Jean-François Huchet est un économiste français, spécialiste de l’économie de l'Asie, notamment de la Chine, et professeur des universités à l'INALCO dont il est président de 2019 à 2026. Il a dirigé la revue Perspectives chinoises de 2006 à 2011.

Il est élu vice-président de France Universités le .

Il est nommé ambassadeur de France à Pristina à compter du Décret du 10 août 2026 portant nomination d'un ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République du Kosovo - M. HUCHET (Jean-François) sur Légifrance JORF n°0186 du 11 août 2026.

Carrière Jean-François Huchet a étudié l'économie et occupé plusieurs postes de chercheur en France et en Chine : à l'université de Rennes-I en France à partir de 1982, qui lui a délivré un doctorat en économie en 1993, et à l'Université de Pékin de 1987 à 1991.. Il a ensuite poursuivi des études post-doctorales de 1993 à 1995 à la Maison franco-japonaise, établissement sous double tutelle du ministère français des affaires étrangères et du CNRS. Il est devenu chercheur senior à la Maison franco-japonaise, de à . Il a été ensuite chercheur senior au Centre d'études français sur la Chine contemporaine, un centre du CNRS basé à Hong Kong, d' à . Il a résidé en Asie de 1987 à 2001.

Par la suite, il est devenu professeur d'économie associé à l'université Rennes-II de à , où il a obtenu une habilitation à diriger des recherches.

Il a dirigé le Centre d'études français sur la Chine contemporaine (CEFC) et la revue Perspectives chinoises de à

Il est professeur des universités à l’INALCO, sur un poste d’économie et société des mondes chinois contemporains, depuis . Il est également professeur détaché à la Paris School of International Relations (PSIA) de Sciences Po Paris. Il enseigne l’économie chinoise et asiatique et l'histoire du développement économique de la Chine et de l'Inde dans une perspective comparative..

Ses recherches portent sur le rôle de l’État dans le développement industriel de la Chine, dans une perspective comparative avec l’Inde. Il a soutenu en une HDR en économie à l’université Rennes 2, sur ce même thème. Il travaille donc sur la macroéconomie de la Chine, sur la restructuration des entreprises d’État chinoises, sur l'impact de la mondialisation sur les firmes chinoises et indienne, sur le développement durable en Chine, sur la responsabilité sociale des entreprises en Chine, et sur les relations sino-indiennes.

Il est membre associé du Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine (CECMC), fondé en 1996 et sous tutelle du CNRS et de l'EHESS..

À compter de , il est vice-président du conseil scientifique à l'INALCO.. Il est également directeur-adjoint du GIS (Groupement d'Intérêt Scientifique) Réseau Asie du CNRS.. En , il est élu président de l'INALCO et réélu pour un second mandat en 2023 Élection du président de l'Inalco et de la vice-présidente organisation et moyens sur le site de l'INALCO le .

Jean-François Huchet est nommé à compter du ambassadeur de France au Kosovo.

Travail sur la crise environnementale chinoise Pour Jean-François Huchet, la crise environnementale en Chine est principalement due à des problèmes structurels : la démographie (une très forte concentration et une croissance exponentielle de la population depuis 1950 sur une portion du territoire chinois qui a très peu évolué), le type d'industrialisation (industrie lourde) et des choix énergétique (dépendance extrêmement forte vis-à-vis du charbon). Il y a aussi d'autres raisons, notamment les relations entre le gouvernement central et les gouvernements provinciaux (qui cherchent à développer des industries les plus complètes sur leur territoire, ce qui favorise la multiplication d'industries analogues au lieu de leur concentration).

Travail sur le capitalisme chinois Pour Jean-François Huchet, le capitalisme chinois est une illustration de la diversité de formes différentes de capitalismes qui peuvent exister.

En 2012, même s'il souligne les nombreuses réformes des entreprises d'État chinoises par le gouvernement, il met le doigt sur le manque de performance de certaines d'entre elles. Pour lui, la politique actuelle du gouvernement chinois d'introduire plus de transparence ne fonctionne pas car les dirigeants des entreprises sont désignés par le Parti communiste qui noyaute les conseils d'administration. Pour lui, ce sont avant tout les intérêts particuliers et les rentes détenues par certains groupes à l'intérieur de l'État qui freinent l'introduction de concurrence, de privatisation, ou de dérégulation des taux d'intérêt et des changes dans l'économie et la finance chinoise. Il souligne que renoncer à la propriété publique est encore inimaginable pour le Parti communiste chinois. Selon lui, la création d'impôts locaux permettrait aux entités locales en dessous du niveau de la province de sortir de leurs déficits chroniques.

Affaires et controverses

Accusation de laxisme dans la lutte contre l'antisémitisme Sous la présidence de Jean-François Huchet, l’INALCO a été confronté à des controverses concernant sa gestion des tensions liées au conflit israélo-palestinien. En décembre 2024, Le Journal du Dimanche publie un article rapportant des témoignages d’étudiants du département d’hébreu faisant état d’un climat d’intimidation, d’insultes à caractère antisémite et de pressions exercées dans l’établissement. Selon le journal, certains étudiants reprochent à la direction de ne pas avoir réagi suffisamment rapidement face à ces situations et mettent en cause un manque de fermeté dans la lutte contre l’antisémitisme.

La présidence de l'INALCO conteste les accusations relayées par le JDD, CNews et Valeurs Actuelles, affirme que l'établissement lutte activement contre l'antisémitisme et les discriminations, et soutient qu'il n'a jamais laissé prospérer un tel climat en son sein.

Accusations de laxisme dans la lutte contre le sexisme En décembre 2025, Jean-François Huchet, président de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), a été mis en cause dans un article du Canard enchaîné intitulé « Mauvaise langue à “Langues O” ». L’article évoque la gestion par la présidence de signalements de sexisme et de harcèlement au sein de la section de vietnamien, reprochant à l’établissement une réaction jugée tardive face à des alertes remontant à plusieurs années. Selon le journal, des signalements seraient restés sans suite pendant une longue période avant que la présidence n’annonce l’ouverture d’une enquête interne et d’une enquête administrative externalisée. Le Canard enchaîné rapporte également des critiques portant sur l’indépendance des enquêteurs désignés, en raison de leurs liens supposés avec l’établissement .

Affaire des ingérences étrangères et procédures-bâillons Selon un article du Canard enchaîné publié en 2025, Jean-François Huchet, président de l’INALCO, est critiqué pour la gestion de plusieurs dossiers impliquant des enseignants-chercheurs ayant signalé ou dénoncé des tentatives d’ingérence étrangère. Le journal cite notamment le cas d’Émilie Testard, maîtresse de conférences en langue et littérature siamoises, qui, après avoir signalé une tentative d’ingérence impliquant une association étudiante et des militants thaïlandais en exil, aurait fait l’objet de mesures disciplinaires et administratives. L’article évoque également les situations de Taline Ter Minassian et d’Ibrahim Seydo Aydoğan, deux enseignants-chercheurs spécialisés respectivement dans l’histoire contemporaine de la Russie et du Caucase, et dans la littérature kurde, qui estiment avoir été visés par des procédures disciplinaires ou administratives à la suite de leurs prises de position ou de leurs travaux. Selon le Canard enchaîné, ces procédures seraient perçues par les intéressés comme des « procédures bâillons », consistant à utiliser les mécanismes disciplinaires pour réduire au silence des lanceurs d’alerte ou des universitaires jugés dérangeants. Interrogé par le journal, Jean-François Huchet dément fermement que des personnels aient fait l’objet de mesures disciplinaires en raison de leurs prises de position sur des tentatives d’ingérences étrangères. L’article présente néanmoins ces affaires comme illustrant des tensions persistantes au sein de l’INALCO autour de la protection des lanceurs d’alerte, de la liberté académique et du traitement des signalements d’ingérences étrangères. Plusieurs des enseignants concernés ont engagé des recours devant les tribunaux.

Ouvrages récents La Crise environnementale en Chine, Paris, Presses de Sciences Po, 2016, 152 p. En collaboration avec Joël Ruet et Xavier Richet, Chine, Inde: les firmes au cœur de l’émergence, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2015. En collaboration avec Marlène Laruelle, Sébastien Peyrouse et Bayram Balci (ed.), China and India in Central Asia, A new great Game?, New York, Palgrave Macmillan, 2010, 254 p. En collaboration avec Wang Wei, Chinese Firms in the Era of Globalisation, Pékin, Zhongguo Fazhan Chubanshe, 2008, 293 p. En collaboration avec Françoise Lemoine (éd.), Dix grandes questions sur la Chine, Paris, Club du CEPII, 2007, 179 p. En collaboration avec Joël Ruet et Xavier Richet (eds.), Globalisation of firms in China, India and Russia, Academic Foundation, New Delhi, . En collaboration avec Xavier Richet, Gouvernance, coopération et stratégie des firmes chinoises, Paris, L'Harmattan, 2005, 212 p. En collaboration avec Daniel Dirks et Thierry Ribault (eds.), Japanese Management in the Low Growth Era. Berlin : Springer, 1998. 438 p.

Contributions à des ouvrages collectifs

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Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Économie de la Chine Économie de l'Inde INALCO Institut d'études politiques de Paris CNRS EHESS Perspectives chinoises

Liens externes

Site du CECMC et de Perspectives chinoises

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