemble avec Pompallier et la Curie romaine ils examinent l'ensemble des questions relatives à la mission en Océanie. À l’issue de ces échanges, le vicariat de Nouvelle-Calédonie est créé le .
Quatre vicariats sont alors en activité en Océanie, tous confié à des pères maristes : le vicariat de Nouvelle-Zélande confié à Jean-Baptiste Pompallier, le Vicariat d’Océanie centrale confié à Pierre Bataillon, le Vicariat Mélanésie et de Micronésie confié à Jean-Baptiste Épalle, et le vicariat de Nouvelle-Calédonie confié à Guillaume Douarre.
Engagement dans la mission en Océanie