La bataille de Maya, où combat du col de Maya, se déroule le au col de Maya, à l'ouest des Pyrénées, et oppose une armée impériale française commandée par le général Jean-Baptiste Drouet d'Erlon à une division britannique sous les ordres du général William Stewart. Bien qu'initialement surprises et dépassées numériquement, les troupes britanniques se battent avec vigueur, infligeant des pertes sévères aux assaillants français. Dans l'après-midi, ces derniers parviennent néanmoins à prendre le dessus sur leurs adversaires et à gagner du terrain avant que l'arrivée tardive de la britannique ne stabilise la situation. Les forces britanniques se dérobent alors à la faveur de la nuit sans que les Français ne se lancent résolument à leur poursuite. Cette bataille de la guerre d'indépendance espagnole s'inscrit dans une série d'affrontements plus large connue sous le nom de « bataille des Pyrénées », qui s'achève sur une victoire anglo-alliée incontestable.
Contexte Le , les troupes anglo-alliées du marquis de Wellington remportent une victoire décisive sur l'armée française commandée par le roi Joseph Bonaparte et le maréchal Jourdan à Vitoria. Les Alliés, au prix de dans leurs rangs, infligent une perte de aux Français et capturent toute leur artillerie à l'exception d'un obusier. Cet affrontement consacre la fin de l'Espagne napoléonienne et encourage les ennemis de Napoléon à poursuivre leur lutte contre la France au sein de la Sixième Coalition. Les Français n'occupent plus à cette période que deux forteresses d'importance, Saint-Sébastien et Pampelune. Wellington entreprend le siège de la première ville avec l'appui de ses équipements de siège. Simultanément, les forces espagnoles investissent Pampelune mais, dépourvues d'artillerie lourde, n'ont d'autre choix que d'affamer la garnison française pour la contraindre à la reddition.
Le maréchal Jean-de-Dieu Soult prend le commandement de l'armée française le . Napoléon l'a chargé de . Rapidement, le duc de Dalmatie abolit la précédente organisation et rassemble ses et ses dans une configuration totalement différente. La nouvelle armée d'Espagne se compose à présent d'une réserve et de trois « lieutenances » chacune équivalente à un corps d'armée. À Vitoria, les artilleurs français ont abandonné 151 canons mais ont pu entraîner les chevaux dans leur fuite, et il suffit à l'administration militaire d'utiliser les pièces stockées dans l'arsenal de Bayonne pour réarmer les batteries françaises. Les neuf divisions d'infanterie reçoivent 72 canons, les deux divisions de cavalerie 12, la réserve de l'armée 32 et l'artillerie de réserve 24, pour un total de .
vignette|upright|gauche|Le général de division Jean-Baptiste Drouet, comte d'Erlon.
Le général Jean-Baptiste Drouet d'Erlon est nommé commandant de la lieutenance du Centre, forte de , comprenant les divisions Darmagnac, Abbé et Maransin. Le général Honoré Charles Reille dirige la lieutenance de Droite alignant et composée des divisions Foy, Maucune et Lamartinière. Enfin, le général Bertrand Clauzel est placé à la tête de la lieutenance de Gauche, rassemblant , avec sous ses ordres les divisions Conroux, Vandermaesen et Taupin. De manière confuse, les lieutenances ne combattent pas sur les positions qui leur ont été initialement assignées, et en , le « centre » commandé par Drouet d'Erlon opère en réalité sur le flanc droit. Les composant la réserve sont placés sous le commandement du général Eugène Casimir Villatte. La cavalerie, forte de , est répartie en deux divisions respectivement aux ordres des généraux Anne-François-Charles Trelliard et Pierre-Benoît Soult.
Le , à l'aube, les Français évacuent le col de Maya, que le général anglais Rowland Hill s'empresse d'occuper avec deux brigades britanniques ; plus à l'est, les Portugais tiennent les cols d'Ispéguy et de Berderis. À la fin du mois de , la anglo-portugaise assiège Saint-Sébastien pendant que la avec des unités espagnoles défend la ligne de la Bidassoa sur les côtes. La Light Division est à Bera, la à Etxalar et la au col de Maya. La division portugaise se trouve plus au sud et la est retournée à Doneztebe, alors que la occupe le col de Roncevaux. Quant à la , elle est en réserve à Olague. La britannique et la division portugaise sont rattachées au corps de Hill. Rendu inquiet par la perspective d'avoir à mener le siège de deux forteresses en même temps, Wellington écrit : .
Afin de soulager la garnison de Pampelune, Soult dirige le général d'Erlon sur Maya tandis que Reille et Clauzel sont chargés d'attaquer le col de Roncevaux au sud-est. Pendant ce temps, Villatte a pour mission de distraire les Alliés le long de la côte. Après avoir forcé les différents points de passage, les colonnes françaises doivent converger sur Pampelune. Les troupes de Reille, positionnées sur la côte, reçoivent l'ordre de se diriger à l'intérieur des terres afin de se joindre aux forces de Clauzel. Cependant, de fortes pluies ont rendu l'un des ponts inutilisables, obligeant les Français à repousser leur offensive de 24 heures pour permettre à Reille de rattraper son retard et d'être disponible à temps pour la suite des opérations.
Prélude vignette|Plan de la bataille de Maya, par Charles Oman.
Hill commande les lignes de défense alliées depuis le col de Maya jusqu'à Aldudes. Le col de Maya est défendu par les brigades britanniques Pringle et Cameron appartenant à la du général William Stewart. La brigade portugaise Ashworth, également rattachée à la , est stationnée plus au sud au col d'Ispéguy. La division portugaise du général Silveira prolonge la ligne plus au sud avec la brigade Da Costa au col de Berderis et la brigade Campbell sur les hauteurs d'Aldudes. L'historien Charles Oman affirme que les arrangements défensifs de Stewart sont . Un certain nombre de troupes françaises sont présentes à Urdax, à seulement de Maya, mais le commandant britannique néglige d'envoyer des patrouilles en reconnaissance. La brigade Cameron, qu'accompagne quatre canons de la batterie portugaise Da Cunha, occupe une excellente position en travers de la route principale à l'extrémité ouest du col, mais la petite colline d'Aretesque, sur le versant opposé, n'est défendue que par un piquet de 80 hommes. La brigade Pringle se trouve plus au sud dans le village de Maya, à l'exception de ses quatre compagnies légères qui ont installé leur campement à proximité du col.
Pour détourner l'attention des Alliés de son attaque principale, Soult ordonne à la garde nationale locale de faire diversion en conduisant une fausse attaque à Aldudes. À l'aube du , la brigade Campbell tombe sur cette troupe de miliciens peu entraînée et la met en déroute. Au bruit de la fusillade, Hill quitte son quartier général d'Elizondo et se rend à Aldudes pour se rendre compte de la situation, l'éloignant de Maya et de ses environs. Ce faisant, Hill ne fait toutefois qu'assumer ses responsabilités, la brigade Campbell faisant partie intégrante de son corps. Son subordonné Stewart est moins excusable qui, entendant les tirs, décide également de se rendre à Aldudes, privant la de son chef. En l'absence de Stewart, le commandement retombe sur le brigadier-général William Pringle, arrivé en Espagne deux jours auparavant et qui n'est pas du tout familier du terrain.
La route principale passant par le col de Maya émerge du côté français pour atteindre le village espagnol d'Urdax. À partir de cette localité, la route chemine à travers le col avant de redescendre vers Elizondo. Plus à l'est, le chemin de Gorospil qui démarre à Espelette passe tout près de la colline d'Aretesque, puis oblique à l'ouest le long du col et croise la route principale. Le chemin de Gorospil est plus tard renommé en « chemin des Anglais » après que les Britanniques l'aient remis en état. Le terrain très accidenté aux abords de la crête fournit aux assaillants un avantage dont d'Erlon entend bien profiter. Le commandant français fait avancer la division Maransin sur la route principale mais ordonne à ce général de se dissimuler à la vue des défenseurs jusqu'à ce que ses deux autres divisions s'emparent de l'extrémité est du col. Dans la matinée du , la division Darmagnac quitte Espelette par le chemin de Gorospil, suivie de très près par les troupes d'Abbé.
Déroulement de la bataille
Combats sur la crête est vignette|upright|Le brigadier-général William Henry Pringle.
Moyle Sherer, qui commande le piquet chargé de la défense de l'Aretesque, affirme apercevoir des mouvements de troupes dans le lointain. Un officier d'état-major dépêché sur place pour évaluer la situation fait porter en avant les quatre compagnies d'infanterie légère disponibles, faisant passer le nombre des défenseurs de la colline de . À du matin, Drouet d'Erlon passe à l'attaque avec les huit compagnies d'infanterie légère de la division Darmagnac. Jaillissant de leur cachette, les tirailleurs français se précipitent en avant et commencent à déborder la colline, soutenus par le léger formé en colonnes. Surpris, les fantassins britanniques parviennent néanmoins à repousser plusieurs assauts, mais alors que la fusillade continue de se dérouler, la division Darmagnac contourne l'obstacle et atteint le sommet est de la crête. Le d'infanterie de ligne en profite pour se déployer derrière la butte de l'Aretesque, rendant la fuite impossible pour ses défenseurs. Après de combat, le piquet et les quatre compagnies d'infanterie légère sont anéantis, perdant 260 tués ou blessés ainsi que six officiers et 140 hommes capturés indemnes par les Français.
Pris au dépourvu, Pringle lance sa brigade sur les assaillants pendant que lui-même court chercher la brigade Cameron stationnée sur le versant ouest du col. Les bataillons de Pringle, empruntant le chemin escarpé qui mène au versant est, entrent peu à peu en action. Le 34th Foot arrive le premier sur les lieux mais échoue à expulser les Français des hauteurs. Un soldat du 34th se souvient : . Peu après , les canons portugais ouvrent le feu, ce qui indique qu'une attaque sérieuse est en cours contre le col de Maya. Pringle ordonne au 50th Foot de la brigade Cameron de se diriger vers l'est à flanc de colline afin de déloger les troupes de Darmagnac de leur position ; simultanément, les 39th et 28th Foot de la brigade Pringle, engagés à la suite du 34th, attaquent à leur tour depuis la vallée.
Le 50th Foot ayant été repoussé, Pringle déploie l'aile droite du 92nd Foot (les Gordon Highlanders), soit près de 400 hommes, contre Darmagnac. Le général britannique coordonne personnellement l'attaque du 92nd avec celle du 28th tout juste arrivé sur place. Highlanders et fantassins français engagent alors un duel de mousqueterie à une distance de , au cours duquel les Français subissent probablement davantage de pertes que leurs adversaires mais où leur puissance de feu finit par prévaloir sur des Britanniques moins nombreux. Le demi-bataillon écossais est écrasé, perdant 60 % de son effectif, et doit reculer vers l'ouest où il fait sa jonction avec les soldats ralliés du 50th Foot. Sensiblement au même instant, le 28th se retire au bas de la colline en direction du village de Maya, bientôt rejoints par le 34th et peut-être aussi par le 39th de la brigade Pringle.
Combats sur la crête ouest